Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 09:15

Les hommes et femmes du monde de la Justice réagissent avec force et unité aux propose du Président de la République, Nicolas Sarkozy, mettant en cause la Justice de ce pays, alors que sa politique vise à la vassaliser et à lui réduire ses moyens d’intervention (réduction des postes, …).La presque totalité des tribunaux expriment leur protestation. Des manifestations ont lieu dans plusieurs villes, dont Nantes, d’où est parti le mouvement de protestation, que dis-je d’indignation. La Rochelle et ses tribunaux y contribuent.

 

Les magistrats défendent l’honneur de la République
Les magistrats défendent l’honneur de la République, affirme la L.D.H. le 9/2. Depuis des années, la justice est instrumentalisée par le pouvoir politique, à commencer par le président de la République que la Constitution charge pourtant de garantir son indépendance.  

° Depuis des années, Nicolas Sarkozy désigne les parents comme responsables de l’absentéisme scolaire, les enseignants de l’échec scolaire, les psychiatres des actes des malades mentaux, les juges des actes des délinquants… Tous responsables et tous coupables, sauf les gouvernants qui se croient d’ailleurs parfois tout permis. Même les policiers se retrouvent aujourd’hui visés par cette tactique qui consiste à faire payer à d’autres ses propres erreurs et sa démagogie.

° Depuis des années, les coupes claires dans le budget de l’Etat affaiblissent les services publics, et en particulier ceux qui permettent de juger dans les conditions décentes les justiciables, de suivre la réinsertion des délinquants, de faire diminuer les risques de récidive. La France est aujourd’hui l’un des pays européens qui consacre le moins de moyens à sa justice : le mensonge sécuritaire recouvre le sabotage de la sécurité réelle et de l’Etat de droit.

Aujourd’hui, quelles que soient leurs opinions et leurs engagements, les magistrats, les avocats, les autres acteurs judiciaires ne supportent plus d’être accusés au mépris des faits, avant toute enquête sérieuse, par ceux-là mêmes qui abîment la justice et qui lui refusent indépendance et moyens à la hauteur de sa tâche. On a même entendu le Premier ministre enjoindre aux magistrats de se taire par compassion pour la jeune fille assassinée : l’indécence n’a décidément plus de limites.

                         La République a besoin d’être respectée :

la garantie des droits suppose la séparation des pouvoirs. La justice a besoin d’être respectée, face aux calomnies, aux pressions politiques et au sabotage de ses conditions de fonctionnement. Les citoyens ont besoin d’être respectés, face à la démagogie qui les prend pour des imbéciles, confondant la sécurité et l’ordre public avec la politique de la peur et du pilori.

La Ligue des droits de l’Homme salue la protestation de tous les magistrats qui ne supportent plus l’exploitation mensongère du crime et de l’émotion qu’il suscite, ni l’affaiblissement, par tous des moyens, du service public judiciaire. Elle soutient leur mobilisation pour une justice digne de ce nom, pour cette « République irréprochable » cyniquement promise et quotidiennement bafouée par le comportement des gouvernants actuels.

 

Les principes fondamentaux transmis aux jeunes générations

Les enseignants-chercheurs des Facultés de droit, (plus de 200 signataires de la présente tribune le 10/2), souhaitent apporter leur soutien aux magistrats dans leur mouvement de protestation vis-à-vis de l’ingérence inconstitutionnelle - teintée de mépris et agrémentée d’approximations - du pouvoir exécutif dans le cours, éminemment humain et donc particulièrement difficile, de la Justice.
A cet égard, nous souhaitons rappeler que depuis la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, la séparation des pouvoirs fonde notre société et protège les droits des individus contre l’arbitraire. Selon notre Constitution, le Président de la République est garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire, laquelle est gardienne de la liberté individuelle. Cette indépendance est désormais garantie par la Convention européenne des droits de l’homme en tant que pilier de la société démocratique européenne.
L’autorité en charge du respect des lois de notre République ne mérite pas l’avanie d’être présumée coupable d’une violation délibérée de la loi, d’un manquement caractérisé à ses fonctions. L’Etat de droit s’est construit en Europe par le juge, ultime bouclier des libertés et des droits dans une République démocratique. Les revendications des magistrats, loin d'exprimer une blessure corporatiste, révèlent un profond respect des fondements démocratiques de notre société et un attachement indéfectible à une mission qui demeure un service public, le service public de la Justice.
Ces principes fondamentaux, dont il nous revient d’assurer quotidiennement la transmission aux jeunes générations, sont les nôtres et nous les défendons, passée la porte de nos amphithéâtres, avec les magistrats et l’ensemble du service public de la Justice.

 

Cette affaire concerne tous les citoyens de ce pays! Notre soutien est nécessaire

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La grande misère de la justice française


Guillaume Duval
Article Web - 09 février 2011

En colère, les juges dénoncent le manque de moyens de la justice française. De fait, la France consacre très peu d'argent au fonctionnement de sa justice quand on la compare à ses voisins européens.

 

Les juges se sont fortement mobilisés cette semaine. Ce mouvement fait suite aux accusations portés contre eux par Nicolas Sarkozy, après le meurtre de la jeune Laëtitia, probablement tuée par un ancien détenu en période probatoire mais non suivi effectivement par les services judiciaires. Ils protestent contre le manque de moyens qui explique à leurs yeux les nombreux dysfonctionnements de la justice française, et notamment ceux qui ont été mis en évidence lors de l'affaire Laëtitia.

En matière de justice comme dans les autres domaines, l'efficacité des services publics ne peut pas bien sûr s'apprécier uniquement à l'aune des moyens mis à leur disposition, mais quand même : selon les données collectées par la Commission européenne pour l'efficacité de la justice du Conseil de l'Europe, la France y consacre, par habitant, deux fois moins d'argent que l'Allemagne (le modèle tant vanté qu'il conviendrait d'imiter dans tous les domaines…), 50 % de moins que l'Espagne, 30 % de moins que le Royaume-Uni et 24 % de moins que l'Italie… Il y a manifestement là, en effet, un (gros) problème de moyens…


En savoir plus

 

Le site de la Commission européenne pour l'efficacité de la justice du Conseil de l'Europe:

www.coe.int/t/dghl/cooperation/cepej/evaluation/default_fr.asp

 


Guillaume Duval
Article Web - 09 février 2011

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Par henri Moulinier - Publié dans : Droits de l'Homme - Communauté : Les blogs citoyens
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  • henri Moulinier
  • Henri MOULINIER
  • Homme
  • 18/01/1948
  • France Europe Monde Charente-maritime la rochelle
  • europe politique écologie liberté économie
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche.Professeur de lycée retraité. Chargé de cours fac de droit et IUT La Rochelle.Master 2 histoire ((9/2010)Doctorant histoire.Président LDH La Rochelle.

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