Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 19:39

  Joël Da Silva est un récent retraité de Gaz de France. Il fut délégué CGT/UFICT, administrateur national de G.D.F.. Il a beaucoup travaillé à l'échelle internationale sur les questions énergétiques, en particulier, en Amérique Latine. Il donne, dans l'article ci-dessous, des éléments d'information et de réflexion personnelle sur l'avenir énergétique.

 Cet avenir exige un vrai débat citoyen, alimenté par des informations accessibles au plus grand nombre, des approches contradictoires. Un tel débat pourrait/devrait se conclure par un référendum national.

 Faut-il "sortir du nucléaire"?

 Personnellement, je suis tenté par une réponse positive, surtout depuis la triste catastrophe japonaise.  Voir le site "Sortir du nucléaire": http://www.sortirdunucleaire.org/.

Mais est-ce si simple?    Les réflexions de Joël Da silva ci-dessous montrent que e ébat mérite d'avoir réellement lieu en France. Cest ce que propose le programme partagé du Front de gauche - Lire: programme populaire partage le programme populaire partagé du Front de Gauche: page 5

      "Nous proposons un débat public national immédiat sur la politique énergétique en France. Ce grand débat devra permettre la remise à plat des choix énergétiques et du nucléaire et penser l'alternative aux énergies fossiles et carbonées. Il devra être conduit de l'information jusqu'à la prise de décisions par les citoyens avec une ratification référendaire. Dans le domaine du nucléaire civil, l'ensemble des possibilités - dont la sortie du nucléaire ou le maintien d'un nucléaire sécurisé et public- sera alors tranché. (...)".

                                                 Henri Moulinier
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QUELLE POLITIQUE ENERGETIQUE POUR LA FRANCE ? POUR  L’EUROPE ? POUR LE MONDE ? quelques modestes réflexions.

C’est bien un vaste sujet au contenu et contours vastes, complexes et contradictoires.

Certes il s’agit avant tout d’un choix de société et d’un mode de développement qui doivent répondre aux besoins de notre temps.

Satisfaire les besoins pour tous car l’énergie avec l’eau c’est aussi le droit à la vie.

En France, c’est apporter l’électricité dans chaque foyer quelle que soit la situation dégradée des familles à faibles ou très faibles ressources en raison de la crise.

Dans le monde, c’est trouver des solutions techniques mais aussi financières pour apporter où produire l’énergie pour les 2,5 milliards de personnes qui n’ont accès à aucune source hormis le bois de chauffe (avec les conséquences désastreuses sur la déforestation). C’est d’ailleurs souvent les mêmes qui n’ont pas accès à l’eau potable. Ces pénuries sont aussi la cause de la faim dans le monde et du décès quotidien de milliers d’enfants.

Les dégâts causés par les activités industrielles en général et dans le domaine énergétique en particulier frappe notre génération :

Les marées noires, l’explosion de la plateforme pétrolière dans le golfe du Mexique, Bhopal en Inde, les accidents nucléaires aux USA, à Tchernobyl, à Fukushima, mais aussi l’explosion de AZF et on pourrait citer bien d’autres accidents moins spectaculaires mais avec également des conséquences dramatiques. ( par exemple les explosions de gaz).

Les différentes formes de production

Naturellement, chaque mode de production pour satisfaire les besoins nécessaires, utiles, sans gaspillage, comporte des avantages et des inconvénients. Il s’agit donc d’assurer une diversification qui garantisse une certaine indépendance, qui soit économiquement et socialement acceptable et mise en œuvre dans les meilleures conditions de sécurité.

C’est ce qui avait prévalu après la seconde guerre mondiale : exercer ces activités à risque dans le cadre de services publics impliquant les citoyens et les salariés de ces secteurs sensibles dans lesquels la stricte rentabilité financière n’avait pas sa place surtout au détriment de la sécurité et des conditions de travail comme on le voit aujourd’hui.

C’est pourquoi, l’information et le contrôle des citoyens sont tout à fait indispensables, la transparence dans les choix et dans le déroulement des « process » est aussi incontournable.

Malheureusement ça n’a pas été le cas dans les dernières décennies et ça ne l’est encore moins aujourd’hui.

Deux ou trois éléments de la problématique

Dramatisation des risques, incohérences techniques, obscurantisme scientifiques, langage technocratique laissant les béotiens face à leurs doutes et angoisses.

Vous ne pouvez éviter dans les débats d’être classé « pro »  ceci ou « d’anti » cela, excluant toute position mesurée, réfléchie et constructive, tellement nécessaire pourtant.

Les deux sujets d’actualité sur le nucléaire et le gaz de schiste en sont des exemples frappants.

A propos du nucléaire civil

Opter, sous l’émotion bien légitime, de sortir du nucléaire (immédiatement pour certains, dans 25 ou 30 ans pour d’autres) relève, semble-t-il de cette réaction à l’emporte-pièce qui ne mesure pas toutes les conséquences que cela entrainerait :

Quels moyens de substitution immédiats ?  Les  conséquences sur l’emploi, sur l’environnement (CO2) sont quelques-uns des aspects non négligeables propres à satisfaire ou non les besoins nécessaires à la population, à l’industrie, au développement du pays.

Cette réflexion n’occulte en rien la plus grande exigence en matière de sûreté, de conditions d’exploitation, de transparence et de maitrise publique.

Le réchauffement de la planète et l’effet de serre dus à la surproduction de gaz carbonique (CO2) ont curieusement  disparu des préoccupations premières des médias et de la plupart des politiques au « profit » si j’ose dire de ces deux questions : sortir du nucléaire et interdire  « ad vitam aeternam » la recherche sur le gaz de schiste.

Au moment où l’Allemagne a fait le choix de sortir du nucléaire d’ici à 2022 on apprend que les émissions mondiales de CO2 sont de plus de 1,6 gigatonnes en 2010 soit le plus haut niveau jamais enregistré.

Comment ce pays va-t-il faire face à ses besoins en électricité sachant que ses centrales actuelles en couvrent 22% ?

Aujourd’hui elle a déjà recours à des importations massives notamment en provenance de France et d’origine nucléaire.

Les moyens de substitution telles les énergies renouvelables ne peuvent seules, en raison de leur intermittence, résoudre le problème pour assurer la continuité d’alimentation d’où la nécessité, pour l’Allemagne, de se doter de centrales au charbon et de se trouver en dépendance aggravée par rapport au gaz. L’augmentation prévisible des rejets de CO2 dans cette hypothèse serait de l’ordre de 20%.

Cet exemple très précis montre la complexité des problèmes et que les moratoires n’ont fait que supprimer les moyens de la recherche pour trouver de véritables solutions aux défis technologiques et environnementaux retardant ainsi de 20 ou 30 ans les réponses aux enjeux.

Au passage, le nucléaire militaire n’est jamais évoqué comme un danger potentiel mais j’en profite, pour vous indiquer que le budget militaire français en 2011 est proche de 42 milliards d’euros dans lequel la modernisation de la force nucléaire française prend une part importante.

(2,9 milliards d’euros pour le renouvellement des têtes, 10,4 mds pour la mise au point des missiles M51 d’ici à 2018, 17,2 mds nouvelle génération des sous-marins nucléaires lanceur d’engins.)

-Données de l’Assemblée Nationale projet loi de finances 2011-

A propos des gaz et huiles de schiste et de charbon

Sur cette question comme de la précédente il faut éviter les positions simplistes.

La production des gaz et des huiles de schiste, dans l’état actuel des techniques, n’est acceptable nulle part en France et dans le monde en raison de l’impact ( consommation démesurée d’eau et de produits chimiques très polluants).

A ce stade de la réflexion je m’en remets à l’analyse de la FNME CGT :

« La CGT considère que les craintes que font naitre les systèmes de production industrielle dans notre société capitaliste ont leur légitimité en particulier dans l’énergie.

Mais l’instrumentalisation de ces craintes pour refuser l’apport des sciences et des techniques, pour le progrès social dans la vie des gens est une malhonnêteté caractérisée.

Un aspect essentiel du débat réside dans la quantification des réserves. La phase d’exploration, qui n’utilise pas les mêmes techniques et n’a donc pas d’impact équivalent sur l’environnement est donc incontournable comme préalable au débat et le moratoire actuel sur l’exploration est injustifiable. »

Ces travaux de recherche comme sur toutes les autres énergies : solaire, éolien, biomasse, charbon et  nucléaire compris doivent être coordonnés et placés sous l’autorité des pouvoirs publics dans le cadre d’une filière de recherche publique.

Ces travaux doivent être soumis à l’examen et à l’autorisation du Parlement.

Ceci entre bien dans la conception d’un grand pôle public de l’énergie au niveau national et international.

Ces  quelques propos sont soumis à votre réflexion car, après tout, dans ce débat sur l’énergie les salariés actifs ou retraités du secteur ont aussi le droit et même le devoir de donner leur point de vue.

Un de mes amis dont vous avez le plaisir de lire l’excellente prose dans ce journal (AD) aime à citer des personnes illustres,  s’il le veut bien je reprendrai cette réflexion d’Albert Camus au lendemain de la seconde guerre mondiale : « Le monde est ce qu’il est, c'est-à-dire peu de chose…

Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques ».

JDS, Boucau, 64,  le Rond point, le 22 juin 2011.

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Le point de vue de la CGT sur les questions énergétique:

4 pages - ENERGIE sept 2011 4 pages - ENERGIE sept 2011

 

 

Par henri Moulinier - Publié dans : Nucléaire débattre et changer - Communauté : Les blogs citoyens
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  • henri Moulinier
  • Henri MOULINIER
  • Homme
  • 18/01/1948
  • France Europe Monde Charente-maritime la rochelle
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  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. Chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Doctorant en histoire. Président LDH La Rochelle.

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