Samedi 23 août 2008
     En cette fin d'été, après un repos salutaire et une prise de recul face à l'actualité, la vie quotidienne reprend ses droits et la droite Sarkozienne ... continue ses coups!

    Je ne passe pas sous silence des événements internationaux importants:
                                                    
  -  telle la disparition d'Alexandre Soljenitsyne, le 4 Août, dont les écrits ont révélé le goulag et,  à travers cet univers concentrationnaire, le stalinisme. Ecrivain de talent, il restera comme l'un des grands de ce 20e siècle rempli d'espoirs et trahi par la bureaucratie d'un parti unique, mélangant Etat et parti.

- symbolique? Soljénitsyne est décédé en ce mois d'Aoùt 2008, 40 ans après l'intervention, le 21 Aoùt 1968, des chars soviétiques en Tchécoslovaquie, qui allait tuer le "Printemps démocratique de Prague", une tentative de renouveau du "socialisme réel", pour chercher un "socialisme à visage humain", alliant progrès social et démocratie, face au glacis Brejnévien et au modèle soviétique qui tremblait sur ses bases héritées de la période stalinienne, les purges en moins.
 
 - ou le conflit Russie-Georgie, après l'intervention des troupes georgiennes, le 8 Aout, en Ossétie du Sud. Le Président Saakachvili a provoqué la riposte brutale de la Russie. Conflit au coeur des enjeux géostratégiques du Caucase: enjeu énergétique dans une région regorgeant de pétrole et de gaz; enjeu politique de part sa position centrale entre l'Europe et l'Asie, région qui interesse les Etats-Unis, et donc l'Otan qui veut intégrer la Georgie et soutient son Président actuel

   - ou encore la Chine,  qui accueille les J.O.,(dont l'organisation est  reconnue par tous les observateurs comme une réussite),  dans un contexte de fort développement économique (non exempt de fortes contradictions: aiguisement des inégalités sociales, exploitation des paysans venus travailler en ville, conflits sociaux localisés mais multiples, mise en cause des équilibres écologiques, pression sur les cours des matières premières et du pétrole, ...), et de revendications autonomistes, voire séparatistes (Tibet, Xinjiang), où les violences des uns se traduit par la répression politique et militaire du régime. La Chine est devenu une grande puissance économique ( et sportive), mais, malgré des évolutions réelles, la bureaucratie (là aussi) corsète la démocratie et les libertés d'expression, réprime durement.

    - je note que, dans cette grande région du globe,  les poussées séparatistes ont aussi touché l'Etat du Jammu-et-Cachemire, Etat controlé par l'Inde depuis 1949, théâtre de violentes émeutes autour du 15 Août, les plus fortes depuis 18 ans. Mais on en parle moins, dans nos grands médias.

   - j'apprécie le fort soutien électoral à Evo Morales en Bolivie, face aux manoeuvres de la droite, soutenue par la CIA. L'Amérique Latine est le théatre d'expériences progressistes dignes d'intérêt.

    - Je n'oublie pas nos 10 soldats français tués récemment en Afghanistan (je vous renvoie à mes articles sur le sujet), pour prix de notre implication reforcée dans ce "bourbier" afghan, au sein de l'Otan

    - et le "bourbier" Irakien
continue de cracher ses morts, chaque jour ou presque

    
    Et en France où va-t-on avec la politique hyper réactionnaire de Nicolas Sarkozy?

       
Profitant de l'été, Nicolas Sarkozy et sa majorité parlementaire ont poursuivi leurs mauvais coups: 

      - Renforcement de la présidentialisation de la 5e République avec la réforme constitutionnelle adoptée de justesse (
voir mon article de juillet: "la monocratie sort renforcée")

     
- Mise en cause des 35 heures, qui touche particulièrement les cadres, dégradation du pouvoir d'achat des salariés, des retraité et des revenus sociaux, alors que les profits fleurissent, ...

       - Volonté de poursuivre leur politique économique libérale. Face à la récession qui se profile, le gouvernement garde le cap de ce "libéralisme sans entrave" dont parle l'éditorialiste du Journal "Sud-Ouest" du 15 Août, Patrick Berthomeau. Je cite: Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy (...), le gouvernement nous chante les louanges d'un libéralisme économique seul capable de libérer l'initiative et les capacités créatrices de richesses, un libéralisme débarassé de bornes réglementaires que l'Europe avait imaginées. Le Président, en toute franchise, reconnaissons-le, ne manque pas une occasion  de nous dire son admiration pour le modèle américain. Le seul  modèle concurrent ayant fait faillite, pourquoi pas? C'est pourtant bien dans le fonctionnement sans entraves de ce modèle que nous sommes invités à voir aujourd'hui l'une des sources de nos tracas (...)"

         Pour moi, il est clair que ce "modèle américain" cher à Nicolas Sarkozy, ce n'est pas la société que je veux pour la France et l'Europe ( voir mes aricles sur l'Europe). Et nous sommes nombreux à vouloir autre chose, et tirant toutes les leçons de l'échec des régimes de type soviétique, mais aussi socio-démocrates ( sans les mettre sur le même plan)

    Quelle alternative à cette américanisation de la société française?

        Et pourtant, si des élections présidentielles avaient lieu maintenant, Nicolas Sarkozy serait ... réelu et avec plus de voix au premier tour, contre tous les candidats socialistes potentiels. C'est le sens du sondage CSA-Marianne, publié par Marianne des 16/22 Août, sous le titre: "l'été meurtrier de la gauche". Avec comme sous-titre: "Y a-t-il encore une opposition en france?"

         Le journaliste de Marianne qui commente ce sondage, Renaud Dély, met le doigt où ça fait mal: à gauche, "pas de critique concertée, pas de parole collective, pas de contre-attaque réfléchie (...). Aucun socialiste "n'ose s'aventurer à esquisser des contre-propositions". En un mot, la gauche, dont le PS, principale force de cette gauche éclatée, n'a pas de réel projet politique alternatif face à la politique de Sarkozy. Alors faute de mieux, les sondés redemanderaient le même ... Sarkozy., qui se vante d'avoir "gagné la bataille idéologique" face à la gauche ey au mouvement syndical. N'a-t-il pas osé affirmer,  à propos des grèves, que "désormais, quand il y en a, (des grèves), personne ne s'en aperçoit" Belle provocation!

       Pour autant," l'état idéologique du pays reste plus nuancé que ne le laisse entendre le pouvoir exécutif" écrivent des journalistes du journal "Le Monde" du 15 Juillet. Et de citer Gaêl Sliman, diecteur du pôle opinion de BVA: " Dans les enquêtes d'opinion, les valeurs qui sont mises en avant sont clarement celles de la gauche: solidarité, besoin de protection. Mais le Parti Socialiste n'apporte pas de réponse lisible et cohérente, la droite gagne des points par défaut". Je crains que lors de son Université d'été dans notre ville de La Rochelle, le PS ne sorte pas de son ornière libérale, dans lequel il s'enfonce lui aussi.

    N'y a -t-il rien à faire à gauche?

        Les prochaines élections européennes pourraient être l'occasion d'un sursaut politique à gauche, sans occulter les mouvements sociaux qui peuvent marquer la rentrée. 

        Du côté des Verts, semble se préparer
une tête tricéphale Cohn-Bendit +  Hulot + Bové. Belle tête d'affiche et recherche d'une alliance plus large, mais avec un Cohn-Bendit porteur d'un soutien affiché au Traité de Lisbonne et à l'l'Europe libérale sur le plan économique. Ca manquerait de clarté politique!!! Ne serait-ce pas une façon de ratisser large? C'est ce que pensent Gilles Lemaire ou Francine Bavay qui "ne sont pas d'accord" pour partir derrière "le libéral Cohn-Bendit"

        Du côté de la majorité actuelle au sein du Parti Socialiste, c'est l'option économique libérale qui pèse, avec le soutien confirmé  au Traité de Lisbonne, lors du Congrès des Parlementaires. Pas de quoi ouvrir une réelle perspective alternative! A moins que la "gauche" du PS ne prenne son courage à 2 mains et ...retourne l'orientation actuellement majoritaire?

       Du côté du PCF, c'est le "débat" interne,
qui risque de tourner court, au détriment d'une profonde rénovation de ce parti en déclin, et d'une démarche ouverte de rassemblement d'une gauche alternative, celle que personnellement, j'appelle de mes voeux ( voir l'appel initié par Politis)

  Pour un large rassemblement de toutes les forces critiques
    face à l'orientation (ultra)libérale de l' Union européenne actuelle
                                                     
 
        C'est le sens de
l'appel " Maintenant, construisons une autre Europe", lancé par des personnalités de sensibilités diverses, et qui va dans le même sens que l'appel initié par Politis

        °  Cette question stratégique interpelle la gauche du Parti Socialiste, mais aussi le PCF (tout ou parti) je l'ai déjà dit, les écologistes critiques, les altermondialistes, les militants syndicaux et associatifs, les collectifs unitaires, ... , et la LCR/NPA.
                            
       ° La LCR tient son Université d'été et va lancer le NPA dans la foulée. L'interview d'Olivier Besancenot, dans le journal "Sud-Ouest" du 22 août commence bien, du moins son titre journalistique: "La gauche doit être soudée face à la droite". Cela concerne en clair la construction d'une "opposition sociale". Mais sur le terrain électoral, c'est la négation de toute idée de contribuer à changer les choses par le biais du (des) pouvoirs politiques. "Ce pouvoir là, nous le contestons, parce qu'il ne permet pas aujourd'hui de changer la société. Il enivre des responsables politiques qui y ont pris goût, mais c'est un théâtre d'ombres, où les responsables ne font qu'enteriner ce que décide le vrai pouvoir qui est le pouvoir économique." Alors logiquement il propose à "toute la gauche d'être soudée pour s'opposer face à la droite dans les luttes et dans l'action"

        Etrange discours "rrrévolutionnaire" qui fleure bon la démagogie et le refus de s'impliquer dans les lieux de décision politique, laissant le pouvoir politique à d'autres, droite ou parti socialiste, en alternance, gérer les affaires sans s'attaquer à la logique libérale du tout-profit.Je comprend mieux l'intérêt de Nicolas Sarkozy d'avoir cet "opposant" là, radical dans le verbe, dans les luttes sociales, mais désertant le champ politique, en l'attente peut-être du ... "grans soir" des luttes sociales por espérer " tout" changer?

       Alors fort logiquement
Olivier Besancenot esquive la question d'une démarche unitaire en France et évoque "la possibilité de vraies listes anticapitalistes européennes avec des militants d'autres pays qui partagent les mêmes idées que nous"! Voilà bien le sens actuel de la démarche de création du NPA: un élargissement autour de la LCR, non un rassemblement avec la LCR et d'autres forces de gauche alternatives. Si tel était le cas, ce serait une occasion de plus pour la LCR de fuir ses responsabilités et de jouer cavalier seul en misant sur la popularité d'Olivier Besancenot ( fortement encouragée par les grands médias et Nicolas Sarkozy). J'espère que ce ne sera pas la démarche finale de la LCR, car l'heure me semble être au rassemblement de la gauche dans les luttes, mais aussi dans les élections, sur des bases claires d'une alternative à gauche capable de devenir majoritaire et de changer le cours des choses.

 
                                       
             En attendant, ou plutôt sans attendre,
l'appel initié par "Politis" doit encore se renforcer                   ( plus de 10 100 signataires depuis le 14 Mai), en vue de préparer ensemble la réunion nationale prévue le 11 octobre en région parisienne.En Charente-Maritime j'ai exprimé la demande d'une réunion départementale des signataires de cet appel, avant le 11 octobre.


              



           Mais, de tout cela, qu'en pensez-vous?
                     Vos commentaires,en toute liberté, seront les bienvenus pour échanger ensemble


   
par henri Moulinier publié dans : Quelle alternative à gauche? communauté : Unissons nous à gauche...
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