A la veille de la Fête de la Saint-Jean,
organisée, Samedi 20 Juin, par les Associations de
Villeneuve-des-Salines, leur Collectif des près de 200 bénévoles, je vous propose une approche de l'histoire de ce quartier singulier de La Rochelle qu'est
Villeneuve.
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Une Ville Neuve sortie des salines et des champs,
à la fin des années 60
Les Salines : « C’est sur la route d’ Angoulins, à deux kilomètres de La Rochelle,
qu’on rencontre les salines les plus proches de la ville »[1]. La saumaison se faisait de juin à septembre ; sa production était évaluée à un million de quintaux métriques. 4 000 familles en
vivaient. Les sels de la Charente avaient une réputation justifiée.
La crise du sel frappe
les marais au milieu du 19e siècle. Le nombre de sauniers[2] était de 84 en 1845 ; il n’est plus que de 41 en 1866. La
bourgeoisie locale se désengage des marais salants et les vend à ses sauniers. Le développement du chemin de fer, au 19e siècle, favorise la concurrence du sel venu de Lorraine,
du Midi, du Portugal. Les salines se meurent. Celles de La Moulinette resteront mortes pendant 75 ans.
Au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, La Rochelle connaît une expansion démographique spectaculaire : le nombre des habitants passe
de 48 923 en 1946 à 58 779 en 1954, 68 445 en 1962, 73 140 en 1968 et au 1er mars 1975[3]. La Municipalité assure la maîtrise d’ouvrage de Port-Neuf, après l’abandon du
projet Le Corbusier en 1948. 500 logements y sont construits. En 1959, la Société de mathématiques appliquées qui analyse les possibilités de développement de la ville ne recense encore que
17 800 logements, dont plus de 4 000 surpeuplés, et préconise un rythme de construction de 600 à 700 logements par an pour faire face aux besoins.
Port-Neuf à peine terminé, la Municipalité de La Rochelle décide donc de la création d’une première Z.U.P. à Mireuil, vaste territoire au nord-ouest de la ville et encore presque inhabité.
Comme ailleurs en France, en cette période des Trente Glorieuses, La Rochelle connaît des années de grand essor économique. Des industries se redéveloppent : Péchiney-Saint-Gobain, la Compagnie française de l’azote, l’usine Rhône-Poulenc, les Anciens Chantiers de La Rochelle-Pallice, les Chemiseries de l’Atlantique à Chef-de-Baie, ou encore l’usine Brissonneau et Lotz à Aytré.
Mais ces entreprises ne suffisent pas pour faire vivre cette ville en expansion. La Chambre de Commerce et d’industrie décide, en 1959, de créer une Zone Industrielle à Chef-de-Baie. Seule la CIT-Alcatel s’y installe.
La politique de décentralisation industrielle, menée par l’Etat, va encourager la délocalisation d’activités vers les régions qui, comme l’Ouest, manquent d’emplois. C‘est dans ce cadre que la Municipalité, dont le Maire est alors Monsieur Salardaine, un proche du gouvernement, bénéficie d’une offre d’accueil de Simca. Le SIVOM de l’agglomération va être crée spécialement, le 9 Avril 1964, pour aménager les terrains capables d’accueillir une usine Simca.
Une nouvelle Zone Industrielle, sur la commune de Périgny, à l’Est de l’agglomération, est décidée. Elle accueillera une usine SIMCA de plus de 2 000
salariés[4], dont la pose de la première pierre eu lieu le 10 Novembre
1964.
De nouveaux logements sont nécessaires pour accueillir de nouveaux salariés et leurs familles. Les Salines inoccupées et les terres de fermes qui les
jouxtent, sur les communes de La Rochelle et Aytré, vont être choisies, en 1965, pour réaliser une seconde Z.U.P. celle de La Rochelle 2, qui deviendra plus tard le quartier de
Villeneuve-des-Salines.
Les évolutions démographiques, dont la réalité ne suivit pas les prévisions. Ces prévisions conduisirent à la réalisation, sous l’impulsion et la
gestion directe du nouveau SIVOM, d’un projet de « grand ensemble » devant accueillir 10 000 logements – pour 40 000 habitants – en 10 ans, construit sur les
principes de la Charte d’Athènes portés par Le Corbusier.
.Ce projet d’ampleur fut remis en cause dans les années 1970, pour des raisons à la fois financières, démographiques, mais aussi politiques : prévisions démographiques erronées, cherté des travaux d’aménagement, diffusion des idées de Mai 68, remise en cause de la politique des « grands ensembles », élection de Michel Crépeau.
Sous l’impulsion de Michel Crépeau, nouveau Maire de La Rochelle et Président du SIVOM, Villeneuve-des-Salines devenait alors, selon le mot du Maire une « Zone à Humaniser en Priorité »[1], dont la construction couvrira les décennies 1970 et 1980. Cette Ville Neuve sera alors construite selon de nouveaux principes édictés par l’Etat dans une Circulaire au titre évocateur « Barres et tours », mettant fin à la construction des grands ensembles: densité réduite et mixité sociale[2].
[1] Michel CREPEAU, lors de l’accueil des premiers locataires sur la Z.U.P. le 11 Juillet 1971
[2] Olivier GUICHARD, Ministre de l’Equipement, Circulaire « Barres et tours », 5-4-1973
Henri Moulinier
( premiers éléments
de rédaction d'un mémoire universitaire)
[1] SUZANNE P., La Rochelle pittoresque, Paris, La Découverte, 1996, p.120
[2] ROCHEAU Michèle, Les Salines avant Villeneuve, conférence, La Rochelle, 2-6-2009
[3] DELAFOSSE Marcel, Histoire de La Rochelle, Paris, Privat, 2002, p. 279
[4] BERAUD Remi, Petite encyclopédie monumentale et historique de La Rochelle, Paris, Rupella, 1981, p.102
[5] DELAFOSSE Marcel, op. cit., p.279-280-281
[6] Michel CREPEAU, lors de l’accueil des premiers locataires sur la Z.U.P. le 1er Juillet 1971
[7] Olivier GUICHARD, Ministre de l’Equipement, Circulaire « Barres et tours », 5-4-1973