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Henri MOULINIER

Ces résultats de Die Linke, en Allemagne, me réjouissent. Dans un contexte national spécifique, cette foce radicale de gauche, 2 ans après sa création, devient incontourable, à côté d'un Parti social-démocrate (SPD) qui a viré de bords et gouverne avec la droite (la CDU).

 N'est-ce pas, pour la France,  cette démarche de création de Die Linke ( La Gauche) qui a inspiré l'Appel de Politis pour une "nouvelle force à gauche", porteuse d'une démarche de transformation sociale, économique, politique et écologique?

 N'est-ce pas le sens de la création du Parti de Gauche ( le PG auquel j'ai adhéré),et celle du Front de gauche pour les élections européennes ( avec le PCF et la Gauche Unitaire)?

 Front de gauche que le PG, et Jean-Luc Mélanchon, proposent aujourd'hui de "perenniser", pour affronter, ensemble, les élections régionales, présidentielles et législatives à venir, afin de créer une dynamique citoyenne de la gauche de gauche sur un projet de transformation sociale et écologique, à côté d'un PS anglué dans sa démarche sociakl-libérale, sa bataille des égos, que Martine Aubry a du mal à maitriser, et d'ouverture possible au Modem.

Toute proportion gardée, et dans des contextes et histoires nationales différentes, les résultats de Die Linke en Allemagne, ne peuvent que nous encourager à pérenniser le Front de Gauche et à l'élargir ( avec le NPA et d'autres).                                                            HM

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Un blog sympathique:

         
http://lerouetacoeurouvert.blogspot.com/2009/08/un-arc-unitaire-pour-le-front-de-gauche.html

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LE MONDE | 31.08.09 | 08h32    Mis à jour le 31.08.09 | 08h32
Berlin, correspondante

Triomphal Oskar Lafontaine ! Le chef de file de la gauche radicale allemande, Die
Linke (La Gauche) et ancien patron des sociaux-démocrates (SPD) avait plus d'une
raison de se réjouir dimanche soir. En Thuringe et en Saxe, deux Länder
d'ex-RDA, son parti s'est imposé comme deuxièm
e force politique. Derrière la CDU
d'Angela Merkel et loin, très loin, devant le SPD
.

Mais c'est surtout vers la Sarre que M. Lafontaine avait le regard tourné. Dans cette petite région sise à la frontière française où il se portait lui-même candidat, et qu'il avait dirigée entre 1985 et 1998 sous les couleurs du SPD, Die Linke a engrangé 21,3 % des voix. Bien au-delà de ce que lui prédisaient lessondages.

Le résultat est inédit à l'ouest de l'Allemagne : il y a cinq ans, le PDS, ancêtre du Linkspartei, avait écopé d'un très modeste 2,3 %

"Die Linke a le vent en poupe", a martelé le tribun devant ses troupes, en
liesse à l'annonce des résultats. Assurément, la gauche radicale est la grande
gagnante de ces scrutins qui ont égratigné aussi bien la CDU que le SPD
.
"Nous
sommes aujourd'hui l'un des trois grands", a pavoisé Dietmar Bartsch, le
secrétaire général du parti.

STATUT PARTICULIER

A un mois des élections générales, les scores obtenus par Die Linke ne sont,
bien sûr, pas transposables au niveau fédéral. En ex-Allemagne de l'Est, ce
parti, qui rassemble les déçus de la social-démocratie et les anciens
communistes de RDA, jouit d'un statut particulier. Dans ces régions, toujours
frappées par un taux de chômage parfois deux fois supérieur à la moyenne de
l'Ouest, le vote pour La Gauche est surtout identitaire. Les résultats en
Thuringe (27,4 %) et en Saxe (près de 21 %) ont prouvé une nouvelle fois son
ancrage.


En Sarre, la situation est toute autre. Ancien ministre-président et ancien
maire de Sarrebruck, Oskar Lafontaine jouit toujours d'un capital de sympathie
très élevé dans son Land natal. C'est sa personne ˆ le "Napoléon de la Sarre" ˆ
et moins son parti que les électeurs ont plébiscité.

Les sondages pour le 27 septembre parlent d'ailleurs un langage très différent :
Die Linke y est crédité de 9 % des voix
. Prudent, l'état-major du parti s'est
fixé comme objectif "10% et plus". Il n'empêche. Un peu plus de deux ans après
sa création, Die Linke démontre une nouvelle fois sa capacité à bouleverser le
jeu traditionnel des coalitions.


Dimanche soir, une grande question préoccupait commentateurs, analystes et
personnalités politiques réunis sur les plateaux de télévision : le SPD, en
Sarre, va-t-il s'allier aux Verts et surtout à la gauche radicale, une première
dans l'ouest de l'Allemagne, pour mettre fin à un gouvernement dominé par les
chrétiens-démocrates ? Pour l'heure, le flou demeure et les négociations
s'annoncent longues et compliquées.

En Thuringe aussi, Die Linke pose un cas de conscience aux sociaux-démocrates
qu'elle dépasse de près de dix points
. Ensemble, les deux frères ennemis
pourraient renverser le ministre-président sortant, le conservateur Dieter
Althaus. Des coalitions dites "rouge-rouge" ne sont pas un tabou dans les Länder
d'ex-RDA. Mais voilà, les Linke exigent de pouvoir nommer eux-mêmes le nouveau
chef du gouvernement. Un véritable camouflet pour le SPD.

A 66 ans, le charismatique Lafontaine tient sa revanche sur ses anciens
camarades : il titille sur sa gauche ce parti devenu trop centriste à son goût.
Dimanche, le "vieux lion" s'est même payé le luxe d'exclure une coalition avec
les sociaux-démocrates au niveau fédéral, arguant des trop grandes différences
idéologiques entre les deux partis.

Marie de Vergès
Article paru dans l'édition du 01.09.09

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L'Edito de "Cerise", journal des Communistes Unitaires


Aux régionales de dimanche, le parti de gauche allemand Die Linke a remporté un franc succès. 20,6 % en Saxe et 27,4 % en Thuringe, deux länder de l’Est de l’Allemagne. Et surtout, 21,3 % (contre 2,3 % en 2004) en Sarre, fief d’Oscar Lafontaine à l’ouest du pays.

° Cette percée phénoménale du parti de gauche en Sarre alimente les débats : charisme de Lafontaine, chef de file de die Linke au Bundestag et ancien du SPD ? Avancée confirmée de die Linke à l’Ouest de l’Allemagne?

Une question d’autant plus décisive à l’approche des élections au Bundestag : dans quelle mesure les résultats aux régionales influenceront-ils le vote des Allemands lors des législatives, le 27 septembre prochain ?

° Autre thème de grandes spéculations : les relations entre le parti de gauche die Linke et le parti social-démocrate SPD.

Que ce soit en Thuringe ou en Sarre, une coalition rouge-rouge entre les deux partis n’est pas exclue. Dès le lendemain des résultats, le message de Lafontaine était clair : le Sarrois se réjouit « sans la moindre réserve » d’offrir de nouvelles perspectives de pouvoir au SPD. Même esprit d’ouverture de la part du secrétaire général de die Linke, Dietmar Bartsch : « Nous avons l’intention de sonder les points de coopération possibles avec le SPD et de mener à bien une politique commune. »

Côté SPD, les démonstrations d’enthousiasme envers une coalition rouge-rouge manquent à l’appel. Le chef de file SPD en Thuringe, Christoph Matschie, compare déjà les différentes options : grande coalition SPD-CDU ou coalition rouge-rouge-verts. Même son de cloche en Sarre, où les ressentiments de plusieurs sociaux-démocrates envers Lafontaine joueraient presque en faveur d’une grande coalition. En Thuringe, la logique arithmétique des urnes serait également méprisée : en cas de coalition rouge-rouge-verts, le SPD (18,5 %) refuserait de céder le poste de ministre-président à Bodo Ramelow, chef de file régional de die Linke (27,4 %).

° Et pour les législatives, le message du SPD est clair : aucune coopération avec die Linke, les divergences sont trop grandes, que ce soit sur l’engagement militaire en Afghanisthan ou l’Agenda 2010 (1).

L’antipathie du chef du SPD, Franz Müntefering, pour son ancien camarade Lafontaine ne semble pas non plus négligeable. Un paradoxe, le pragmatisme de Lafontaine suscitant maintes discussions à l’intérieur même de son parti !

Le parti de gauche allemand die Linke reste toutefois fort de son dernier succès et serre les rangs : pas de dissensions internes avant les législatives semble être le mot d’ordre, selon l’expert des partis politiques Jonas Rugenstein. Il sera temps d’aviser au moment de déterminer la position du parti, une fois les résultats tombés.

Charlotte Noblet (depuis berlin)

1. Ensemble de réformes (retraite, politique de santé, marché du travail) du gouvernement rouge-verts de Schröder qui a provoqué la rupture avec l’aile gauche du parti et le départ d’Oscar Lafontaine.
Lun 31 aoû 2009 Aucun commentaire
Sitemap Ce qui accroît l'urgence de trouver des solutions sociales immédiatement faisables, c'est la spirale destructive qui résulte des politiques néo-libérales : égoïsme irresponsable dans la concurrence, donc dégats écologiques, donc catastrophes sociales, donc affrontements entre les peuples, donc un boulevard pour la xénophobie et le bellicisme, etc. Cette spirale politique est aggravée par le fait que, pendant que certaines populations sont frappées par des catastrophes immédiates, d'autres vivent dans l'illusion d'être hors de danger (provisoirement !) et donc sont tentées par des politiques d'indifférence (comme celle aujourd'hui des pays riches vis-à-vis des fléaux qui frappent l'Afrique : désertification, sida, etc.) et des réactions xénophobes et bellicistes, en particulier contre les réfugiés (comme aujourd'hui la guerre contre les immigrants aux frontières des pays riches). Il faut casser cette spirale sans attendre une revolution d'ensemble, precisement pour qu'une revolution d'ensemble devienne possible. Tant que ne seront pas apparus des régimes politiques mettant en œuvre des programmes sérieux contre le réchauffement climatique, la situation politique reste marquée par une course de vitesse entre d'un côté la prise de conscience et l'organisation des citoyens, de l'autre les politiques néo-libérales, ségrégationnistes et bellicistes.


Quelque part, comme on le sait depuis longtemps, ce ne sont pas les moyens qui manquent.

Avec l'argent gaspillé dans l'armement, on a très largement de quoi financer une reconversion de l'économie dans un sens écologique et mettre fin à la pauvreté.

 Idem avec les revenus des riches, les dépenses de pub, l'argent public dépensé pour soutenir les capitaux, les rentrées que rapporteraient une taxe Tobin et la fin des paradis fiscaux, etc.

Ces démonstrations doivent être popularisées dans l'opinion publique, mais la question est de créer un rapport de force collectif pour contraindre les profiteurs à lâcher le magot. C'est donc la question de construire une capacite politique collective de la societe. Et il ne suffit pas de le dire car pour créer cette capacité collective il faut inventer des pratiques sociales solidaires et écologiquement responsables, contre la culture du consumérisme, de la compétition généralisée, et de la guerre.

Ce qui est nouveau, c'est que nous devons faire cela en situation de catastrophe et de menace vitale,

ce qui impose de se défaire du « réalisme » hérité des périodes où on a eu l'illusion du « progrès ». Tout cela est difficile et demande de l'audace. Mais d'un autre côté la tâche n'est pas impossible car l'urgence (et les impasses rencontrées par les politiques des classes dominantes) peut créer une « insurrection des consciences » et des bouleversements déconcertants dans la culture politique de masse.

La possibilité d'une « insurrection des consciences » à l'échelle planétaire n'est pas du tout exclue, un peu comme la prise de conscience collective qui s'est fait jour dans la lutte contre le nazisme et après la deuxième guerre mondiale, mais en beaucoup plus radical (écologique, solidaire, internationaliste).

Je rappelle que c'est dans la résistance au nazisme qu'a été forgé le projet de la Sécurité Sociale française qui a été ensuite imposé à la classe dominante dans le rapport de force de la Libération, et qui constitue l'un des piliers des droits sociaux sur lesquels nous vivons actuellement (et qui sont sapés par le néo-libéralisme). De même, le National Health Service en Grande-Bretagne a été mis en place pour souder la société dans son effort de riposte à l'agression nazie.


 Les catastrophes sont aussi des moments de contre-offensive et de création collective. En situation de catastrophe, les mouvements politiques seront jugés sur leur capacité à mettre sur pied un « gouvernement de sauvetage collectif » (pour ne pas dire « gouvernement de salut public », formule utilisée souvent en temps de guerre et sur un fond d'idéologie patriotique).

 Avec l'entrée dans une période de catastrophes climatiques on ne peut pas prévoir précisément par quelles formes politiques s'enclenchera un processus de rupture avec le capitalisme : peut-être que le peuple construira de toutes pièces un pouvoir révolutionnaire, par auto-organisation en dehors des institutions officielles actuellement en place, mais peut-être aussi que les citoyens investiront massivement et s'approprieront les institutions officielles et les services publics, et réorienteront complètement leur fonctionnement, ou peut-être une combinaison des deux, ou autre chose. A la fin de son rapport Tanuro conditionne toute solution définitive de la crise climatique à une préalable révolution par émergence de pouvoirs d'Etat révolutionnaires et contagion mondiale, mais dans le reste du texte
il propose aussi des réformes immédiates à imposer face aux pouvoirs actuels.