Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /Jan /2010 21:17

Une information, donnée sur Antenne 2 Samedi soir 16 janvier m'a interpellé: les Etats-unis, qui contrêle l'aéroport de Port-au-Prince, ont empêché un avion français d'atterir sur l'aéroport. Il est allé atterir dans un pays voisin et il était encore!!!? La France a protesté officiellement ( voir ci-dessous les événements "en temps réels" sur le site du Nouvel Obs)

Cependant que l'article ci-dessous du Point (15/1/2010) cite Robert Gates, Secrétaire d'Etat à la Défense des Etats-Unis ( le Chef du Pentagone), qui " a également expliqué que les forces américaines ne pouvaient entreprendre d'actions unilatérales et devaient travailler avec les Haïtiens. "Nous travaillons avec un pays souverain. Les Haïtiens sont toujours responsables du contrôle du trafic aérien", a-t-il dit.

Tout cela ne me semble pas clair ou peut être trop clair?
 "les Etats-Unis n’ont cessé, depuis la chute de Duvalier, d’essayer de prolonger les vieilles pratiques. N’oublions pas qu’ils ont participé au coup d’Etat contre Aristide (1991), qu’ils l’ont ramené au pouvoir (1994), soutenu contre tous (2002-2003), et enfin enlevé et chassé manu militari (2004).(...)" écrivait Le Monde Diplomatique du 4 mars 2004, il y a 5 ans ( 3e article cité ci-dessous - extraits).

L'aide américaine ne risque-elle pas de cacher d'autres objectifs, moins humanitaires?
Une volonté de préserver et de renforcer leur domination sur Haïti, une néo-colonie US, leur chasse-gardée peuplée de 76% de gens vivant avec moins de 1,3 $ par jour??
 Face à une autre île: Cuba qui, par ailleurs a, sur place, des centaines de médecins cubains et des médecins haïtiens formés à Cuba, pendant que des étudiants haïtiens sont en formation à Cuba, à l'ELAM, gratuitement ( école que j'ai visité il y a 1 an lors d'un voyage à Cuba).

J'ose espérer que non!                                                              Henri MOULINIER

Voir la coopération médicale de Cuba avec Haïti, dans le cadre de l'ELAM:              
                                   http://www.alterpresse.org/spip.php?article8630


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Doc 1

SAMEDI 16 JANVIER


17h50 - Port-au-Prince La France proteste officiellement auprès des Etats-Unis à propos de leur gestion de l'aéroport, où un avion-hôpital français a été empêché d'atterrir
17h10 - Washington Le séisme donne lieu à "l'une des plus grandes opérations de secours" de l'histoire des Etats-Unis selon Barack Obama.
16h50 - Washington Bill Clinton et George W. Bush sont à la Maison Blanche sur invitation de Barack Obama, qui les a chargés de la collecte des fonds.

16h40 - Port-au-Prince Un responsable du gouvernement haïtien déplore de "gros problèmes de coordination à l'aéroport" de Port-au-Prince.
16h40 - Port-au-Prince René Préval remercie la France pour l'envoi de sauveteurs

16h30 - Paris Les moyens civils et militaires mis en place par la France permettent d'acheminer 240 personnels de secours et 30 tonnes de fret, et en retour d'évacuer 239 ressortissants français.
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 http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/international/seisme_en_haiti/20100113.OBS3453/le_seisme_en_haiti_heure_par_heure.html
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Doc 2


Publié le 15/01/2010 à 19:44
Le Point.fr

ÉTATS-UNIS

Haïti : avec 10.000 hommes, l'armée américaine intervient vite et fort  AFP


L'armée américaine intervient vite et fort pour secourir les Haïtiens : au total, près de 10.000 hommes sont attendus sur zone d'ici lundi afin de secourir les victimes du tremblement de terre et assurer la sécurité dans les rues dévastées de Port-au-Prince.
L'amiral Mullen a indiqué qu'il était trop tôt pour dire s'il allait falloir déployer davantage de soldats sur le terrain proprement dit, en plus des 3.500 soldats de la 82e division aéroportée et des 2.000 Marines déjà prévus pour maintenir "un environnement sûr" lors de la distribution de l'aide humanitaire.

Un millier de soldats sont déjà sur le terrain et distribuent de l'eau potable par hélicoptère vers différents quartiers de la capitale, a précisé l'amiral. Le Carl Vinson, arrivé jeudi soir, sert d'héliport flottant au large des côtes, l'aéroport de Port-au-Prince étant engorgé. La mission d'assistance des Etats-Unis en Haïti demeure concentrée sur le sauvetage des vies humaines mais les troupes américaines pourraient être appelées à maintenir l'ordre si les conditions de sécurité venaient à se détériorer.

Les conditions de sécurité "restent correctes" à Haïti, a toutefois souligné le secrétaire à la Défense, Robert Gates, malgré des témoignages faisant état de pillages et de coups de feu. Il a relevé qu'il était crucial de distribuer de l'eau et des vivres "aussi vite que possible" aux Haïtiens pour empêcher que "leur désespoir se transforme en violence".

"Rebâtir la capacité d'action du gouvernement" (Pentagone)

Le chef du Pentagone a souligné que le maintien de l'ordre incombait en premier lieu aux soldats de la force de la paix de l'ONU sur place. "Ils seront les premiers responsables de la sécurité", a-t-il dit. Mais les casques bleus ont été durement frappés par le séisme de mardi, l'ONU faisant état de 37 morts et 330 disparus.

Haïti n'a pas d'armée et ses forces de police ont quasiment disparu dans le chaos qui a suivi le tremblement de terre. Le maintien de l'ordre repose presque entièrement sur la force de l'ONU, dont les quelque 7.000 soldats et 2.000 policiers sont déployés depuis 2004 pour aider à stabiliser le pays. Interrogé sur l'absence de largages de vivres ou de médicaments par l'armée américaine, M. Gates a répondu qu'une telle opération aurait pu conduire à des émeutes en l'absence de "contrôle de la distribution sur le terrain".

Robert Gates a également expliqué que les forces américaines ne pouvaient entreprendre d'actions unilatérales et devaient travailler avec les Haïtiens. "Nous travaillons avec un pays souverain. Les Haïtiens sont toujours responsables du contrôle du trafic aérien", a-t-il dit. Le président Barack Obama s'est entretenu une demi-heure avec son homologue haïtien René Préval, a fait savoir la Maison Blanche.

Outre l'assistance au peuple haïtien, l'intervention américaine a aussi pour mission "de rebâtir la capacité d'action du gouvernement", selon le Pentagone. Les responsables américains craignent qu'une plongée dans le désordre ne déclenche, comme cela s'est produit par le passé, un exode d'Haïtiens désespérés cherchant sur des embarcations de fortune à gagner les États-Unis.

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Doc 3

4 mars 2004

APRÈS LE DÉPART FORCÉ D’ARISTIDE

En Haïti, un Etat à reconstruire

L’Etat haïtien n’existe plus. Ce qui en restait, de plus en plus limité à sa force répressive, s’est effondré en quelques semaines (…)

L’intervention militaire des Etats-Unis, du Canada et de la France ne paraît pas avoir fixé clairement ses objectifs. Certes, il s’agit de « sécuriser » le pays livré à des bandes plus ou moins contrôlables. Il s’agit aussi d’éviter une catastrophe alimentaire - Haïti étant complètement dépendante de l’aide extérieure. Mais pour le moyen terme, quelles pressions communes faut-il exercer sur la constitution d’un nouveau pouvoir ? Les Etats-Unis d’une part, et les autres membres de la communauté internationale n’ont peut-être pas des pratiques démocratiques souhaitables la même conception.

Pour le secrétaire d’Etat Colin Powell, il s’agit de faire émerger « une nouvelle culture politique en Haïti ».Il s’agirait d’un changement de cap, quand les Etats-Unis n’ont cessé, depuis la chute de Duvalier, d’essayer de prolonger les vieilles pratiques. N’oublions pas qu’ils ont participé au coup d’Etat contre Aristide (1991), qu’ils l’ont ramené au pouvoir (1994), soutenu contre tous (2002-2003), et enfin enlevé et chassé manu militari (2004). Ce que les quinze pays membres de la Communauté économique de la Caraïbe (Caricom) dénonçaient, le 3 mars, en se déclarant « extrêmement déçus »de l’implication des « partenaires occidentaux »en lieu et place des soldats de l’Organisation des Nations unies (ONU).

http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/haiti/

 

 

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DÉCLARATION DU MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA, BRUNO RODRÍGUEZ PARRILLA, DANS LA CONFÉRENCE DES BAILLEURS DE FONDS EN FAVEUR D’HAÏTI TENUE À NEW YORK LE 31 MARS 2010.

 

Monsieur le Président,

La communauté internationale a une énorme dette envers Haïti, pays dans lequel après trois siècles de colonialisme a eu lieu la première révolution sociale du continent américain, audace que les puissances coloniales lui ont fait payer avec environ 200 ans de tyrannies militaires et de pillage. Sa population noble et travailleuse est aujourd’hui, la plus pauvre de l’hémisphère occidental. Nous avons tous l’obligation morale d’apporter à Haïti des ressources financières supplémentaires ainsi qu’une coopération plus importante, non seulement pour sa reconstruction mais surtout pour son développement. 

Pour avoir une idée de l’ampleur de la tragédie humaine connue par Haïti, il suffirait de souligner que la mort de 230 mille personnes dans ce petit pays densément peuplé équivaut à la mort de plus de 30 millions de personnes dans un pays comme la Chine, dont la population s’élève à 1 milliard 300 millions habitants, une tragédie inimaginable.

Après ce tremblement de terre dévastateur qui a secoué la conscience de l’humanité, nous espérons que les nombreuses promesses faites deviendront des faits ; que l’indépendance et la souveraineté d’Haïti seront respectées et exaltées ; que l’exercice de toutes ses facultés sera rendu plus facile au gouvernement du Président René Préval et du Premier Ministre Jean Max Bellerive et que les bénéfices seront non pas pour les banques et les compagnies étrangères mais pour le peuple haïtien, notamment pour les plus pauvres.   La générosité et la volonté politique sont nécessaires. Il est essentiel l’unité de ce pays et non pas des projets d’une charité douteuse ou sa division en parts de marché.  

Le Programme de redressement et renforcement du système national de santé en Haïti conçu par le gouvernement haïtien avec celui de Cuba, comptant sur la coopération de la République bolivarienne du Venezuela ainsi que celle d’autres pays et organismes humanitaires assurera une large couverture en matière de santé à la population, en particulier au secteur à faibles revenus. 

Ce programme repose sur  des centres de santé de soins primaires qui sont en création dans lesquels suivant des calculs 2 millions 800 mille patients seraient soignés annuellement, 1 million 300 mille urgences médicales seraient accueillies, 168 mille accouchements seraient assistés et  3 millions de vaccins seraient administrés.

A ces centres de santé sont ajoutés les services de 30 hôpitaux communautaires de référence distribués dans le pays et équipés de technologie de pointe pour les soins secondaires. Ils permettront d’accueillir 2 millions 154 mille patients chaque année, de gérer 1 million d’urgences, de réaliser 54 mille chirurgies, 276 mille électrocardiogrammes, 144 mille ultrasons de diagnostique, 43 mille endoscopies, 181 mille radiographies, 107 mille consultations de stomatologie et 487 mille examens de laboratoire.

Tenant compte du nombre extraordinaire de polytraumatisés, 30 salles de rééducation sont également mises en place. Dans celles-ci seront soignés, en douze mois, 520 mille patients et 2 millions 396 mille autres bénéficieront de thérapies.

Il y aura également 3 centres d’électro-médecine, un laboratoire de prothèses orthopédiques et un programme intégré d’hygiène et épidémiologie.  

De la même manière il a été prévu en Haïti la création d’un hôpital national de spécialités de niveau tertiaire pour lequel nous espérons compter sur la coopération d’autres pays. 80 spécialistes cubains de haut niveau travailleront dans ces installations. Ils prendront en charge les services, les départements médicaux, la recherche, ainsi que l’enseignement des professionnels haïtiens qui y seront formés, lesquels remplaceront progressivement les professeurs cubains.

Le prix des services décrits ci-dessus s’élève, en quatre ans, à 690 millions 540 mille 739 dollars états-uniens. Ceci comprend la valeur des services médicaux offerts, calculés à la moitié des prix internationaux, la durabilité de ces services, le personnel qui les offrira et l’apport pour la formation d’autres 312 médecins haïtiens à Cuba.      

Il peut donc en être déduit que le coût approximatif est de 170 millions de dollars par an pour un pays d’environ 9 millions 332 mille habitants. Il est possible d’y arriver, ainsi le démontre notre expérience pratique. En fait, ce programme est déjà en cours. Depuis le séisme sont en fonctionnement 23 de ces centres de santé de soins primaires, 15 hôpitaux communautaires de référence et 21 salles de rééducation. 

Quelques instants à peine après la catastrophe, les spécialistes cubains se sont mis à soigner la population sinistrée. Jusqu’à présent environ 260 mille consultations ont été réalisées, plus de 7000 chirurgies, environ 1400 accouchements ont été assistés et presque 100 mille vaccins ont été administrés. Plus de 50 mille patients ont été accueillis en rééducation et plus de 75 mille enfants dans des consultations de thérapie psychologique et sociale avec la participation de quelques-uns des professionnels cubains les plus reconnus.

Dans le programme travaillent déjà 783 médecins cubains, 481 haïtiens et 278 de 28 autres pays, tous diplômés à Cuba.

Samedi dernier, faisant partie du programme décrit auparavant, a été signé à Port-au-Prince une Déclaration d’Intention pour le renforcement du système et des services publiques de santé et de surveillance épidémiologique, cela grâce à la volonté du gouvernement haïtien et à l’importante contribution du Président Lula et du Brésil, qui sera décisive pour le programme conçu.

Pendant les onze ans de travail préalable, la brigade médicale cubaine, présente sur 127 des 137 communes haïtiennes, a sauvé 233 mille 442 vies humaines, a réalisé 14 millions de consultations, 225 mille chirurgies et 109 mille accouchements. Elle a rendu ou amélioré la vision de 46 mille haïtiens dans le cadre du programme de « l’Opération miracle ». Dans cette période, 165 mille haïtiens ont été alphabétisé en créole.

Si nous estimons les services médicaux offerts pendant ces années et la formation du personnel médical à Cuba, cela représente environ 400 millions de dollars dans cette période.  Le programme médical que nous proposons, dans son ensemble, bénéficiera 75% de la population la plus défavorisée du pays et celle qui en a le plus besoin avec un minimum de dépenses. Nous invitons tous les Gouvernements, sans exception, à contribuer à ce noble effort. Nous accordons une importante particulière à cette conférence, que nous espérons sera couronnée de succès.

 

 

Par henri Moulinier - Publié dans : Cuba et l'Amérique Latine - Communauté : Les blogs citoyens
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Commentaires

Purement factuel : Joyandet a dit que la France avait "officiellement" protesté, mais le Quai d'Orsay a fait savoir qu'il n'y avait pas eu de protestation officielle. Qu'un ex-colonisateur dispute le terrain à l'Empire serait risible en d'autres circonstances, mais si médiocre en ces circonstances...!
Commentaire n°1 posté par Alain BONHOMME le 17/01/2010 à 03h36

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  • henri Moulinier
  • Henri MOULINIER
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  • 18/01/1948
  • France Europe Monde Charente-maritime la rochelle
  • europe politique écologie liberté économie
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. Chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Doctorant en histoire. Président LDH La Rochelle.

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