Partager l'article ! Union Européenne: menace d'un grand marché transatlantique dérégulée: « Il n’est pas bon d’avoir plusieurs maîtres ; n ...
« Il n’est pas bon d’avoir plusieurs maîtres ; n’en ayons qu’un seul ;
Qu’un seul soit le maître, qu’un seul soit le roi. »
Balladur l’avait rêvé (1), le Parlement européen l’a voté.
A quelques mois des élections européennes, une petite
perle de résolution (2) a été votée dans l’hémicycle
bruxellois le 26 mars 2009, révélant l’imaginaire de nos parlementaires.
L'empire d'Occident
C’est Jean-Luc Mélenchon qui l’évoquait, le 21 avril dernier sur BFM
TV, à savoir l’existence d’un projet de
« grand marché transatlantique dérégulé, sans droits dedouane et sans barrières à la circulation des capitaux et des marchandises
», voté par le Parlement européen, socialistes
inclus » et ajoutons les Verts, dans la plus grande
discrétion.
« Nous sommes entraînés, à la date de 2015, annonce le sénateur de l’Essonne, dans une aventure où nous ne formerons plus qu’un ensemble économique et social avec les Etats-Unis, et personne n’en parle
une seconde où que
ce soit ».
Balivernes ou complot ?
Rien de vraiment nouveau dans cette résolution si ce n’est la reprise de lieux communs vieux de 60 ans sur nos relations « privilégiées » c’est-à-dire
vassales, avec les Etats-Unis.
Cette vassalisation est inscrite dans les fondements de l’Europe
- depuis le Plan Marshall, son inspirateur initial
- en passant par la Communauté Européenne de Défense en 1950-1954
- puis par les projets des trois blocs (Etats-Unis, Europe, Japon) de la Trilatérale en 1973-1974.
- Et en 1992-1993, lors des négociations du GATT, le commissaire européen, Sir Leon
Brittan, négociait secrètement, au nom de
l'Union européenne, avec les Etats-Unis, un projet qui aboutissait à un « bloc transatlantique ».
Le plus surprenant, c’est que cette persistance dans la soumission arrive en pleine crise du système, révélant le désarroi total de nos parlementaires
incapables
de sortir de leur schéma de pensée stéréotypé, se réfugiant dans les pulsions
conformistes pour un American Dream qui n’a plus cours depuis un certain temps
déjà… hors des enceintes bruxelloises.
Il est intéressant de remarquer qu’à ce jeu, les Etats-Unis sont plus imaginatifs que nous puisque Brzezinski, conseiller
d’Obama, dans un article le 13 janvier
2009 (3), envisage la création d’une sorte de G2 Etats-Unis/Chine… sans l’Europe, montrant à défaut d’autre chose qu’ils
sont toujours capables d’un certain
pragmatisme, absent de ce côté-là de l’Atlantique.
Ah, qu’il est loin le temps où un de Gaulle pouvait tranquillement retirer la France
du commandement intégré de l’OTAN, et imaginer d’autres types de relations que
vassales avec les Etats-Unis.
A quand l’Europe capable de se penser elle-même, indépendante
et actrice d’un monde multipolaire ? Après avoir commencé par la Boétie (4) nous finirons par lui en espérant que cette petite phrase parvienne à l’oreille de nos parlementaires :
« Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. »
Julien
Alapetite
(Edito de "Cerises" - feuille
d'info des communistes unitaires)
(1) Pour une Union
occidentale entre l’Europe et les Etats-Unis (Fayard, novembre 2007)
(2) Résolution P6_TA (2009), voir aussi article dans Politis n° 1053
(3) http://www.ft.com/cms/s/0/d99369b8-e178-11dd-afa0-0000779fd2ac.html
(4) Discours de la servitude volontaire. Etienne de La Boétie