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Nicolas Sarkozy, le gouvernement et son Ministère de la Ville veulent "réviser la carte des zones urbaines sensibles"(**).

C'est une décision arrétée, votée par la majorité UMP du Parlement, dans le cadre de la "loi de finances pour 2008" et à intervenir en 2009", annonçait une lettre de la Préfecture de Charente-Maritime, invitant élus et associations concernés par des quartiers bénéficiant de C.U.C.S. ( Contrats Urbains de Cohésion Sociale), à un débat le 13 Mai dernier, en Préfecture..

Une décision déjà prise de "concentrer davantage les moyens de l'Etat"

Car "cette année, dit le courrier de la Préfecture, est également celle de l'évaluation à mi-parcours" de ces contrats Etats-Collectivités locales-bailleurs.

"Il conviendra à travers cette révision de concentrer les moyens de l'Etat en faveur des quartiers les plus défavorisés et de conduire à un renforcement de la solidarité intercommunale"!!!.

En clair l'Etat a décidé de se désengager dans le soutien  de centaines de quartiers classés en "Zones Urbaines Sensibles" (Z.U.S.), pour confier le bébé aux seules Communautés d'Agglomération ( les C.D.A.), au nom de la "solidarité intercommunale", mais aussi aux communes, aux Offices HLM.^.

Or, "aujourd'hui la Région Poitou-Charentes comptabilise 39 quartiers prioritaires dont 13 en Charente-Maritimes répartis sur les territoires CUCS de La Rochelle, Rochefort et Saintes." poursuit le même courrier.

 Au plan national, DOM compris, il y a 2 304 quartiers, cibles prioritaires des CUCS ( dixit le Livre vert)


Une concertation "préalable" pour savoir comment ... éliminer des quartiers!

"Le 20 janvier 2009, le comité interministériel des villes a décidé de lancer une concertation préalable entre les acteurs et partenaires locaux de la politique de la ville afin de recueillir vos avis sur les principes et la méthode à mettre en oeuvre pour la réussite de cette révision" !!!

C'est très clair: il s'agit d'associer élus et associations à la "réussite" ( de la décision déjà prise par l'Etat et les députés de la majorité), de leur ... élimination du cadre des CUCS!  "Autant nous demander de choisir nous-mêmes la corde qui doit nous pendre", ai-je dis à cette réunion, au nom du Collectif des Associations de Villeneuve-Les-Salines.

"Ce n'est pas le moment", alors que la crise fait des ravages sociaux!

     Cela a été dit et redit par plusieurs intervenant(e)s: de grosses opérations sont en cours, alors qu'il a fallu du temps pour les lancer, et les contrats CUCS sont courts ( 3 ans, renouvelables une fois).

 Et la crise sociale étend la détresse dans nos quartiers, couverts par les CUCS, mais cette détresse sociale existe aussi dans d'autres quartiers non (encore) concernés par les CUCS.

Plutôt élargir l'intervention de l'Etat, que de la "concentrer"!

 Des familles, des retraités, des jeunes en détresse vivent aussi dans d'autres secteurs de nos villes ( et aussi de nos campagnes). La crise concerne toute la société, même si des quartiers regroupent plus que d'autres des gens en pleine difficulté ( comme d'autres quartiers et communes regroupent beaucoup de gens aisés, voir de riches; ah Neuilly cher à notre Président, c'est autre chose ! )

 Nos quartiers ont besoin de "cohésion sociale", en particulier du soutien renforcé des travailleurs sociaux, des services publics et des Associations, dans leur pluralité et leur démarche en réseaux.

 Perdre les crédits des CUCS, c'est aussi perdre des crédits collatéraux, de "droit commun" qui très souvent complètent les crédits CUCS ( par exemple ceux des Communes et Communautés d'agglomération), comme le faisait, à juste titre, remarquer un technicien de la CDA de La Rochelle, Jean-Pierre Mandroux.

Et c'est la même chose pour les bailleurs, tel l'Office HLM de l' agglomération de La Rochelle.Sa présidente, Marie Lise Fleuret-Pagnoux, a mis en évidence les pertes fortes que subiraient les bailleurs et les locataires de ces quartiers: surloyer imposé, fin des exonérations de Taxe foncière pour les Offices - coût: 450 000 euros pour l'Office communautaire, subventions de la CDA pour encourager la mixité sociale

Et que dire des "petits quartiers, comme celui d'Aytré, la Résidence Karine', éliminée d'office par les règles fixées par l'Etat, qui veut concentrer ses moyens ( dont on ne connait pas le niveau prévu??!!), sur de "grands quartiers. Cela a fair réagir avec vigueur Suzanne Tallard, Maire de la Commune d'Aytré, qui a souligné que ce quartier bénéficiait d'un "bon partenariat" permettant de faire évoluer positivement les choses. Remettre ça en cause, "
ce n'est pas le moment" a dit Suzanne Tallard!

Le fonds de ... la question: la "recherche d'économies"!!!

L'Association des Maires de France le souligne dans une note sur le "projet de loi de programmation des finances publiques pour 2009-2012 (note en date du 13/11/2008): "des marges de manoeuvre peuvent être retrouvées par la recherche d'économies issues de la clarification de la répartition des compétences".

 En clair, l'Etat transfère des "compétences" aux Collectivités locales, sur leurs impôts locaux! C'est la volonté affichée dans la lettre de la Préfecture de Charente-Maritime, je la rappelle: "concentre davantage les moyens de l'Etat en faveur des quartiers les plus défavorisés et conduire à un renforcement de la solidarité intercommunale".

 Ah que la "solidarité" sonne faux, quant elle rime avec désengagement de l'Etat de la République!