Sitemap Ce qui accroĂ®t l'urgence de trouver des solutions sociales immĂ©diatement faisables, c'est la spirale destructive qui rĂ©sulte des politiques nĂ©o-libĂ©rales : Ă©goĂŻsme irresponsable dans la concurrence, donc dĂ©gats Ă©cologiques, donc catastrophes sociales, donc affrontements entre les peuples, donc un boulevard pour la xĂ©nophobie et le bellicisme, etc. Cette spirale politique est aggravĂ©e par le fait que, pendant que certaines populations sont frappĂ©es par des catastrophes immĂ©diates, d'autres vivent dans l'illusion d'ĂŞtre hors de danger (provisoirement !) et donc sont tentĂ©es par des politiques d'indiffĂ©rence (comme celle aujourd'hui des pays riches vis-Ă -vis des flĂ©aux qui frappent l'Afrique : dĂ©sertification, sida, etc.) et des rĂ©actions xĂ©nophobes et bellicistes, en particulier contre les rĂ©fugiĂ©s (comme aujourd'hui la guerre contre les immigrants aux frontières des pays riches). Il faut casser cette spirale sans attendre une revolution d'ensemble, precisement pour qu'une revolution d'ensemble devienne possible. Tant que ne seront pas apparus des rĂ©gimes politiques mettant en Ĺ“uvre des programmes sĂ©rieux contre le rĂ©chauffement climatique, la situation politique reste marquĂ©e par une course de vitesse entre d'un cĂ´tĂ© la prise de conscience et l'organisation des citoyens, de l'autre les politiques nĂ©o-libĂ©rales, sĂ©grĂ©gationnistes et bellicistes.


Quelque part, comme on le sait depuis longtemps, ce ne sont pas les moyens qui manquent.

Avec l'argent gaspillé dans l'armement, on a très largement de quoi financer une reconversion de l'économie dans un sens écologique et mettre fin à la pauvreté.

 Idem avec les revenus des riches, les dĂ©penses de pub, l'argent public dĂ©pensĂ© pour soutenir les capitaux, les rentrĂ©es que rapporteraient une taxe Tobin et la fin des paradis fiscaux, etc.

Ces démonstrations doivent être popularisées dans l'opinion publique, mais la question est de créer un rapport de force collectif pour contraindre les profiteurs à lâcher le magot. C'est donc la question de construire une capacite politique collective de la societe. Et il ne suffit pas de le dire car pour créer cette capacité collective il faut inventer des pratiques sociales solidaires et écologiquement responsables, contre la culture du consumérisme, de la compétition généralisée, et de la guerre.

Ce qui est nouveau, c'est que nous devons faire cela en situation de catastrophe et de menace vitale,

ce qui impose de se dĂ©faire du « rĂ©alisme Â» hĂ©ritĂ© des pĂ©riodes oĂą on a eu l'illusion du « progrès Â». Tout cela est difficile et demande de l'audace. Mais d'un autre cĂ´tĂ© la tâche n'est pas impossible car l'urgence (et les impasses rencontrĂ©es par les politiques des classes dominantes) peut crĂ©er une « insurrection des consciences Â» et des bouleversements dĂ©concertants dans la culture politique de masse.

La possibilitĂ© d'une « insurrection des consciences Â» Ă  l'Ă©chelle planĂ©taire n'est pas du tout exclue, un peu comme la prise de conscience collective qui s'est fait jour dans la lutte contre le nazisme et après la deuxième guerre mondiale, mais en beaucoup plus radical (Ă©cologique, solidaire, internationaliste).

Je rappelle que c'est dans la résistance au nazisme qu'a été forgé le projet de la Sécurité Sociale française qui a été ensuite imposé à la classe dominante dans le rapport de force de la Libération, et qui constitue l'un des piliers des droits sociaux sur lesquels nous vivons actuellement (et qui sont sapés par le néo-libéralisme). De même, le National Health Service en Grande-Bretagne a été mis en place pour souder la société dans son effort de riposte à l'agression nazie.


 Les catastrophes sont aussi des moments de contre-offensive et de crĂ©ation collective. En situation de catastrophe, les mouvements politiques seront jugĂ©s sur leur capacitĂ© Ă  mettre sur pied un « gouvernement de sauvetage collectif Â» (pour ne pas dire « gouvernement de salut public Â», formule utilisĂ©e souvent en temps de guerre et sur un fond d'idĂ©ologie patriotique).

 Avec l'entrĂ©e dans une pĂ©riode de catastrophes climatiques on ne peut pas prĂ©voir prĂ©cisĂ©ment par quelles formes politiques s'enclenchera un processus de rupture avec le capitalisme : peut-ĂŞtre que le peuple construira de toutes pièces un pouvoir rĂ©volutionnaire, par auto-organisation en dehors des institutions officielles actuellement en place, mais peut-ĂŞtre aussi que les citoyens investiront massivement et s'approprieront les institutions officielles et les services publics, et rĂ©orienteront complètement leur fonctionnement, ou peut-ĂŞtre une combinaison des deux, ou autre chose. A la fin de son rapport Tanuro conditionne toute solution dĂ©finitive de la crise climatique Ă  une prĂ©alable rĂ©volution par Ă©mergence de pouvoirs d'Etat rĂ©volutionnaires et contagion mondiale, mais dans le reste du texte
il propose aussi des réformes immédiates à imposer face aux pouvoirs actuels.