Mardi 14 octobre 2008
   Après la rencontre des grands argentiers du monde ( G7) le 10/10, le sommet de la Zone euro, dimanche dernier 12/10, a donné un signal fort aux "marchés financiers". Les gouvernements européens ont décidé de mettre environ  1 300 milliards d'euros sur la table ( dont 360 pour la France, 480 pour l'Allemagne, ...)

  Assurer la "liquidité du marché interbancaire"

    Les banques ont besoin de "liquidités" ( d'euros en billets en particulier) pour répondre aux besoins de leurs clients ( entreprises, consommateurs); Habituellement, les banques s'échangaient de la monnaie entre elles: les banques ayant des "liquidités" (billets) disponibles les échangant contre des titres, moyennant le versement d'un intérêt ( taux d'intérêt). C'est le "marché interbancaire" (dans le cadre du marché monétaire). La Banque Centrale européenne pouvait aussi intervenir, si elle le jugait utile, pour échanger des billets.

    C'est précisemment ce marché interbancaire qui ne fonctionne plus. Les banques ne veulent plus échanger des billets en euros dont elles disposent, contre des titres ( obligations, bons du Trésor, certificats de dépôts, ...) qui peuvent être "marrons" ( ou "pourris"), c'est à dire ne valant plus grand chose, car pouvant représenter des prêts immobiliers, les "subprimes" refilés par les banques américaines, pour partager les risques.

   Les banques centrales sont intervenues déjà fortement pour approvisionner le marché monétaire en billets (euros). Mais cela n'a pas suffit pour rétablir la "confiance" entre banques.Conséquences: les banques prêtent moins aux entreprises et aux consommateurs, mais aussi aux collectivités publiques. La récession guette, ...Elle est même annoncée aux Etats-Unis, comme chez nous.

  D'où le plan "européen", celui, massif et coordonné, des Etats européens, d'intervenit directement sur ce marché interbancaire, pour réactiver la pompe à crédit entre banques, pour les forcer à se prêter dee nouveau entre elles. L'Etat français, par exemple, va garantir des prêts entre banques jusqu'à concurrence de 320 milliards. Cette garantie sera d'une durée maximale de 5 ans, pour les prêts nouveaux entre banques réalisés avant le 31 décembre 2009. Cette garantie ( assurance) sera payante, selon le prix fixé par le marché.

    (Ajout 15/10) Une question se pose sur l'origine de ces milliards: à court terme, ils ne sortiront (raient) pas de la poche des contribuables, mais d'emprunts ... sur les marchés financiers ( les Bourses). En clair, dans l'immédiat, on prend les mêmes, ces marchés financiers ( les spéculateurs ...) pour prêter de l'argent ( moyennant intérêt) à l'Etat, afin de faire face aux dégats causés par ... la (les) spéculateurs !? Nicolas Sarkozy ferait donc jouer à l'Etat un rôle de "supplétif" des marchés financiers?!

"Recapitaliser les banques en difficulté"

   En clair, les Etats européens vont prendre des participations ( achater des actions) dans le capital de banques en difficulté, pour leur apporter des capitaux frais. Ainsi la France doit disposer de 40 milliards pour "une recapitalisation suffisante des banques en difficulté". C'est une forme de "nationalisation" partielle du capital de banques, plûtôt une "socialisation des pertes" ( alors que les profits demeurent privés!), et cela de manière transitoire. Car ces participations publiques devraient être, dans un futur meilleur, revendues ( privatisées).

   Il ne s'agit donc pas de véritables nationalisations du capital de banques ( de la plus grande part de ce capital), pour permettre une gestion publique de ces banques, afin de réorienter leur politique du crédit, non plus vers la bourse et la spéculation sur les marchés, mais vers un crédit utile au développement des entreprises, de leur emploi, de la recherche, .... Il n'est pévue que le départ des dirigeants qui ont failli, et la "moralisation" de la gestion des banques ( l'abandon des "parachutes dorées" pour ces dirigeants qui s'en vont). Avec la perspective de reprivatiser ces actions à terme.

  L'essentiel demeure  pour, à terme, recommencer la course à la spéculation.

   - L'Etat ne dit pas vouloir intervenir dans l'orientation de l'action des banques, en lien avec sa participation  financière dans le capital de banques en difficulté. Si la recherche du profit maximal demeure, la spéculation reprendra un jour ou l'autre. Il s'agit bien, en définitive, d'une étatisation transitoire d'une partie du capital de banques.

  - L'Etat ne dit rien sur la racine de cette spéculation: les profits colossaux réalisés par les banques et toutes les grandes entreprises, en réduisant leurs "coûts", c'est à dire, depuis la "politique de rigueur" de 1982/83, la pression sur les salaires et les cotisations sociales. Ce sont ces profits et les bénéfices et dividendes distribués qui vont alimenter les placements financiers, la spéculation sur tous les marchés possibles ( on a vu la spéculation sur le pétrole, les céreales, la  bourse ou les crédits immobiliers américains, ...).

   - L'Etat , en un mot, ne veut pas changer de politique, remettre en cause cette politique "néolibérale" qui domine le monde depuis 25 ans, mais aussi les politiques françaises depuis 1982/83 ( de droite et ...de "gauche") et les politiques européennes depuis les années 80.

Une autre politique est possible et nécessaire, réellement de gauche

   Le Parti Socialiste, rallié à "l'économie de marché" ( en clair le capitalisme) ne va guère plus loin que le plan proposé par Nicolas Sarkozy, sinon pour demander une "politique de relance". Mais, lui comme la droite, ne vont pas au fonds du débat, pour mettre en cause, dépasser cette logique capitaliste qui porte la spéculation:

   ° Une rupture avec la politique de compression des salaires, de précarisation. iL faut pourtant bien que l'on parle d'une autre répartition des richesses entre salaires et profits, pour redonner toute leur force aux salaires, afin de stimuler la consommation, à commencer par les plus pauvres (qui sont y compris des salariés)

  ° Une rupture ave la politique de privatisation ( qui menace la Poste ... pour officiellement trouver ... 3 milliards en ouvrant son capital à la Bourse!) et la création d'un "pôle public des institutions financières" ( voir en fin de l'article mis en lien, ci avant) sous maitrise publique, et pour des politiques utiles de crédit. Ce pôle publique pourrait regrouper toules les institutions financières publiques ( et pourquoi pas les organismes mutualistes) et des banques qui seraient nationalisées

  ° Une autre politique fiscale mondiale et nationale: taxer les mouvements de capitaux (raison d'êrte première d'Attac); ou encore supprimer le "bouclier fiscal", pour créer un "bouclier social", pour protéger les salariés contre les retombées de cette crise du capitalisme mondialisé et financiarisé

  ° Une autre politique européenne, se dotant d'un vrai budge européen à la hauteur des enjeux ( actuellement limité à 1,27% du PIB des Etats membres). Et reformant profondément les statuts de la Banque Centrale Européenne       ( BCE), banque "indépendante" qui n'a comme seule fonction que de combattre l'inflation, pour mieux maîtriser les ...salaires. Je vous invite à retrouver, ici, mon analyse du (feu?) Traité de Lisbonne, reprenant le feu projet de Traité Constitutionnel européen et le Traité de Maastricht de 1992 ( décidant de la création de la BCE et  de l'euro). Cette BCE qui, aujourd'hui, est atone et ne fait pas grand chose pour aider les entreprises, les PME en particulier, comme le fait la Banque Centrale américaine ( la FED)

° Et que dire des organimes internationaux, comme le FMI et l'OMC, pourtant tous 2 dirigés par des membres du Parti Socialiste français ( DSK et Pascal Lamy)! Ils ont poussé à la mise en place des politiques néolibérales, qui sont aujourd'hui en faillite. Ces organismes sont en panne et DSK se contente de donner des ...conseils aux Etats! e monde a besoin d'une régulation à son échelle, sous l'égide de l'ONU. Il y a besoin de réorienter les politiques de ce organismes, de redéfinir leur rôle, dans le cadre d'une Conférence internationale dont la réunion s'impose. Comme s'impose l'annulation des dettes publiques des pays du Sud.

Complément:
une excellente et très documentée analyse de la "crise financière" par l'Institut de Recherche de la FSU

"
Speculand- leblog de la crise" ( initié par Attac)

  

par henri Moulinier publié dans : Economie - libéralisme communauté : Unissons nous à gauche...
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    Dans une première définition, le capitalisme est entièrement défini par la propriété privée des moyens de production. En effet celle-ci implique le droit de disposer librement des biens en question et des fruits de leur utilisation, donc de les échanger librement avec d'autres agents. Dans ce régime, les propriétaires de moyens de production peuvent arbitrer de diverses façons entre le souci de servir les consommateurs, la recherche du profit et l'accumulation de capital, faisant ainsi de la recherche du profit monétaire et de l'accumulation de capital des possibilités offertes aux agents, mais pas des éléments de la définition du capitalisme. On considère néanmoins qu'en régime capitaliste, le mobile principal de l'activité économique est la recherche du profit qui trouve sa contrepartie dans le risque (Larousse 2000). n false;" title="La Rochelle en flânant...">La Rochelle en flânant...

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