Jeudi 20 novembre 2008

Le lycée de Xavier Darcos : un miroir aux alouettes ?
Par Christian Laval
Institut de Recherches de la FSU


  + en document annexe, une lettre interne de l'UMP du 24/10/08 de son secrétaire général sur l'école et les réformes entreprises: édifiante!!!

  + site "Main basse sur l'école publique"


La réforme du lycée préparée par Xavier Darcos présente des risques sérieux de régression.

Si elle est mise en oeuvre comme prévu à la rentrée 2009, elle peut déboucher sur un lycée moins
démocratique et moins efficace que l’actuel. Au-delà de la propagande paradoxale qui
voudrait qu’en diminuant l’encadrement pédagogique tout devrait aller mieux,
les acteurs de
l’éducation doivent analyser attentivement les tenants et aboutissants d’une transformation
majeure du lycée. Il est vrai que la réforme prévue est d’une complexité telle que même les
plus avertis ne s’y retrouvent pas facilement. Et la célérité inquiétante de Xavier Darcos n’est
pas faite pour éclairer les choses.


Il faut prendre d’abord la mesure du trompe-l’oeil, ce que l’on appelle « l’habillage » :

moins d’heures de cours, architecture « modulaire », rythme semestriel. Pourquoi cette réforme ?
Officiellement, il s’agirait de rapprocher le lycée de l’université, en rendant les lycéens plus
« autonomes ». En somme, ce qui a tant de mal à convenir à des centaines de milliers
d’étudiants frappés par l’échec du fait d’un sous-encadrement criant devrait être appliqué
rapidement aux lycéens dont beaucoup sont des élèves scolairement fragiles, dont la plupart
n’ont pas à domicile professeurs particuliers et parents en mesure de les aider.


Le raisonnement est étrange. En fait, il est biaisé. Quiconque ne comprend qu’il s’agit
exclusivement « d’habiller » la baisse d'effectif de 80 000 enseignants dans les quatre années qui viennent, dans le cadre d’une politique de réduction de l’emploi public, ne peut vraiment juger de la réforme dans ses fins, ses modalités, ses conséquences.

La raison financière de cette réforme est aujourd’hui masquée, elle ne l’était pas hier. En 2007 dans sa Lettre aux
éducateurs, Nicolas Sarkozy avait dit clairement ses intentions : « Dans l’école que j’appelle
de mes voeux où la priorité sera accordée à la qualité sur la quantité, où il y aura moins
d’heures de cours, où les moyens seront mieux employés parce que l’autonomie permettra de
les gérer davantage selon les besoins, les enseignants, les professeurs seront moins
nombreux. »

La reconstruction totale du lycée qui est en cours aujourd’hui n’a donc, selon les propos
même de Nicolas Sarkozy, qu’un seul véritable objectif : la réduction du nombre
d’enseignants.
Rien d’autre ne compte, ni l’évolution des contenus, ni la poursuite de la
démocratisation, ni l’élévation des niveaux de savoir. C’est sans doute la première fois qu’une
si profonde mutation est entièrement commandée par des impératifs strictement comptables.
Tout changer pour diminuer le nombre d’enseignants ?


La réforme du lycée s’inscrit dans le cadre plus général de la « Révision générale des
politiques publiques » (RGPP) engagée depuis l’été 2007 et conduite directement par l’Élysée

(cette grande opération de « modernisation » est menée dans le cadre du Conseil de
modernisation des politiques publiques présidé par Nicolas Sarkozy).


Un rapport d’audit confidentiel rédigé par Pierre Lepetit (inspecteur général des finances) et
par Françoise Mallet (inspectrice générale de l’Éducation nationale) et remis le 15 novembre
2007 à Claude Guéant (secrétaire général de l'Élysée) et à Jean-Paul Faugère (directeur de
cabinet de François Fillon) a été rendu opportunément public par l’AEF, une agence de
presse spécialisée dans les questions d’enseignement (communiqué AEF n°83598), au mois
d’août 2008. Il éclaire singulièrement les intentions ministérielles.


La problématique du rapport est simple. Pour parvenir aux objectifs de réduction du nombre
de fonctionnaires (suppression d’un poste sur deux de fonctionnaires à la retraite dans
l’Éducation nationale), il faut entreprendre des réformes structurelles profondes : "Comment
assurer la poursuite voire l'accélération de l'effort d'assainissement budgétaire sur la période
2009-2011-2012 sans réformes structurelles du système éducatif ?" se demandent les experts
commandités. Leur réponse est limpide, en dépit d’une certaine langue de bois : "À défaut de
réforme, le scénario d'optimisation des moyens sera insuffisant pour atteindre les objectifs
budgétaires et conduira à dégrader les résultats du système éducatif", estiment-ils. En d’autres
termes, pour parvenir à ces baisses d’emplois, il faut opérer une série de grandes réformes du
système éducatif dans tous les domaines : pédagogiques, organisationnelles, statutaires.
Les trois scénarios de réforme proposés valent la peine d’être examinés. Ces scénarios
(optimisation, autonomie maîtrisée, autonomie complète), conformément à la logique
strictement comptable de la RGPP, sont évalués uniquement en termes d’économie de postes.


 ° Le premier scénario de "l'optimisation de la gestion des ressources sans réforme majeure de
l'offre éducative" permettrait "une économie potentielle de 41 000 à 43 000 emplois temps
plein (ETP) nets sur cinq ans".

 ° Le second scénario d’autonomie maîtrisée, "comprend des
réformes importantes sur l'offre éducative et sur les conditions de travail des enseignants dans
le cadre d'une plus grande autonomie des établissements pilotée par l'État". L'économie
réalisée est évaluée entre 85 000 à 93 000 ETP nets sur cinq ans.

  ° Le troisième scénario
correspond à une "autonomie complète" du système, c’est-à-dire à la déconcentration totale
de l'offre éducative et à la décentralisation des financements. L'économie réalisée est la même
que celle du deuxième scénario.


Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que les auteurs valorisent le deuxième
scénario, qui permet de réduire le nombre total d’enseignants de plus de 10 % en cinq ans,
mais au prix d’une baisse importante de « l’offre d’éducation » et d’une transformation de
l’organisation du travail des enseignants.


On s’intéressera ici spécialement aux conséquences de ce scénario sur le second degré, mais il
n’est pas inutile de savoir que dans le premier degré, cette politique impose déjà un recul
considérable de l’offre d’éducation puisqu’il suppose une réduction du nombre d’heures de
cours, la réduction de la scolarisation à deux ans voire à trois ans, la suppression des réseaux
de soutien et d’aide aux élèves en difficulté.

Cette réduction importante sera donc prolongée dans le second degré, en commençant par le
lycée dès 2009. Fin des redoublements, plafonnement et annualisation des horaires élèves,
simplification des programmes d’enseignement, telles sont quelques-unes des préconisations
du rapport concernant l’offre éducative (à côté de celles qui concernent les conditions de
travail des enseignants).
On voit sans doute mieux le sens de la mission confiée à Jean-Paul de Gaudemar par Xavier
Darcos : proposer une réforme qui puisse satisfaire aux impératifs de la RGPP pilotée par
Nicolas Sarkozy. La FSU par la voix de son secrétaire général Gérard Aschiéri a estimé que le
lycée pourrait « rendre » par l’application de la réforme entre 15 000 et 20 000 postes, soit un
quart ou un cinquième de la réduction totale espérée, le reste des suppressions devant être
trouvé dans le primaire et dans le collège.


Une telle économie de professeurs est-elle « rentable » ?


Vaut-il la peine d’entreprendre dans la précipitation le bouleversement du lycée pour réaliser
une telle économie en personnel enseignant ? En langage profane voire cynique qui sied à
notre époque, la question est : est-on bien sûr que les effets de cette réforme ne coûteront pas
plus cher que les économies souhaitées dans le court terme ? Il faut pour cela mettre en
balance les économies réalisées (770 millions d’euros) et les coûts scolaires et sociaux à très
long terme de ce chamboulement des études secondaires.
Il y a d’abord, les risques propres à une précipitation encore inédite pour une réforme aussi
radicale de l’enseignement. Sans aucune préparation, sans aucune expérimentation, sans
évaluation sérieuse des conséquences de cette « refondation » d’ampleur inégalée depuis
1902, avec pour seule référence une vague évocation du « système finlandais » ou du
« système anglo-saxon » parés soudain de toutes les vertus, on entend bouleverser le système
du lycée français jugé péremptoirement « obsolète ».


Les lycées seront-ils prêts à accueillir en septembre prochain les 500 000 élèves de la nouvelle
seconde ?
Ces derniers ne vont-ils pas devoir « essuyer » les plâtres d’une « rupture »
improvisée qui se poursuivra en Première et en Terminale les deux années suivantes ? Il suffit
d’observer qu’il a été demandé à toutes les Inspections générales de refaire tous les
programmes de Seconde en quelques semaines, pour se rendre compte du caractère hâtif de
cette entreprise radicale.


La question est également de savoir comment faire des programmes si l’on ne sait rien de la
suite et en particulier de l’évaluation des études secondaires (suppression ou transformation
du bac, contrôle continu, crédits d’enseignement par modules, autres ?)
. Rappelons que la
grande réforme historique de 1902, laquelle a introduit officiellement l’enseignement
moderne dans les lycées, avait été précédée de mois d’enquêtes et de discussions
parlementaires d’un très haut niveau intellectuel. Dès 1899, plus de 200 personnalités de
l’enseignement, de la politique, de l’économie, avaient ainsi été auditionnés. Autres temps,
autres moeurs.


Au-delà du risque inhérent à l’impréparation, se pose la question de la pertinence
pédagogique de la réorganisation prévue.

Recensons quelques points de la réforme qui
devraient faire débat et sur lesquels professeurs, parents et élèves auraient leur mot à dire.
L’affichage officiel souligne trois caractères majeurs de la réforme : un enseignement
modulaire, un enseignement semestriel, un enseignement moins chargé.


 ° Un enseignement modulaire. Dans l’état actuel du chantier, l’unité de base des études serait le
« module » de 3 heures pour toutes les disciplines. C’est l’idée faite pour séduire aussi bien
les libéraux adeptes du « libre choix » que les tenants du « constructivisme pédagogique » :
les lycéens choisiront leur parcours et construiront leurs savoirs. Ils seront « acteurs de leur
apprentissage » selon la formule officielle. Claude Allègre avait déjà eu cette tentation de
séduire les élèves par la promesse d’études plus sympathiques dans un « lycée allégé» où le
terrible ennui des études et l’impitoyable sélection seraient enfin surmontés. Sans entrer dans
de trop vastes considérations, notons seulement qu’il n’est pas certain que ce « lycée à la
carte», que cet enseignement « au choix », soit nécessairement plus démocratique et plus
efficace. Ni même qu’il soit nécessairement plus « sympathique ». Le « choix » des modules,
qui vient s’ajouter à celui des établissements avec la suppression de la carte scolaire, risque de
favoriser ceux qui détiennent les clés des meilleurs parcours et qui sont déjà ceux qui ont les
atouts pour obtenir une place dans les lycées de leur supposé « libre choix ».

Les lycéens et leurs familles pourront choisir, à côté d’un tronc commun de 21 heures (3h x 7
modules), entre de nombreuses options « modulaires » (2 par semestre) pour le reste (soit 3h x
2 modules). Les modules de trois heures pour chaque discipline, sans dédoublement, peuvent
aggraver un travers déjà existant : la fragmentation du savoir transmis en petites unités
dispersées
. C’est d’autant plus dommageable que ce dispositif est susceptible de faire éclater
le « groupe-classe », lieu d’intégration et de stabilité pour de nouveaux lycéens, qui en ont
d’autant plus besoin qu’ils sont scolairement fragiles.


Un autre inconvénient apparaît vite. Un certain nombre de « modules » dits
d’approfondissement peuvent être pris dans des disciplines déjà présentes dans le tronc
commun. C’est en particulier le cas pour le français, les mathématiques, les sciences
expérimentales (Physique-chimie, Sciences de la Vie et de la Terre), l’histoire-géographie.
On pourra donc être élève « scientifique » avec peu de français ou élève « littéraire » avec peu
de maths. On risque donc de retrouver bien vite les polarisations archaïques entre culture
scientifique et culture littéraire que quarante ou cinquante ans de transformation avaient peu à
peu réussi à surmonter, spécialement grâce au développement de la filière « économique et
sociale » qui a introduit à grande échelle la « troisième culture » des sciences humaines. On
notera que les Sciences Economiques et Sociales, l’une des seules véritables innovations
disciplinaires du lycée dans la deuxième moitié du XXe siècle, paraissent être les grandes
sacrifiées de la réforme. Il est vrai que cette discipline a eu le malheur de déplaire aux
fanatiques du marché qui, avec leurs lobbies puissants, n’ont eu de cesse de vouloir la
supprimer ou de la dénaturer.


En un mot, la première rupture voulue par Xavier Darcos pourrait bien accentuer inégalités
entre élèves et perturbations dans un rapport pédagogique qui ne se porte déjà pas toujours et
partout au mieux, comme elle pourrait conforter l’ancienne et stérile dualité des « matheux »
et des « littéraires », au détriment de la culture économique et sociologique.


° Un enseignement semestriel. C’est la seconde rupture. Il ne s’agit pas simplement de
remplacer les trimestres actuels par des semestres, ce qui n’aurait aucun sens. Il s’agit de
remplacer des enseignements annuels par des enseignements semestriels. L’évaluation se fera
lors de quatre conseils de classe de mi-semestre (en octobre et en avril) et de fin de semestre
(en février et en juin). Cette « semestrialisation », calquée sur l’organisation universitaire, est
le dispositif complémentaire de la « modularisation » : les élèves changeront de modules à la
mi-année, du moins pour ceux qui ne relèvent pas du « tronc commun ». Ils composeront
donc une sorte de menu de leur choix. Il faudrait s’interroger sur le « détail » de
l’organisation, qui a son importance : comment évaluer ? Un élève redoublera-t-il le
module choisi ? Comment suivre Maths 2 si l’on n’a pas choisi Maths 1 au premier semestre ?
Il serait logique que cette réforme implique la disparition de l’examen terminal, remplacé par
des examens multiples tout au long des études. Évaluation continue dont on peut se demander
si les lycéens la trouveront plus « sympathique » que le vieux baccalauréat.
La question reste de savoir quel sens pédagogique peut bien avoir un dispositif qui peut
favoriser un certain « zapping ». Ceux qui ont quelque pratique de l’enseignement savent qu’il
faut du temps avec des élèves relativement jeunes pour installer des méthodes régulières de
travail, des modes stabilisés de réflexion, des pratiques scolaires et des dispositions
intellectuelles durables. C’est grâce à cette durée que l’enseignement a une portée réellement
formatrice. L’éducation ne ressemble pas au speed dating avec des disciplines que l’on essaye
au gré de ses envies. Le caractère éphémère des cours risque par contre de faire perdre
beaucoup de temps puisqu’il faudra refaire à chaque semestre le même travail d’installation
de la relation pédagogique, le même effort d’adaptation à une nouvelle discipline et à un
nouveau professeur. Les effets de cette semestrialisation sur des élèves qui pour beaucoup
manquent de « maturité » seront sans doute sensibles sur ceux qui ont le plus besoin d’un
encadrement régulier et stable. On notera ici, en passant, que le système scolaire annuellement
organisé, s’il va sans doute à contre-courant d’un certain « bougisme » économique,
technologique et sociétal, apporte peut-être à beaucoup de jeunes, un sentiment de stabilité,
une capacité de se projeter dans l’avenir, une possibilité d’évoluer dans un cadre établi ;
toutes dimensions qu’ils trouvent de moins en moins en dehors de l’école.


° Un enseignement plus court. C’est un objectif fondamental, mais un peu caché, puisqu’il va
permettre cette baisse tant souhaitée du nombre d’enseignants de lycée. Les heures de cours
étant posées comme trop nombreuses, il convient de les « plafonner » pour les élèves. L’un
des objectifs de la réforme est de faire baisser la durée hebdomadaire de cours en seconde à
30 heures maximum (après avoir envisagé une diminution à 27 heures), au lieu de 32 ou
même dans certains cas de 35. Les autres niveaux de Première et de Terminale devraient
connaître les coupes de même ampleur les années prochaines. Mettant toutes les disciplines
sous la même règle des « trois heures », cette organisation réduit le nombre d’heures de cours
dans de nombreuses disciplines, dont celles que l’on considère par ailleurs comme
« fondamentales » : français ou maths, pour ne citer qu’elles. Sauf, comme on l’a dit plus haut
à se spécialiser en prenant ces disciplines en « modules d’approfondissement », les élèves
risquent fort de n’avoir droit qu’à un enseignement très appauvri.


La réforme combine deux principes complémentaires, habilement présentés. Celui du « libre
choix » et celui du « plafonnement »
. Deux risques en découlent : l’appauvrissement du choix
effectif de formation proposé au lycée, illustré notamment par la marginalisation possible de
l’enseignement économique et social, au profit d’une concentration sur certaines matières
« rentables » ; la difficulté de transmettre un savoir construit et solide avec un nombre réduit
d’heures de cours.


Notre dette à l’égard des nouvelles générations


Le lycée, trop hiérarchisé et trop cloisonné, doit connaître une réforme. Mais celle que
propose Xavier Darcos, faute d’avoir fait l’objet d’une discussion, d’une réflexion et d’une
évaluation sérieuse est peut-être la pire que l’on puisse imaginer. Elle présente en effet des
risques sérieux de régression à court comme à long terme, risques accrus du fait que cette
politique n’a pas d’objectifs pédagogiques et intellectuels propres, que son seul but est
financier.


Xavier Darcos, à la suite de Nicolas Sarkozy, martèle un slogan : « moins mais mieux »,
c’est-à-dire moins d’heures de cours et moins d’enseignants. La formule incantatoire laisse
dans l’ombre les conséquences réelles de la diminution de l’encadrement sur la formation.
Chacun devrait pourtant se demander quel sera le prix de la suppression de dizaines de
milliers de postes de professeurs, et qui en supportera les conséquences. D’autant que ce
« lycée light » va dans le même sens que les mesures d’économie prises dans le primaire avec
la fin de la scolarisation avant 3 ans et la réduction des heures de cours du CP au CM2. Ne
doit-on pas craindre une explosion des cours particuliers que pourront seuls s’offrir les jeunes
des milieux les plus favorisés ? Ne doit-on pas redouter, à l’heure de MSN et de Facebook,
une pure et simple diminution de la formation scolaire qui nuira à tous mais surtout aux
jeunes issus des classes les plus modestes ? On peut se demander s’il est bien raisonnable de
prendre le risque d’un recul de la formation culturelle des jeunes Français, à l’heure où l’on ne
parle que « d’économie de la connaissance » et d’intégration par l’école. La réduction de
l’enseignement professionnel de 25 % avec le passage du bac pro de 4 à 3 ans était déjà une
mauvaise orientation. Elle est accentuée par la mutilation de l’enseignement général et
technologique.


Dans un récent entretien au journal Le Monde, Xavier Darcos justifiait la diminution des
dépenses dans l’éducation en disant que « notre devoir est de continuer à alléger le fardeau
que nous léguons aux générations futures »(Le Monde, 7 novembre 2008). On pourrait lui
objecter que nous n’avons pas à leur faire payer les frasques passées et présentes d’une
finance sans limites par un enseignement au rabais. Bien au contraire, notre devoir est plutôt
de donner aux nouvelles générations plus encore qu’hier les moyens de comprendre le monde.
C’était bien là ce qu’entendait Condorcet quand il écrivait que « l'instruction publique est un
devoir de la société à l'égard des citoyens ». Ce « devoir de justice » a un prix. Ne pas vouloir
le payer aujourd’hui, c’est courir le risque de devoir en payer chèrement les conséquences
demain.


Christian Laval
Novembre 2008

par henri Moulinier publié dans : Enseignement communauté : Les blogs citoyens
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