Je publie cet article, d'un journaliste du Monde, porteur d'informations qui me remplissent de joie, si elles sont suivies d'effets concrets. Enfin, la question
du blocus à l'encontre de Cuba est mis officiellement sur la table des discussions, grâce à la forte pression d'une majorité de pays d'Amérique Latine, progressistes, et de l'ouverture d'esprit
d'Obama, après 50 ans d'un blocus incompréhensible, en tout cas qui n'a pas fait plier le peuple cubain dans so grande majorité. Il est temps de lever ce blocus d'un autre âge.
Raoul Castro a répondu clairement à cette offre de discussion sur tous les sujets

Je suis de ceux, amis de Cuba, de son peuple, qui sont solidaires aussi de son régime socialiste ( ce qui ne veut pas dire aveugle et solidaire de tout)
Un récent voyage à Cuba m'a montré tout ce que ce pays porte comme image de résistance à l'impérialisme américain, mais aussi comme
actes de solidarité concrète avec les pays d'amérique Latine.
Fasse que le monde bouge, dans le sens de la paix, de la liberté, du progrès social, écologique, du respect des peuples à choisir leur destin librement.
De ce point de vue, le continent sud-américain constitue un laboratoire pour le monde entier. S'y fraie, dans la diversité, un chemin
vers une humanité de progrès
Henri Moulinier
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Une photo et une "petite phrase" rendent assez bien compte de l'ambiance constructive qui régnait vendredi 17 avril, lors de l'ouverture du 5eSommet des Amériques à Port-of-Spain
(Trinité-et-Tobago), où se retrouvent pendant trois jours tous les pays du continent à l'exception de Cuba.
La photo, aussi chaleureuse qu'imprévue, montre le président américain, Barack Obama, en train de serrer la main de son homologue vénézuélien, Hugo Chavez, champion de la gauche radicale
latino-américaine et surtout féroce contempteur des Etats-Unis. Les deux hommes, très souriants, semblent détendus. Leur brève rencontre a eu lieu dans la salle du sommet avant la séance
inaugurale.
"LE PRÉSIDENT OBAMA EST UN HOMME INTELLIGENT, À LA DIFFÉRENCE DU PRÉCÉDENT'
Selon une source de la présidence vénézuélienne, qui a diffusé le cliché, M. Chavez a déclaré en espagnol à M.Obama: "Avec cette main, j'ai salué Bush il y a
huit ans. Je veux être ton ami." A son tour, le président américain l'a remercié, en anglais, en le tenant par l'épaule. M.Chavez a commenté plus tard l'événement : "Nous nous sommes
serré la main comme des gentlemen. Le président Obama est un homme intelligent, à la différence du précédent.
" La "petite phrase", prononcée par Barack Obama lors de son discours, était moins surprenante : "Les Etats-Unis recherchent un nouveau départ avec Cuba."
Sachant qu'il était évidemment attendu sur ce sujet, jugé crucial par ses pairs unanimement favorables à la fin de l'embargo américain contre le régime castriste, le président américain a précisé
sa pensée. "Que les choses soient claires : parler pour parler ne m'intéresse pas, a-t-il affirmé. Mais nous pouvons faire avancer les relations
américano-cubaines dans une nouvelle direction." Barack Obama s'est dit prêt à "engager le dialogue avec le gouvernement cubain sur un large éventail de questions : les
droits de l'homme, la liberté d'expression, la réforme démocratique, la drogue, l'immigration et l'économie".
Quelques heures plus tôt, à bord de l'avion présidentiel, le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, avait spécifié les
attentes américaines : "Le gouvernement cubain peut prendre certaines dispositions : libérer les prisonniers politiques, ne plus détourner une partie de l'argent envoyé par les Cubains vivant
aux Etats-Unis, instaurer une plus grande liberté de la presse."
La veille, le président cubain, Raul Castro, avait semblé répondre à l'avance à M. Obama en se déclarant prêt à "discuter de tout : les droits de l'homme, la liberté de la
presse, les prisonniers politiques". Une promesse que la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, avait jugée encourageante.
Dans son discours, Barack Obama a tout de même introduit une note de prudence, déclarant : "Je sais que le chemin sera long pour surmonter des décennies de défiance." Les deux dirigeants
sud-américains qui ont pris la parole, vendredi, avant M. Obama - la présidente argentine, Cristina Kirchner, et le président du Nicaragua, Daniel Ortega - ont, sans surprise, demandé
la levée de l'embargo qui frappe "la République sœur de Cuba". M. Ortega a exprimé l'espoir que "ce mur tombe" dans une allusion à celui qui avait divisé Berlin.
Qualifiant cette sanction, vieille de quarante-sept ans, d'"anachronique", Mme Kirchner a été très applaudie.
A la veille du sommet, les dirigeants de sept pays réunis au Venezuela, à l'instigation du président Chavez, avaient jugé "inacceptable" le projet de déclaration finale de Port-of-Spain, parce qu'il ne fait pas mention de Cuba ni du consensus régional favorable à la fin de l'embargo américain. Ces pays appartiennent à l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba), le bloc créé en 2004 à l'initiative du Venezuela et de Cuba. Hugo Chavez a assuré qu'il ne signerait pas le texte.
Au-delà de la question cubaine, M. Obama a également insisté, vendredi, sur son désir d'ouvrir "un nouveau chapitre" entre les Etats-Unis et les pays de la région; "un dialogue, a-t-il expliqué, fondé sur le respect mutuel, les intérêts communs et les valeurs partagées (...) [et sur] la fin de l'ingérence". "Les Etats-Unis ont changé avec le temps, cela n'a pas toujours été facile, mais ils ont changé." Et, a-t-il ajouté avec un brin d'ironie, on ne pourra pas non plus continuer "à blâmer les Etats-Unis pour tous les problèmes que connaît la région. Cela fait partie du marché".
Jean-Pierre Langellier
Journaliste au Monde