Une nouveau parti pour quoi faire? Cette question a été présent dans les débats de
l'Université d'été de la LCR, qui a connu un succès militant réel,
porté par l"aura médiathique d'
Olivier Besancenot
"Continuons à suivre notre bonne étoile" a lancé Olivier Besancenot!
Oui, mais dans quelle direction? Et avec Qui? Sur quel projet politique? Le NPA m'apparaît pour l'heure sans autre projet véritable qu'une accumulation de
refus. Et l'idée qu'il est
le seul opposant VERITABLE à Nicolas Sarkozy, renvoyant aux oubliettes tous les autres, comme le faisait en son temps de splendeur médiathique
Arlette
Laguiller.
Même les directions syndicales sont critiquées, remises en cause! J'ai l'impressiopn que
la LCR se veut LE parti d'opposition, en même temps Le syndicat qui va
déclencher des grèves, provoquer une véritable insurrection populaire.
Choisir entre un profil unitaire ou un profil sectaire ...
" On est contre la social-démocratie, mais ça ne fait pas une ligne, tôt ou tard, i
l faudra choisir entre un profil unitaire ou un profil sectaire" confie une militante (
rapporté par l'Humanité du 27 Août 08)
Pourtant, Olivie
r Besancenot a martelé la nécessité de "l'union la plus large des travailleurs et des opprimés" pour arrêter la machine Sarkozy et de "définir une
alternative" à sa politique ultra-réactionnaire.
Mais s'il encourage cette large union dans les luttes, ce qui est nécessaire, il ne propose rien de concret sur le plan des perspectives
politiques, si ce n'est des listes aux européennes, qui soient "des vraies listes anticapitalistes européennes avec des militants d'autres pays" ( Sud-Ouest du 22 Août 08). L'unité
avec d'autres de même nature... à l'étranger.
L'union en France, nécessaire
pour peser dans le débat politique européen, et pouvoir faire élire des
députés européens capables d'intervenir dans les instances européennes, ne semble pas préoccuper Olivier Besancenot et la LCR. Cela constitue pour moi, un grand point d'interrogation sur la
stratégie du futur NPA.
" Ce pouvoir là, nous le contestons"
Dans le même
"Sud-Ouest', Olivier Besancenot a affirmé la nécessité
" de trouver un débouché politique" à l'opposition sociale" qu'il
entend booster
.
A une question du journaliste: "
Un débouché politique, ça veut dire aussi accepter de conquérir le pouvoir par les élections en s'alliant avec d'autres
formations", sa réponse est éclairante: "
Ce pouvoir là, nous le contestons, parce qu'il ne permet pas aujourd'hui de changer la société. Il énivre des responsables qui y ont pris goût, mais
c'est un théatre d'ombres où les responsables ne font qu'enteriner ce que décide le vrai pouvoir qui est économique. Pour aller à l'essentiel, nous proposons à toute la gauche d'être soudée
pour s'oppposer face à la droite dans les luttes et dans l'action. Et, quand il s'agit de faire des propositions à gauche, nous revendiquons notre indépendance face à la direction du PS (...)"
Daniel Bensaîd, théoricien reconnu de la LCR, explicite les
raisons de la création du NPA et son refus d'aller aun pouvoir dans l'état actuel du rapport de forces politiques, quitte à perdre des élus, préférant laisser le champ institutionnel à la
droite et au PS. Elu municipal pendant plusieurs mandats à La Rochelle, je ne peux accepter cette vision de "retrait" de la vie institutionnelle,
cette sous-estimation du rôle des élu(e)s,
au nom d'un futur qui sera plus souriant!
Est-on loin du ... "grand soir"???
En clair; l'union la plus large contre la politique de Sarkozy: :oui;
l'union pour une alternative
commune à Sarkozy: non!
Sa volonté de ne pas cautionner le virage social-libéral d'une grande partie du PS,
juste et légitime, signifie -t-elle tirer un trait définitif sur ce parti, ses
militants et dirigeants, sur la gauche du Parti Socialiste?
Ne pouvons-nous travailler à rassembler le plus largement possible toutes celles et tous
ceux, hommes et femmes de gauche, partis, collectifs et/ou sensibilités en leurs sein, syndicalistes, militants associatifs, altermondialistes, ..., sur la base d'un projet politique commun,
élaboré en sens, et réellement alternatif à la politique de Sarkozy.
Il faudra bien que chacun choisisse. Et ce choix concerne aussi l
e futur NPA, s'il ne veut pas être une simple LCR élargie!
"Ca pétera, dans un mois, dans un an, dans un an, d'ici à 2012 en tout cas"
C'est la promesse quà fait Olivier Besancenot au nom de la LCR à ceux qui ont rejoint le projet de création du NPA. N'est-ce pas une manière (incantatoire?) de
temporiser ce qui devrait permettre à la machine NPA de tenir sur sa lancée au moins jusqu'aux européennes.
" Quand j'entends parler de conscientiser les masses ou de diriger la société,
j'ai l'impression qu'on n'a pas le droit d'être révolutionnaire dans un autre cadre
que le troskisme", a protesté Anne, venant de Tours, dans un des Forums de l'Université d'été de la LCR. " Moi je n'ai pas envie qu'on me dirige, ni de diriger les autres..." disait-elle.
Je partage ce sentiment, avec l'impression de la reprise, brillante, par Olivier Besancenot du mythique discours de nos amis troskistes sur la grève générale,
insurrectionnelle, pour prendre le pouvoir, économique, dans les entreprises ( des "soviets" partout?). Cela m'interroge aussi sur la nature du futur NPA. Et je suis interessé par la démarche
et la réflexion de
Clémentine Autain (voir son blog)
C'est plus "rrrrévolutionnaire", ça galvanise les militants,
... mais en oubliant que le coup d'Etat insurrectionnel des bolchéviques en 1917, n'avait rien de démocratique
( et on sait comment cela a fini). Qu'en tout état de cause,
la France, le monde aujourd'hui a besoin de respect et de développement de la démocratie.
Les élections sont un passage obligé du débat politique, qui nécessite de devoir
rassembler majoritairement pour pouvoir ... peser sur le
pouvoir (politique). A moins de se contenter de faire du moment électoral un simple temps de propagande por ses idées, sans la volonté de peser, d'avoir des élu(e)s? Et pour pouvoir changer les
choses, en lien étroit avec les citoyens, avec la volonté de développer leurs droits, de les associer aux décisions des élus à tous les niveaux, donc de réformer en profondeur la 6e épublique
française, mais aussi l'Union Européenne et les Traités qui la construisent.