Sitemap De notre côté, nous pensons comme Zhu Min, le gouverneur adjoint de la banque centrale chinoise, que « le monde n'a pas assez d'argent pour acheter encore plus de bons du Trésor américains » (20).  
  
 Dans ce GEAB N°44, notre équipe a donc décidé de faire le point sur ces risques majeurs pesant sur le Royaume-Uni et les Etats-Unis et d'anticiper les évolutions des prochains mois, dans le contexte croissant d'une « guerre de velours » entre puissances occidentales (guerre financière, monétaire, commerciale). Et nous dévoilons une série de recommandations pour faire face au double choc des besoins de financement britanniques et américains.   
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 Notes:  
  
 (1) C'est le type de contrainte que le Royaume-Uni va devoir s'imposer tout seul après les prochaines élections ou bien via une intervention directe du FMI ; et que les Etats-Unis sont incapables de s'imposer sans qu’une crise majeure affecte leur dette publique.  
  
 (2) Non seulement la peur diffusée à longueur d'interviews d'experts était sans fondement, mais en plus le cas grec a bien servi à pousser la zone Euro à se doter des instruments et procédures qui lui manquaient en matière de gouvernance. Et nous ne mentionnons même pas l'évidente frustration de nombreux commentateurs et experts qui auraient rêvé de voir l'Allemagne refuser sa solidarité et/ou qui faisaient du cas grec la preuve de leurs théories économiques sur les zones monétaires. A ce sujet, l'équipe de LEAP/E2020 souhaite rappeler son opinion : les théories économiques, que ce soit sur les zones monétaires ou sur d’autres sujets, ont autant de valeur que les horoscopes. Elles ne disent rien sur la réalité mais tout sur l'esprit de leurs auteurs et de ceux qu'ils « ciblent » avec leurs analyses. Une zone monétaire n'existe et ne dure que s'il y a une volonté politique forte et pérenne de partager un destin commun : ce qui est le cas de l'Eurozone. Pour le comprendre, il faut s'intéresser à l'Histoire et non pas à l'économie. Ainsi, pour éviter de répéter à longueur d'articles ses préjugés de baby-boomer et ses dogmes théoriques, un prix Nobel d'économie comme Paul Krugman ferait mieux d'étudier l'Histoire. Cela permettrait aux lecteurs du New York Times et des nombreuses autres publications qui le reprennent dans le monde entier de cesser de se focaliser à tort sur les quelques arbres qui cachent la forêt.  
  
 (3) Comme nous l'avons souvent rappelé depuis plus d'un an, il est bien évident que la zone Euro possède aussi des pays qui font face à des besoins de financement très importants et cela contribue justement à créer un environnement difficile pour le refinancement de toute dette publique importante. Or, les deux « champions » toute catégorie en matière de besoins de financement/refinancement sont les Etats-Unis et le Royaume-Uni.  
  
 (4) Nous insistons sur ce fait essentiel : les sauvetages de banques par les Etats, puis désormais les risques de faillite de ces mêmes Etats, illustrent le fait que, contrairement au discours lénifiant qui peuplent les médias, l’argent n’est pas disponible en quantités illimitées. Quand tout le monde en a besoin, c’est à ce moment là qu’on s’en rend compte.  
  
 (5) Source : Guardian
<http://www.guardian.co.uk/politics/2010/mar/30/gordon-brown-hung-parliament-pm> , 30/03/2010  
  
 (6) Source : BBC / National Archives
<http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/politics/4553464.stm> , 29/12/2005  
  
 (7) Source : Telegraph
<http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/houseprices/7557222/UK-house-prices-face-prolonged-bear-market.html> , 06/04/2010  
  
 (8) Source : The Independent
<http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/what-happens-next-its-time-to-decide-1930600.html> , 06/04/2010  
  
 (9) C'est après leur victoire électorale que les nouveaux dirigeants grecs ont déclaré que la situation budgétaire du pays était beaucoup plus mauvaise qu'annoncée.  
  
 (10) Ces estimations sont fondées sur les anticipations officielles du gouvernement fédéral qui, selon LEAP/E2020, sont beaucoup trop optimistes tant en matière de rentrées fiscales (les rentrées seront plus faibles) qu'en ce qui concerne les dépenses de stimulation de l'économie US (les dépenses seront plus élevées).  
  
 (11) Depuis 2006, à travers de nombreux GEAB, nous avons largement explicité les liens structurels entre la City et Wall Street et le rôle de « flotteur » que joue le Royaume-Uni par rapport au vaisseau américain. En l'occurrence, la défiance vis-à-vis de la dette de Londres déclenchera de manière irréversible une défiance vis-à-vis de Washington.  
   
 (12) Source : Brisbane Times
<http://www.brisbanetimes.com.au/business/wall-of-debt-a-barrier-to-us-recovery-20091215-kum6.html> , 15/12/2009  
  
 (13) Peut-être, car il n'y a aucun mécanisme de solidarité financière qui s'impose dans l'UE, surtout pour un pays qui refuse depuis des décennies tout engagement contraignant avec ses partenaires européens. Le « splendide isolement
<http://en.wikipedia.org/wiki/Splendid_isolation>  » peut devenir un terrible piège quand le vent tourne. Reste donc le FMI … dont Gordon Brown était étrangement si préoccupé de remplir à nouveau les caisses l'année dernière !  
  
 (14) Et à la différence de la bataille d'Angleterre
<http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d%27Angleterre>  (06/1940 - 10/1940) qui vit les pilotes de la RAF, assistés du radar, empêcher l'invasion nazie des îles britanniques, les « pilotes » des établissements financiers de la City, assistés de l'Internet, contribueront à aggraver le problème en fuyant vers l'Asie et l'Eurozone.  
  
 (15) LEAP/E2020 avait indiqué début 2009 qu'une fois passé l'été 2009 il serait impossible de canaliser la crise. L'année dernière, les besoins de financement US étaient encore dans la gamme des interventions possibles d'un FMI recapitalisé à hauteur de 500 milliards USD (suite au G20 de Londres). Outre le fait que cette somme n'est plus disponible dans son intégralité puisque le FMI a dû déjà déboursé plus de 100 milliards USD d'aide aux pays les plus gravement touchés par la crise, cette année, la mobilisation de ce montant ne représenterait que 10% des besoins de court terme des Etats-Unis ; autant dire une goutte d'eau.  
  
 (16) Comme l'ont démontré les informations enfin communiquées par la Fed sur l'état de son bilan. Sources : Huffington Post
<http://www.huffingtonpost.com/2010/03/22/new-york-fed-warehousing_n_508443.html> , 22/03/2010 ; Le Monde <http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/04/06/la-fed-s-est-elle-muee-en-decharge-financiere_1329466_3234.html#xtor=AL-32280184> , 06/04/2010  
  
 (17) L'élection présidentielle de 2008 a été concomitante avec la perception qu'une crise commençait. En Novembre 2010, les électeurs exprimeront leurs opinions après deux pleines années de crise. C'est une grande différence.  
  
 (18) A la différence de ce que proclament Wall Street et Washington, la crise est toujours là et les PME américaines sont de plus en plus pessimistes. Un détail très utile pour comprendre les statistiques US : elles ignorent généralement les PME dans l'établissement de leurs différents indicateurs. Quand on sait qu'aux Etats-Unis aussi, les PME constituent le socle de l'économie, cela relativise fortement la valeur de ces statistiques (même non manipulées). Source : MarketWatch
<http://www.marketwatch.com/story/small-businesses-dont-see-recovery-nfib-survey-2010-04-13> , 13/04/2010  
  
 (19) Pour évaluer l'ampleur du problème socio-politique américain, ce n'est pas tant le rapport de force Démocrates/Républicains qui va être intéressant à suivre, mais l'évolution des extrêmes au sein de ces deux partis et le développement de tout ce qui se situe hors des deux partis.  
  
 (20) Source : Shanghai Daily
<http://www.shanghaidaily.com/article/print.asp?id=423054> , 18/12/2009  
 
  Jeudi 15 Avril 2010
 
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