Samedi 10 mai 2008
            Le Parti Socialiste vient, très officiellement d'affirmer son "caractère réformiste", se prononce pour "une "économie sociale et écologique de marché" , "sans taire ses critiques vis-à-vis du capitalisme", qu'il veut "réguler", "encastrer dans des règles politiques et sociales". Voilà donc son "projet de transformation sociale radicale". "Nous combattons le libéralisme" affirme ainsi François Hollande

   
Qu'est-ce que" l'économie de marché"?

        Question apparemment s Quand le Parti Socialiste Européen a décidé récemment à Madrid, en présence et avec l'accord de Martine Aubry, de confirmer son soutien au Traité européen de Lisbonne. Ainsi,  le PSE "recommande (t-il) vivement à la prochaine présidence tchèque de jouer un rôle positif pour faciliter la mise en oeuvre d'une solution "garantissant l'adoption et l'entrée en vigueur de ce traité" antisocial, ultralibéral, et peu démocratique. Le PS français ne pratique-t-il pas le grand écart? Je le pense fortement
rchant le profit. F Braudel regrette que "dans le monde capitaliste comme dans le monde socialiste, on refuse de distinguer capitalisme et économie de marché". Pour lui, l'économie de marché recouvre "l'immense royaume de l'habituel, du routinier", des échanges qu'il faut faire pour vivre et pour agrémenter d'un peu de sel la vie quotidienne: colporteurs, boutiquiers, paysans font vivre ce marché du quotidien, alimentent les "jeux de l'échange". Certes, ces marchés sont plus ou moins importants selon les sociétés et ce n'est que lorsqu'ils sont suffisamment reliés entre eux que l'on peut parler "d'économie de marché". (...). Partout les hommes échangent, achètent ou vendent, ce faisant, ils font évoluer la société

     
"Le capitalisme, c'est autre chose"
   
     
Le capitalisme, lui,  a besoin d'espaces, il joue sur de gros montants, il vise un profit grandissant. Il prospère au-dessus du marché, dans la poigne de grands négociants, enrichis par le "commerce à la grande aventure". Dans la société  française de l'Ancien Régime, "le capitaliste, c'est-à-dire à cette époque le "grand marchand", aux activités multiples et indifférenciées, ne s'engage pas franchement dans la production" précis Braudel.

     C'est donc la taille des opérateurs, dit le journaliste d'Alternatives Economiques, qui distingue, d'abord, l'économie de marché du capitalisme. Le marchand tire profit de prix qui s'imposent à lui, sur lesquels il n'a pas de prise, tandis que les capitalistes accumulent en pesant sur des prix qu'ils maîtrisent peu ou prou - acheter bon marché ici, vendre cher ailleurs. "Ils ont la supériorité de l'information, de l'intelligence, de la culture (...) Qu'ils aient à leur disposition des monopoles ou simplement la puissance nécessaire pour effacer neuf fois sur dix la concurrence, qui en douterait" écrit Braudel

       Pour approfondir ces notions
une approche de J M Harribey, universitaire

    La vraie question que devrait se poser le PS:
                                      c'est comment combattre la logique capitaliste?

       
Comment dépasser cette logique du profit maximum, le plus vite possible, pour promouvoir une autre orientation: celle de la satisfaction des besoins du plus grand nombre sur cett terre, en Europe et en France, tout en préservant l'avenir de notre planète?

     
Il est illusoire de parler d'économie de marché, fut-elle sociale et écologique, et de laisser le capitalisme dominer le marché, imposer sa loi, ses prix, ses profits; sa dégénérescence financière actuelle dans un cadre mondialisée.

     Il est illusoire, voire, j'ose le dire, un brin malhonnête, de la part du PS, d'affirmer vouloir combattre le libéralisme économique, alors que ce libéralisme économique corsette l'actuelle construction de l'Union européenne que les socialistes ont contribué, disent-ils, à construire, avec les droites européennes. Comment considérer comme autre chose que libérale une Europe construite sur les orientations suivantes, réaffirmées dans le Traité européen de Lisbonne, que le PS et tous les socio-démocrates d'Europe soutiennent, avec les droites européennes ou centristes:, traité qui reprend presque mot à mot, les orientations du projet de "Constitution européenne" rejeté par référendum en 2005:

   Quelques aspects (ultra)libéraux du Traité européen de Lisbonne

   
  °  Sur la "concurrence libre et non faussée" qui a été retirée du texte central du Traité: elle réapparaît dans le "protocole n°6", annexé au corps du Traité de Lisbonne comme les bras le sont à notre corps et qui a la même valeur juridique. Ce "protocole n°6 affirme que "les hautes parties contractantes, compte tenu du fait que le marché intérieur tel qu'il est défini à l'article (I-3) du traité sur l'Union Européenne (NB: le Traité de Maastricht de 1992 toujours en vigueur avec le Traité de Rome) comprend un système garantissant que la concurrence n'est pas faussée"!!!

   ° Sur la mise en cause des services publics, dans le sous-titre "Services":
      L'article 59 du Traité de Lisbonne renforce l'article 53 du Traité de Maastricht: "les mots (les Etats) se déclarent disposés à procéder à la libéralisation..." sont remplacés par"...s'efforcent de procéder à la libéralisation..." des dits services

  ° Sur la libre circulation des capitaux:
      L'article 60 du Traité de Lisbonne - Point 3: "... seul le Conseil - européen-, statuant conformément à une procédure législative spéciale, à l'unanimité et après consultation du Parlement européen, peut adopter des mesures qui constituent un recul dans le droit de l'union en ce qui concerne la libéralisation des mouvements de capitaux à destination ou en provenance de pays tiers"

   ° Enfin, mais j'ai d'autres références "libérales" dans les Traités européens, dont celui de Libonne, à propos du libéralisme commercial mondial:
      l'article 157 du Traité de Lisbonne affirme que: "Par l'établissement d'une union douanière (...), l'Union -européenne- contribue, dans l'intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu'à la réduction des barrières douanières  et autres"

    Cliquez ici pour:
Une analyse plus fouillée du Traité de Lisbonne

    Oui, le PS est un parti social-libéral affirmé!

       N'est-ce pas là l'illustration du glissement centriste, de son caractère "social-libéral" du PS actuel, à l'image et en convergeance avec le Parti Socialiste Européen. Les choix politiques proposés et pratiqués          ( parfois avec la droite comme en Allemagne, et qui étaient - et demeurent. Ce n'est pas la position de tous les membres du PS. Le débat interne devrait s'éguiser sur cesz questions

     Ségolène Royal et  Bertrand Delanoé:
                        des choix libéraux identiques sur le plan économique

    
( rajout de ce paragraphe au 23/5/08)

     Les choix de Ségolène Royal lors des élections présidentielles) ne sont alors que des adaptations dans le cadre du capitalisme. Nous sommes loin de l'affirmation du PS d'un "projet de transformation sociale radicale"!!! Et depuis elle a réaffirmé son projet politique de gouverner avec le centre, qui évacue tout changement économique, pour ne se situer que sur le champ politique européen , celui du Pacte de Stabilité, de l'équilibre budgétaire des deniers publics, choix éminements ... libéraux sur le plan économique, car allant dans le sens du moins d'Etat, surtout sur le plan social (les retraites, par exemple, l'éducation, la santé, le logement social, les transports publics, ...)

     Et Bertrand Delanoé vient lui aussi de se rallier clairement au libéralisme économique.
  Sa volonté légitime de ne pas anandonner le terrain des libertés politiques l'amène aussi à adopter officiellement le libéralisme économique. Ce n'est pas une erreur, car Bertrand dDelanoé est homme intelligent et cultivé et il sait bien que libéralisme politique et libéralisme économique ne sont pas la même chose!  Pinochet, en écrasant dans le sang le régime de gauche d'Aliende a instauré une dictature politique pour développer une politique économique libérale, c'est-à-dire une politique de privatisations, d'ouverture aux marchés, de réduction du rôle social de l'Etat, de privilèges accrus pour les grandes fortunes, les latifundiaires, les ...capitalistes ( Oh le vilain mot que les dirigeants majoritaires du PS n'évoquent que pour parler de l'histoire et histoire de ne pas apparaître trop recentrés dans ...le discours!)

    Cette démarche ne doit-elle pas  se travailler avec toutes les forces, les courants, les militants associatifs syndicaux, altermondialistes, les féministes, ..., y compris les militants socialistes, communistes, verts, Lcr, ... pour, ensemble, élaborer un vrai projet de transformation sociale


   ° L' approche pertinente, déjà évoquée plus haut,  des notions de:

     (cliquez sur)     "
Libéralisme, capitalisme, antilibéralisme, anticapitalisme
"

                                                Avec une contribution de Jean Marie Harribey, universitaire
                            

par henri Moulinier publié dans : Ps: recentré ou à gauche? communauté : Les blogs citoyens
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