Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /2010 18:16

Pour un autre diagnostic des problèmes
vendredi 16 avril 2010 / "le Patriote"

Medef, gouvernement, les principaux acteurs des médias comme les autorités européennes ou l’OCDE, mais aussi certaines des voix au Parti Socialiste, chez Europe Ecologie, .. la messe est dite : il y a une fatalité démographique impliquant une contrainte financière qui condamnent à des réformes régressives, au motif de « sauver les retraites » bien sur.

Assurément le nombre de retraités va augmenter

 Il va passer de 13,5 millions aujourd’hui à 22 millions dans quelques décennies.

La part des plus de 60 ans passant de 24% de la population totale à 36% en 2040.

Et selon les projections du C.O.R, le rapport cotisants/retraités baisserait de 1,8 aujourd’hui à 1,2 en 2040. (1)

Il nait de cette évolution un réel besoin de financement

  Dans les prévisions admises par le C.O.R, la part des prestations vieillesse dans le PIB passerait de 12,6% du PIB en 2000 à 15% en 2040.

De nombreux économistes, de Catherine Mills du PCF à Jean-Marie Harribey d’ATTAC estiment que ce chiffre est minoré. En effet, il intègre les effets des réformes Balladur-Fillon et donc la dégradation des droits à la retraite.

Si l’on veut à la fois répondre aux évolutions démographiques et revenir sur l’essentiel de la nocivité des réformes passées pour le pouvoir d’achat des retraites, c’est plutôt vers 18% du PIB qu’il faudrait aller.

Donc question en clair : une augmentation de la part relative du PIB consacrée aux dépenses de retraite, de l’ordre de + 6%, est elle possible ? Répondre à cette exigence est-ce tuer la « solidarité intergénérationnelle » en faisant porter aux jeunes une charge trop lourde ?

 

Le vrai problème économique et démographique

- Il est celui du nombre d’emplois résultant des choix systémique d’un capitalisme financiarisé 

- Il est celui du niveau des salaires nés de la détérioration de la ligne de partage de la valeur aoutée entre salaires et profits.

-  Il est celui d’un mode de croissance productiviste et de sa crise.

Il existe dans la population active en France aujourd’hui de l’ordre de 6 millions de personnes souffrant de sous-emploi, dont plus de 2,5 millions au chômage. Les autres étant touchés par la précarité, le temps partiel imposé, etc….

 Avec trois problèmes majeurs, le chômage des moins de 30 ans, le fait que après 55 ans un actif sur deux est marginalisé de l’emploi, et le chômage plus important des femmes.

Dans ce contexte, aussi bien à court terme qu’à moyen terme, reculer l’âge ouvrant droit à la retraite est une absurdité et également le plus mauvais service à rendre à l’emploi des jeunes. Ce serait d’ailleurs, en l’état, condamner nombres de personnes de plus de 60 ans à attendre dans le non emploi la possibilité de liquider une retraite.

Un vrai choix alternatif doit donner une priorité à l’emploi des moins de 30 ans et à celui des 50-60 ans.

 On ne dénonce pas d’ailleurs pas assez l’absurdité des 4 milliards d’euros budgétés par l’Etat pour « défiscaliser » les heures supplémentaires dans une situation où 10% de la population active est au chômage ! Exonération de charges pour des salaires au SMIC ou proches, externalisation, développement des petits boulots, détérioration plus globale du partage de la valeur ajoutée au détriment du travail, ces dernières années ont vu se redévelopper des situations de « travailleurs pauvres ».

 La crise financière, les choix de gestion patronaux faits de précarité et de délocalisation, les suppressions de poste dans les services publics, ont accéléré la détérioration des comptes de la protection sociale et des régimes de retraites.

Tant la Cour des Comptes que d’autres organismes ont été amenés à reconnaitre que la question était moins le rythme d’augmentation des dépenses qu’une crise des recettes. Ainsi en 2009, avec notamment une baisse historique de 1,3% de la masse salariale, les rentrées de cotisations ont fondu de plusieurs milliards d’euros. A l’inverse, 100.000 chômeurs de moins représenteraient 1,3 milliards de recettes en plus. C’est donc d’abord d’une inversion de la politique de l’emploi et des salaires dont le financement de la protection sociale a besoin.

 

 Est-ce possible ? Deux éléments de réflexion:
° Cela s’est déjà produit dans l’histoire récente, ainsi de 1960 à 2000, la part des retraites dans le PIB est passée de 6% à 12%.
° Par contre ce qui est en recul c’est la part de la valeur ajoutée (richesse produite) allant au travail, moins 8% depuis 1982, gonflant d’autant la part attribuée au profit, elle-même pour l’essentiel captée par la rente financière et les dividendes, au détriment de l’investissement productif.
Ainsi la part des dividendes est passée de 3,2% du PIB en 1982 à 8,5% en 2007, soit plus 5,5% du PIB !
Ajoutons que le capital, dans ses fractions dominantes, a non seulement bénéficié d’une évolution du partage des revenus primaires à son profit, mais a également effectué des prélèvements croissants sur la richesse publique. Ainsi des 30 milliards d’exonérations de charges sociales, du bouclier fiscal, du démantèlement des droits de successions, de la captation par les grandes firmes des 4 milliards d’euros crédit impôt-recherche, etc…
A quand une étude exhaustive des « prélèvements obligatoires » du capital sur la richesse commune ?

 

 

Or ceux-ci sont importants : ainsi de 1960 à 2008, la productivité horaire du travail, en lien avec les qualifications et les progrès technologiques, a augmenté de 70%.

Sauf à envisager une stagnation du PIB, ou pire sa décroissance, il est légitime de penser que l’on pourra répondre aux besoins de financement de la protection sociale de la population active comme des « inactifs », sans désargenter les « actifs » du monde du travail.

 Toutefois, une autre exigence est à prendre en compte, car il serait irresponsable du point de vue d’un développement écologiquement responsable et socialement efficace de reproduire de la même façon et avec les mêmes contenus, les doublements du PIB tous les trente à quarante ans, tels qu’on les a connus.

La question sociale se double d’une question écologique qui mette en cause un type de croissance et de développement sous contrainte de la course à la rentabilité financière.

 La  crise financière  des années 2008-2009 est de ce point de vue une crise de l’accumulation du capital et de sa rentabilité. Pressurer encore plus le travail pour relancer la course folle à la financiarisation est un cercle vicieux. Repenser un mode de développement qui ne soit pas exploiteurs pour les humains et prédateur pour la planète est aussi en lien avec la reforme des retraite et l’enjeu du « temps de vivre » qu’elle représente.

Jean Paul Duparc

(1) Précisons que ces projections démographiques sont sujettes à caution à moyen et long termes. Ainsi depuis 1974, le taux de fécondité est remonté de 1,65 à 2,1 enfants par femme d’âge fécond, et un meilleur renouvellement des générations que prévu ces dernières années se dessine. Les dernières études montrent qu’en 2020 le pic du problème démographique sera passé.

(2) Gains de productivité : ils permettent de produire autant en utilisant moins de capital, de matière première ou/et de travail. Ils sont notamment à l’origine de la baisse du temps de travail depuis le début du 20ème siècle. Depuis le tournant libéral de la fin de la décennie 80, ils ont été principalement captés par le capital, et obtenus par une intensification de l’utilisation de la main d’œuvre, avec des stratégies de management de renforcement de l’exploitation tout en diminuant le nombre global d’emplois.

Pour en savoir plus:

 ° Bernard Friot « L’enjeu des retraites » Editions La Dispute

 ° Catherine Mills et José Caudron « Protection sociale. Débats actuels et réformes. Collection Master Pro. Editions Gualino

 °  ATTAC et Fondation Copernic « Retraites : l’heure de vérité » Editions Syllepse

 ° Et, prochainement, un numéro spécial de l’Humanité, outil d’une campagne citoyenne.

http://www.le-patriote.info/spip.php?article3153
--

…et la façon de les produire
Après la seconde guerre mondiale, dans une longue phase de croissance, et avec un certain rapport de force entre le capital et le travail, le monde du travail a pu bénéficier dune part significative des « gains de productivité » (2). Modifier le partage des richesses…
On a vu que répondre aux besoins de financement des retraites demande d’ici 2040 un effort de l’ordre de + 6% de la part de la protection sociale dans l’utilisation du PIB.

 

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Site de la CGT spécial retraite

                         http://www.retraites-cgt.fr/

Par Le Patriote - Publié dans : Retraites: quelles alternatives? - Communauté : Les blogs citoyens
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  • : henri Moulinier
  • Henri MOULINIER
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  • : 18/01/1948
  • : France Europe Monde Charente-maritime la rochelle
  • : europe politique écologie liberté économie
  • : Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Démission du PCF. Rejoint le PG.Professeur de lycée retraité. Chargé de cours fac de droit et IUT La Rochelle.Etudiant en Master2.Président LDH La Rochelle. V.P. Collectif des Assocs de mon quartier.

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