Vendredi 3 avril 2009

Le G2O de Londres: ce fut un grand show !

 La réunion du Groupe des 20 pays les plus riches du monde - le G20 - à Londres, le 2 avril 09,  fut un grand show mondial.

Ce G20 a intégré d'autres pays au delà du Groupe habituel des 8 pays les plus riches - le G8 - incapable d'imposer des décisions à la planête en raison de la faillite des banques de ces 8 pays. Les puissances "émergeantes" que sont la Chine, l'Inde ou le Brésil ont enfin leur mot à dire sur l'avenir de la planête financière.

 Pour autant, 172 autres Etats sont laissé en marge, soit 2 milliards d'êtres humains, parmi les plus frappés par la crise, la pauvreté, la cherté accrue des produits alimentaires, la dette publique qu'ils n'arrivent plus à rembourser, ... . Mais ces 172 pays, et avec eux l'ONU, et ses organismes économiques telles la CNUCED, la FAO, ...sont quantités négligables pour les riches de ce monde. Au banquet des grands, les petits auraient fait  piêtre figure!!!

Ses principales conclusions: rien qui ne va régler la crise stucturelle, profonde, globale du capitalisme financiarisé


•1-    
Plus de 1000 milliards de $ alloués au FMI ( 750 milliards, un triplement de ses moyens) et à la Banque Mondiale

- Face à l'échec de la coordination des politiques budgétaires des Etats
- mais aussi à l'incapacité de la BCE de prêter des liquidités aux Etats européens (car les Traité européens - dont celui de Maastricht en 1992 - interdisenr à la BCE de prêter des liquidités aux Etats membres)
     -> les instances  économiques multilatérales vont recevoir prêt des ¾ des moyens financiers annoncés pour aider les Etats ( Islande, Hongrie, Ukraine avaient déjà été aidés par le FMI, et dés le 2 avril : le Mexique pour 47 milliards) 

    ° Chacun sait que ces organismes internationaux sont, avec les décisions des Etats, porteurs du libre-échange et de la libre-circulation des capitaux. A ce titre, ils sont co-responsables de la crise actuelle

    ° Qui plus est, le FMI quant il aide un Etat impose des "politiques d'ajustement structurel", en clair des réductions des dépenses des Etats ( moins de fonctionnaires, réduction de leurs salaires - cas de la Hongrie, privatisations),  ouverture aux capitaux étrangers,  réduction de la consommation intérieure pour comprimer les importations, encouragement des productions destinées à l'exportation - souvent au détriment des cultures vivrières sur le plan agricole), ...

   ° Et ces décisions, avec celles qui suivent au point 2, vont toutes dans le même sens: celui de l'inflation de la masse monétaire globale. Sur les 750 milliards alloués au FMI, 250 seront financés par la création monétaire ( les Droits de Tirage Spéciaux, DTS, monnaie scripturale  dont la valeur est basée sur un panier de plusieurs monnaies). Mais cette orientation inflationniste échappe à tout code de bonne conduite en matière de politiques des banques centrales ou des budgets des Etats participants. Absence donc de discussion sur les déséquilibres monétaires, budgétaires ( déficits qui se creusent). Cependant, laquestion des finances a été abordée pour le long terme: sous l'angle du retour ... à des finances saines quand la crise sera finie. C'est le spectre de l'hyperinflation qui se dessine ( donc de la dépréciation des monnaies, qui dégraderont le pouvoir d'achat des salariés, des retraité, de la petite épargne, ...  et celui de la hausse des ... impôts pour les peuples ( pas les riches), ...

2-     5 000 milliards de $ seront dépensés par les Etats pour la relance d'ici 2010

En réalité, ces 5 000 $ ne sont pas des annonces nouvelles, mais la somme des plans de relance nationaux déjà annoncés (dépenses publiques -prêts et garanties - et baisse des impôts) => quelle efficacité économique ? 


3-
D'ici 2010, 250 milliards de $ seront consacrés à la relance du commerce international. L'OMC devra en assurer le contrôle. C'est en fait l'engagement déjà pris en novembre à Washington. Mais ce n'est un engagement que jusqu'en fin 2010.

 ° Depuis la réunion de Washington, 17 des 20 pays du G20 ont déjà eu recours au protectionnisme . "Le Monde diplomatique" d'avril consacre un dossier de 4 pages sur cette question du protectionnisme, pratique réelle et en augmentation des Etats, à commencer par les plus riches, qui ne ratent pas une occasion, cependant, de crier haro sur le protectionnisme ... des autres et de vanter le libre-échange et la libre-circulation des capitaux

 ° Le G20 a réaffirmé sa volonté d'aboutir à la conclusion du cycle de Doha dans le cadre de l'OMC (lancé en 2001, il aurait dû être conclu en 2005). En clair, il s'agit d'aller plus loin dans la voie du libre-échange, porteur de déséquilibres économiques, de délocalisations, ... Pas question de remise en cause de la libre-circulation des capitaux


•4-    
Lier les bonus des traders aux performances de leur société, prendre en compte le risque qu'ils font peser, et soumettre leur attribution à une autorité de surveillance. Le G20 se fonde sur une Charte publiée par le Forum de stabilité financière.

Ainsi, cette Charte prévoit de confier aux ... Conseils d'Administration le soin de déterminer la politique de rémunérations des traders. Mais quant on voit aujourd'hui comment ces Conseils font aujourd'hui avec les rémunérations des dirigeants (Salaires, stock-option, bonus, ...), on peut douter de la portée de cette « décision » !

Et rien n'est dit sur les rémunérations des PDG ( stock-options, bonus, parachutes dorés, ...), rien sur les inégalités de répartition de la richesse crée entre revenus du capital et revenu du travail, ..., toutes décisions qui relèvent aussi des dits conseils d'administration!!!

5- «L'ère du secret bancaire est révolue». Le G20 s'engage à ce que soient publiées 2 listes, dont une grise pour ceux qui s'engagent à mettre fin au secret bancaire...et une noire pour les pays non coopératifs.

En fait, voir l' article de ce blog sur la portée de ces mesures, c'est une avancée en cas de fraude avérée, mais pas un lever général du secret bancaire. Les paradis fiscaux ont encore de beaux jours devant eux, en se moralisant un peu.


6- Etendre la régulation et le contrôle à toutes les institutions, à tous les instruments et tous les marchés importantsOn va dans la bonne direction, dit Dominique Plihon, d'Attac. "Mais je reste sur ma faim; c'est trop vague, trop flou (...) La question qui se pose est celle de l'asphyxie pure et simple des Hedge Funds, ce que nous recommandons" ( Hedge Funds = Fonds spéculatifs, qui sont btrès volatils, rechercent la rentabilité maximale et sont à 7O% situés dans les Paradis fiscaux )

  

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Point de vue d'Attac:

Fallait-il attendre quelque chose de la réunion du G20 ?

Sachant que les gouvernements des pays les plus riches et les plus puissants du monde avaient une responsabilité écrasante dans la dérive du système économique et financier international pour avoir mené des politiques dont les maîtres mots étaient « tout pour la rentabilité financière » et « tout par le marché », il ne fallait pas se faire d'illusion.

Mais la réalité dépasse ce que nous pouvions imaginer.

 

° Le G20 ne met en place aucun frein à la circulation des capitaux ; au contraire, il encourage la liberté des marchés et continue de prôner un libre-échange des marchandises dont l'extension démesurée a fragilisé les économies les moins performantes et détruit des pans entiers de leurs activités. Dans un cadre aussi libéralisé, il ne sera pas possible d'instaurer une taxation des transactions financières, qui serait pourtant une nécessité, d'une part pour freiner fortement la spéculation, et d'autre part pour réunir des ressources indispensables à la résolution des problèmes les plus urgents.

° Parfaitement cohérent avec lui-même, mais dans l'indifférence totale des aspirations des citoyens, le G20 n'envisage pas d'interdire véritablement les paradis fiscaux et judiciaires, puisque les principaux d'entre eux, à commencer par la City de Londres, poursuivront leurs pratiques. Entourés de multiples zones de non-droit qu'ils tolèrent, voire favorisent, les principaux pays du G20 ont échoué au test qui leur était proposé : établir et publier ce jour même ( à la date du 2 avril)  la liste exhaustive des « pays non coopératifs », en n'en omettant aucun, surtout quand ils constituent le cœur même de la finance mondiale. 
    
( voir une actualisation de cette question du G20 et des paradis fiscaux dans un article de ce blog)

° Alors que le système monétaire international dans lequel le dollar impose sa loi a failli, le G20 décide de conforter le Fonds monétaire international auquel on doit, avec sa sœur jumelle la Banque mondiale, d'avoir écrasé la plupart des pays du Sud sous le poids de la dette et des plans d'aménagement structurel.

° Les velléités de régulation internationale s'évanouissent dès lors qu'est laissée de côté l'extraordinaire explosion des inégalités dans le monde, dont la cause essentielle réside dans un partage indécent de la richesse produite à l'avantage du capital.

Des fonds spéculatifs apparaissent pour parier sur ... la dégradation du climat !!!

Ce n'est pas la décision d'injecter 1100 milliards de dollars supplémentaires dans la relance économique et dans le FMI qui sera capable de remédier à cette situation. Au contraire, la fuite en avant d'un système fondé sur le profit et la démesure ne peut qu'aggraver les tensions sociales et les risques écologiques.

Les tensions sociales, parce que rien n'est prévu pour stopper la baisse des salaires et de l'emploi et la destruction des systèmes de protection sociale bradés entre les mains des compagnies privées.

- Les risques écologiques, parce que, pendant que la liberté des marchés financiers est de nouveau proclamée, des fonds spéculatifs d'un genre nouveau apparaissent pour parier sur la dégradation du climat.

Attac France
estime que les raisons qui ont amené de très nombreux citoyens à se mobiliser contre les palinodies préparatoires au G20 sont renforcées au vu des résultats.

 

En réalité, le directoire autoproclamé du monde nie la gravité de la crise.

 

Ce déni accroîtra la détermination des citoyens à s'engager en faveur de la solidarité à la place de la concurrence et de la rentabilité.

 

Le collectif français "Nous ne paierons pas leurs crises", qui regroupe plus de 30 organisations françaises et dont Attac est membre, a également réagi de façon très critique face aux conclusions du G20. Pour celui ci "De manière évidente les chefs d'Etats et de gouvernements des 20 pays considérés comme les plus puissants ont choisi, à travers leur déclaration finale, de relégitimer un système pourtant en crise structurelle et de renforcer le rôle de ses institutions les plus contestées." Il communiquera sa réaction dans les heures à venir.

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 Voir aussi mon article précédent sur ce blog, concernant le G20

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par henri Moulinier publié dans : Economie - libéralisme communauté : Les blogs citoyens
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