Mardi 16 septembre 2008

    Le communiqué, à chaud, de l'AFP, ci-dessous, est un condensé des ingrédients de la crise financière, bancaire, et qui touche aussi l'économie "réelle": la production industrielle, mais aussi agricole, avec les hausses des prix des produits alimentaires, et la crise écologique et énergétique, ...

Une crise systémique, globale, extrêmement grave

     C'est bien une "crise globale" analyse lui aussi Henri Bourguinat, professeur émérite d'économie ( que j'ai eu le plaisir d'avoir comme prof à l'Université bordelaise) - Voir "Sud-Ouest" du 16 septembre 08, en page 1-3. Lequuel précise qu'il "semble que 200 banques américaines soient peu ou prou menacées de faillite"! Et de préciser que "ce qui est préoccupant en fait aujourd'hui, c'est que la crise de ce système globalisé a logiquement des répercussions un peu partout". "D'où la nécessité d'une régulation internationale qui n'existe pratiquement pas aujourd'hui, pas même au plan européen" ( ce qui confirme bie, en passant, que l'union Européenne est complétement intégrée à la "globalisation financière" mondiale, du fait d'une logique actuelle délibéremment "libérale" sur le plan économique, c'est-à-dire favorable à la loi des "marchés", des capitaux)

      Je plains la cécité ( ou peut-être le cynisme?) des dirigeants comme Bush et tous ceux, comme N Sarkozy,  qui font confiance "aux marchés" pour "réguler" l'économie ( fut-ce dans la douleur, les faillites et le chômage), la finance,  devenue folle.

     Folle de profit financier maximal et à court terme, sans voir plus loin, quitte à se désengager d'un marché ( aujourd'hui les spéculateurs se retirent des marchés pétroliers de Londres et de New-york et les "cours" sont passés de 150 euros le baril (de 159 litres) à moins de 100 euros), ... pour se jeter sur un autre marché: ce furent les produits financiers liés aux crédits immobiliers aus Etats-Unis - les fameux "subprimes", puis les marchés des produits agricoles, puis celui du pétrole, et maintenant ? A qui le tour? Le marché des changes du Dollar ( qui remonte face à l'euro qui descent), le marché de l'or peut-être;

  Une telle politique débridée, ultralibérale est effrayante

   Barack Obama le dit sans ambage dans sa déclaration publiée ci-dessous par l'AFP. La responsabilité est celle d'une politique de "libéralisation" de l'économie, de "laissez- faire" accru, de "déréglementation", de réduction du rôle des Etats, de confiance aveugle dans les "marchés" ( autrement dit,  les spéculateurs: grandes banques, grandes entreprises, fonds de pension, hedge founds, ...). Et elle ne touche pas les Etat-Unis que depuis 8 ans ( même si elle s'est aggravée avec Bush), mais depuis la "révolution conservatrice" de Reagan, et des autres dirigeants qui ont imposés des politiques en faveur des riches, des grandes firmes capitalistes, pour leur permettre plus facilement de faire plus de profits.

   C'est cette logique capitaliste débridée, antisociale, et même anti économique, anti écologique qu'il faut arrêter, inverser. C'est à cela que la gauche digne de ce nom doit s'attaquer en France, en Europe et dans le monde! Le débat et l'action sont engagés!

° Je vous propose aussi de lire l'article de Jacques Cossart, Dominique Plihon et Jean-Marie Harribey ( qui sera à La Rochelle pour une conférence sur ce thème le 16 /10/08), article intitulé " Il y a urgence de rompre avec l'emprise de la finance

° Lire aussi un autre article " La crise en questions" - Le Monde du I6/9/08 - Article facile à lire de P-A Delhommais, Claire Gatinois et Anne-Michel 

  ° Cours videos d'Attac sur la "crise financière":

               voir le site d'Attac - France    http://www.france.attac.org  

° "Bulles, krach et rebonds" http://myses.blogspot.com

° "L'Etat au service du libéralisme" Mohamed Belaali

° 7 jours qui ébralèrent le monde - Jacques Sapir

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Lehman ruiné, Merrill avalé: la crise de Wall Street ébranle la planète

AFP - Lundi 15 septembre, 21h15

NEW YORK (AFP) - La quasi-faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers, l'un des piliers de Wall Street, a ébranlé lundi la planète financière qui se demandait jusqu'où pourrait aller la débandade provoquée par la crise du crédit immobilier américain. Le dépôt de bilan de Lehman, une institution vieille d'un siècle et demi, s'est accompagnée de l'annonce du rachat de sa concurrente Merrill Lynch par Bank of America pour 50 milliards de dollars, tandis que la Réserve fédérale volait à la rescousse du secteur bancaire.

Le placement de Lehman Brothers sous la protection de la loi sur les faillites (Chapitre 11), officialisé lundi, a fait plonger les places financières qui ne cédaient toutefois pas à la panique: les places asiatiques et européennes ont lâché généralement entre 3% et 5%, tandis que Wall Street limitait les dégâts avec un repli de 2,6% en début d'après-midi (heure locale). Les principales places boursières européennes ont fortement reculé lundi après l'annonce du placement sous le régime des faillites de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers. La Bourse de Francfort s'affichait à la cloche de clôture en recul de 2,74%, celle de Londres de 3,92% et Paris de 3,78%. Vers 17h45 GMT, Wall Street limitait toutefois ses pertes, l'indice vedette DJIA perdant 2,5%. La Bourse de New York avait ouvert en forte baisse lundi: le Dow Jones perdait 2,34% et le Nasdaq 2,65%.

Après un week-end de négociations infructueuses avec ses principaux créanciers, Lehman Brothers n'a eu d'autre choix que de déposer son bilan. Cela n'empêchait pas son titre de fondre à Wall Street où il ne cotait plus vers 14H10 locales (18H10 GMT) que 0,19 dollar, en repli de 95%, alors qu'il atteignait encore plus de 60 dollars il y a un an.

Le président George W. Bush a assuré que son administration s'efforçait de réduire l'impact de la crise. "A long terme, je suis confiant dans la souplesse et la résistance des marchés financiers et dans leur faculté à faire face à ces ajustements", a-t-il dit dans une déclaration devant la presse. Le secrétaire au Trésor Henry Paulson a assuré lundi que le système bancaire était "sain" et que les Américains pouvaient avoir confiance dans la sécurité de leurs comptes bancaires. La Réserve fédérale (Fed) a injecté 70 milliards de dollars dans le système bancaire pour amortir le choc et permettre aux banques de se refinancer. Les banques centrales européenne et britannique ont engagé des opérations similaires.

Les autorités américaines, qui se sont engagées à injecter jusqu'à 200 milliards de dollars la semaine dernière pour maintenir sur pied les organismes hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, ont refusé cette fois d'apporter de l'argent frais pour sauver Lehman. Sans garantie de l'Etat, les éventuels acheteurs ont tous passé leur tour, comme le coréen KDB et le britannique Barclays.

A 50 jours de l'élection présidentielle américaine, la crise financière a nourri la polémique entre les deux principaux candidats. Le démocrate Barack Obama a plaidé pour une "réglementation qui protège les investisseurs et les consommateurs". "Huit ans d'une politique qui a mis en lambeaux la protection des consommateurs, affaibli la surveillance et les réglementations et encouragé les grosses primes pour les dirigeants d'entreprises tout en ignorant la classe moyenne nous ont menés à la crise financière la plus grave depuis la Grande dépression (de 1929)", a-t-il dit.

Son adversaire républicain John McCain, fidèle à son credo libéral, s'est au contraire félicité "de constater que la Réserve fédérale et le département du Trésor aient assuré qu'ils n'utiliseraient pas l'argent du contribuable pour renflouer Lehman Brothers". Il s'est dit convaincu que "les éléments fondamentaux de l'économie sont solides".

Devant le siège de Lehman, un gratte-ciel du coeur de Manhattan, les salariés redoutaient de perdre leur emploi ainsi que leurs économies, largement investies en actions de leur employeur. "Aujourd'hui, je vais au bureau comme d'habitude. Et après ? Je suis sûr qu'il y a beaucoup de monde dans cette tour qui essaie de répondre à cette question", observait un jeune employé.

La crise américaine ne semblait pas devoir s'apaiser de sitôt. Selon un cabinet de reclassement, les suppressions d'emplois dans la finance devraient dépasser en 2008 le record établi l'année précédente avec plus de 153.000.

La production industrielle a quant à elle enregistré en août sa plus forte baisse depuis trois ans, avec un repli de 1,1% par rapport au mois précédent.

 

par henri Moulinier publié dans : Crise économique mondiale communauté : Les antilibéraux
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