Mercredi 28 janvier 2009


La filière économique et sociale ES ? 'Une blague', pour M. Sarkozy !


La qualité du bac ES est dans le collimateur du président de la République, qui plaide pour un rééquilibrage des filières.

'Il y a une filière économique pour vos enfants. « C'est une blague », s'est exclamé le président de la République en déplacement, mardi 27 janvier, à Châteauroux (Indre).

'Parce que la filière économique ES, mettez vos enfants dedans, et ils ne peuvent pas se permettre de se présenter dans les meilleures écoles économiques. Qu'est-ce que cela veut dire ? On dit à ton gosse, fais la filière économique, tu pourras faire de l'économie et à l'arrivée ils ne peuvent pas se présenter [aux concours]. Ce n'est pas admissible', a poursuivi le président de la République.


M. Sarkozy entend reprendre la réforme des lycées,


Réforme retirée en catastrophe avant Noël face à la crainte d'un mouvement lycéen majeur. 'On la fera', a-t-il assuré. 'Je ne peux plus accepter qu'au lycée, on aille dans la filière prestigieuse S pour des mauvaises raisons. Si on va dans la filière prestigieuse parce qu'on aime les maths ou qu'on veut être ingénieur parfait. Mais aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Il y a 47 % des lycéens qui y sont. Parce qu'on veut mettre tous les bons élèves dans la filière S et tous ceux qui n'ont pas la chance d'avoir la bosse des maths dans les autres filières, comme ES'.


Double erreur grossière Monsieur le Président!!!


- En réalité, les bacheliers ES représentent 42 % des élèves des classes préparatoires aux grandes écoles de commerce. Ils suivent l'option dite économique. En 2008, les bacheliers ES représentaient 30 % des admis à HEC,  23 % à l'Essec (66,3 % pour les S)   et 31 % à l'ESCP-EAP. Signe tangible que les élèves de Term ES peuvent passer les "concours", y compris dans les "meilleures écoles économiques" chère à Mr Sarkozy!


- Le bac ES n'est pas seulement un bac "économique"! Il est un bac de culture générale, où l'enseignement de Sciences Economiques et Sociales permet aux éléves de maîtriser une culture à la fois économique, sociale et politique, bien utile aujourd'hui pour essayer de comprendre le débat sur les questions de la crise, et les propositions pour en sortir. C'est cette culture qui manque à trop de nos concitoyens aujourd'hui et qui doit faire partie du "bagage" d'un citoyen de demain!


    Mais, si je ne me trompe pas, Monsieur Sarkozy, n'avez-vous pas fait et eu, dans votre jeunesse, un bac B (ancien intitulé du bac ... ES) en 1973 !!!


Auriez-vous honte de votre passée de lycéen, Mr Sarkozy ?

Depuis, le bac B est devenu bac ES et il a une filière spécifique pour les concours d'entrée dans ces grandes écoles économiques, afin d'inciter les meilleurs bacheliers ES a les préparer et les passer.


    °  Les atouts de la filière ES au lycée

    °  Le besoin d'un enseignement de SES dans toutes les Secondes!

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Nicolas Sarkozy et la série E.S. : des confusions préjudiciables - 28/1/09 Alternatives  Economiques


Le Président Nicolas Sarkozy a déclaré, mardi 27 janvier, lors d'un déplacement à Châteauroux : « Il y a une filière économique pour vos enfants. C'est une blague. » A propos de la série Economique et sociale, Nicolas Sarkozy reprend ainsi à son compte, dans son style inimitable, des contrevérités dont son ministre de l'Education, Xavier Darcos, après d'autres, s'était fait une spécialité.

Si l'on en croit le Monde, le Président Sarkozy a déclaré mardi 27 janvier, lors d'un déplacement à Châteauroux : « Il y a une filière économique pour vos enfants. C'est une blague (...) Parce que la filière économique ES, mettez vos enfants dedans, et ils ne peuvent pas se permettre de se présenter dans les meilleures écoles économiques. Qu'est-ce que cela veut dire ? On dit à ton gosse, fais la filière économique, tu pourras faire de l'économie et à l'arrivée ils ne peuvent pas se présenter aux concours. Ce n'est pas admissible. »


Passons sur le style, qui semble assez éloigné des règles de la grammaire ordinaire, et admettons qu'il s'agit de citations tronquées.


Du taux d'accès au taux d'admission


Il n'en reste pas moins qu'on doit d'abord noter une regrettable confusion entre se présenter à un examen ou à un concours et être admis. Certains élèves, au lycée, font encore la confusion entre taux d'accès au baccalauréat par exemple (proportion d'une classe d'âge qui se présente au baccalauréat) et taux d'admission (proportion de candidats admis).

On est en droit d'attendre moins de confusion de la part d'un diplômé de l'enseignement supérieur, même quand il n'a pas été particulièrement « matheux ». L'auteur de l'article du Monde, d'ailleurs, rectifie en différenciant la part des bacheliers dans les classes préparatoires « économiques et commerciales » et celle qui est la leur parmi les admis aux plus grandes écoles de « commerce », qui sont en fait des écoles de gestion, HEC, ESSEC, Sup de co Paris.

L'économie ne se réduit pas au commerce


Deuxième confusion, ou du moins approximation, dans la déclaration de Sarkozy, celle entre économie et commerce. Puisqu'il est probable que quand il parle des « meilleures écoles d'économie », il fasse référence aux écoles de commerce/gestion citées ci-dessus.

Si, pour notre Président, il n'y a pas de différence entre économie et commerce (ou gestion), on comprend mieux la médiocrité de la politique économique conduite par son gouvernement. Mais on est aussi en droit de s'inquiéter sur la qualité du « plan de relance ».


Une série et non une filière


Troisième confusion, qui peut difficilement être mise au compte de la méconnaissance, mais plus sûrement de la mauvaise foi, la caractérisation de la série E.S. (faut-il rappeler, une fois encore, qu'il s'agit d'une série à l'intérieur de la filière générale) comme une « filière économique ». La rhétorique est grossière : si la filière est « économique » et qu'elle ne conduit pas uniquement, ou pas principalement, à des études supérieures d'économie, alors c'est qu'elle ne remplit pas son rôle. Alors, puisque la pédagogie, c'est l'art de la répétition, sacrifions-y.

La série E.S., comme la S ou la L, est une série d'enseignement général et, à ce titre, ouvre sur des orientations variées après le baccalauréat. En droit, en sciences humaines, aux études professionnalisantes en IUT ou en STS, aux études d'économie à l'université, en écoles de commerce avec ou sans classe préparatoire, etc. Près d'un bachelier E.S. sur quatre entreprend des études d'économie au sens large (économie-gestion, AES, école de commerce...) et, puisque les contrevérités ont la vie dure, rappelons que leur réussite y est équivalente à celle des autres bacheliers généraux, sauf quand le poids des mathématiques favorise les candidats issus du bac S. Mais tout cela est bien connu, on peut par exemple se reporter à l'article de Bruno Magliulo sur le site de l'Institut pour le développement d'information économique et sociale (Idies), pour qui veut faire l'effort de connaître.


Des erreurs intéressées


En définitive, avec retard et sous une autre forme, Nicolas Sarkozy reprend les erreurs intéressées de Xavier Darcos, déclarant en août 2007 : « Attention, en particulier aux filières sans débouché évident. Je pense à 'ES' (économique et social). Elle attire beaucoup d'élèves qui occupent ensuite de grands amphis mais se retrouvent avec des diplômes de droit, psychologie, sociologie... sans toujours un emploi à la clef. »

Outre que cela n'est pas très aimable pour les diplômés en droit par exemple, cette déclaration a été le point de départ, dans les mois qui ont suivi, d'une vaste campagne d'attaques contre l'enseignement économique et social, dont le metteur en scène incontesté a été Michel Pébereau, président du conseil d'administration de BNP Paribas, et les acteurs Thibault Lanxade, président de Positive entreprise, Yvon Gattaz, président de l'association Jeunesse et entreprise, ou encore Philippe Manière, journaliste et ancien directeur général de l'Institut Montaigne.


Mais, soyons indulgent et plutôt que d'y voir un tissu de contrevérités, avançons l'hypothèse qu'il s'agit là du plaidoyer maladroit d'un ancien bachelier « économique » (1973) contre l'hégémonie mal placée de la série scientifique et en faveur d'un rééquilibrage des voies de formation.

                                                                             www.alternatives-economiques.fr

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Communiqué de presse de l'APSES du 28 janvier 2009

Non, Monsieur le Président, la série Economique et Sociale

                                                              n'est pas une « blague ».

Lors d'un déplacement à Châteauroux (Indre), le Président de la République a déclaré : "Il y a une filière économique pour vos enfants. C'est une blague". Ces propos insultent directement les élèves (dont Monsieur Sarkozy, qui a obtenu ce bac en 1973) et les enseignants qui ont contribué au succès de cette série depuis 40 ans.


La suite des déclarations du Président démontre une grave méconnaissance des débouchés de ce baccalauréat :

"Parce que la filière économique ES, mettez vos enfants dedans, et ils ne peuvent pas se permettre de se présenter dans les meilleures écoles économiques. Qu'est-ce que cela veut dire ? On dit à ton gosse, fais la filière économique, tu pourras faire de l'économie et à l'arrivée ils ne peuvent pas se présenter [aux concours]. Ce n'est pas admissible" [Source : Le Monde du 28 janvier 2009].

Rappelons que, selon les statistiques du Ministère de l'Education Nationale, près de la moitié des bacheliers ES poursuivent leurs études dans des filières de l'enseignement supérieur où l'économie est une des disciplines principales (filières universitaires en Economie-Gestion, Administrations Economiques et Sociales, IUT et STS tertiaires, Classes préparatoires, Ecoles de commerce et de management, Instituts d'Etudes Politiques). Par exemple, les bacheliers ES forment le premier groupe d'étudiants en faculté d'Economie-Gestion, loin devant les autres bacheliers généraux et technologiques.

Les taux de réussite des bacheliers ES dans ces différentes filières sont sensiblement égaux à ceux des    bacheliers S, alors que le recrutement de la série ES est beaucoup plus mixte socialement (28% d'enfants de parents diplômés du supérieur dans la série ES contre 43% dans la série S).

Alors que la lettre de mission pour la réforme du lycée remise à Richard Descoings le 14 janvier dernier pointe les défauts d'un lycée « discriminant socialement », il est incompréhensible que les performances de la série ES soient à ce point ignorées et décriées.


Ainsi, contrairement à ce qu'affirme le Président, ces performances sont excellentes dans les filières les plus sélectives des cursus économiques.


En 2006-2007, les bacheliers ES représentaient 43% des élèves des classes préparatoires Economiques et Commerciales et 37% des élèves intégrant 24 grandes écoles de la Banque Commune d'Epreuves, alors qu'ils ne représentent que 31% des bacheliers généraux et que les places qui leur sont offertes en classes préparatoires sont bien moindre que pour les bacheliers S. Par ailleurs, 60% des étudiants admis dans les écoles de commerce après le bac sont issus de la série ES, ainsi que près de la moitié des étudiants des Instituts d'Etudes Politiques.

Ce qui est particulièrement étonnant, c'est que l'objet principal de l'intervention de Nicolas Sarkozy soit de s'en prendre à la filière S qui attirerait la plupart des bons élèves, perdant ainsi sa vocation première de baccalauréat scientifique. Or, pour illustrer cette situation, il attaque ... le bac ES, qui est celui dont les effectifs ne cessent de progresser. Pense-t-il sérieusement résoudre le problème de la série S en dénigrant la série ES, qui est justement celle qui résiste le mieux à l'hégémonie de la série S ?


Ces déclarations pour le moins surprenantes voire humiliantes augurent mal de la phase de concertation sur la réforme du lycée ouverte par le Ministre de l'Education début janvier.


L'APSES ne peut ignorer ces déclarations et demande au Président de la République de clarifier ces propos qui peuvent légitimement être reçus comme une gifle par les élèves, les parents d'élèves, les enseignants du supérieur qui accueillent ces élèves, et les professeurs de la série ES. L'APSES demande également à être reçue dans le cadre de la mission de concertation pour la réforme du lycée confiée à Richard Descoings.

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Marjorie GALY, Co-secrétaire générale de l'APSES

 http://www.apses.org




par henri Moulinier publié dans : Enseignement communauté : Les blogs citoyens
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