Economie - libéralisme

Jeudi 3 juin 2010 4 03 /06 /2010 15:07

LES TARIFS D’ÉLECTRICITÉ VONT AUGMENTER POUR PERMETTRE LA CONCURRENCE !!!!

À TERME, L’USAGER PEUT S’ATTENDRE À DES HAUSSES SUBSTANTIELLES DE SA FACTURE, COMME CELA S’EST DEJA PRODUIT POUR LE GAZ.

NE LAISSONS PAS FAIRE !

Début juin 2010, les parlementaires auront entre les mains l’avenir du service public de l’électricité.

En effet, débutera dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale l’examen du projet de loi Nome, soit la Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité, concoctée par le gouvernement.
Le principe en est simple : constatant que la concurrence ne fonctionne pas - plus de 96 % des Français restent fidèles à l’opérateur historique (EDF) -, le gouvernement a décidé de la créer… artificiellement
. Si la loi passe, à partir du 1er janvier 2011, EDF aura obligation de revendre à ses concurrents jusqu’à 25 % de sa production d’électricité.

Un véritable hold-up !

Les fournisseurs d ‘électricités vont se voir offrir un quart de la production, que les Français ont déjà payé avec leur facture, pour qu’ils puissent réaliser des profits, au seul bénéfice de leurs actionnaires.

C’est une première d’obliger une entreprise, dans le monde de la concurrence libre et non faussée, à céder une partie de ses atouts à des concurrents qui produisent peu ou pas du tout d’électricité.

 

Trois points cruciaux sont en question :

Point n° 1 : les tarifs
Les tarifs vont mathématiquement augmenter puisqu’il est reconnu que la concurrence ne peut s’exercer parce qu’ils sont trop bas. Quelque soit le prix de rachat, tous les fournisseurs chercheront à faire une marge. Des chiffres circulent déjà et les fournisseurs de tous bords se frottent les mains.
Cela touchera lourdement tous les usagers et risque de porter un coup supplémentaire au secteur industriel, déjà mal en point, quand on sait que le prix de l’électricité est un facteur important de localisation industrielle.
Déjà certains industriels annoncent que, dans ce cas de figure, ils préféreront transférer leurs usines dans des pays qui leur permettent une stabilité et une visibilité à long terme à un tarif intéressant, comme le Canada ou les Etats-Unis, voir d’autres pays d’Europe.
L’originalité de la France dans cette affaire, c’est d’accepter d’auto saborder son avantage compétitif, son système électrique.

• Point n° 2 : les investissements
Les fournisseurs profiteront de la manne nucléaire sans aucun investissement. On a vu ce que cela a donné il y a plusieurs années en Californie avec la grande panne électrique. Là-bas comme ailleurs, l’Etat s’est réapproprié le secteur. Quant à nous, nous privatisons à tour de bras !

• Point n° 3 : la clause de destination
La loi stipule que les fournisseurs accédant à la « rente nucléaire » devront justifier d’un portefeuille de clients équivalent sur le territoire national.
Tout le monde sait pertinemment que cette clause ne tient pas juridiquement, et qu’au moment opportun elle sera remise en cause et permettra à n’importe quel fournisseur d’aller spéculer partout en Europe.

Va-t-on finir par réaliser que la concurrence sur un produit qui ne se stocke pas et se transporte mal est une aberration ?
Le résultat de ce mauvais compromis risque de mettre à mal, non pas l’entreprise EDF mais toute l’organisation du secteur électrique.

 

La CGT des Mines et de l’énergie vous propose d’agir, en partageant les informations que vous venez de lire et/ou de voir, en participant au sondage ci-contre et en signant la pétition en ligne.

Par henri Moulinier - Publié dans : Economie - libéralisme - Communauté : Maintenant à gauche en France
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /2010 09:40

Les élections passées, le printemps arrivant, les bourgeons et les ... mauvais coups arrivent!
G.D.F-Suez. a décidé, avec l'aval du gouvernement, d'augmenter de 9,7% en moyenne les tarifs réglementés du gaz

Tarifs ... réglementés, vous avez dit!!!
Cette décision est le fait d'un groupe livré au privé, à la domination de Suez, à la soif de dividendes des actionnaires de cette société.
Ce n'est pas la 1ère:
- Novembre 2005: +13,7%
-Mai 2006: +5,8%
-Janvier 2008: +4
-Avril 2008: +5,5%
- Août 2008 +5%
- Baisse de 11,3% en Avril 2009
- Ca repart avec ces 9,7% au 1er Avril 2010
Globalement, ça fait une belle hausse depuis 2004, écrit Sud-Ouest du 26/3/10: "en moyenne quelque 30% plus cher qu'n 2004"!!! A comparer avec les hausses quasi-nulles de notre pouvoir d'achat (salaires et pensions)

Un manque à gagner pour GDF-Suez?
Ce groupe fait valoir que le tarif réglementé n'aurait pas suivi la hausse du coût d'approvisionnement et qu'il aurait un "manque à gagner" de 2 millirds d'euros. Ce que  UFC-Que choisir ramène à 900 millions.
Mais cette hausse des tarifs réglementés est "paradoxale" selon Jean-Marie Chevalier, professeur à Paris-Dauphine ( S-O 26/3/10): "le marché du gaz connait une déprime certaines depuis 2009. La crise économique pèse sur la demande. Les découvertes de gaz non conventionnel piègés dans les schistes du continent nord-américains contribuent à accroître l'offre et à réduire les importations des Etats-Unis. Et la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires allemandes pourrait également contribuer à diminuer la demande etfaire pencher la balance du côté de l'offre" écrit Sud-Ouest.

La décision est prise par la Commission de régulation de l'Energie
Cette Commission est-elle bien "indépendante"? "C'est improbable", répond Caroline Keller, chargée de mission Energie à UFC-Que choisir. "Nous avons quand même le setiment qu'elle tient compte davantage de ce que dit GDF-Suez sur les contrats. On aimerait être un peu plus écoutés"!!! Nous aussi, les consommateurs, qui sommes aussi des consomm'acteurs!
Ls contrats d'approvisionnement en gaz sont à long terme, comme ceux avec la Sonatrach (Algérie) ou Gazprom (Russie). Le prix du gaz, tel qu'il est fixé dans ces contrats, suit les cours du pétrole brut et des produits pétroliers avec un décallage compris entre 6 mois et en an. "Or, écrit Sud-Ouest, après avoir baissé, les prix du pétrole ont remonté"!
Ces contrats à long terme doivent être renégociés! C'estce que cherchent à faire certains distributeurs de gaz.
Pourquoi, en effet, lier le prix du gaz au prix du pétrole, plutôt aux cours du pétrole, objets d'une spéculation à la hausse aujourd'hui, en l'espoir d'une reprises économique.

Cette hausse n'est pas acceptable!!!
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Quand les actionnaires se sucrent,

la facture est salée

 

 

Il y a des gens qui aiment les chiffres. Et d’autres qui les retiennent. Si celles et ceux qui se souviennent du score de la liste pour laquelle ils ont (éventuellement) voté aux régionales ne sont pas légion, je ne doute pas qu’une majorité des citoyens ait retenu

le chiffre de l’augmentation du gaz du 1

 

er avril : 9,7 %. Même s’ils ne bénéficient pas du gaz naturel à la maison.

Etant cadre à GDF SUEZ, je me suis retrouvé avec une flopée de sms et de courriels de la part de connaissances et d’ami-e-s avec des commentaires

persifleurs. Et à devoir répondre à des gros mots (racket, spoliation…), à diverses boutades

 

(c’est un poisson d’avril, ça va rentrer dans votre poche de privilégiés…) Durant le week-end qui plus est. Promis, juré, je n’avais décidé de rien.

Mes ami-e-s auraient dû capter que tout, désormais, est dans les mains de la direction du groupe GDF SUEZ, qui élabore la formule d’indexation et fixe les révisions de tarifs. Et que la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a pour seule mission de s’assurer que les calculs du groupe privatisé sont en conformité avec la formule imposée par les lobbyistes du groupe.

 

Bref que, débarrassé de la tutelle des pouvoirs publics, GDF SUEZ a grande latitude pour agir en faveur de ses intérêts et non de l’intérêt général.

Il m’a donc fallu « défendre » la multinationale du CAC 40, que certains nomment encore service public, pour faire illusion ou par auto-persuasion. J’ai dit à mes interlocuteurs qu’ils ont eu tort de ne retenir que ce chiffre : 9,7% (soit + 87

 

e par an en moyenne sur une facture de 900). Car s’ils disposent d’un contrat gaz naturel

pour la seule cuisson, c’est à une augmentation de 13,4 % du tarif régulé (on ne rit pas) à laquelle ils auront droit. Cela s’appelle la « segmentation de la clientèle », aux antipodes du service public et de l’un de ses principes fondateurs : l’égalité de traitement des

usagers. Pour que ces derniers s’y retrouvent dans leur budget, j’ai suggéré qu’ils réduisent le poids de leurs biftecks et de leurs spaghettis. Cela les a énervés : « Tu comprends, à ce prix-là, autant passer à l’électricité. » J’ai aussitôt averti mes collègues commerciaux dont le métier est de vendre du gaz avec pour seul horizon la concurrence, les marges et le business.

Ensuite, j’ai dit à mes correspondants qu’ils avaient été chanceux : GDF SUEZ avait réclamé cette augmentation plusieurs semaines auparavant, et l’organe technique et indépendant appelé CRE avait repoussé sa décision pour la prendre… le surlendemain

du 2e tour des régionales. « Quelques semaines d’augmentation en moins, c’est trop top». Cela n’a pas suffi à les calmer.

 

L’un d’eux, Jeune Impopulaire de l’UMP, est convenu que décaler cette mesure n’avait pas eu les effets escomptés sur le score de sa liste et sur la cote de Sarkozy (qui s’était engagé à ce que l’Etat reste actionnaire majoritaire à 70 % de Gaz de France.)

Ce même godelureau m’a soutenu que nous (le personnel, ses 35 h, son tarif préférentiel, son comité d’entreprise, ses primes…) coûtions cher à GDF SUEZ. Bref qu’il y a des privilégiés, ce qu’il n’est pas seul à penser : je connais des gens de « gôche » ou « apolitiques » qui professent cette idée depuis des lustres. Que le gaz soit cher ou bon marché.

C’est que le Jeune (Im) Populaire ne disposait pas des « éléments de langage »

 

(1) des dirigeants de GDF SUEZ et du gouvernement.

Selon le prêchi-prêcha officiel des années 2007-2008, l’augmentation des tarifs régulés (+40 % en 5 ans) du gaz était justifiée par la hausse des cours du pétrole. Le prix du baril de pétrole ayant entre temps fortement chuté (-37 % pour le baril et de -50 % pour le gaz en 2009 (2), la chanson de l’augmentation entonne cette fois un autre couplet : celui du coût des infrastructures de stockage et de transport, qui aurait explosé de 22 % en un an. Précisons que ces coûts, de même que les coûts d’investissement, ont toujours été pris en compte dans les tarifs de service public.

 

Oubliés: les dividendes aux actionnaires de GDF SUEZ

4 milliards

 

e versés aux actionnaires de GDF SUEZ en 2009, soit 40 % du déficit 2010 du système de retraites en France et 66 % du coût de la reconstruction d’Haïti

Quant aux privilégiés… Les dividendes versés aux actionnaires en 2009 par le seul groupe GDF SUEZ se sont élevés à 4 milliards

 

(3) captant 75 % du « résultat net consolidé» du groupe.

Pour donner une idée de ce que cela représente : le déficit actuel du système de retraites, tous régimes confondus, est estimé à 10 milliards

 

e et la reconstruction d’Haïti à 7,5 milliards e. Elsa Triolet écrivait que « les barrières n’ont que deux côtés. » Décidément, il y a ceux qui produisent des richesses et ceux qui en profitent.

 

P.S.

 

 

(1) Novlangue tordant la réalité à la convenance de celui qui la parle, utilisée par des variétés de perroquets. Est au capitalisme mondialisé ce que la langue

de bois est (encore) à de nombreux partis ainsi qu’à l’Union soviétique sous Brejnev.

(2) Source : communiqué de résultat annuel de GDF SUEZ.

(3) L’impôt sur les sociétés s’étant élevé à 1.7 milliard e

 

La CRE vient d’avaliser la demande de hausse de +9,7 %

de GDF Suez.

Le nouveau processus de révision tarifaire fonctionne correctement.

Ses impacts sont conformes à nos estimations.

Cette bonne nouvelle s’est traduite par une très forte

hausse du cours de bourse de GDF Suez (+ 2,63 %).

Analyse financière Natixis – Morning news – 26 mars 2010

  

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Par henri Moulinier - Publié dans : Economie - libéralisme - Communauté : Les blogs citoyens
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Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 16:44

Jean-Luc Mélenchon et les retraites  <http://eldiablo.over-blog.org/article-jean-luc-melenchon-et-les-retraites-43534616.html>. Extraits de son excellent argumentaire à mettre entre toutes les mains!


 

La population active devait diminuer ! Elle augmentera !

On nous dit que le ratio actifs/retraités est passé de 3 à la fin des années 1970, autour de 2 aujourd’hui. Horrible ! Et il va descendre à moins de 1,5 en 2050. Catastrophe ! De toutes les façons il faut bien se garder de croire sur parole ceux qui brandissent des arguments démographiques. Dans les années 2000, les très savants nous jetaient à la figure l’inéluctable baisse de la population comme argument massue. Le taux de fécondité permettait d’annoncer un effondrement de la population active future. Pschitt ! C’est le contraire qui se produit. Pourtant aucun de ces importants n’a cru bon de réviser ses chiffres et de présenter des excuses. Le démographe Hervé Le bras fut mis au pilori pour avoir rappelé que tous ces chiffres ne valaient rien parce que la fécondité finale des femmes n’était pas prise en compte. Autrement dit ces grands modernes et réalistes continuaient à mesurer le nombre d’enfant par femme au même âge que celui de la génération précédente de femmes, avant la pilule la pilule et le travail de masse des femmes ! Bravo les intellos de connivence ! Les femmes font tout simplement leurs enfants plus tard ! Les gros malins n’étaient pas au courant !

 

Le nombre de retraités baissera !

Et le nombre des retraités ? Autre tableau d’apocalypse !
Selon l’INSEE il devrait augmenter de près de     63 % entre 2006 et 2050. On passerait de 13 millions de retraités en 2007 à 21 millions en 2050. Bigre ! Ils finiraient par nous faire regretter de voir les gens ne pas mourir utilement à l’âge où leur présence ne pèse pas sur les comptes.
Restons zen ! L’augmentation du nombre des retraités vient de deux sources d’égale importance.
° D’abord l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération du baby-boom, c'est-à-dire les personnes nées entre 1945 et 1975. Le papy boum ! Peut-on faire remarquer que cet effet est hélas nécessairement limité dans le temps ? Il faut bien mourir et personne n’y échappe. Pour l’instant. Donc suivez la bosse démographique dans le temps et vous verrez que pour finir bientôt la mort la dégonfle.
° Par contre, entre 2036 et 2040 commenceront à arriver à la retraite les classes « creuses », enfants des baby boomers, conçus après l’arrivée de la pilule en France en 1974 ! Le nombre de nouveaux retraités diminuera alors fortement et d’un coup.

 

L’allongement de la durée de la vie ralentira.

Le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) de 2007 a quand même commencé à relativiser certaines déclarations péremptoires. Pour lui, « la mortalité baisserait moins, conduisant en 2050 à une espérance de vie à la naissance inférieur à celle des anciennes projections, de 2 ans pour les femmes et de 0,5 ans pour les hommes ». L’espérance de vie progresserait de 1,1 ans tous les 10 ans, soit 0,44 trimestres tous les ans. En 2050, il y aurait alors 650000 retraités de moins que dans les prévisions du début des années 2000. Total, entre 2006 et 2050, la population en âge de travailler ne diminuerait pas de 4,1 millions comme annoncé par les affoleurs publics ! Elle resterait stable.

 

Espérance de vie, et âge de la retraite : repère bidon !

On nous dit : « l’âge de la retraite doit être relevé parce que l’espérance de vie augmente ». Et ca passe comme si c’était la preuve d’un fait inéluctable.
Pourquoi ? Quel rapport entre la durée de vie et l’obligation de travailler ? Ca n’a jamais été le cas jusqu’à présent. Au contraire. C’est le phénomène inverse, qui s’est produit en continu depuis le 19ème siècle. L’âge de la retraite n’a cessé de baisser là où l’espérance de vie augmentait. En 1910, quand le droit à la retraite à 65 ans est affirmé pour la 1ère fois, l’espérance de vie est à peine de plus de 50 ans. En 1983, quand a été instaurée la retraite à 60 ans, l’espérance de vie approchait 75 ans ! Donc, baisse de population, augmentation du nombre de retraités, allongement de la durée de vie, les trois arguments massue du terrorisme intellectuel sont des réalités discutables et bien plus ambigües que ne le disent d’habitude les manieurs de d’évidences non démontrées. Pour moi le problème est bien mal posé. En vérité où est le problème ? Comme d’habitude il contourne la question centrale de la vie en société : le partage des richesses produites.

 

Moins nombreux mais plus productifs

Les comparaisons des faiseurs de panique ne tiennent pas compte de la hausse de la productivité des actifs. Un actif de 1983 produisait bien moins de richesses qu’un actif de 2010 n’en crée à présent.
Depuis 1983 et l’instauration de la retraite à 60 ans, la richesse créée par chaque actif a augmenté de 30 % en euros constants. Cela signifie que 2 actifs d’aujourd’hui produisent quasiment autant de richesses que 3 actifs de 1983.
Le bon repère n’est donc pas la baisse du nombre d’actifs par retraité. Mais la valeur de la richesse produite et l’affectation de son produit. Car de 1983 à aujourd’hui la part des retraites dans le PIB n’a augmenté que de deux points, passant de 10,3 % à 12,8 % du PIB. Et elle a donc augmenté moins vite que la productivité des actifs.
 Ce repère personne ne le cite jamais. Tout se passe comme si la quantité de richesses produite dans le pays allait stagner. Alors il faudrait calculer à montant de richesse constant au cours des 40 prochaines années! C’est absurde ! Dans les 40 années à venir, avec un taux de croissance moyen de 1,7 % par an, la richesse de notre pays passera à 3 400 milliards d’euros. Et il s’agit d’euros réels, constants, hors inflation. C’est une masse fantastique. Pour faire face à l’augmentation du nombre de retraités tout en annulant les réformes de la droite, il faudrait transvaser 6 % supplémentaire de la part du PIB pour le financement des retraites. Inutile de s’évanouir ! C’est un transfert tout à fait jouable. En 2050, une fois financés les 204 milliards liés à ce transfert, il restera chaque année près de 1 200 milliards d’euros de richesse nouvelles créés ! ca laisse largement de quoi financer les augmentations de salaire direct et les investissements !

 

Le partage des richesses, clef du financement

Le problème du financement des retraites se résume donc à un problème de partage de la richesse créée. Les gains de productivité ont été massivement captés par le capital alors qu’ils devraient contribuer à financer les retraites et à faire progresser les salaires.
C’est la contraction de la masse salariale qui compromet le financement des retraites. Depuis 1982, les salaires ont perdu 10 points dans le partage de la richesse créée passant de 70 % environ à 60 %.Si ces 10 points n’avaient pas été perdus par les salariés on n’aurait aucun mal à financer aujourd’hui les retraites, compte tenu de la masse de cotisations supplémentaires que génèrerait une hausse de la masse salariale.
On peut se demander si l’obstination a toujours faire des comptes pour le futur en oubliant l’augmentation de la richesse n’est pas une autre façon d’annoncer que cette richesse supplémentaire est destinée a devenir des profits plutôt que des salaires ou des pensions !

 

Le recul de l’âge de la retraite : inefficace et injuste

Le recul de l’âge de la retraite par le report de l’âge légal du départ ou le relèvement de la durée de cotisations ne résout nullement le problème financier. Le COR a calculé en 2008 que le report de l’âge légal à 61,5 ans ne couvrirait que le tiers des besoins de financements supplémentaires en 2020 et à peine 9 % en 2050 !
Cette inefficacité, payée si cher par ceux qui souffrent en étant maintenu au travail, est confirmée par le bilan de la réforme Balladur de 1993. Quel est ce bilan sur lequel personne ne demande jamais aucun compte ? L’allongement de la durée de cotisations, de 37,5 à 40 annuités, n’a permis que 4 % des économies obtenues à la suite de cette réforme ! 4% ! Tout ça pour ça ! Le passage des 10 aux 25 meilleures années représente 16 % de l’économie. 80 % de l’économie est venu de l’indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires !
Ces chiffres permettent de mesure la portée réelle de chacun des aspects de la saignée qui a été opérée par Balladur ! On mesure mieux aussi ce que valent les airs d’outrage au bon sens de ceux qui moquaient la revendication du maintien des 37,5 annuités de cotisation ! Le passage à 40 annuités n’a servi à (presque) rien pour l’équilibre des comptes mais il a massacré combien de gens ?

 

Jean-Luc Mélenchon
Président du Parti de Gauche
Député européen

Par Jean-Luc Mélanchon - Publié dans : Economie - libéralisme - Communauté : Les antilibéraux
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