Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 14:19

J'apprécie, comme beaucoup de laïques convaicus -  croyants, agnostique ou non -croyants -  cette déclaration qui sonne comme un désavoeu pour le "débat" voulu par Sarkozy et l'UMP. C'est la reconnaissance du bien-fondé de 105 ans  de  loi de 1905 portant "séparation des Eglises et de l'Etat", du politique et du religieux.

 La laîcité, c'est la liberté de conscience pour chaque citoyen-ne, la liberté de croire ou de ne pas croire, de changer de religion, et la possibilité de vivre ensemble dans notre société

Le débat voulu par Nicolas Sarkozy et l'UMP mardi prochain a du plomb dans l'aile. La loi de 1905 doit être maintenue en l'état et respectée. Et parlons, enfin, de ce qui pose problème dans notre société: les profondes inégalités sociales, le chômage, le pouvoir d'achat, la santé, l'éducation, .... Voilà les sujets qui interessent les citoyens-nes de notre pays!

 

Cette déclaration inter-cultuelle, ci-dessous, dit en particulier: "Cette initiative est justifiée par la volonté d’approfondir notre connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de notre société dans le respect des autres courants de pensée et par la reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société. La laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble. Veillons à ne pas dilapider ce précieux acquis. Il nous paraît capital, pendant cette période préélectorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation(...)"   Que vive la laïcité !!!

 H.M.

Voir le dossier "laïcité" sur ce blog: cliquez sur " Laïcité "

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29-03-2011

«N’ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons»


Tribune de la conférence des responsables de culte en France

« La Conférence des responsables de culte en France a été créée le 23 novembre dernier et elle regroupe six instances responsables du bouddhisme, des Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe, protestante), de l’islam et du judaïsme. Cette initiative est justifiée par la volonté d’approfondir notre connaissance mutuelle, par le sentiment de contribuer ensemble à la cohésion de notre société dans le respect des autres courants de pensée et par la reconnaissance de la laïcité comme faisant partie du bien commun de notre société. La laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, un des supports de notre démocratie, un des fondements de notre vouloir vivre ensemble. Veillons à ne pas dilapider ce précieux acquis. Il nous paraît capital, pendant cette période préélectorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation.

Nous signons ensemble cette tribune sans aucun esprit polémique ou partisan. Une parole commune nous semble néanmoins nécessaire. Notre cohésion au sein de la Conférence que nous avons fondée est significative dans notre société française. Elle a été rendue possible grâce notamment au climat de coopération instauré entre les religions, que la “laïcité à la française” et ses évolutions depuis plus d’un siècle ont permis.

Mais cette cohésion ne signifie pas pour autant uniformité ! Elle ne nous engage nullement en faveur d’un quelconque amalgame syncrétiste ou d’un nivellement de nos positions individuelles et de celles des cultes que nous représentons. Nous travaillons ensemble dans la confiance, en intégrant nos histoires et identités respectives. Nous continuons à avoir des approches différenciées sur telle ou telle question, sans pour autant faire de nos différences des facteurs d’opposition. Nous sommes déterminés à réfléchir et à œuvrer ensemble sur la durée, en relation avec les autorités et les forces vives de notre pays, afin que le facteur religieux y soit un élément de paix et de progrès.

L’accélération des agendas politiques risque, à la veille de rendez-vous électoraux importants pour l’avenir de notre pays, de brouiller cette perspective et de susciter des confusions qui ne peuvent qu’être préjudiciables. Nous en sommes conscients. Cela ne doit pas nous dissuader pour autant de rappeler l’essentiel quand il le faut. Nous restons très attentifs aux évolutions profondes de notre société, notamment celles qui concernent les religions, dans le respect du cadre de la République. Ces évolutions appellent parfois des adaptations, voire des améliorations du cadre juridique et réglementaire de l’expression et de la vie des cultes en France. Nous ne manquerons pas d’être une force positive de propositions dans ce sens.

Faut-il dans le contexte actuel un débat sur la laïcité ? Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. Le dialogue est toujours une nécessité. Il a un rôle majeur dans une société libre, démocratique et respectueuse de la personne humaine. Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul ? Ce ne sont ni les débats ni les travaux qui manquent dans ce domaine ! La loi 1905 est déjà plus que centenaire. Elle a permis d’apporter depuis lors des solutions à des questions nées de nouvelles situations et des évolutions de notre société dans un monde de plus en plus rapide. Tous les cultes adhèrent sans réserve à ses principes fondamentaux tels qu’ils s’expriment en particulier dans ses deux premiers articles. Mais les modalités d’application de ces principes restent toujours perfectibles. Faut-il recenser tous les colloques et autres séminaires qui ont abordé en long et en large la question de la laïcité et de ses applications dans notre pays depuis des années ? Faut-il rappeler, dans la période récente, les travaux étendus et exhaustifs de la Commission présidée par le professeur Jean-Pierre Machelon qui ont donné lieu à un rapport sur “Les relations des cultes avec les pouvoirs publics” remis au ministre de l’intérieur le 20 septembre 2006 ? Ce rapport avait abordé d’une manière approfondie les différents aspects liés à l’exercice du culte en France, dont celui du “support institutionnel” de son exercice dans notre pays. Faut-il rappeler de même les travaux du “Groupe juridique inter-cultes” qui travaille depuis 2007, dans le prolongement des recommandations du rapport Machelon au sein du ministère de l’intérieur, et où siègent des représentants des principaux cultes ? Ce groupe a bien fonctionné et a permis la publication de plusieurs circulaires dont la dernière, du 23 juin 2010, conjointe aux ministères de l’intérieur et des finances, aborde d’une manière détaillée à l’attention des préfets, des directeurs départementaux des finances publiques et des trésoriers payeurs généraux, les différents aspects liés au “support institutionnel de l’exercice du culte en France”. Faut-il rappeler aussi la production intellectuelle abondante d’articles et d’écrits divers, ainsi que les nombreux ouvrages qui paraissent sur l’histoire, les fondements, la pratique et les perspectives de la laïcité en France ? La liste en sera longue. Elle illustre parfaitement toute la richesse et la profondeur de notre expérience française de la laïcité. Nous y reviendrons lors de la rencontre publique que nous comptons organiser en octobre prochain.

Secouée par des crises à répétition, politique, économique, financière et morale, la période actuelle manque de lisibilité mais sans doute pas d’espérance ! Le devoir de ceux qui sont “en responsabilité” consiste à éclairer le chemin et à élaborer des solutions conformes au bien de tous. N’ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons. Nous militons ensemble pour une laïcité de bonne intelligence. La laïcité n’est pas séparable des valeurs fondamentales que nous partageons, en particulier de la dignité et du respect de la personne humaine et de sa liberté inaliénable. Ces valeurs qui ne peuvent s’épanouir que dans la confiance mutuelle source de paix pour notre société. »

Cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, avec Mgr Laurent Ulrich, vice-président de la Conférence des évêques de France
Pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, avec le pasteur Laurent Schlumberger, membre du Conseil de la Fédération protestante de France, président du Conseil national de l’Église réformée de France
Métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, avec le Métropolite Joseph, secrétaire de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France et Carol SABA, porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France
Grand rabbin Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, avec le rabbin Moshé Lewin, porte-parole du Grand rabbin de France
Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, avec Anouar Kbibech, secrétaire général du Conseil français du culte musulman
Révérend Olivier Wang-Genh, président de l’Union bouddhiste de France

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Débat laïcité : mauvaises mesures et coups d’épée dans l’eau

 

Après des semaines de polémiques et dans un climat délétère, le débat de l’UMP sur la laïcité a débouché sur 26 « propositions ».

 

Plusieurs points sont à critiquer.

° D’une part, les mesures présentées comme garantissant la « liberté religieuse » s’apparentent pour plusieurs d’entre elles à des mesures de contrôle, notamment dans les entreprises, plus qu’à des mesures de liberté.  Les prises de positions sur les collaborateurs occasionnels du service public ou sur le libre choix de son médecin tendent à aller au-delà de la législation existante.

° D’autre part, des questions fondamentales comme celles des modalités du financement public des établissements d’enseignement privés et du régime des cultes d’Alsace et de Moselle ont été totalement évacuées.

° Enfin, les quelques propositions intéressantes, si elles n’étaient pas stigmatisantes (code de la laïcité, formation à la laïcité des agents publics), ne sont pas nouvelles. Il est ironique de noter qu’un grand nombre de solutions concrètes existent déjà dans les textes, dans des domaines comme les milieux hospitaliers et les restaurations collectives.

 

Alors même qu’une majorité de Français ont critiqué la tenue d’un tel débat, ces propositions reflètent bien la volonté d’instrumentalisation de la laïcité, en mettant sur le même plan la laïcité et la liberté religieuse. Nous rappelons que la laïcité assure la liberté de conscience, celle des citoyens,  celle des croyants comme celle des athées et des agnostiques, et garantit le libre exercice des cultes aux seules restrictions de l’ordre public et donc l’égalité en droits des citoyens et la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

 

Nous appelons tous les citoyens et les élus à continuer à travailler ensemble sur la mise en œuvre impartiale des principes laïques.

Ligue de l'Enseignement

 

 

Par henri Moulinier - Publié dans : Laïcité - Communauté : Les blogs citoyens
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  • henri Moulinier
  • Henri MOULINIER
  • Homme
  • 18/01/1948
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  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. Chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Doctorant en histoire. Président LDH La Rochelle.

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