Dimanche 21 septembre 2008

"Le fondamentalisme néolibéral est une doctrine politique au service d'intérêts privés" écrit Joseph STIGLITZ, Prix Nobel d'économie 2001.

Je vous propose de lire:

 ° le témoignage d'un trader de Londres, recueilli par un collègue prof de S.E.S., Armand Chanel

  ° des extraits des écrits de Joseph Stiglitz sur ce néolibéralisme en crise

  ° des éléments d'analyse, convergeantes,  de cette crise "systémique", en document annexe,  sous le titre:  "La trajectoire de la crise" - Michel Husson - économiste

   Edifiants !!!

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Un trader de Londres  avouait avoir passé une semaine

"comme certainement on n'en passe qu'une dans sa vie ».  

        Le début de crise systémique liée à la panique qui se
diffusait n'a pas eu seulement des causes in intentionnelles, par effets
d'agrégation (comme dirait R. Boudon), mais a résulté aussi de jeux
d'acteurs, très conscients de leurs intérêts particuliers.
Par exemple,
il m'expliquait que la faillite de Lehman Brothers après la chute énorme
du cours de ses titres (et donc la contraction de ses actifs au bilan)
avait été en partie déclenchée par les hedges funds et leurs ventes à
terme et à découvert
de titres détenus par Lehman Brothers dans son
portefeuille de valeurs mobilières.
En effet, comme ils ont perçu que cette banque était devenu fragile dans
le début de la tourmente, ils l'ont joué " à la baisse " en vendant
massivement à terme des titres concernant cette banque, et à découvert

(c’est à dire en n'ayant pas les titres, mais en les empruntant, et en les
achetant plus tard, après avoir empoché leurs plus value
).

     Ces ventes massives ont été perçue par le marché comme un signal très inquiétant,
d'où un mouvement de panique qui a accentué la baisse
, rendant encore
plus fragile la position de Lehman Brothers, et enclanchant alors un
cercle vicieux de fuite de ces titres et l'écroulement de leurs cours.


        Ce qui a ensuite entrainé une crise de liquidité  des banques
d'investissement (car celles-ci ne peuvent pas s' appuyer comme les
banques de dépôts sur de larges liquidités disponibles en interne
) . Ces
difficultés entrainent  la chute du cours de leurs actions, et donc des
défauts de bilan, qui se dénouent soit par leur faillite (cas de Lehman
Brothers), soit leur rachat par d'autres banques (cas de Merrill Lynch)
ou par l'Etat (cas de AIG).


       C'est pourquoi le gouvernement US vient, dans son plan pour restaurer la
confiance, outre la mise en place d’ une grosse "structure publique de
défaisance",  d'interdire aussi les ventes à terme à découvert, même si
cela devrait être provisoire.


NB : quand on spécule à la baisse d'un titre qui vaut par ex 100
aujourd'hui, je le vends à terme à 95 dans un mois par exemple, en
espérant qu'il tombera plus bas encore, par ex à 90.
j' emprunte donc ces titres et les vend à terme (ici,  donc vente à
découvert), puis si le titre tombe effectivement à 90, je les achète à
90 sur le marché au comptant, puis le remets à mon acheteur à terme au
prix convenu d'avance de 95, ce qui me permet largement de rembourser
mon prêt et empocher la plus value ! CQFD !


ses-ment vôtre, Armand CHANEL – Prof de S.E.S.


Bernard Cornevin, autre prof de S.E.S,  a transmis  l'analyse de Joseph Stiglitz:
> http://www.lesechos.fr/info/analyses/4753592-la-fin-du-neoliberalisme.htm
>
> Quelques extraits des écrits de Joseph STIGLIZ ( "Les Echos") :
>
> "Le monde n'est pas tendre envers le néolibéralisme, ce fourre-tout d'idées basées sur la notion fondamentaliste que les marchés sont auto - correcteurs, qu'ils distribuent efficacement les ressources et servent l'intérêt général. C'est le fondamentalisme de marché qui a soutenu le thatchérisme, la « reaganomique » et le « consensus de Washington » favorables aux privatisations, à la libéralisation économique et à des banques centrales indépendantes préoccupées uniquement par l'inflation.
>
> Après un quart de siècle d'expérimentations parmi les pays en développement, les perdants apparaissent clairement : non seulement ceux qui ont adopté une politique néolibérale ont perdu la course à la croissance, mais quand il y a eu croissance, elle a bénéficié de manière disproportionnée aux plus riches."


  Même si les néolibéraux se refusent à l’admettre, leur idéologie a échoué aussi à l’égard d’un autre critère, celui de l’allocation des ressources (...)

      Les marchés ne nous ont pas préparés à la hausse du prix du pétrole et de l’alimentation. Le problème de fond est que la rhétorique du marché est brandie de manière sélective : elle est revendiquée quand elle sert des intérêts particuliers et rejetée quand ce n’est pas le cas. (...)

      Les banques américaines ont mal géré les risques, et cela à une échelle colossale, avec des conséquences mondiales, tandis que les dirigeants de ces institutions sont partis avec des milliards de dollars d’indemnité.

      "Il y a aujourd'hui découplage total entre les bénéfices sociaux et les intérêts privés. S'ils ne sont pas soigneusement couplés, l'économie de marché ne peut fonctionner de manière satisfaisante.

       Le fondamentalisme néolibéral est une doctrine politique au service d'intérêts privés, il ne repose pas sur une théorie économique. Il est maintenant évident qu'il ne repose pas non plus sur une expérience historique. Cette leçon est le seul bénéfice à tirer de la menace qui pèse sur l'économie mondiale."


    JOSEPH E. STIGLITZ, prix Nobel d'économie 2001, est professeur à l'université Columbia (New York)

par henri Moulinier publié dans : Economie - libéralisme communauté : Les antilibéraux
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