Mercredi 8 juillet 2009
Je vous propose de lire, ci-dessous, un appel commun de militants, souvent élus et grands responsables politiques, membres du Pcf, du Ps, du Mrc et du Mrg, qui se prononcent pour l'élaboration commune d'un Pacte unitaire de progrès.

Cet appel m'interroge:

- il fait l'impasse sur les partis existants, en voulant agir "en pleine autonomie, au-delà des appareils politiques, non pas contre eux mais en rejetant toute hégémonie". Certes, la crise du champ politique frappe évidemment la forme parti, qui apparait trop comme pyramidale, peu ouverte, plus à l'écoiute des égos de certains que des besoins des citoyens. Mais pour autant, peut-on mettre tout le monde dans le même sac? La crise, on vient de le voir avec les européennes ne frappe-t-elle pas en premier lieu et plus fortement le PS? Lui qui a voulu depuis les années 80, imposer son hégémonie de plus en plus social - démocratisée sur l'ensemble de la gauche

- n'oublie-t-il pas la référence à quelque chose de nouveau: la constitution d'un Front de gauche, qui justement vise à dépasser la forme parti, non contre chacun de ceux qui en son membres, mais en fédérant des partis qui conservent leur identité, mais s'ouvrent à un travail en commun et veulent élargir ce Front de gauche à d'autres formations politiques, aux citoyens, syndicalistes, associatifs, ..? Il n'y a aucun signataire du PG, du NPA, des Verts et d'Europe Ecologie...

- ne reste-t-il pas dans le vague de "5 axes de réflexion et d'action": sans rien dire sur la dimension européenne et l'orientation libérale de celle-ci ( avec l'aide des Partis Socialistes européens). Est-ce une question dépassée, un des "clivages dépassés" dont parle le texte?
Le glissement social-démocrate du PS doit-il être mis sous le boisseau dans le débat, si l'on veut "une démarche unitaire, en pleine autonomie, au-delà des appareils politiques, non pas contre eux, mais en rejetant toute hégémonie"?

- peut-on faire l'économie de la question de la transformation profonde des partis existants a gauche, du PS, mais aussi du PCF et du NPA? Pour qu'ils dépassent leurs démarche "d'appareils politiques", travaillent à une démarche unitaire et ouverte aux citoyens, aux syndicalisters, aux associatifs, ...? Le PG s'ouvre à une co-organisation de son Congrès: est-ce ininteressant?

J'avoue être conscient du besoin de sortir la gauche de l'ornière. Mais est-ce la bonne voie? Votre avis m'interesse                      HM

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La gauche doit se rassembler, au-delà des partis politiques
LE MONDE | 06.07.09


vec le communiste Robert Hue, plusieurs personnalités de gauche, dont les socialistes Julien Dray, Vincent Peillon, François Rebsamen appellent à élaborer un "pacte unitaire de progrès".

 

Les résultats des européennes du 7 juin l'ont confirmé : la gauche est la première victime de l'abstention des Français les plus modestes, et des jeunes. Elle est ensuite victime de ses divisions, de clivages dépassés, prisonnière de discours et cultures hérités des siècles passés. De là viennent les sectarismes et les querelles intestines qui s'étalent dans les médias et font le désespoir du peuple de gauche.

Le paradoxe est saisissant : d'un côté la crise et ses conséquences dévastatrices; les mobilisations sociales et l'unité syndicale qui y répondent; de l'autre côté, une gauche morcelée, fatiguée, manquant d'imagination et peinant à élaborer un projet qui suscite l'espoir et l'enthousiasme. Pour des millions de femmes et d'hommes, de salariés du public et du privé, de chômeurs, de jeunes, d'universitaires et de chercheurs, d'intellectuels, de créateurs, d'artistes, ...

 

...ce déclin de la gauche est vécu comme un drame.

Dominant ce paysage sinistré, le pouvoir croit tenir sa victoire. Face au mécontentement, aux mobilisations sociales, il s'adapte, louvoie – mais il garde le cap. Au prix que l'on sait : une excroissance insidieuse d'un pouvoir personnel omniprésent, et une méthodique déconstruction, au quotidien, de la puissance publique et de l'Etat de droit. Nous savons bien ce qu'il y a au bout d'un tel chemin : la déchirure du corps social. Il faut l'éviter à tout prix.

Il est urgent que la gauche se sorte de l'impasse où elle s'est laissée enfermer. Elle le doit à tous ceux qui sont convaincus qu'un autre avenir, dans une autre société, est possible. Aucun parti ne peut prétendre, à lui tout seul, être la force propulsive du progressisme nouveau, et de la dynamique unitaire, dont le peuple de gauche a tellement besoin. On ne saurait non plus laisser les états-majors, comme à leur habitude, faire et défaire les coalitions et les alliances au gré des résultats électoraux et des rapports de force internes. La solution est ailleurs.

Dans tous les partis de gauche et au-delà demeure un capital militant, un potentiel de générosité et d'intelligence citoyenne qui représente une formidable chance de renouveau. Et à côté des partis, dans les associations, les collectifs, la société civile, des millions de femmes et d'hommes cherchent un espace politique solidaire, efficace et durable, où s'investir pour le changement.

Nous voulons agir pour rassembler les uns et les autres dans l'élaboration commune d'une alternative progressiste au néolibéralisme, d'un programme de profonde transformation sociale. Un projet qui puisse un jour prochain être porté au gouvernement, et qui s'inspire directement des aspirations, des revendications et des luttes de toutes les forces vives de notre pays.


Cinq axes de réflexion et d'action nous semblent prioritaires :


1. La définition d'une nouvelle éthique de la République et de la vie politique.

2. L'approfondissement de la démocratie sociale et citoyenne.

3. Le combat pour une mondialisation solidaire et pacifique.

4. La reconstruction de notre société autour des principes de justice sociale, d'égalité d'accès aux savoirs et à la culture.

5. La conception d'un nouveau modèle de développement économique qui soit à la fois social, écologique et progressiste.

Nous appelons au rassemblement sans délai de toutes celles et de tous ceux qui estiment urgent de se retrouver dans une démarche unitaire, en pleine autonomie, au-delà des appareils politiques, non pas contre eux mais en rejetant toute hégémonie. De toutes celles et de tous ceux qui désirent participer à l'écriture d'une nouvelle page fondatrice de l'histoire de la gauche.

Nous appelons à la création partout en France d'espaces de dialogue, d'organisation et d'action.

Tous ensemble, nous nous donnerons comme premier objectif l'élaboration d'un pacte unitaire de progrès. Une charte reposant sur les principes que nous définirons collectivement, pour une société progressiste plus juste et plus humaine.


Robert Hue, sénateur du Val-d'Oise et fondateur du Nouvel Espace progressiste ; Dominique Bègles, journaliste ; Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste au Sénat ; Pascal Cherki, maire du 14e arrondissement de Paris ; Denis Cohen, syndicaliste; Julien Dray, député de l'Essonne; Aurélie Filippetti, députée de Moselle ; Michela Frigiolini, militante associative ; Michel Fize, sociologue ; Bernard Frédérick, journaliste et coordinateur national du Nouvel Espace progressiste; Stéphane Gatignon, conseiller général de Seine-Saint-Denis et maire de Sevran ; Jean-Luc Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre et secrétaire national du MRC ; Jean Lojkine, sociologue; Frédérique Matonti, politologue ; Sylvia Pinel, députée PRG du Tarn et Garonne; Vincent Peillon, député européen ; François Rebsamen, sénateur et maire de Dijon ; Ivan Renar, sénateur du Nord ; Bernard Vasseur, philosophe ; Pierre Weill, ancien président-fondateur du groupe Sofres.

Article paru dans l'édition du 07.07.09


 
Par henri Moulinier - Publié dans : Quelle alternative à gauche? - Communauté : Unissons nous à gauche...
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  • : Adjoint au maire honoraire de La Rochelle, écarté par des bureaucrates du PCF, sans AG. Démission du PCF. Rejoint le Parti de Gauche.Professeur en lycée retraité. Chargé de cours fac de droit. Etudiant en Master 2. Producteur de radio Responsab

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