Henri MOULINIER

 

 

Ce mercredi soir 28 sept, , les six candidats à la primaire - cinq PS et un PRG - ont mené un débat bon enfant, sans agressivité pendant deux heures. Cette deuxième rencontre télévisée était organisée dans le cadre de la préparation de cette primaire, dont le scrutin aura lieu les 9 et 16 octobre prochains. Ces élections permettront la désignation du candidat du Parti socialiste  (et de son petit allié le MRG ) pour l'élection présidentielle de 2012            (* Commentaire personnel en fin d'article).

Leur première mesure en arrivant à l’Elysée

Si Ségolène Royal est élue présidente de la république, son « premier Conseil des ministres bloquera aussi le prix de l'essence et de 50 produits alimentaires » Elle veut « l'entrée de l'Etat dans le capital des entreprises stratégiques, qui sont celles qui correspondent à l'intérêt général. L’interdiction des licenciements boursiers sera également inscrite dans la loi ».

Martine Aubry va réduire de 30% le traitement du Président de la République, relancer la croissance par l'emploi des jeunes ou encore « voir Mme Merkel pour dire qu'il faut changer profondément l'Europe ». Elle distinguera les banques de dépôts des banques d'investissement… « Il faut relancer la croissance et la politique de l'emploi… pour relancer la croissance. »

François Hollande, actuel favori des sondages, veut « Tout d'abord pour la jeunesse, un contrat de génération qui permettra de faire que le jeune et le senior aient leur place.»

Arnaud Montebourg, lancera une « loi en urgence de mise sous tutelle des banques. »

Jean-Michel Baylet relancera l'Europe et rassemblera la France « Il faut un pilote dans l'avion ».

Enfin, si Manuel Valls devient président, il commencera par « nommer un vrai premier ministre et restaurer la confiance des français », il veut aussi augmenter la TVA d’un point.

TVA Sociale

Martine Aubry s’est opposée à la tva sociale proposée par Manuel Valls, cette « tva qui va toucher tout le monde ». « Je ne suis pas pour la TVA sociale. La compétitivité se gagne par la recherche, la formation des salariés ». Arnaud Montebourg est aussi contre cette idée de TVA sociale, et contre la stratégie de délocalisation des multinationales « Avec le protectionnisme, elles devront choisir. Moi je veux des taxes contre la Chine ! »

 

L’emploi

Pour sauver l’emploi, François Hollande propose : « l'employeur qui gardera un senior et embauchera en cdi un jeune, ne paiera plus de cotisations sociales pour les deux. L'idée c'est de lier les générations. Je concentrerai les emplois d'avenir dans les banlieues. »

Martine Aubry défend le projet des socialistes « 300.000 emplois d'avenir : un tiers pour l'économie verte ». « Le contrat de génération, c'est des exonérations de charges pour l'embauche des jeunes.
Ces mesures ont coûteuses. Il y a un effet d'aubaine » (pour les patrons). « On a un taux d'activité des seniors très bas. Il faut inciter et être coercitif en taxant les entreprises qui se débarrassent tôt des seniors… Tout ce que l'on touche doit être soumis aux même cotisations : salaires, stock options.... ».

Ségolène Royal ne croit pas non plus à la proposition de François Hollande : « Le chômage des jeunes est une priorité. On ne peut pas créer de nouvelles niches sociales. L'idée de François est séduisante, mais très couteuse et ne correspond pas à la dynamique des entreprises. Je veux un Grenelle des PME. »

Jean-Michel Baylet est réticent aux emplois aidés.

Pour la régularisation des sans papiers, les six affirment qu’il est « impossible de régulariser tout le monde ». Jean-Michel Baylet est pour la suppression du délit d'aide aux sans-papiers. Pour Martine Aubry, « On peut aller plus vite pour ceux qui travaillent ou dont les enfants sont scolarisés. Il faut commencer par eux», et Ségolène Royal insiste sur le « démantèlement et la répression des trafiquants de main d'œuvre ».

A la question de la morale et la justice, Martine Aubry veut que « le statut pénal du président et des ministres change. Je veux remettre l'indépendance totale de la justice. Respecter l'indépendance, c'est aussi éviter de parler avant que la justice ne tranche ». Pour Arnaud Montebourg : « la corruption n'est ni de droite ni de gauche ». Ségolène Royal veut « mettre de l'ordre dans la maison France. Il faut être exemplaire, raison d'être de la République ». Montebourg : la corruption n'est ni de droite ni de gauche.

En guise de conclusion, quel genre de président(e) seraient-ils ? Montebourg veux être, « un président arbitre et non chef de clan », Ségolène Royal « la présidente des solutions efficaces et justes... L'ordre social juste, ce sera ma boussole ». Jean-Michel Baylet, retour aux origines des radicaux gauche, veut être « le président d'une république laïque ». Manuel Valls clame « Le 9 octobre, voter pour moi, c'est voter utile ». Pour François Hollande : « confiance, c'est le mot clé dans cette campagne ».

Selon Martine Aubry, les six candidats à la candidature ont dit « la même chose » durant ce débat. Il y avait un accord général sur le projet du PS… Avec quelques nuances quand même, chaque proposition hors projet rencontrant souvent l’opposition générale, comme la TVA sociale de Manuel Valls ou l’exonération des charges patronales pour le projet de François Hollande.

La proximité d’Arnaud Montebourg et de Ségolène Royal sur le protectionnisme, les confrontations entre Martine Aubry et Arnaud Montebourg sur l'affaire Guérini et de ce dernier avec Manuel Valls sur la TVA sociale constituaient les points marquants de ce débat.

Martine Aubry, ancienne ministre de Lionel Jospin, qui s’appuie sur son bilan à Lille, sur la restauration du parti socialiste et son programme, fera probablement face à son frère ennemi François Hollande entre les deux tours de la primaire. François Hollande que Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers et… ancien ministre de Nicolas Sarkozy, a décrit comme le candidat à la primaire socialiste «le plus compétent, le plus capable ».

A.S. Web de l'Humanité - 28-9-11          (*) Commentaire personnel (H.M.):Ces primaires vont désigner le candidat socialiste aux élections présidentielles, pour le 1er tour d'abord, puis, les électeurs le décideront, au 2e tour. Il ne s'agit donc pas, comme le dit le PS dans son dépliant en 4 pages sur ces primaires, de décider aujourd'hui d'un candidat de toute la gauche. Je cite: " tous ceux qui veulent le changement pourront désigner le-la candidat-e qui devra battre Nicola Sarkozy et porter les couleurs de la gauche lors de l'élection présidentielle". Personnellement je soutiens au 1er tour un candidat non-socialiste et de gauche: Jean-Luc Mélenchon, cadidat du Front de gauche. Je n'aime pas cette opération "attrape-tout à gauche" du PS, feignant de croire qu'il couvre toute la "gauche".                                       image/jpeg icon 1629913_primaire-corsan_640x280.jpg [1] Débat des primaires PS: des nuances plutôt que des différences [2] Les Français partagés sur la primaire du PS [3] Très chères primaires socialistes [4]   URL source: http://www.humanite.fr/politique/les-six-candidats-la-primaire-socialiste-ont-dit-%C2%AB-la-meme-chose-%C2%BB%E2%80%A6-ou-presque-480541
Jeu 29 sep 2011 Aucun commentaire
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