Dimanche 11 janvier 2009


L'an prochain, le corps électoral français désignera la représentation française au Parlement européen. Il y aura quatre ans en juin prochain, le même corps électoral a dit sans ambages Non à un projet de Constitution européenne (TCE) dont le socle symbolique et juridique reposait sur l'affirmation répétée à satiété de la « concurrence libre et non faussée ».


En juin 2009, si l'on n'y prend garde dès maintenant, ...


  ...la loi électorale pourrait bien faire que les députés français au parlement européen soient, à une écrasante majorité, composés de celles et ceux qui ont soutenu le projet de TCE en 2005 ou ont ratifié le traité de Lisbonne qui le répétait en décembre 2007.

Il n'y a pas deux façons d'éviter ce déni de démocratie et de simple morale politique : les forces et les individus qui ne veulent pas de l'Europe libérale et non démocratique actuelle, celles et ceux qui rêvent d'une autre Europe ont l'impérieux devoir de s'unir sur des listes commues aux prochaines élections européennes.

Ce rassemblement est-il possible?


J'entends dire, de-ci de-là, que ce rassemblement est impossible, que les désaccords sont trop grands et que, derechef, le rassemblement serait une tromperie.


Je ne le crois pas un seul instant.

° Certains, par exemple à l'extrême gauche, disent que l'union la plus large préparerait un ralliement à la social-démocratie. Cela ne me paraît avoir aucun sens. S'il est un domaine où l'évolution sociale-libérale de socialisme est la plus manifeste, c'est bien à l'échelle européenne. Le Parti socialiste européen a totalement intériorisé les principes qui fondent la construction européenne sur le double socle de l'ultralibéralisme et du technocratisme. Les partis socialistes, à commencer par le PS français, ont approuvé toutes les évolutions allant en ce sens, jusqu'à la ratification parlementaire du traité de Lisbonne. Une alliance à l'échelle européenne n'a strictement aucun sens, tant que le socialisme reste sur de telles bases. À quoi bon, dès lors, cultiver la méfiance et tourner le dos à une exigence immédiate au nom d'un possible sans fondement ?

° J'entends dire aussi que, sur le fond des alternatives possibles, la gauche de gauche serait traversée d'options inconciliables. Je récuse cette affirmation. Du point de vue de la méthode la plus fondamentale, je suis persuadé qu'existe une base d'accord suffisante. Toutes les sensibilités critiques ont fait l'expérience du caractère irréformable du dispositif actuel.

  -> Dans le cadre des traités existants, aucune avancée substantielle n'est possible. Toutes et tous conviennent donc qu'il faut abroger tous les traités et leur substituer un autre socle partagé.

 -> En outre, toutes et tous ont dénoncé la méthode suivie jusqu'alors, intergouvernementale et technocratique. L'idée d'un processus populaire constituant, pour redéfinir les fondements mêmes de l'Union, est devenue un bien commun. Dans un premier temps, les citoyens, les salariés, la multitude des instances de mobilisation et d'action installées à l'échelle de toute l'Union pourraient être sollicités dans un vaste débat, qui pourrait être organisé par exemple dans le cadre d'États généraux. À l'issue de ces débats, sur la base de projets clairement énoncés, il serait procédé à l'élection, au suffrage universel, de délégués à une nouvelle Assemblée. Celle-ci discuterait et proposerait un nouveau socle pour l'Union. Le projet qui résulterait de ses travaux devrait, pour installer sa légitimité, être soumis à ratification populaire par voie de référendum.

Et que dire des propositions concrètes ?

Voilà plus de cinq ans que je participe à des élaborations communes, dans le cadre de la Fondation Copernic, autour de la bataille contre le TCE, au moment de l'aventure des collectifs antilibéraux.


Je me suis essayé à faire le relevé de ce qui me paraît commun, sans cacher les plages de différence voire de divergence. Le résultat de cette recension est disponible sur les sites de Politis et du mensuel Regards.

( cliquez ici pour accéder à ces propositions)

J'affirme simplement ici que, sur la question européenne, les divergences n'annulent pas que se dessine la trame de propositions suffisamment cohérentes pour fusionner deux exigences inséparables : la vertu réaliste du programme et le souffle alternatif du projet.


Nous sommes, si nous le décidons, capables de porter ensemble la vision d'une Europe capable de répondre à l'urgence sociale en renversant ses priorités. D'une Europe où la valorisation du bien commun et de la volonté démocratique l'emporterait sur l'appropriation privative et sur la régulation par les marchés « libres ». D'une Europe appuyée sur un nouveau modèle de développement, loin de la conjonction mortifère du libéralisme et du productivisme. En bref d'une Europe démocratique, écologiste, féministe, pacifiste, sociale.

Le dessein de cette Europe, nous devrions le promouvoir ensemble, puisque nous avons été capables de le formuler ensemble. Je respecte sincèrement les intérêts particuliers d'une gauche critique l'intérieur de laquelle j'ai toujours pris parti. La Fédération, le Parti communiste français, le Parti de Gauche, le Nouveau Parti Anticapitaliste, d'autres encore...


Je veux bien concevoir que chacun éprouve le besoin d'exister pour l'instant en tant que tel.


Mais sur le terrain européen, l'objectif unique des prochains mois devrait être d'empêcher la turpitude qui se prépare pour renvoyer aux oubliettes de l'histoire le vote de la France le 29 mai 2005.

Face à cet enjeu, tout intérêt particulier est dérisoire. Honte à qui tournera le dos au bien commun.


Roger Martelli, communiste unitaire

par Roger Martelli publié dans : Elections européennes de 2009 communauté : Unissons nous à gauche...
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