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Alors que ministres et conseillers s'évertuent à diffuser la parole optimiste qui voudrait qu'à la fin de l'année, la crise ne sera plus qu'un mauvais souvenir,
l'économiste James Galbraith publiait un texte dans une revue américaine démontant les visions angélistes de la crise, critiquant la faiblesse de la relance américaine, et appelant à un
plan d'une envergure comparable à l'effort de guerre américain après la crise 1929.
C'est un texte qui ne suscitera pas l'optimisme, pas plus qu'il ne redonnera confiance aux ménages. <http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2609> N'en déplaise à Alain Minc.
Il est l'oeuvre de James Galbraith, le fils de son père, célèbre économiste d'obédience keynésienne, conseiller des présidents Roosevelt, Johnson et Kennedy.
Ce mois-ci, James Galbraith donc, lui-même économiste, publiait un long texte dans la revue Washington Monthly, dans lequel il remet en cause la pensée économique mais
aussi les modèles informatiques issus de l'après guerre qui ne seraient « pas aptes à rendre compte de la crise et à en prévoir les développements, en raison de la durée qui sera nécessaire
au désendettement des ménages, au nettoyage des écuries d'Augias bancaires, à la disparition des surcapacités et au rétablissement de la confiance ».
Galbraith prend pour exemple la faiblesse du plan de relance américain que d'aucuns qualifient
« d'impressionnant ». Sans comparaison avec le plan de
relance mis en place par l'administration Roosevelt après la crise de 1929: « Si l'on prend en compte la caractéristique financière hors norme de cette crise, la relance par le
crédit, même une fois « réparé » le système bancaire, n'est qu'une illusion, juge-t-il, et l'intervention de l'Etat devrait alors changer de braquet. A quel point ? Galbraith
rappelle en quelques chiffres: l'ampleur des efforts déployés par Roosevelt : 60% des chômeurs employés par les grands travaux de l'Etat. Un milliard d'arbres plantés. 2500 hôpitaux,
45 000 écoles, 7 800 ponts, plus d'un million de km de réseau routier et un millier d'aéroports construits ou rénovés. Sans oublier l'embauche de 3000 artistes, dont Pollock et de Kooning
».
Obama: aucune pensée économique
Galbraith met ici clairement en cause Obama et son entourage : si le président américain a un programme économique, « il n'y a jusqu'à présent, aucune manifestation claire de la
pensée qui sous-tend ce programme ». Bien au contraire les conseillers économiques du président seraient tous peu ou prou animés par la conviction profonde que le marché est capable
de se s'auto-stabiliser. Bref, la crise est derrière nous tant la main invisible travaille d'arrache-pied.
C'est là que Galbraith entreprend de démonter le scénario du Congressional Budget Office, l'organisme public sur lequel s'appuient les législateurs pour évaluer la situation de l'économie et
préparer leurs projets de budget. Il prévoyait un redémarrage débutant à la fin de cette année, avec un retour à la normale l'économie aux alentours de 2015.
Inutile de gaver les banques
Un scénario élaboré à partir des modèles passés alors que dans son hypothèse, Galbraith évoque une crise sans précédents. Ainsi, note l'économiste au coeur du modèle du CBO, on
trouve un « taux naturel de chômage » de 4,8 pour cent. Et ce modèle ramène dans tous les cas l'économie vers cette valeur, quoi qu'il arrive. Dans le monde réel, toutefois, il n'y a aucune
raison permettant de croire que cela se produise. Certaines prévisions alternatives, indemnes de la mystique du retour à la « normale », prévoient désormais un écart de production deux fois plus
grand que ce que prédit le modèle du CBO, et aucun redémarrage à court terme ».
Galbraith fait un utile retour en arrière: « si nous assistons à un véritable effondrement de la finance, les modèles ne serviront à rien. Il est donc utile d'effectuer un retour en
arrière, en deçà des années d'après-guerre, pour remonter jusqu'à l'expérience de la Grande Dépression. Et seule une analyse de type qualitatif et historique le permet. Nos modèles
informatiques modernes ne tiennent tout simplement pas compte de l'élément clé de cette crise qui est, précisément, l'effondrement du système financier. Si le système bancaire est
paralysé, alors pour être efficace le secteur public doit faire beaucoup plus ».Il sera difficile de faire aussi « bien », car c'est uniquement l'effort de guerre qui a relancé
l'économie américaine. Même « la relance du secteur financier privé a pris vingt ans, durant lesquels la guerre s'est déroulée ».
D'où la conclusion de Galbraith: « le plein rétablissement du système de crédit privé sera long. Il suivra - et ne précédera pas - la restauration de finances saines pour les ménages. En
aucun cas le projet consistant à ressusciter l'économie en gavant d'argent les banques ne fonctionnera. Une politique efficace ne peut fonctionner que dans l'autre sens ».
La crise réclame un véritable effort de guerre
Galbraith réclame la mise en place d'un super-plan de relance :
- soutien de long terme à tous les services et investissements publics
- augmentation des prestations sociales (Galbraith vante ici l'atout économique majeur que représente le principe d'une sécurité sociale universelle...)
- un vaste programme d'emploi
- la suspension des charges salariales
- la prise en charge par le gouvernement des banques insolvables.
Rien de comparable pourtant avec l'effort de guerre.
Quoi d'autre alors? Pas de solution miracle, ni de retour rapide à la normale à espérer - 20 ans selon Galbraith-
« les plus gros problèmes auxquels nous soyons confrontés sont la sécurité énergétique et le changement climatique.
Ce sont des difficultés énormes, car l'énergie sous-tend tout ce que nous faisons, et parce que le changement climatique menace la survie de la
civilisation. En la matière, c'est évidemment un effort national qui est nécessaire. Une telle entreprise, à condition qu'elle soit convenablement menée, en combinant la
planification et les marchés, pourrait ajouter 5 ou même 10 pour cent de PIB à l'investissement net. Cela n'atteindrait pas l'ampleur de la mobilisation en temps de guerre, mais pourrait
probablement ramener la nation vers le plein emploi et l'y maintenir pendant des années. En outre, cette tâche ressemble à la mobilisation en temps de guerre de façon importante sur le plan
financier ».
Galbraith prévient, la dette et le déficit augmenteront mais « le choix doit s'effectuer entre un comportement actif, qui augmente la dette tout en créant des emplois
et reconstruit l'Amérique, ou un comportement passif, augmentant la dette car les revenus s'effondrent, parce que la population doit être secourue par les programme sociaux, et que le Trésor
souhaite, sans raison valable, sauver les grands banquiers et leur éviter les pertes ».
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La Fed promet de tout faire pour stabiliser les marchés - 4/4/09
Les deux principaux dirigeants de la Réserve fédérale ( banque centrale des Etats-Unis) promettent d'user de tous les moyens à leur disposition pour favoriser le crédit et soutenir
l'économie américaine mais ils ont averti que la reprise pourrait être longue à venir.
"Les conditions ne sont pas favorables à un rebond économique important et durable et la Fed restera attentive à la manière dont la politique monétaire peut contribuer à la reprise
économique", a déclaré le vice-président de la banque centrale, Donald Kohn, lors d'une intervention publique dans l'Ohio.
Stabiliser les marchés ..., pour continuer comme avant???
Le président de la Fed, Ben Bernanke, a assuré de son côté que celle-ci continuerait de recourir aux méthodes non-orthodoxes dont elle a usé depuis le début de la crise financière durant
l'été 2007, avec pour objectif de stabiliser les marchés et d'ouvrir la voie à la reprise de la croissance. Il n'a cependant donné aucune précision sur le temps que cette reprise pourrait
prendre.
"La Réserve fédérale fera un usage responsable de tous les outils pour stabiliser les institutions et les marchés financiers, pour promouvoir l'extension du crédit aux ménages solvables, et pour contribuer à poser les fondations d'une reprise économique", explique Bernanke dans un discours préparé en vue d'une conférence organisée par la Réserve fédérale de Richmond.
"Supprimer les blocages sur le marché du crédit et rétablir le flux du crédit vers les ménages et les entreprises est essentiel si nous étions amenés, comme je l'espère, à connaître une reprise progressive d'une croissance économique durable", a-t-il ajouté, sans préciser à quelle échéance cette reprise pourrait se faire sentir.
La crise s'approfondit
Kohn et Bernanke s'exprimaient après l'annonce à Washington d'une nouvelle augmentation du taux de chômage aux Etats-Unis en mars à 8,5%, du jamais vu depuis 1983.
Les statistiques du marché du travail, qui montrent que l'économie a détruit plus de deux millions d'emplois au cours des trois premiers mois de l'année, tranchent avec une série d'indicateurs plus encourageants publiés ces derniers jours, qui laissent penser que la dégradation de l'économie pourrait ralentir.
Bernanke, qui n'a pas évoqué la hausse des suppressions d'emplois en mars annoncée en début de journée, a rappelé que la Fed s'était engagée à maintenir les taux d'intérêt à un niveau bas pendant une période prolongée.
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Quelques-uns des articles de ce blog sur la crise:
Taxe professionnelle: une suppression inacceptable !
Crise actuelle: la duplicité sarkozienne!
Les racines sociales de la crise financière
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Plan de relance: Sarkozy casse sa tirelire, pour les patrons Déblâcle financière: quelles alternatives?
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"Le mur de l'argent": un ouvrage d'actualité de François Morin