Partager l'article ! Crise: le FMI reconnait (enfin) qu'il faut relancer la demande: Le texte ci-dessous de l'économiste en chef du FMI est important et mérite en même ...
Le Fonds monétaire international (FMI) a appelé mardi les Etats à relancer d'urgence la demande pour éviter une crise comme celle des années 1930, cependant que plusieurs indicateurs ont confirmé que de nombreux pays s'installaient dans la récession.
"Nous sommes en présence d'une crise d'une amplitude exceptionnelle, dont la principale composante est un effondrement de la demande", a averti le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard dans le quotidien français Le Monde.
"Il est impératif (...) de relancer la demande privée"
"Il est impératif de juguler cette perte de confiance, de relancer (...) la demande privée, si l'on veut éviter que la récession ne se transforme en Grande Dépression", a-t-il ajoute.
Les dirigeants du Fonds répètent depuis des semaines que les plans de relance des grands pays industrialisés sont insuffisants par rapport à l'ampleur de la crise.
"Pour le moment, une expansion budgétaire de 2% paraît suffisante. Mais si les circonstances l'exigent, il faut que les Etats soient prêts à faire plus, 3% ou plus si nécessaire", estime M. Blanchard. Les plans de relance prévus par les membres de l'Union européenne représentent environ 1,4% du produit intérieur brut (PIB) de la zone.
° Le gouvernement allemand prépare pour janvier un plan d'aide à la conjoncture d'un montant de 25 milliards d'euros, a affirmé un ministre régional des Finances, alors que le plan de relance de 31 milliards déjà mis en place par la chancelière Angela Merkel est jugé largement insuffisant.
° Le monde attend surtout le plan de relance du président américain élu Barack Obama, qui pourrait avoisiner les 850 milliards de dollars, d'après la presse.
Le produit intérieur brut de la première économie du monde a reculé de 0,5% au troisième trimestre (en rythme annuel) par rapport au précédent, chiffre définitif publié par le département du Commerce qui confirme sa précédente évaluation.
La Maison Blanche a dit s'attendre à ce que le quatrième trimestre de 2008 soit encore plus mauvais.
Quant au marché immobilier, il s'est encore effondré en novembre, avec un recul de 2,9% des ventes de logements neufs, tandis que les reventes de logements anciens ont plongé de 8,6%.
° En Europe, le PIB a reculé de 0,6% au troisième trimestre au Royaume-Uni, une révision de -0,1 point par rapport à la précédente estimation.
- A en croire le quotidien El Mundo, l'Espagne est entrée en récession au dernier trimestre, connaissant ainsi sa première récession en quinze ans.
- En France, la consommation des ménages, après un mois d'octobre en baisse (-0,5%), a rebondi de 0,3% en novembre grâce à la baisse des prix. Cette résistance coïncide avec le reflux de l'inflation, tombée dans le sillage des prix du pétrole à 1,6% en novembre (après 2,7% en octobre), ce qui a contribué à redonner du pouvoir d'achat aux ménages.
Ces indicateurs n'ont guère influé sur le moral des investisseurs dans un contexte de ralentissement général de l'activité à la veille des fêtes de Noël.
Wall Street a perdu 1,18%, Paris 0,73% et Francfort 0,21% tandis que Londres a pris 0,16%. Shanghai a chuté de 4,55% et Hong Kong de 2,75% malgré la nouvelle baisse des taux directeurs chinois, la cinquième depuis septembre.
Les prix du pétrole ont encore fini en baisse, le baril s'affichant à 38,98 dollars à New York, en baisse de 93 cents.
L'affaire Madoff, du nom de l'investisseur new-yorkais accusé d'avoir englouti 50 milliards de dollars dans un fonds frauduleux, continuait à défrayer la chronique.
Le Français Thierry de La Villehuchet, co-fondateur du gestionnaire de fonds Access International, qui avait levé 1,5 milliard d'euros en Europe pour les investir auprès de Bernard Madoff, s'est
suicidé mardi à New York, a annoncé un de ses proches.
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Haussez la part des
salaires,
baissez celle des actionnaires !
Gérard Filoche
Parce qu’ils ne veulent pas renoncer à 15 % de marge, les actionnaires multiplient les plans sociaux tous injustifiés sous prétexte de « la crise », de LEUR crise. Non pas parce qu’ils ne
gagnent plus d’argent, mais ils n’acceptent pas d’en gagner moins. Ils gagnent encore autant aujourd’hui, ils anticipent qu’ils pourraient gagner moins demain. Ainsi l’automobile et les
équipementiers, les actionnaires vont toucher autant cette année 2008 que l’année précédente. Mais ils défendent déjà leurs marges en multipliant les chômages partiels, licenciements, subventions
publiques, exonérations de cotisations sociales. Ils veulent faire payer « les autres », c’est-à-dire nous, les salariés - 93 % de la population active.
Laurence Parisot prétend que « faire payer les riches », ça ne marche pas parce qu’ils ne sont pas assez
nombreux.Commençons pourtant par eux car il y a de quoi faire.
Refaisons les comptes rapides :
° 100 milliards d’euros de bénéfices pour le CAC 40 cette année comme la précédente. C’était 57 milliards en
2003, ils ont fait la culbute en 5 ans.
° Entre 148 milliards et 170 milliards, selon les économistes, siphonnés des salaires vers les profits depuis 20 ans.
° 72 milliards de niches fiscales.
° 60 milliards donnés sur nos impôts aux chefs d’entreprises sous forme « d’aides » (qui n’ont jamais rien donné ni pour l’emploi ni pour les salaires).
° Les 500 premières familles ont gagné 80 milliards d’euros que l’an d’avant.
° Les patrons ont vu leurs salaires augmenter de 58 % en 2007, ce ne sera pas moins en
2008.
° En 2007, la loi Tepa, c’est 15 milliards de « bouclier fiscal » pour protéger les riches qui ne
travaillent pas et pousser les salariés à travailler plus pour gagner moins. 10 % de la population possède près de 50 % du patrimoine. Sarkozy a redonné 40 milliards et 320 milliards de cautions
aux banques pour qu’elles continuent à jouer à l’économie casino comme avant.
° Des coupes drastiques contre les hôpitaux, les écoles, les services publics, un fonctionnaire sur deux
supprimé. Moins de profs et d’infirmières alors qu’il en faut plus. 26 milliards de « plan de relance » pour les actionnaires qui licencient et rien pour les salariés licenciés : des accords
Medef, gouvernement signés par ceux des syndicats qui s’y soumettent, aggravent le sort des chômeurs et baissent les retraites.
L’argent est là, les caisses privées sont pleines, elles débordent, débordent, débordent ! Cinquième puissance industrielle du monde, la France n’a jamais été aussi riche et la richesse aussi
mal partagée. C’est le pays qui a le plus fort taux d’épargne au monde et la fameuse « dette » n’est pas celle de tous les Français : l’état a emprunté aux plus riches pour compenser ses
baisses de recettes dues au fait qu’il a diminué leurs impôts.
Alors, on ne va pas pleurer sur le « Gotha » des amis banquiers et banqueroutiers de Sarkozy qui ont perdu chez
Madoff.
Qu’ils ne nous disent pas que "les capitaux vont fuir » : trop tard ! Ces gens-là ont de la chance qu’on
ne pende plus aux réverbères au son de la Carmagnole. Le seul plan de relance, c’est de faire confiance aux travailleurs, pas aux spéculateurs. Le Smic immédiatement à 1500 euros, et 200 euros
pour tous, c’est la seule clef de la relance : car les salariés achèteront et feront marcher l’économie, alors que les actionnaires thésauriseront pour leurs marges regrettées. Compléments de cet
indispensable « plan de relance » : l’établissement immédiat d’un nouveau contrôle sur les licenciements abusifs et boursiers, le rapprochement des durées effectives du travail de la durée légale
à 35 h, deux jours de repos consécutifs, retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous...
Gérard Filoche, membre du Conseil National du Parti socialiste, D&S n°159/160
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