Mardi 16 juin 2009
2
16
/06
/Juin
/2009
19:03
Encore un mauvais coup : la Poste deviendra société anonyme au 1er janvier, confirme le
gouvernement
La Poste devrait abandonner le 1er janvier 2010 son statut d'établissement public pour celui de société anonyme, a
confirmé mardi le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel. Pour rassurer des syndicats inquiets d'une éventuelle privatisation, son projet de loi
garantirait que le capital restera public ( mais jusqu’à quand et à quel niveau ?) et que le statut des quelque 300.000 agents ne sera pas modifié. Mais qu’en sera-t-il pour les futurs
embauches ?
L’exemple de France-Télécom est éloquant.
Le gouvernement (socialiste) a commencé
comme ça et la privatisation s’est faite progressivement, le changement de statut permettant d’élargir
l’appel au capital privé, en Bourse. Et c’est ce changement de statut qui est la clé décisive et que le gouvernement veut faire avaler, contre des promesses
fallacieuses.
L’Eté des mauvais coups !
L'avant-projet de loi préparé par Bercy
devrait être examiné lors du dernier conseil des ministres avant les vacances, le lundi 27 juillet, en plein été (période de tous les mauvais coups !) pour une adoption au Parlement
"avant la fin de l'année", a précisé le secrétaire d'Etat lors de la présentation de son texte. Initialement, l'Elysée avait annoncé que cette réforme serait votée "avant la fin de l'été",
mais Nicolas Sarkozy avait décidé de reporter son examen après les élections européennes du 7 juin.
L'objectif du gouvernement est donc bien que le 1er janvier marque le changement du statut de La Poste en une société
anonyme, "mais elle reste une entreprise publique détenue à 100% par des
acteurs publics", a affirmé Luc Chatel, qui souhaite "que ça soit expressément inscrit dans la loi". Seule entorse: le gouvernement laisse "ouverte pour l'avenir" la possibilité pour les
personnels d'entrer au capital.
La promesse pour faire passer la pilule du changement de statut !
La garantie d'une propriété publique de La Poste sera inscrite dans la loi, ce qui est une façon de répondre aux
inquiétudes des syndicats qui brandissent les privatisations progressives de France Télécom ou de GDF pour rejeter ce changement de statut. "D'expérience, les salariés savent qu'ouverture de capital est toujours synonyme de privatisation, de recherche de rentabilité
financière au détriment du service public et des personnels", a affirmé la CGT la semaine dernière. Car ce qu’une loi fait, une autre pourra le défaire, pour poursuivre le processus de
privatisation.
La dérégulation européenne de la
poste
Dans la foulée de ce changement de statut, le groupe bénéficierait d'une augmentation de capital d'un montant de 2,7 milliards d'euros, dont 1,5 milliard apporté par la Caisse des
dépôts et consignations et 1,2 milliard par l'Etat. Il s'agit de permettre à La Poste d'investir pour diminuer ses coûts et "lutter à armes égales face ses concurrents étrangers", souvent de
grands monopoles privatisés dans le cadre de la dérégulation européenne du secteur
Dès la rentrée, l'action commune des postiers et des usagers sera nécessaire!
Voir mon article précedent du 22/12/2008
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Privatisation de La Poste, le gouvernement essaie de passer en force
http://www.france.attac.org/spip.php?article10151
Le gouvernement vient d’annoncer que le projet de loi sur le changement de statut de La Poste serait présenté au Parlement
vers la mi-octobre.
La Poste serait transformée en société
anonyme (SA), 100 % publique.
Il s’agit de la première étape, la plus décisive, vers la privatisation.
En effet, une fois le passage de La Poste en SA effectué,
rien ne sera plus facile que d’ouvrir son capital à des actionnaires privés, voire de la privatiser totalement. Les exemples de
France Télécom, d’EDF et de GDF sont là pour l’attester. La transformation en SA a toujours été le prélude à une privatisation.
A chaque fois, le gouvernement s’était engagé à n’en rien
faire et l'avait même inscrit dans la loi. Cela ne l’a pas empêché de privatiser ces entreprises dès que l’occasion lui en a été donnée.
Le scénario est donc écrit. La question est de savoir s’il va passer dans la réalité. Il y a environ un an,
un Comité national contre la privatisation de la Poste s’est constitué avec
l’objectif d’obtenir un
référendum sur l’avenir de La Poste. Bien que extrêmement large et malgré un démarrage encourageant, le Comité national n’a pas réussi à développer une campagne de
masse permettant de mettre en difficulté le gouvernement sur ce sujet, ce qui explique que ce dernier ait décidé de passer en force. Au-delà des responsabilités des uns et des autres dans cette
situation, le Comité national a décidé
d’organiser fin septembre début octobre (la date sera précisée sous peu) une consultation nationale, une votation citoyenne, sur le changement de statut de
La Poste.
Il s’agit d’organiser dans un temps réduit, au maximum, quelques jours, une consultation populaire de grande
ampleur.
Pour cela des contacts ont lieu avec les associations d’élus pour essayer d’avoir leur accord pour une telle initiative, les partis politiques membres du Comité étant, a priori, d’accord. Mais une
telle initiative ne peut marcher que si elle est
concrètement organisée à la base en liaison avec les mairies.
Les comités locaux d’Attac peuvent jouer un rôle dans ce processus et ce de deux façons.
D’abord en prenant l’initiative, là où cela n’a pas été encore fait, de constituer un large rassemblement
unitaire, puis en prennant contact avec les maires pour discuter avec eux de cette initiative.
La période des vacances n’est pas très favorable pour commencer à préparer une telle campagne. Mais, au vu des échéances, tout risque de se jouer au mois de septembre. Il s’agit donc d’anticiper au
maximum ce que l’on peut faire dès maintenant. Le comité national va discuter dans les jours qui viennent d’un matériel qui sera mis à disposition de ceux qui le souhaite et vous serez tenus
régulièrement au courant des initiatives prises. Vous trouverez ci-joint le communiqué du Comité national.
Des exemplaires du matériel 4 pages co-écrit par Attac, Aitec et Copernic sont encore disponibles au siège.
Attac France,
Montreuil, le 2 juillet 2009