Lundi 8 juin 2009 1 08 /06 /Juin /2009 09:08
Ces élections européennes du 7 Juin sont pleines d'enseignements, qui méritent tous une réflexion commune, pour en faire une analyse honnête, objective, car il faut regarder la réalité en face

 L'abstention s'est encore renforcée, en France (59, 5%), comme dans l'ensemble de l'Union européenne (56,6%) (*)

 -  Cela signifie que seulement 4 électeur(trice)s sur 10 sont allés voter, un triste record. L'Europe libérale apparaît comme trop éloignée des préoccupations des gens, dans un contexte de crise qui exige pourtant des réponses européennes fortes, dans un concert mondial. Mais cette Europe là pousuit une construction (ultra) libérale, qui fait la part belle aux multinationales de la banque, de l'industrie et des services, met en cause les droits sociaux dans un cadre concurrentiel ( en particulier fiscal et social).

 - Mais rien n'a été fait du côté des médias, comme du pouvoir politique, pour informer les citoyens sur l'organisation de l'Union européenne, ses objectifs économiques, sociaus, écologiques, pour mieux masquer l'enjeu: poursuivre ou non une construction libérale de l'Europe. Il n'y a pas eu de réel débat, si ce n'est le duel très médiathisé en fin de "campagne" entre Bayrou et Cohn-Bendit, sur fonds de consensus libéral.

La droite européenne est majoritaire, mais plutôt en baisse

A l'image des liste de l'UMP et de ses alliés en France, la droite renforce sa présence au Parlement européen. Certes, en France la droite progresse en % ( mais elle "gagne" avec 28% des ... votants, soit 10,8%des électeurs inscrits.Mais elle est souvent en baisse ( Grèce: -11%,  Allemagne: -7%, Autriche: -3%, Italie: 63% sur les législatives. Dans les pays dirigés par des socialistes ou socio-démocrates, les conservateurs progressent, mais avec une avance limitée: Royaume-Uni: +1,9%, Espagne: +1%, alors qu'au Potugal la droite enregistre une victoire surprise

 ...Les plans européens de démolition des services publics ( telle la Poste,...), de la la vie associative, .. vont  se poursuivre, et la concurrence entre Etats et entre travailleurs s'accentuer.

En France, Sarkozy et la droite pavoisent. Mais ils en oublient les 60% d'abstention, souvent volontaires, face à une Europe que les gens n'apprécient pas avec ses politiques libérales. En définitive, les droites européennes "gagnent" en sièges, mais leur politique européenne ultralibérale est très majoritairement rejetée, faisant surtout le jeu de nationalistes, comme en Angleterre ( 2 élus d'extrême droite), ou en Italie (avec la progression de la Ligue du Nord)

L'écologie politique fait une percée, en France, comme dans d'autres pays

C'est une vrai succès qu'engrangent les listes d'Europe Ecologie, en particulier, en France, là encore en n'oubliant pas les 60% d'abstention. L'amalgame de la carpe et du lapin ( Cohn-Bendit et José Bové) s'est transformé en une réelle dynamique politique, face à une situation grave, très grave: celle du devenir de notre planête, menacée par le réchauffement climatique. C'est l'espèce humaine elle-même qui est menacée. Pas étonnant que les analyses et propositions écologiques aient fait un tabac.

Cependant, cette approche écologique me semble être limitée par l'acceptation du libéralisme économique, le carcan des Traités européens, carcan que reprendrait le Traité de Lisbonne s'il était ratifié

A gauche, c'est la déroute du PS, mais aussi l'échec du Npa

Le PS paie ses batailles d'egos internes et son acceptation du Traité de Lisbonne, porteur d'ultralibéralisme.
Il va devoir procéder à une introspection majeure pour son avenir, faute de quoi, il risque de poursuivre son déclin politique, malgrè son implantation élective dans les Collectivités locales.

 N'a-t-il pas intérêt à se recadrer dans une réelle démarche de gauche, comme d'ailleurs l'ensemble des Partis socialistes et socio-démocrates européens, et rompre avec une acceptation des dogmes et politiques européennes ultralibérales,ceux que porte le Traité de Lisbonne?

JL Mélanchon affirmait, au soir des élections, que "la gauche est dans le trou et cela au pire moment de la crise du capitalisme. Il faut regarder la réalité en face"." Elle peut disparaître de la scène politique, comme en Italie" "La côte d'alerte est dépassée, d'abord au PS qui doit rompre avec la politique le liant à la droite par le Traité de Lisbonne".

Le NPA fait certes 4,8%, mais il est loin des sondages qui, lors de son Congrès constitutif, lui donnait 9-10%. Je le dis, personnellement: le NPA paie sa politique de division de la gauche de gauche, son discours jusqu'au-boutiste,  sans perspective concrète de changement réel de la société capitaliste, solitaire et anti- unitaire. Ensemble, nous aurions pu et su créer une dynamique forte, capable de marquer de notre emprunte ces élections, à un bon niveau, qui aurait pu être supérieur au PS. Va-t-on continuer comme cela?









Le Front de Gauche: peut mieux faire, mais c'est un bon début

Malgrè le silence des médias pendant longtemps, la nouveauté de ce Front, il a réussi a dépasser les 6% ( 6,5% avec les départements français d'outre-Mer et les résultats de l'alliance des outre-mers, soutenue par le Front de gauche, et l'élection du communiste Paul Vergès de La Réunion - ce qu'a "oublié" le Ministère de l'intérieur).

 Un début de dynamique politique s'est fait sentir. Cette démarche de Front de gauche doit se poursuivre pour l'avenir, dans les luttes et dans les urnes, mais aussi s'élargir.

Le Front de gauche doit continuer et s'élargir, en vue des prochaines élections

C'est le point de vue de JL Mélanchon et du PG, mais aussi de MG Buffet qui, au nom du PCF, déclarait dimanche soir a salué "le formidable espoir" incarné par le bon résultat du Front de gauche, d'autant plus remarquable dans un paysage d'une gauche émiettée et affaiblie par le faible score du PS". Et d'ajouter que ce résultat valide "une démarche d'union sur un projet politique qu'il faut poursuivre dans d'autres échéances électorales, mais en l'élargissant encore" à d'autres forces et acteurs.

C'est le sens de l'appel lancé au nom du Front de gauche, dimanche soir, par Christian Piquet, de la Gauche Unitaire issue du Npa, "aux hommes et aux femmes de gauche" à "rejoindre l'esprit de ce Front de gauche, qui est de rassembler toute la gauche de gauche"


Personne, à gauche, ne pourra éviter le débat: chacun doit-il continuer à mener son propre bateau ( cela est vrai pour le Npa, comme pour la petite soeur de Lutte Ouvrière), ou bien travailler ensemble à un projet de transformation sociale rassembleur, le plus largement possible. Cela concerne aussi le Parti Socialiste et ses militants

                Et maintenant, le vie continue, la crise aussi:
                         nous avons besoin de luttes, de débats et d'espoir! Non?
Qu'en pensez-vous?

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(*) A propos de l'abstention:
    ° France:  1979 : 39,3%  - 1984: 43,3% - 1989: 51,2% - 1994: 47,3% - 1999: 53,2% - 2004: 57,2% et 2009: 59,5%
     °
Autres pays européens:
          Allemagne; 56,7% -
Autriche: 57,6% - Belgique: 9,61% ( vote obligatoire) - Bulgarie: 62,27% - Chypre: 40,6% - Danemark: 40,48 - Espagne: 55,7% - Estonie: 56,8% - Finlande: 59,7% - Grèce: 47% - Hongrie: 63,71% - Italie: 33,6% - Irlande: 42,4% - Lettonie: 43,94% - Lituanie: 79,09% - Luxembourg: 9% - Malte: 21,19% - Pays-Bas: 63,5% - Pologne: 72,6% - Portugal: 62,9% - Roumanie: 72,6% - Royaume-Uni: 65,73% - Slovaquie: 80,36% - Slovénie: 71,98% - R Tchèque: 73% - Suède: 57,06%
  
Cette abstention est forte voire très forte dans nombre de pays de l'Est intégrès dans l'Union depuis 2004 pour l'essentiel,  mais aussi dans les pays les plus anciens de l'Union
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Déclaration du Bureau National du Parti de gauche:
              "Continuer et renforcer le Front de Gauche"

Le 7 juin, dans les urnes, l’Union Européenne est devenue un désert de la démocratie. Les milieux populaires s’en sont auto-exclus par une abstention presque totale. Les élites sociales la dominent presque sans partage. Du coup, ce qui va déjà mal ira encore plus mal.

La droite l’emporte quasiment partout en Europe.

En France, toutes listes confondues, elle est majoritaire en voix. Il faut regarder cette réalité en face. La droite a la main au moment même où sévit une crise historique du capitalisme. C’est vrai dans toute l’Europe. Le Parlement européen sera ainsi le plus à droite depuis sa création en 1979.

Les partis sociaux-démocrates dominants à gauche en Europe portent la principale responsabilité de ce désastre.

Face aux partis de droite, ils n’offrent aucune alternative. Aux mieux proposent-ils la régulation du capitalisme financier. Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn comme horizon. « Non merci » ont répondu les salariés dans tous les pays, délaissant une partie qui semblait jouée d’avance entre pareil et même. Tous les modèles sociaux-démocrates sont en déroute. En Italie, pays des primaires, la défaite est sans appel. En Grande-Bretagne, pays du « parti unique à gauche », le Labour, l’effondrement est historique. C’est donc un problème d’orientation politique qui est posé à la social-démocratie en Europe.

Le Parti socialiste en France peut-il en tirer les conséquences ?

 Va-t-il renoncer à son alignement sur le PSE ? Va-t-il enfin renoncer à cogérer le Parlement européen avec la droite à travers le groupe du PSE ? Le Parti de Gauche appelle solennellement le Parti socialiste à changer d’orientation en rompant ses liens avec la droite européenne et les politiques libérales qu’ils impliquent.

Enfin, on note le résultat élevé de l’autre gauche.

Au sein de celle-ci le Front de Gauche a été le plus convaincant et obtient 6,5% des voix. Il apportera 5 élus au groupe de la Gauche Unitaire Européenne (3 dans le mandat précédent alors que le nombre de députés européens élus en France a baissé). Le résultat montre aussi qu’unie l’autre gauche aurait changé le paysage politique de l’élection. Nous aurions obtenu 12 élus au lieu de 5 pour le Front de Gauche et 0 pour le NPA et LO. Nous aurions privé le FN de son siège dans l’Est, battu Le Pen dans le Sud-Est et Hortefeux dans le Centre. Nous aurions produit un bouleversement politique majeur. Si nous nous unissons celui-ci est toujours à notre portée.

Face à la crise politique qui grossit et à l’échec de la ligne démocrate épousée par le Parti socialiste, le Front de Gauche est la seule stratégie permettant de construire une nouvelle majorité populaire pour gouverner la France au service de l’intérêt général et non des intérêts particuliers des privilégiés de la finance.

Le Parti de Gauche propose donc de continuer et renforcer le Front de Gauche.

Il s’adresse au PCF, à Gauche Unitaire, à République et Socialisme, à tous les membres des comités d’initiative et de soutien qui ont participé au Front de Gauche pour changer d’Europe pour leur proposer un Front de Gauche permanent, présent dans les luttes et dans toutes les élections, des régionales de 2010 aux présidentielles et législatives de 2012, ainsi que lors des élections partielles qui se dérouleront d’ici là. Il adresse cette proposition à toute l’autre gauche, notamment au NPA, aux Alternatifs, à Ecologies solidaires et au MRC.
Cette unité serait décisive pour impliquer les citoyens et plus particulièrement les classes populaires dans le combat politique pour une alternative. Elle permettrait la constitution d’un véritable Front Populaire. Elle faciliterait l’élaboration de l’alternative au capitalisme rendue plus urgente que jamais par la catastrophe écologique et la crise économique, sociale et politique actuelle.

Par henri Moulinier - Publié dans : Quelle alternative à gauche? - Communauté : Unissons nous à gauche...
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  • henri Moulinier
  • Henri MOULINIER
  • Homme
  • 18/01/1948
  • France Europe Monde Charente-maritime la rochelle
  • europe politique écologie liberté économie
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. Chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Doctorant en histoire. Président LDH La Rochelle.

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