Après la rencontre des grands argentiers du monde ( G7) le 10/10, le sommet de la Zone euro, dimanche dernier 12/10, a donné un signal fort aux "marchés financiers".
Les
gouvernements européens ont décidé de mettre environ 1 300 milliards d'euros sur la table ( dont 360 pour la France, 480 pour l'Allemagne, ...)
Assurer la "liquidité du marché interbancaire"
Les banques ont besoin de "liquidités" ( d'euros en billets en particulier) pour répondre aux besoins de leurs clients ( entreprises, consommateurs); Habituellement, les banques
s'échangaient de la monnaie entre elles:
les banques ayant des "liquidités" (billets) disponibles les échangant contre des titres, moyennant le versement d'un intérêt ( taux d'intérêt).
C'est
le "marché interbancaire" (dans le cadre du marché monétaire). La Banque Centrale européenne pouvait aussi intervenir, si elle le jugait utile, pour échanger des billets.
(Ajout au 22/10/08) Pourquoi ce manque de "liquidités" ( de billets) pose-t-il problème? Pour plusieurs raisons:
° Le besoin de billets de la part des clients ( distriibuteurs de billets, utilisation d'une partie des crédits accordés sous forme de billets, au lieu d'utiliser la "monnaie scripturale" (
monnaie "écrite" qui circule par le biais des chèques ou cartes bancaires)
° L'obligation de détenir des "liquidités" ( billets) selon un ration dit "ration Mc Donough" = ratio de "solvabilité" bancaire = les banques doivent avoir des fonds propres en %
des crédits attribués = 8%
C'est précisemment le marché interbancaire qui ne fonctionne plus. Les banques ne veulent plus échanger des billets en euros dont elles disposent, contre des
titres (
obligations, bons du Trésor, certificats de dépôts, ...) qui peuvent être "marrons" ( ou "pourris"), c'est à dire ne valant plus grand chose, car pouvant représenter des prêts immobiliers, les
"subprimes" refilés par les banques américaines, pour partager les risques.
Les banques centrales sont intervenues déjà fortement pour approvisionner le marché monétaire en billets (euros). Mais cela n'a pas suffit pour rétablir la "confiance" entre
banques.Conséquences: les banques prêtent moins aux entreprises et aux consommateurs, mais aussi aux collectivités publiques.
La récession guette, ...Elle est même annoncée aux Etats-Unis, comme
chez nous.
D'où le plan "européen", celui, massif et coordonné, des Etats européens,
d'intervenit directement sur ce marché interbancaire, pour réactiver la pompe à crédit entre banques,
pour les forcer à se prêter dee nouveau entre elles.
L'Etat français, par exemple, va garantir des prêts entre banques jusqu'à concurrence de 320 milliards. Cette
garantie sera d'une durée maximale de 5 ans, pour les prêts nouveaux entre banques réalisés avant le 31 décembre 2009. Cette garantie ( assurance) sera payante,
selon le prix fixé par le marché.
(Ajout 15/10)
Une question se pose sur l'origine de ces milliards: à court terme, ils ne sortiront (raient) pas de la
poche des contribuables, mais d'emprunts ... sur les marchés financiers ( les Bourses). En clair, dans l'immédiat, on prend les mêmes, ces marchés financiers ( les spéculateurs
...) pour prêter de l'argent ( moyennant intérêt) à l'Etat, afin de faire face aux dégats causés par ... la (les) spéculateurs !? Nicolas Sarkozy ferait donc jouer à l'Etat un rôle de "supplétif"
des marchés financiers?!
(Ajout du 22/10/08) L'Etat vient de décider d'attribuer 10,5 de ces 40 milliards aux 6 plus grosses banques françaises, ce 19/10/08, "pour permettre d'accorder des crédits bancaires aux
entreprises, ménages et collectivités locales ( lesquelles auront un prêt de 5 milliards, alors que les dotation non remboursables de l'Etat à ces collectivités - communes, départements, ...
diminuent e
t vont diminuer encore, si on ne bouge pas)
Question: les 10,5 millards "prêtés" aux banquers ne reptrésenteraient que 3 à 5% des prêts supplémentaires. N'est-ce pas en fait une "recapitalisation"
déguisée ((apport de capital de l'Etat), sans aucune garantie de remboursement, sans garantie que cet argent n'aille pas (encore) vers la bourse, la spéculation, facteur déclenchant de la
crise?)
"Recapitaliser les banques en difficulté"
Car, en clair,
les Etats européens( dont le nôtre) ne vont-ils pas prendre des participations ( acheter des actions) dans le capital de banques en difficulté, pour
leur apporter, sans aucun contrôle, des capitaux frais? Ainsi la France doit disposer de 40 milliards pour "une recapitalisation suffisante des banques en difficulté", en réalité une forme de
"nationalisation" partielle du capital de banques,
ou plûtôt une "socialisation des pertes" ( alors que les profits demeurent privés!), et cela de manière transitoire. Car ces participations
publiques devraient être, dans un futur meilleur, revendues ( privatisées).
Il ne s'agit donc pas de véritables nationalisations du capital de banques ( de la plus grande part de ce capital), pour permettre une gestion,
contrôlée par la puissance publique, de ces banques, afin de réorienter leur politique du crédit, non plus vers la bourse et la spéculation sur les marchés, mais vers un crédit utile au
développement des entreprises, de leur emploi, de la recherche, .... Il n'est pévue que le départ des dirigeants qui ont failli, et la "moralisation" de la gestion des banques (
l'abandon des "parachutes dorées" pour ces dirigeants qui s'en vont). Avec la perspective de
reprivatiser ces actions à terme.
L'essentiel demeure pour, à terme, recommencer la course à la
spéculation.
- L'Etat ne dit pas vouloir intervenir dans l'orientation de l'action des banques, en lien avec sa participation financière dans le capital de banques en difficulté. Si la
recherche du profit maximal demeure, la spéculation reprendra un jour ou l'autre. Il s'agit bien, en définitive,
d'une étatisation transitoire d'une partie du
capital de banques.
( Ajout au 1311°08). Et encore
le récent plan d'aide de 10,5 milliards aux grandes banques françaises se fait sans aucune contrepartie, sans aucun controle
public ( ni des salariés), sans aucune participation au capital des banques et donc à leurs lieues de décision: leur Conseil d'Administration. Les banques risquent donc de reconstituer les
profits, relancer leurs placements, au lieu de développer le crédit ausx ménages, aux PME, à la construction, ...
-
L'Etat ne dit rien sur la racine de cette spéculation: les profits colossaux réalisés par les banques et toutes les grandes entreprises,
en réduisant leurs "coûts", c'est à
dire, depuis la "politique de rigueur" de 1982/83, la pression sur les salaires et les cotisations sociales.
Ce sont ces profits et
les bénéfices et dividendes distribués qui vont alimenter les placements financiers, la spéculation sur tous les marchés possibles ( on a vu
la spéculation sur le pétrole, les céreales, la bourse ou les crédits immobiliers américains, ...).
-
L'Etat , en un mot, ne veut pas changer de politique, remettre en cause cette politique "libérale" qui domine le monde depuis 25 ans, mais aussi les politiques françaises
depuis 1982/83 ( de droite et ...de "gauche") et les politiques européennes depuis les années 80. Tout au plus y met-il les moyens publics pour sauver le capitalisme.
Une autre politique est possible et nécessaire, réellement de gauche
Le Parti Socialiste, rallié à "l'économie de marché" ( en clair le capitalisme) ne va guère plus loin que le plan proposé par Nicolas Sarkozy, sinon pour demander une "
politique de
relance". Mais, lui comme la droite, ne vont pas au fonds du débat,
pour mettre en cause, dépasser cette logique capitaliste qui porte la
spéculation:
°
Une rupture avec la politique de compression des salaires, de précarisation. iL faut pourtant bien que l'on parle d'une
autre répartition des richesses entre salaires et profits, pour redonner toute leur force aux salaires, afin de stimuler la
consommation, à commencer par les plus pauvres (qui sont y compris des salariés)
°
Une rupture ave la politique de privatisation ( qui menace la Poste ... pour officiellement trouver ... 3 milliards en ouvrant son capital à la Bourse!) et
la création d'un
"
pôle public des institutions financières" ( voir en fin de l'article mis en lien, ci avant) sous maitrise publique, et pour des
politiques utiles de crédit. Ce pôle publique pourrait regrouper toules les institutions financières publiques ( et pourquoi pas les organismes mutualistes) et des banques qui seraient
nationalisées
° Une autre politique fiscale mondiale et nationale: taxer les mouvements de capitaux (raison d'êrte première d'Attac); ou encore supprimer le
"bouclier fiscal", pour créer un "bouclier social", pour protéger les salariés contre les retombées de cette crise du capitalisme
mondialisé et financiarisé
°
Une autre politique européenne, se dotant d'un vrai budget européen à la hauteur des enjeux ( actuellement limité à 1,27% du PIB des Etats membres).
Et reformant profondément les
statuts de la Banque Centrale Européenne ( BCE), banque "indépendante" qui n'a comme seule fonction que de combattre l'inflation, pour mieux maîtriser les
...salaires. Je vous invite à retrouver, ici,
mon analyse du (feu?) Traité de Lisbonne, reprenant le feu projet de Traité
Constitutionnel européen et le Traité de Maastricht de 1992 ( décidant de la création de la BCE et de l'euro). Cette BCE qui, aujourd'hui, est atone et ne fait pas grand chose pour aider les
entreprises, les PME en particulier, comme le fait la Banque Centrale américaine ( la FED)
°
Et que dire des organimes internationaux, comme le FMI et l'OMC, pourtant tous 2 dirigés par des membres du Parti Socialiste français ( DSK et Pascal Lamy)! Ils ont poussé à la mise en
place des politiques néolibérales, qui sont aujourd'hui en faillite. Ces organismes sont en panne et DSK se contente de donner des ...conseils aux Etats! e monde a besoin d'une régulation à son
échelle, sous l'égide de l'ONU. Il y a besoin de réorienter les politiques de ce organismes, de redéfinir leur rôle, dans le cadre d'une Conférence internationale dont la réunion s'impose. Comme
s'impose l'annulation des dettes publiques des pays du Sud.
(Ajout au 13/11/08) Et peut-on continuer à avoir
un système monétaire international dominé par le dollar, à la fois monnaie internationale et monnaie d'un pays, les
Etats-Unis? Et pourquoi ne pas
taxer les mouvements spéculatifs de capitaux ( la
"taxe Tobbins", qui constitue l'acte de naissance d'Attac)? Une taux faible pourrait contribuer à
dissuader les aller-retour nombreux de capitaux, qui sont utilisés à des actions spéculatives à court terme souvent, parfois à très court terme ( dans une même journée, voir moins encore)?
Complément:
"Speculand- leblog de la crise" ( initié par
Attac)