Vendredi 13 juin 2008
   Les Ministres de l'Emploi, réunis le 10 juin, ont adopté une directive gravissime sur le temps de travail, autorisant à travailler plus de 65 heures hebdomadaires et décomptant les temps de garde du temps de travail

   Un alignement ultralibéral sur Londres, grâce au revirement français!

   
Grâce à Nicolas Sarkozy et à son gouvernement, l'Union Européenne vient d'ouvrir la perspective d'une semaine de travail de 78 h. Les Ministres du travail des 27 membres de l'Union Européenne ont révisé la directive européenne sur le temps de travail. La semaine de 48 heures, inscrite dans la législation européenne en vigueur, reste de mise.

     Maiscette limite des 48h n'est qu'un garde-fou fictif, comme celle des 35h dans le projet de loi du gouvernement français. L'accord prévoit, en effet, la possibilité de déroger aux 48 heures, par voie d'accord de grè à grè entre le salarié et l'employeur. Sous la seule réserve que cette option soit prévue dans la convention collective, dans un accord entre "partenaires sociaux" ou dans la législation nationale, la durée maximale hebdomadaire de travail pourra désormais atteindre 60 heures.Voire 65 heures, précise le texte, si une part du temps de travail est du temps de garde. Et cette limite pourra aussi être outrepassée si une convention collective le permet.

      Un accord inacceptable!

     
Ce système de dérogation dit "opt-out", était jusqu'à présent en vigueur au Royaume-Uni, paradis européen de la déréglementation sociale, selon l'inspiration des thèories économiques néolibérales.La semaine de travail peut y atteindre les 78 heures. L'unique règle s'imposant en dernière instance est celle des 11 heures de repos quotidiennes obligatoires.

      L'accord européen qui vient d'être décidé va dans le même sens.. Le gouvernement britannique, travailliste, "de gauche", s'est battu, avec le soutien de la Pologne, pour arriver à ce "bon accord"!

     La Cofédération européenne des syndicats avait mis en garde contre l'adoption de cesz dispositions au motif qu'elles ne protègent pas "les travailleurs contre les dangers de santé et de sécurité induits par de longues heures de travail". Le Confédération syndicale qualifie cet accord "de très insatifaisant et inacceptable"

    D'autant que la "régression" dénoncée par les syndicats ne s'arrête pas là. Le texte introduit aussi la notion de "p"riodes de garde inactives", qui ne pourront plus être comptabilisées comme du temps de travail (ce qui va particulièrement toucher les professions médicales, ...).

   Que va décider le Parlement européen?

  Il appartient en effet au Parlement européen d'être saisi de cet accord et de le voter ... ou de le rejeter!
Affaire à suivre.

Pour information:
      
la réalité du temps de travail en France, comparativement aux autres pays


Déclaration d’Attac sur la directive européenne concernant le temps de travail

Sous couvert de resserrer les règles autorisant les salariés à travailler plus de 48 heures par semaine, les États membres de l’Union européenne, à cause notamment du changement d’attitude de la France avec l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, viennent de porter un nouveau coup à l’encadrement de la durée du travail dans l’Union. Attac condamne cet accord, qui constituerait une grave régression si le Parlement européen l’entérinait.

La directive 93-104 du 23 novembre 1993 permettait au Royaume-Uni de déroger à la durée du travail fixée dans l’UE à 48 heures hebdomadaires. Une clause de la directive prévoyait de réexaminer cette dérogation en 2003. Depuis cette date, le Royaume-Uni bloquait toute discussion concernant ce sujet, mais le soutien discret de la délégation française aura eu raison d’un consensus assez général souhaitant supprimer du texte la notion d’opting out, qui ouvre la possibilité de travailler au-delà de cette limite.

C’est en fait le contraire qui a été décidé le 9 juin par le Conseil des ministres chargés du travail : le maintien et la consolidation de la dérogation offerte aux employés de travailler « s’ils le veulent » jusqu’à 60, voire 65 heures par semaine à titre individuel, plafond qui pourra encore être dépassé dans le cadre de conventions collectives d’entreprises.

Par ailleurs, la notion de « durée du travail » a été revue dans un sens restrictif, avec la définition de « périodes de garde inactives » qui ne pourront plus être considérées comme temps de travail.

Cette dernière mesure doit être considérée avec attention. Deux arrêts de la Cour de justice des Communautés européennes stipulaient que le temps de garde doit être intégralement calculé comme temps de travail, et les personnels hospitaliers particulièrement, soumis à des dépassement d’horaires fréquents et répétitifs au rythme des interventions médicales, s’appuyaient sur ce droit pour en obtenir compensation. La nouvelle définition les priverait de cette possibilité.

D’autres dispositions dangereuses sont prévues : l’une, qui était au départ positive, prévoit dès le premier jour de travail un même traitement entre intérimaires et employés permanents, sauf si les partenaires sociaux concluent un accord national sur un « délai de grâce » supérieur, ce qui est le cas au Royaume-Uni. Une autre entend augmenter la durée pendant laquelle est calculée la moyenne de 48 heures hebdomadaires.

Le gouvernement Fillon prétend que les dispositions dérogatoires demandées par le Royaume-Uni, mais acceptées et applicables dans toute l’Union, n’influenceront pas la politique française sur le droit du travail. Pourtant, les projets proposés par le ministre Xavier Bertrand prévoient que des accords dérogatoires puissent remettre en cause au cas par cas les majorations d’heures supplémentaires et les durées maximales de travail, un opt out à la française qui entre parfaitement dans le cadre du compromis du 9 juin.

Si ce compromis était validé par le Parlement européen, car il s’agit d’un sujet entrant dans le cadre de la codécision, et ce à l'encontre de la volonté des organisations syndicales dont la CES, ces remises en cause, dans un contexte de marché du travail de plus en plus déréglementé, pèseraient gravement sur la réduction du temps de travail, l'hygiène et la sécurité, droits auxquels les salariés sont particulièrement attachés.

Attac France,
Montreuil, le 11 juin 2008


Par henri Moulinier - Publié dans : Union européenne: son avenir - Communauté : les anti-capitalistes
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  • : Adjoint au maire honoraire de La Rochelle, écarté par des bureaucrates du PCF, sans AG. Démission du PCF. Rejoint le Parti de Gauche.Professeur en lycée retraité. Chargé de cours fac de droit. Etudiant en Master 2. Producteur de radio Responsab

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