Lundi 25 février 2008
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A propos de la prétention de Mr Sarkozy de "faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire
d'un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah"
La lettre d'une mère de famille et parente
d'élève: Claire
Malbos ( Paris, le 14/2/2008) - Extraits:
" Ma fille sera en CM2 en 2013. Elle porte en elle de par la grâce de ses parents la mémoire de ces milliers d'enfants, français et non français,
qui au long de l'histoire humaine furent déportés, séparés des leurs, rendus orphelins, esclaves, choses sexuelles, assassinés ... sur les 5 continents.
Elle porte en elle la mémoire future de ces enfants violemment séparés de leurs parents ou familles, ici, maintenant, en France
devant ses yeux de fillette de 4 ans. Elle porte en elle en tant que future femme, citoyenne, lionne au combat, la mémoire de tous ces enfants qu'elle aura vus déportés de son supposé pays de
cocagne vers des univers où ils disparaissent, de tous ces enfants qui n'ont pas d'enfance, en Palestine, au Liban, ... de tous ces enfants marchandés cyniquement, au nom de l'enfance, au Tchad,
ailleurs ...
Ma fille porte en elle tout ceci parce qu'elle est vivante. Parce qu'elle a un papa et une maman vivants auprès d'elle. Qui
animent son âme autant qu'ils le peuvent de toute l'actualité de leurs combats, à sa mesure de petite fille, en lui apprenant qu'il n'y a pas de différence, entre un enfant blanc et un noir, entre
un enfant juif, catholique, sikh, musulman, bouddhiste, que tout enfant a droit au bonheur d'être enfant, dans la douceur de sa famille, les câlins, le jeu, les apprentissages.
Ma fille porte en elle tout cela, et elle ne se verra pas confiée par l'école la mémoire de l'un des 11 000 enfants français
victimes de la Shoah. Ce travail, qui m'est dévolu en tant que parent, et qu'il n'appartient pas à mon sens au Président de la République de choisir de faire à ma place, je l'élabore dans le
respect de mon enfant, et de ce qu'est notre famille.
Il n'y a pas que la Shoah, Mr le Président.
Maints massacres furent perpétrés, maintes mémoires furent et sont encores blessées qu'il vous semble vain d'honorer, maints
enfants furent déportés et assassinés, dont vous semblez faire si peu de cas, en d'autres temps tout aussi atroces que celui de la Shoah. (...)
Ma fille ne se verra confier par vous la mémoire d'aucun enfant d'une seule confession, d'une seule déportation, d'un seul esclavage,
d'un seul massacre.
Ma fille ne sera jamais l'objet de votre manipulation de l'histoire, de l'émotion, du drame humain au service de vos seuls biens
et besoins personnels, politiques ou autres."