Partager l'article ! Les racines sociales de la crise financière: Les racines sociales de la crise financière - Implications pour l'Europe article publié le 6/01/2009 ...
La crise financière qui a éclaté aux États-Unis sur le marché hypothécaire au printemps 2007 s'est progressivement étendue à l'ensemble du système bancaire et financier mondial. À travers la contraction du crédit qu'elle induite, puis la crise violente des liquidités internationales que l'on a connu entre le 15 septembre et fin novembre 2008, elle s'est transformée en une crise économique majeure.
Cette crise constitue, sous des formes spécifiques,
l'équivalent de la crise de 1929.
Si ses effets ont été pour l'instant relativement limités, c'est en raison de la survivance de mécanismes étatiques qui n'avaient pas encore été mis à mal par la globalisation néo-libérale que l'on a connue depuis les années 1990.
Sous l'apparence d'une crise financière, cette crise est en effet fondamentalement une crise de la répartition des revenus. Le déploiement de la «
révolution conservatrice » initiée par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, mais imitée par une partie de la social-démocratie européenne (de Jacques Delors à Gerhard Schröder en passant par Tony
Blair) a conduit à une baisse de la part des salaires dans le revenu national.
Le déploiement de la globalisation, à travers la libéralisation financière internationale et la mise en place d'un
système généralisé de libre-échange a donné une violence nouvelle et décisive à cette crise de la répartition des revenus. Les formes prises par la crise sont donc étroitement liées
aux mécanismes mêmes de la globalisation, qui sont ainsi appelé à être brutalement remis en cause si l'on veut éviter que la hausse déjà perceptible du chômage ne se transforme en un raz de
marée.