Ségolène Royal et les élections régionales
Déclaration du
Parti de gauche à l'issu de son secrétariat national ( 8/9/09): extraits
Pour un Front de gauche permanent et
élargi
pour l'action et les élections
Lire aussi la réaction de Jean-Luc Mélenchon dans un article récent sur ce blog
L’université d’été du Modem et les commentaires qu’elle a suscité au Parti Socialiste ont accentué un peu plus ce week-end ( le dernier d'Aout) le glissement des socialistes vers le Centre.
Certes, des divergences sont évoquées de part et d’autres mais la discussion s’organise de fait sur les conditions quipermettraient cette nouvelle alliance. La formation d’un camp de «l’alternance» proposé parFrançois Bayrou et les primaires qui ont été au coeur des propositions du Parti socialiste en cetterentrée dessinent un paysage inquiétant pour toute la gauche : celui de sa disparition au profit d’une«opposition» réunie contre un épouvantail commun, Nicolas Sarkozy, mais incapable de proposerun programme alternatif à la politique de la droite. Cette construction politique, on en connaitl’issue: la victoire pérenne, électorale et idéologique, de la droite. La situation en Italie le prouveamplement.
Le Parti de Gauche veut construire un autre avenir pour la gauche et pour la France. C’est
laraison
pour laquelle, dès notre création, nous avons mis en place le Front de Gauche avec le PCF afin de
proposer les contours d’un autre projet à gauche. Même incomplète, cette alliance de l’autre gauche
a prouvé sa pertinence lors des élections européennes. A l’heure où le PS et ses possibles alliés
centristes ainsi qu’Europe Ecologie se projettent jusqu’aux élections nationales de 2012, le Front de
Gauche se doit de proposer un débouché politique à la hauteur des enjeux.
C’est le sens de notre proposition de «paquet» : l’engagement à s’unir pour les élections régionales, présidentielles
et législatives, de toutes les forces désireuses de construire une alternative politique à vocation
majoritaire en rupture avec les logiques capitalistes et les modèles productivistes. L’annonce
de la construction dans la durée d’un tel rassemblement politique au service du changement
serait un encouragement décisif à la bataille politique contre la droite ainsi qu’un formidable
soutien aux mobilisations sociales qui la contestent. (...)"
L’objectif du Front de Gauche depuis sa création
est toujours aussi pertinent : contester le leadership social démocrateà gauche parce que c’est le seul moyen de transformer la gauche et donc de battre la
droite. Il appartient au suffrage universel, à tous les électeurs de gauche, y compris ceux du PS qui
ne se résignent pas à cette opposition molle et sans contours, de trancher entre deux lignes aussi
clairement différentes. Nous voulons permettre ce choix tout en rappelant qu’au second tour nous
ferons toujours le nécessaire pour battre la droite que ce soit sous forme d’alliance ou de
désistement.
Parce qu’il travaille à proposer une alternative
cohérente, gouvernementale et majoritaire au pays, le
Front de Gauche ne peut se décliner au pluriel ni être à géométrie variable selon les élections. C’est une discussion que nous avons avec notre allié privilégié qu’est le PCF.
Engager le Front de gauche dans des «ateliers d’élaboration» qui laisserait supposer que son périmètre peut inclure le PS serait
source de confusion et d’illusion. Nous ne changerons pas la gauche ni le PS dans un colloque, mais
dans une bataille politique, sociale et électorale permettant de bouleverser les rapports de force. (...)
Nous proposons donc de donner toute sa
cohérence au Front de Gauche en l’installant dans la
durée jusqu’en 2012. Un comité de liaison permanent du Front de Gauche pourrait travailler
dès maintenant sur cette voie. Il aurait également pour rôle d’engager des campagnes
d'urgences (...)
A présent, les
élections régionales constituent un rendez-vous incontournable. Les choix du Front de Gauche dans cette élection doivent être cohérents avec la méthode qu’il propose pour construire une
alternative au plan national
Paris le 8 septembre
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Sur le site du PCF: extraits du rapport de Pierre Laurent au Conseil National du PCF
" Evidemment, le travail de projet dont je viens de parler irriguera toute notre bataille des régionales mais il convient de décliner ce travail de manière spécifique sur les enjeux régionaux dans le même esprit. L’appel que nous pourrions lancer aujourd’hui à tous les communistes est la nécessité d’entrer maintenant au plus vite, dans les jours et les semaines qui viennent, dans une très grande bataille publique et populaire sur les enjeux de ce scrutin, une très grande bataille politique de dimension nationale pour faire émerger une offre politique nouvelle pour ces élections.(+)
Penser pouvoir entrer dans ce débat sans mener cette bataille, cela reviendrait en quelque sorte à accepter d’emblée le paysage politique tel qu’on cherche à l’imposer ces dernières semaines au peuple de gauche, et à se résigner pour ce nous qui nous concerne à prendre la place que certains nous ont déjà réservée, en supplétifs des recompositions politiques pour les uns, ou éjectés de toutes les majorités régionales dans lesquelles nous nous battons aujourd’hui dans l’intérêt des populations pour les autres. C’est un piège dans lequel nous n’avons évidemment pas l’intention de tomber.(...)
Alors que Nicolas Sarkozy, avec la direction de l’UMP, prépare activement le rendez-vous régional avec des ambitions de reconquête affirmées, et vient pour cela de présider en personne le comité de liaison de la majorité présidentielle rejoint cet été par Philippe de Villiers et le CPNT de Frédéric Nihous, l’offensive de recomposition politique lancée sur la gauche conduirait aux prochaines élections régionales à marginaliser le débat de projet pour mieux faire accepter dans les faits le renoncement à toute ambition de projet réellement transformateur. On ferait rentrer par la fenêtre ce que refuse d’accepter la grande majorité des électrices et des électeurs de gauche. Contrairement à ce qui est dit par les promoteurs de cette recomposition, emprunter cette voie ouvrirait la porte à la victoire de la droite dans de nombreuses régions, car c’est la voie d’une démobilisation populaire assurée.(...)
Le premier de ces enjeux est un enjeu de projet.
Les élections régionales vont se tenir à un moment crucial, en pleine crise et à mi-chemin du quinquennat Sarkozy.
A la crise, à la politique Sarkozy, il s’agira donc de dire dans chaque région : stop ou encore ? Et si c’est stop, pour faire quoi à la
place ?
L’UMP n’aborde d’ailleurs pas ces élections comme des élections intermédiaires. La reconquête des pouvoirs régionaux est considérée par la droite comme un moyen de relancer l’adhésion à son projet politique, de se donner de nouveaux moyens de le mettre en oeuvre, comme un tremplin pour accélérer le remodelage économique, institutionnel et politique de notre société. Si elles veulent gagner, les forces qui combattent sa politique doivent lui opposer des projets régionaux qui dessinent une vraie alternative, un autre chemin pour l’avenir des régions et de notre société.
Autrement dit, fou celui qui pense pouvoir éluder le débat de projet ou le renvoyer à 2012. 2010 sera un choc de projets et personne ne pourra éluder cette
question : quelles politiques seront demain mises en oeuvre dans les régions ?(...)
Le second des enjeux de ces élections régionales est un énorme enjeu démocratique.
Nicolas Sarkozy veut tous les pouvoirs et les régions en ont. Il veut des majorités de droite pour les mettre au service de sa politique. Est-ce le moment de lui donner de nouvelles armes ?
Poser la question, c’est y répondre.
Mais le problème est plus sérieux encore. La réforme des collectivités locales que le gouvernement a lancée pour cet automne est extrêmement grave et largement méconnue, sous-estimée à l’heure qu’il est. Ce projet et les élections régionales sont pour le gouvernement une étape décisive de la restructuration de l’Etat, des pouvoirs et des territoires.
L’attaque contre la démocratie locale, qui une force de notre République, est cette fois globale. Il s’agit d’une recentralisation et d’une mise au pas générale de tous les échelons : communes, départements, régions, au profit d’une subordination autoritaire et centralisée aux exigences d’un remodelage libéral de toute la société.(...)
Le troisième enjeu des élections régionales concerne l’avenir de la gauche.
Je l’ai déjà largement évoqué. On nous somme de choisir, il faudrait soit renoncer à l’ambition d’un projet transformateur, soit renoncer au pouvoir.
Tout notre politique de rassemblement, à commencer par celle que nous avons mise en oeuvre avec le Front de gauche pour changer d’Europe, vise à refuser cette alternative mortifère.
Notre ambition est d’avancer en toutes circonstances vers la construction de majorités capables de porter des projets de transformation sociale. Renoncer à cette ambition aux élections régionales, ce serait offrir aux libéraux de tous poils le pouvoir dans la plupart des régions.
Notre ambition est donc claire : travailler à des projets régionaux utiles à combattre la crise et les logiques financières capitalistes, utiles à notre peuple, au monde du travail, et
travailler dans le même temps à la construction des rassemblements et des majorités susceptibles de porter ces projets. Pourquoi par exemple décréter aujourd’hui
que nous ne serions capables que de fusions techniques au second tour ?
C’est cette bataille politique de projets, de contacts et de constructions politiques qu’il faut engager dès maintenant. Il est trop tôt pour préjuger des configurations auxquelles nous pouvons aboutir. (...)
(+) Faire émerger une "offre politique nouvelle"? Cela veut-il dire autre chose que le Front de Gauche? Rien n'est dit dans le rapport sur les relations avec le Parti Socialiste (HM )
"Le Front de gauche a vocation à être majoritaire pour porter un projet de gauche"
LEMONDE.FR | 10.09.09 | 17h14 • Mis à jour le 10.09.09 | 18h14
ulianito : Allez-vous ouvrir le Front de gauche au NPA ou préférez-vous continuer à gérer les régions avec le Parti socialiste?
Marie-George Buffet : Le Front de gauche n'est pas figé une fois pour toutes. On est parti à trois, avec le PC, le Parti de gauche, la Gauche unitaire. Et pour ma part, je pense qu'à chaque étape, d'action ou électorale, il faut qu'on cherche à s'élargir. Car pour moi, le Front de gauche a vocation à être majoritaire pour porter un projet de gauche.
Je suis donc ouverte à ce que d'autres forces de gauche nous rejoignent, si c'est sur la base d'un accord programmatique, et si l'on est bien d'accord sur le fait que demain, on est prêt à créer les conditions d'une majorité politique. Pour gérer les régions, et le pays demain.
Loustal : Vous déterminerez-vous en fonction du projet dans chaque région pour décider de vos alliances ou comptez-vous établir une stratégie nationale valable pour toutes les régions ?
Marie-George Buffet : Nous ferons une offre politique nationale, car je pense qu'il faut donner un sens à notre décision. Cette décision se basera en effet sur notre capacité à créer ce rassemblement sur la base d'un projet pour les régions.
Colonel Fabien : Ne craignez-vous pas qu'en s'alliant au PS aux prochaines élections régionales, le PCF soit considéré comme un parti privilégiant ses élus plutôt que ses convictions et accélère ainsi tout bonnement sa disparition, considérant que pour la gestion du capitalisme il y aura le PS et pour le combat le Parti de gauche, voire le NPA ?
Marie-George Buffet : C'est une conception de la lutte des classes que je ne partage pas. Je pense que nous avons besoin d'avoir – et c'est le positionnement du PC – un projet en rupture non seulement avec les logiques libérales, mais également avec le système capitaliste. Mais ce projet, je pense que nous devons avoir la volonté de le faire vivre, donc d'avoir des élus qui, dans des majorités, des exécutifs, traduisent ce projet dans des actes.(...)
Il faut de la contestation. Mais il faut aussi se donner des élus qui, quelque part, donnent raison à cette contestation, en mettant en œuvre, dans la loi, dans les mesures, les revendications populaires.(...)
Sylvia Zappi
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Eléments de réponse de Jean-Luc Mélenchon (11/9/09)
«Pas
d’alliances à la carte aux régionales»
Questions à Jean-Luc Mélenchon Président du Parti de Gauche
La Fête de l'Humanité débute aujourd'hui à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Président du Parti de gauche (PG), l'ex-socialiste Jean-Luc Mélenchon, presse le Parti communiste de s'engager dans
un Front de gauche «durable» et «indépendant du PS».
Pourquoi le PG refuse-t-il de participer aux «ateliers sur le projet» proposés par le PCF si le PS est de la partie ?
Selon Marie-George Buffet, ces ateliers sont censés déboucher sur des «plateformes partagées pouvant
donner à voir des rassemblements possibles». Si les communistes veulent s'allier avec les socialistes aux régionales au premier tour, c'est leur droit.
Mais si l'autre gauche n'assume pas sa compétition avec le PS, ses électeurs s'abstiendront. La droite en profitera.
Vous mettez la pression sur les communistes...
Non. Je veux savoir à quoi je dois m'attendre. Franchement, ce serait un crève-cœur de ne pas partir avec le PCF aux régionales après notre score aux européennes [6,5 % et 5 élus, ndlr]. Le
Front de gauche a été mis en place pour être autonome et indépendant du PS. Il continuera de l'être. Si le PG doit en assumer la responsabilité, nous le ferons.
Vous refusez tout accord avec le PS aux régionales ?
Nous sommes pour des listes autonomes au premier tour et pour un rassemblement au deuxième tour face à la droite.
Même le NPA [d'Olivier Besancenot, ndlr] est d'accord. Je fais aussi deux autres propositions : un «paquet» élections régionales-présidentielle-législatives et un
«comité de liaison permanent du Front de gauche», pour travailler à notre programme et assurer notre présence dans les luttes sociales. Nous pourrions soumettre cette proposition aux votes de nos
adhérents.
Une alliance PCF-PG-NPA aux régionales est toujours «vraisemblable» selon vous ?
Oui. Même si la question des exécutifs n'est pas encore réglée. Mais ce ne doit pas être un préalable à l'union. Une position qui pourrait nous
rassembler serait de décider en fonction du rapport de force, du programme et du système
d'alliance de nos partenaires du second tour.
Et si le PCF propose des alliances à la carte ?
Le Parti de gauche n'ira pas. Notre crédibilité repose sur notre cohérence. Les alliances à la carte avec du Modem par-ci par-là qui dissuade nos
électeurs, en face d'une droite unie, c'est la confusion à gauche. Nicolas Sarkozy doit se friser les moustaches d'avance !
Recueilli par Lilian Alemagna
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Eléments d'analyse de Patrick Braouezec sur son blog
http://www.patrickbraouezec.net/patrickbraouezec/
Le PCF semble tiraillé sur ses alliances. Comment vous situez-vous ?
C’est vrai qu’au dernier conseil national, le 4 septembre, on a eu droit à l’énoncé de toutes les options, sans
trancher : la volonté de la reconduite d’une alliance avec le Parti socialiste au premier tour, l’idée de listes estampillées PCF, et, ce qui est sans doute l’option majoritaire,
la poursuite du travail avec le Front de gauche entamé lors des Européennes, en l’élargissant.
Pour ma part, je suis clairement partisan de cette dernière option. (...)
Après avoir géré bon nombre de régions avec le PS, qu’est-ce qui motive un changement de stratégie ?
Il y a une
différence notoire entre 2004 et aujourd’hui, c’est l’arrivée de Nicolas Sarkozy. Face à cette rupture politique de droite qui met à mal les acquis sociaux,
on a besoin d’une rupture à gauche. Je suis persuadé que les régions peuvent constituer le niveau institutionnel pour résister à la politique de Sarkozy, et être aussi un lieu
d’innovation permettant de mener des politiques publiques qui soient en rupture avec la logique libérale.
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Pas de temps à perdre ! Avançons.
Communiqué de la Fédération pour une alternative sociale et écologique (10 / 09 / 2009)
La Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), souhaite depuis des mois qu’un regroupement de toutes les forces à la gauche du PS soit possible. Constituée depuis décembre 2008 par des forces et des citoyens convaincus de la nécessité de rassembler toute la gauche de transformation, elle entend prendre une part active dans le passage de la colère sociale à la politique
Toute l’actualité montre qu’il y a là un fossé qu’il est urgent de combler. Dans ce cadre elle cherche à bâtir des listes d’union, indépendantes du PS, à l’occasion des échéances électorales.
Face au recentrage d’une partie de la gauche et pour une part d’Europe écologie, quand le PS est de plus en plus résigné à accompagner l’ordre existant, il est plus que jamais nécessaire d’affirmer une autre orientation à gauche, porteuse de ruptures avec la logique capitaliste et consumériste et soucieuse de créer les conditions de l’émancipation individuelle et collective. Celle-ci ne peut être crédible et audible, et donc utile, que si toutes les forces qui se réclament d’une gauche de transformation sociale et écologique s’unissent. C’est à cette condition que nous pourrons renouer avec l’espérance à gauche et rendre tangible la possibilité d’autres majorités politiques.(...)
Ainsi, nous pourrons ensemble bâtir un Front de gauche social et écologique durable, capable de riposter aux attaques du gouvernement comme d’être présent aux élections régionales et au-delà, présidentielle et législatives. Il s’agit de disputer l’hégémonie à la ligne de résignation social-libérale qui domine aujourd’hui à gauche.
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Main tendue au Modem...
Main tendue au Modem, le Poitou-Charentes comme laboratoire et les présidentielles en ligne de
mire... Depuis hier, les dés sont officiellement jetés. Ségolène Royal met le cap à droite, déterminée à placer le citoyen de gauche face à un choix qui relève plus de la tambouille politicienne
que de la politique : beurre doux ou beurre salé, Bayrou ou Sarkozy... Citoyens de gauche, nous voilà bien avancés...
A partir de là, nous avons deux options possibles.
La politique de l'autruche ou celle du chêne qui se refuse à plier. La première option
revient à prendre le citoyen pour un imbécile en faisant mine de jouer à « si tu ne viens pas à la droite, c'est la droite qui vient à toi ». La ritournelle est bien connue et les
candidats à la « Poitou-Charentes Academy » ne manqueront pas. Au nom d'un désormais très hypothétique strapontin, on entonne le refrain du projet qui soudainement nous laverait de nos
péchés comme une sorte d'absolution pour toutes nos trahisons à venir... Le Modem serait alors plus à gauche que la gauche et le programme plus révolutionnaire que la révolution... Après tout,
les miracles n'engagent que ceux qui y croient...
La seconde option est certes plus risquée mais ô combien responsable si l'on veut bien admettre que la
politique n'a rien à voir avec la course en sacs... Disons donc les choses clairement... Hier, le Rubicon a été franchi et rend désormais impossible tout accord avec Ségolène Royal... Soit,
prenons-en acte et tirons-en toutes les conséquences pour l'avenir. Il nous faut donc bâtir une liste de gauche en capacité de sortir en tête au soir du 1er tour. L'objectif peut paraître délirant mais il est le seul qui soit à la hauteur de l'enjeu : conserver la Région à gauche.
C'est donc une gauche de front qui doit se concevoir en
région ;
gauche qui devra certes compter le PCF, le PG, le NPA, la FASE, les Alternatifs mais aussi tous les militants socialistes et écologistes, syndicaux ou associatifs conscients que les questions
posées aujourd'hui en Région ne seront pas sans conséquences sur les réponses trouvées demain à l'échelle de la Nation. La bonne nouvelle, c'est que nous voilà conduit par la force des choses à
abandonner la rhétorique stérile et confuse de l'autre gauche. La moins bonne, c'est qu'il nous faut très rapidement incarner la gauche de transformation sociale, lucide et révolutionnaire à la
fois.
Il va donc falloir avancer très vite des propositions très concrètes...
Débattre publiquement de la gratuité des transports publics
régionaux, d'un plan d'urgence pour la formation professionnelle, d'une priorité donnée à la reconversion des entreprises en difficultés en sociétés coopératives... Dans le même temps, il va
falloir tenir un discours clair si l'on ne veut pas se faire les relais dociles d'une politique gouvernementale qui vise à transférer sur les ménages, les cadeaux fiscaux faits aux détenteurs du
capital. A moyens constants, cela suppose de couper dans certains budgets... Supprimer toute aide publique aux organismes privés de formation, de tous les cache-sexe du capitalisme vert que la
Région a démultiplié ces dernières années, de toute communication politique qui n'ait pas un caractère institutionnel. Réinterroger le budget de la démocratie participative n'aurait à ce propos
rien d'incongru...
Le défi est conséquent et la tentation sera grande de trouver mille prétextes pour s'y soustraire. Et
pourtant, ce défi n'est rien au regard du combat qu'il nous faudra mener demain dans le cadre de la Réforme des collectivités territoriales... Ce jour là, la question du contre-pouvoir régional
n'aura rien d'anecdotique.
Nicolas MARJAULT
Sur le blog des élus communistes de Niort