Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /Juin /2009 14:15




Une Ville Neuve sortie des salines et des champs, 
à la fin des années 60
 


     
Les Salines : « C’est sur la route d’ Angoulins, à deux kilomètres de La Rochelle, qu’on rencontre les salines les plus proches de la ville »
[1]. La saumaison se faisait de juin à septembre ; sa production était évaluée à un million de quintaux métriques. 4 000 familles en vivaient. Les sels de la Charente avaient une réputation justifiée.

     La crise du sel frappe les marais au milieu du 19e siècle. Le nombre de sauniers[2] était de 84 en 1845 ; il n’est plus que de 41 en 1866. La bourgeoisie locale se désengage des marais salants et les vend  à ses sauniers. Le développement du chemin de fer, au 19e siècle, favorise la concurrence du sel venu de Lorraine, du Midi, du Portugal. Les salines se meurent. Celles de La Moulinette resteront mortes pendant 75 ans.


       Au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, La Rochelle connaît une expansion démographique spectaculaire : le nombre des habitants passe de 48 923 en 1946 à 58 779 en 1954, 68 445 en 1962, 73 140 en 1968 et au 1er mars 1975
[3]
. La Municipalité assure la maîtrise d’ouvrage de Port-Neuf, après l’abandon du projet Le Corbusier en 1948. 500 logements y sont construits. En 1959, la Société de mathématiques appliquées qui analyse les possibilités de développement de la ville ne recense encore que 17 800 logements, dont plus de 4 000 surpeuplés, et préconise un rythme de construction de 600 à 700 logements par an pour faire face aux besoins.

        Port-Neuf à peine terminé, la Municipalité de La Rochelle décide donc de la création d’une première Z.U.P. à Mireuil, vaste territoire au nord-ouest de la ville et encore presque inhabité.

      Comme ailleurs en France, en cette période des Trente Glorieuses, La Rochelle connaît des années de grand essor économique. Des industries se redéveloppent : Péchiney-Saint-Gobain, la Compagnie française de l’azote, l’usine Rhône-Poulenc, les Anciens Chantiers de La Rochelle-Pallice, les Chemiseries de l’Atlantique à Chef-de-Baie, ou encore l’usine Brissonneau et Lotz à Aytré.

      Mais ces entreprises ne suffisent pas pour faire vivre cette ville en expansion. La Chambre de Commerce et d’industrie décide, en 1959, de créer une Zone Industrielle à Chef-de-Baie. Seule la CIT-Alcatel s’y installe.

      La politique de décentralisation industrielle, menée par l’Etat,  va encourager la délocalisation d’activités vers les régions qui, comme l’Ouest, manquent d’emplois. C‘est dans ce cadre que la Municipalité, dont le Maire est alors Monsieur Salardaine, un proche du gouvernement, bénéficie d’une offre d’accueil de Simca. Le SIVOM de l’agglomération va être crée spécialement, le 9 Avril 1964,  pour aménager les terrains capables d’accueillir une usine Simca.

      Une nouvelle Zone Industrielle, sur la commune de Périgny, à l’Est de l’agglomération, est décidée. Elle accueillera une usine SIMCA de plus de 2 000 salariés[4], dont la pose de la première pierre eu lieu le 10 Novembre 1964.


      De nouveaux logements sont nécessaires pour accueillir de nouveaux salariés et leurs familles. Les Salines inoccupées et les terres de fermes qui les jouxtent, sur les communes de La Rochelle et Aytré, vont être choisies, en 1965,  pour réaliser une seconde Z.U.P. celle de La Rochelle 2, qui deviendra plus tard le quartier de Villeneuve-des-Salines.


      Les évolutions démographiques, dont la réalité ne suivit pas les prévisions. Ces prévisions conduisirent à la réalisation, sous l’impulsion et la gestion directe du nouveau SIVOM,  d’un projet de « grand ensemble » devant accueillir 10 000 logements –  pour 40 000 habitants – en 10 ans, construit sur les principes de la Charte d’Athènes portés par Le Corbusier.

     .Ce projet d’ampleur fut remis en cause dans les années 1970, pour des raisons à la fois financières, démographiques, mais aussi politiques : prévisions démographiques erronées, cherté des travaux d’aménagement, diffusion des idées de Mai 68, remise en cause de la politique des « grands ensembles », élection de Michel Crépeau.

        Sous l’impulsion de Michel Crépeau, nouveau Maire de La Rochelle et Président du SIVOM, Villeneuve-des-Salines devenait alors, selon le mot du Maire une « Zone à Humaniser en Priorité »[1], dont la construction couvrira les décennies 1970 et 1980. Cette Ville Neuve sera alors construite selon de nouveaux principes édictés par l’Etat dans une Circulaire au titre évocateur « Barres et tours », mettant fin à la construction des grands ensembles: densité réduite et mixité sociale[2].



[1] Michel CREPEAU, lors de l’accueil des premiers locataires sur la Z.U.P. le 11 Juillet 1971

[2] Olivier GUICHARD, Ministre de l’Equipement, Circulaire « Barres et tours », 5-4-1973

 

                                                                 Henri Moulinier

Le texte complet de mon mémoire de Master 2 en histoire, sur le site de "Perigny Story":

http://perignystory.e-monsite.com/rubrique,villeneuve-les-salines,568461.html

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       Villeneuve-des-Salines et son coeur occupé par le marché du mercredi matin


[1] SUZANNE P., La Rochelle pittoresque, Paris, La Découverte, 1996, p.120

 

[2] ROCHEAU Michèle, Les Salines avant Villeneuve, conférence, La Rochelle, 2-6-2009

 

[3] DELAFOSSE Marcel, Histoire de La Rochelle, Paris, Privat, 2002, p. 279

[4] BERAUD Remi, Petite encyclopédie monumentale et historique de La Rochelle, Paris, Rupella, 1981, p.102

[5] DELAFOSSE Marcel, op. cit., p.279-280-281

[6] Michel CREPEAU, lors de l’accueil des premiers locataires sur la Z.U.P. le 1er Juillet 1971

[7] Olivier GUICHARD, Ministre de l’Equipement, Circulaire « Barres et tours », 5-4-1973

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Par henri Moulinier - Publié dans : Villeneuve-L-S, notre quartier - Communauté : Les blogs citoyens
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  • henri Moulinier
  • Henri MOULINIER
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  • 18/01/1948
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  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. Chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Doctorant en histoire. Président LDH La Rochelle.

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