Les élections passées, le printemps arrivant, les bourgeons et les ... mauvais coups arrivent!
G.D.F-Suez. a décidé, avec l'aval du gouvernement, d'augmenter de 9,7% en moyenne les tarifs réglementés du gaz
Tarifs ... réglementés, vous avez dit!!!
Cette décision est le fait d'un groupe livré au privé, à la
domination de Suez, à la soif de dividendes des actionnaires de cette société.
Ce n'est pas la 1ère:
- Novembre 2005: +13,7%
-Mai 2006: +5,8%
-Janvier 2008: +4
-Avril 2008: +5,5%
- Août 2008 +5%
- Baisse de 11,3% en Avril 2009
- Ca repart avec ces 9,7% au 1er Avril 2010
Globalement, ça fait une belle hausse depuis 2004, écrit Sud-Ouest du 26/3/10: "en moyenne quelque 30%
plus cher qu'n 2004"!!! A comparer avec les hausses quasi-nulles de notre pouvoir d'achat (salaires et pensions)
Un manque à gagner pour GDF-Suez?
Ce groupe fait valoir que le tarif réglementé n'aurait pas suivi
la hausse du coût d'approvisionnement et qu'il aurait un "manque à gagner" de 2 millirds d'euros. Ce que UFC-Que choisir ramène à 900 millions.
Mais cette hausse des tarifs réglementés est "paradoxale" selon Jean-Marie Chevalier, professeur à Paris-Dauphine ( S-O
26/3/10): "le marché du gaz connait une déprime certaines depuis 2009. La crise économique pèse sur la demande. Les découvertes de gaz non conventionnel piègés dans les schistes du
continent nord-américains contribuent à accroître l'offre et à réduire les importations des Etats-Unis. Et la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires allemandes pourrait
également contribuer à diminuer la demande etfaire pencher la balance du côté de l'offre" écrit Sud-Ouest.
La décision est prise par la Commission de régulation de l'Energie
Cette Commission est-elle bien "indépendante"? "C'est improbable", répond Caroline
Keller, chargée de mission Energie à UFC-Que choisir. "Nous avons quand même le setiment qu'elle tient compte
davantage de ce que dit GDF-Suez sur les contrats. On aimerait être un peu plus écoutés"!!! Nous aussi, les consommateurs, qui sommes aussi des
consomm'acteurs!
Ls contrats d'approvisionnement en gaz sont à long terme, comme ceux avec la Sonatrach (Algérie) ou Gazprom (Russie). Le prix du gaz, tel qu'il est
fixé dans ces contrats, suit les cours du pétrole brut et des produits pétroliers avec un décallage compris entre 6 mois et en an. "Or, écrit Sud-Ouest, après avoir baissé, les prix du pétrole
ont remonté"!
Ces contrats à long terme doivent être renégociés! C'estce que cherchent à faire certains distributeurs de gaz.
Pourquoi, en effet, lier le prix du gaz au prix du pétrole, plutôt aux cours du pétrole, objets d'une spéculation à la hausse aujourd'hui,
en l'espoir d'une reprises économique.
Cette hausse n'est pas acceptable!!!
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Quand les actionnaires se sucrent,
la facture est salée
Il y a des gens qui aiment les chiffres. Et d’autres qui
les retiennent. Si celles et ceux qui se souviennent du score de la liste pour laquelle ils ont (éventuellement) voté aux
régionales ne sont pas légion, je ne doute pas qu’une majorité des citoyens ait retenu
le
chiffre de l’augmentation du gaz du 1
er avril : 9,7 %. Même s’ils
ne bénéficient pas du gaz naturel à la maison.
Etant cadre à GDF SUEZ, je me suis retrouvé avec une flopée de sms et de
courriels de la part de connaissances et d’ami-e-s avec des
commentaires
persifleurs. Et à devoir répondre à des gros mots (racket, spoliation…), à diverses boutades
(c’est un poisson d’avril, ça va rentrer dans votre poche de privilégiés…) Durant le week-end qui plus est.
Promis, juré, je n’avais décidé de rien.
Mes ami-e-s auraient dû capter que tout,
désormais, est dans les mains de la direction du groupe GDF
SUEZ, qui élabore la formule d’indexation et fixe les révisions de tarifs. Et que la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a pour seule mission de s’assurer que les calculs du groupe privatisé sont en conformité avec la formule imposée par les lobbyistes du groupe.
Bref que, débarrassé de la tutelle des pouvoirs publics, GDF SUEZ a grande latitude pour agir en faveur de ses intérêts et non de
l’intérêt général.
Il m’a donc fallu « défendre » la
multinationale du CAC 40, que certains nomment encore service public, pour faire illusion ou par auto-persuasion. J’ai
dit à mes interlocuteurs qu’ils ont eu tort de ne retenir que ce chiffre : 9,7% (soit + 87
e par an en moyenne sur une facture de 900). Car s’ils disposent d’un contrat gaz naturel
pour la seule cuisson, c’est à une augmentation de 13,4 % du tarif régulé (on ne rit pas)
à laquelle ils auront droit. Cela s’appelle la « segmentation de la clientèle »,
aux antipodes du service public et de l’un de ses principes fondateurs : l’égalité de
traitement des
usagers. Pour que ces derniers s’y retrouvent dans leur budget, j’ai suggéré qu’ils réduisent le
poids de leurs biftecks et de leurs spaghettis. Cela les a énervés : « Tu comprends, à ce prix-là, autant passer à
l’électricité. » J’ai aussitôt averti mes collègues commerciaux dont le métier est de vendre du gaz avec pour seul horizon la concurrence, les marges et le business.
Ensuite, j’ai dit à mes correspondants qu’ils avaient été chanceux : GDF SUEZ avait réclamé cette
augmentation plusieurs semaines auparavant, et l’organe technique et indépendant appelé CRE avait repoussé sa décision
pour la prendre… le surlendemain
du 2e tour des régionales. « Quelques semaines d’augmentation en moins, c’est trop top». Cela n’a
pas suffi à les calmer.
L’un d’eux, Jeune Impopulaire de l’UMP, est convenu que décaler cette mesure n’avait pas eu les
effets escomptés sur le score de sa liste et sur la cote de Sarkozy (qui s’était engagé à ce que l’Etat reste actionnaire
majoritaire à 70 % de Gaz de France.)
Ce même godelureau m’a soutenu que nous (le personnel, ses 35 h, son tarif préférentiel, son
comité d’entreprise, ses primes…) coûtions cher à GDF SUEZ. Bref qu’il y a des privilégiés, ce qu’il n’est pas seul à penser : je connais des gens de « gôche » ou « apolitiques » qui professent cette idée depuis des lustres. Que le
gaz soit cher ou bon marché.
C’est que le Jeune (Im) Populaire ne
disposait pas des « éléments de langage »
(1) des dirigeants de GDF SUEZ et du gouvernement.
Selon le prêchi-prêcha officiel des années 2007-2008, l’augmentation des
tarifs régulés (+40 % en 5 ans) du gaz était justifiée par la hausse des cours du pétrole. Le prix du baril de pétrole ayant entre temps fortement chuté (-37 % pour le baril et de -50 % pour le
gaz en 2009 (2), la chanson de l’augmentation entonne
cette fois un autre couplet : celui du coût des infrastructures de stockage et de transport, qui aurait explosé de 22 % en un an. Précisons que ces coûts, de même que les
coûts d’investissement, ont toujours été pris en compte dans les tarifs de service public.
Oubliés: les dividendes aux actionnaires de GDF
SUEZ
4 milliards
e versés aux actionnaires de GDF SUEZ en 2009, soit 40 % du déficit 2010 du système de retraites en
France et 66 % du coût de la reconstruction d’Haïti
Quant aux privilégiés… Les dividendes versés aux actionnaires en
2009 par le seul groupe GDF SUEZ se sont élevés à 4 milliards
(3) captant 75 % du « résultat net consolidé» du groupe.
Pour donner une idée de ce que cela représente : le déficit actuel
du système de retraites, tous régimes confondus, est estimé à 10 milliards
e et la
reconstruction d’Haïti à 7,5 milliards e. Elsa Triolet écrivait que « les barrières n’ont que deux côtés. » Décidément,
il y a ceux qui produisent des richesses et ceux qui en profitent.
P.S.
(1) Novlangue tordant la réalité à la convenance de celui qui la parle, utilisée par des variétés de perroquets. Est au capitalisme
mondialisé ce que la langue
de bois est (encore) à de nombreux partis ainsi qu’à l’Union soviétique sous Brejnev.
(2) Source : communiqué de résultat annuel de GDF SUEZ.
(3) L’impôt sur les sociétés s’étant élevé à 1.7 milliard e
La CRE vient d’avaliser la demande de hausse de +9,7 %
de GDF Suez.
Le nouveau processus de révision tarifaire fonctionne correctement.
Ses impacts sont conformes à nos estimations.
Cette bonne nouvelle s’est traduite par une très forte
hausse du cours de bourse de GDF Suez (+ 2,63 %).
Analyse financière Natixis – Morning news – 26 mars 2010
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