Mardi 16 juin 2009
Le Président de la République, à Genève, lors du sommet mondial de l'emploi de l'Organisation Internationale du Travail, n'a pas eu de mots assez durs pour fustiger les organismes financiers internationaux ( FMI, OMC, Banque Mondiale). Il a eu des accents altermondialistes et syndicalistes le temps d'une pantomine.

Le temps d'une pantomine à Genève ...

"Il n'est pas normal, a-t-il dit, que le FMI ou la Banque Mondiale viennent au secours d'un pays sans que l'on puisse lui demander de respecter des règles élémentaires en matière d'environnement, de droit du travail ou de santé publique"

A Genêve, il a été chaud partisan de l'implication du monde du travail dans les décisions économiques: " La communauté internationale ne peut pas être schizophrène et ignorer à l'OMC ou dans les institutions de Bretton-Woods ce qu'elle promeut à l'OIT"

Vérité à Genève n'est pas vérité à Bruxelles!!

Nicolas Sarkozy oublie son engagement pour le Traité de Lisbonne, traité fondé sur la libre concurrence et la liberté totale de circulation des capitaux,  qui ne prévoit aucune harmonisation des législations sociales et fiscales, mais favorise la mise en concurrence des salariés des pays de l'Union, pour pousser à la baisse des salaires et droits sociaux, à la baisse des impôts sur les plus riches.

Et à Paris, ses compères prônent le droit à la retraite à 67 ans!!!

Bel exemple d'"harmonisation sociale" par le bas!Alors que le déficit de la Sécurité Sociale est dû pour une grande part à la crise économique, à la montée du chômage et au blogage des salaires. Ce qui fait que les cotisations sociales pour la SS ont tendance à baisser ( calcul en % de la masse des salaires). Je vous invite à lire ci-dessous le commentaire indigné de Gérard Filoche, par ailleurs membre du PS

Financer autrement la protection sociale

100 000 chômeurs représentent un manque à gagner de 1,3 milliards d'euros en cotisations pour le régime général de sécurité sociale, dit l'Humanité du 16 Juin. Et une réduction de 1 point de la masse salariale entraîne la perte de 2,5 milliards de recettes pour la SS

C'est pourquoi, plus que jamais, se pose la question de calculer autrement les cotisations sociales, sur la valeur ajoutée, dans laquelle la part des salaires a reculé depuis les années 80, en faveur des revenus du capital. Or les revenus du capital sont pratiquement exonérés ... de cotisation sociale!

Et que dire du gouffre des exonérations de cotisations sociales!

Ces exonérations de cotisations sociales représentent 33 milliards d'euro, alors que le "déficit" attendu de la S.S. serait de 20 milliards! C'est un manque à gagner, qui pousse par ailleurs les patrons à verser des salaires plus bas, pour bénéficier de ces exonérations.

Faitre cotiser toute la valeur ajoutée et pas les seuls salaires serait aussi un bon moyen de "dissuader la course à la croissance financière et aux économies massives sur l'emploi et les salaires" souligne Catherine Mills, économiste.
                                                                             H Moulinier
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Rien n’impose ni ne justifie de remettre en cause la retraite à 60 ans :
au contraire il faut la conforter !

Posté dans Politique par Gérard Filoche le 16 juin 2009



Au moment où l’on a 2000 chômeurs de plus par jour, voilà que les sarkozystes veulent aggraver cette catastrophe dont ils sont pleinement responsables en prônant la retraite à 67 ans ! Faire semblant d’ouvrir le débat est plus qu’une diversion, c’est une agression antisociale de plus. Comme le travail du dimanche. Comme le « trou » de la Sécu. Assez de politique réactionnaire et de choix réservés aux seuls actionnaires.

Il faut immédiatement des mesures anti chômage puissantes :

-       contrôle des licenciements abusifs
-       35 h hebdomadaires pour tous et 44 h de travail maxima hebdomadaires
-       deux jours de repos consécutifs hebdomadaires pour tous dont le dimanche
-       rendre les heures supplémentaires plus coûteuses que l’embauche
-       ré embaucher immédiatement dans la fonction publique pour combler les 140 000 postes supprimés
-       garantir la retraite à 60 ans et en revenir au réel : 37 annuités de cotisations (...)


La redistribution du travail, c’est la clef de la redistribution des richesses.

C’est la clef de la relance. Donnez 200 milliards aux salariés pas aux banquiers et la relance sera rapide.

Les Français travaillent dans les faits, dans le réel, 37 annuités en moyenne. 2 sur 3 ne sont plus au travail après 57 ans. Toute tentative, actuellement, d’élever l’âge de la retraite est pure hypocrisie réactionnaire néolibérale.

Non à la provocation de la retraite à 67 ans :

c’est seulement un moyen de diminuer le niveau des retraites en fixant des durées de cotisations inatteignables.

C’est seulement un moyen de maintenir les jeunes dans le chômage, les petits boulots, la précarité. Alors qu’au contraire, quand il y a 2000 chômeurs de plus par jour, il faut que les seniors partent en retraite et que les juniors aient du boulot !

Il y a mensonge d’état sur tous les paramètres de la retraite :


sur le boom des naissances depuis l’an 2000, sur l’espérance de vie après 60 ans, sur le taux de chômage d’hier et de demain, sur les modalités de calcul des retraites, sur l’encouragement aux retraites dites « complémentaires » et sur les « fonds de réserve » gaspillés…

La retraite n’est pas une épargne, la retraite est versée en direct, en temps réel par ceux qui travaillent à ceux qui sont en retraite.

Cela vient des salaires, augmentez les salaires !

Et s’il le faut, s’il y a des difficultés de jointure entre ce qui est cotisé et ce qui est nécessaire pour maintenir une retraite décente à un taux de remplacement de 75 % calculé sur les 10 meilleures années en 37 annuités à partir de 60 ans, alors il faut hausser les cotisations salariales et patronales de 0,3 à 0,4 points comme le proposa, il y a 7 ans, le rapport du COR.

La retraite comme la Sécu reposent sur les cotisations de base et sur les salaires : augmentez les salaires, pas le paiement des « complémentaires » inégalitaires !

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Communiqué d'Attac France
Nicolas Sarkozy veut-il débaucher des altermondialistes pour son prochain gouvernement ?






Le président de la République a prononcé le 15 juin un discours devant l’Organisation internationale du travail (OIT) qu’à première vue on pourrait croire sorti d’une assemblée du Forum social mondial.

Tout, ou presque, y est :

le refus de la marchandisation des activités humaines, la soumission du droit des affaires aux normes sociales et environnementales, la condamnation du dumping social, le refus du travail des enfants, la condamnation du tout pour le capital et rien pour le travail, l’appel à une forte régulation financière internationale, notamment par la taxe Tobin, la dénonciation de la cohabitation de l’abondance et de la misère, la critique des pays n’ayant pas ratifié les conventions de l’OIT, la proposition d’une Organisation mondiale de l’environnement, etc.

 

Il n’y a plus de limites au double langage et aux tentatives de brouillage des repères.

 En effet, point par point, les envolées humanistes du Président sont démenties par sa pratique politique quotidienne et par l’action de son gouvernement.

 

- Il achève peu à peu la privatisation des services publics et donc il les marchandise.
- Il a accentué le partage inégal des revenus entre capital et travail en inventant le bouclier fiscal. - - Il a distribué des dizaines de milliards aux banques spéculatrices, mais reste très avare pour le    SMIC et les minima sociaux.
- Il a accru la pression sur les salariés et les chômeurs en guise de respect des normes internationales.
- Il projette maintenant de repousser l’âge de la retraite à 67 ans, et il nous assurera plus tard que c’est pour rééquilibrer le partage entre travail et capital.
- Il a développé une politique anti-immigrés honteuse, au nom sans doute des droits de l’homme dont il se réclame.
- Il a imposé de force le traité de Lisbonne qui interdit toute taxation des transactions financières.
-  Il a entériné un plan climat-énergie au rabais pour préparer la « bonne gouvernance climatique ».

 

Attac n’acceptera pas de se laisser désarmer par ce nouveau hold-up idéologique, qui affirme le contraire de ce qui est mis en œuvre dans une France

    ...où la part la plus belle est réservée à une minorité, et dans un monde où la loi du profit est le principal obstacle pour que tout ce qui est proclamé à la tribune de l’OIT à Genève devienne réalité.

Le discours du Président Sarkozy a un seul mérite : il désigne très nettement tous les verrous empêchant que la société redevienne maîtresse de son destin. Mais ce n’est certainement pas lui qui les fera sauter !

 

Attac France,
Montreuil-sous-bois, le mardi 16 juin 2009

 

Pour en savoir plus : 
- Le communiqué en ligne : http://www.france.attac.org/spip.php?article10097
- Le rapport Attac "De la fin des paradis fiscaux aux taxes globales" : http://www.france.attac.org/spip.php?article9738

Par henri Moulinier - Publié dans : Quelle alternative à gauche? - Communauté : Les antilibéraux
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  • : henri Moulinier
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  • : 18/01/1948
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  • : politique europe écologie liberté économie
  • : Adjoint au maire honoraire de La Rochelle, écarté par des bureaucrates du PCF, sans AG. Démission du PCF. Rejoint le Parti de Gauche.Professeur en lycée retraité. Chargé de cours fac de droit. Etudiant en Master 2. Producteur de radio Responsab

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