Partager l'article ! Pour le Vatican: l'avortement est plus grave que le viol d'un fillette: Agée de neuf ans, une fillette brésilienne a avorté après a ...
Agée de neuf ans, une fillette brésilienne a avorté après avoir été abusée par son beau-père. Elle était enceinte de jumeaux. L'Evêque de Recife a excommunié sa mère et toute l'équipe médicale qui a pratiqué l'avortement.
Le Vatican cautionne l'excommunication de la mère de cette fillette violée
Le
cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques au Vatican a justifié l'excommunication de la mère de cette fillette brésilienne de 9 ans.
Les jumeaux qu'elle portait «avaient le droit de vivre», a estimé le Cardinal dans un entretien à La Stampa.
La grossesse de la fillette comportait pourtant de hauts risques et mettait la vie de l'enfant en danger.
L'interruption volontaire de grossesse est, certes, toujours interdite au Brésil, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la
mère, ce qui était le cas.
«C'est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux conçus étaient deux personnes innocentes, qui avaient le droit de vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées», a déclaré Mgr Re. «Il faut toujours protéger la vie, l'attaque contre l'Eglise brésilienne est injustifiée.» a-t-il précisé.
- Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a, lui aussi, vivement critiqué l'excommunication, «déplorant profondément en tant que chrétien et catholique qu'un évêque de l'Eglise catholique ait un comportement aussi conservateur».
Sous l'égide de Benoit XVI, le Vatican prend un tour que je ne suis pas le seul a juger profondément réactionnaire, dénué d'humanisme élémentaire, dogmatique.
Une telle attitude m'interpelle, moi qui produit des émissions sur le thème "Tous citoyens" sur RCF, radio chrétienne de Charente-Maritime, radio qui diffuse aussi les informations
venues du Vatican.
En aucun cas, je ne peux cautionner de tels propos indignes.
Je suis attaché à des valeurs progressistes, à l'émancipation féminine, au droit à l'avortement, à la lutte contre le viol - un crime, encore plus dramatique sur une mineure de 9 ans - et
tout ce qui met en cause la dignité des femmes.
Je suis aussi très attaché à la laïcité, qui exprime le respect de la liberté de pensée, religieuse et non -religieuse, la tolérance ( en même temps que la séparation des Eglises et de
l'Etat - loi de 1905).
Cela se traduit pour moi par le respect des idées religieuses, quand elles sont porteuses d'un humanisme profond. Cela explique mon acceptation de
travailler, en pleine liberté et avec beaucoup de fraternité, à RCF, mais pas jusqu'à me taire devant de tels propos du Vatican.
Nb: j'ai cette année 2009/10 cessé ma collaboration avec RCF, radio de l'Evéché et relai de Radio Vatican
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Jean-Michel di FALCO LEANDRI - Evêque de GAP et d’EMBRUN
Où est le message d’amour du Christ ?
Qu’aurait-il fait, Lui, en pareil cas ? Aurait-il condamné ?
Qui sommes-nous pour condamner sans jugement et sans nuance ?
Pourquoi cette publicité ?
Pourquoi cette absence de compassion, de recul, de réflexion ?
Les faits ?
Une fillette de neuf ans, abusée par son beau-père depuis l’âge de six ans, se trouve enceinte de jumeaux. La grossesse de la fillette est
découverte à l’hôpital où sa mère l’a conduite suite à des douleurs au ventre.
L’équipe médicale décide de la faire avorter, une grossesse à son âge comportant de trop gros risques pour être menée à son terme et mettant sa vie en danger. La loi brésilienne interdit
l’interruption volontaire de grossesse, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Le 5 mars, l’archevêque de Recife confirme l’excommunication « latae
sententiae » (c’est-à-dire « automatique ») de la mère de la fillette ainsi que de l’équipe médicale.
Que dit le droit canonique, le Code de l’Eglise ?
Pour certains faits qui ne sont pas toujours publics, le Code de droit canonique a prévu une excommunication automatique. L’avortement entre dans ce cadre : « Qui procure un avortement, si l’effet s’ensuit, encourt l’excommunication latae sententiae » (article 1398).
Cependant, le Code de droit canon indique à l’article 1324 - § 1 que la peine prévue par la loi doit être tempérée pour qui a agi forcé par une crainte grave, même si elle ne l’est que relativement, ou bien poussé
par le besoin ou pour éviter un grave inconvénient, si le délit est intrinsèquement mauvais ou s’il porte préjudice aux âmes.
Et le § 3 d’affirmer clairement que dans les circonstances dont il s’agit au § 1, « le coupable n’est pas frappé par une peine latae sententiae » !
Je ne suis pas spécialiste du droit canon, mais je m’appuie sur les remarques d’un canoniste. Il est probable, dit cet expert, que ce cas douloureux ne tombe pas sous le coup de la sanction automatique d’excommunication prévue par l’article 1398.
On peut se demander si l’archevêque de Recife a suffisamment pris en considération les circonstances qui atténuent la gravité de l’acte et qui dispensent donc de l’application de la peine. Son « zèle » répond à une volonté de rappeler le principe que toute vie est sacrée. Mais en négligeant les circonstances et en s’empressant de « punir » il a pris le risque de donner une leçon, dans une logique de répression à laquelle répugne le droit pénal de l’Église, droit foncièrement tendu vers une réconciliation des personnes incriminées.
Nul doute que la maman de cette petite fille se trouve doublement accablée par le tragique de la situation familiale qu’elle subit depuis longtemps et par l’opprobre liée à la publicité faite autour de l’excommunication.
Le Concile de Trente (Session. XIII, article 1) rappelait que les évêques ne devaient pas se comporter comme des bourreaux,
mais comme des pasteurs.
C’est-à-dire comme des pères aimants au cœur empli de compassion tout particulièrement pour ceux qui sont éprouvés (Article 2214 § 2 du Code de droit canonique de 1917).
L’éthique déplore l’étalage éhonté de drames personnels, en raison d’une exploitation mercantile et créatrice de scandale. Dans des cas aussi douloureux, l’amour, l’écoute, le dialogue personnalisé et la discrétion respectueuse sont seuls de mise.
Jésus nous dit que le Christ n’est pas venu pour condamner le monde mais le sauver (cf. Jean 12, 47). Et Saint Jean, tout en exhortant les fidèles à ne pas faire le mal, leur rappelle aussi que s’ils le commettent, le Christ a donné sa vie pour ouvrir le chemin de l’amour, du pardon, de la miséricorde et de la réconciliation.
Gap le 13 mars 2009
+ Jean-Michel di FALCO LEANDRI Evêque de GAP et d’EMBRUN