Mercredi 3 décembre 2008

La revue marxiste La Pensée, la Fondation Gabriel-Péri et la Fondation allemande Rosa-Luxembourg ont eu la bonne idée d'organiser les 13 et 14 novembre dernier, au siège de l'UNESCO à Paris, un colloque international intitulé, Marché(s), société(s), histoire et devenir de l'Humanité. 


Ce colloque ne pouvait pas mieux tomber avec la grave crise des marchés financiers et ses répercussions tout aussi graves sur la sphère de l'économie réelle, ainsi que sur les conditions de vie et de travail des peuples.

L'objectif central de cette rencontre est de démystifier l'idée que l'économie de marché est consubstantielle au système capitaliste ; et de dégager aussi quelques pistes de dépassement aussi bien théoriques que pratique de ce système.


L'économie de marché existe depuis l'Antiquité!

       ( Voir aussi  un article déjà écrit sur ce blog)

Selon plusieurs conférenciers, l'économie de marché existe sous des formes diverses, depuis l'Antiquité.

Cette économie, dans sa version capitaliste, en est certes la forme la plus performante - mais pas la forme aboutie. C'est ainsi que le capitalisme s'est montré incapable de satisfaire les besoins sociaux et environnementaux des peuples, quand il ne les a pas aggravés : crises des matières premières, de l'énergie, de l'eau potable, crise alimentaire, effet de serre, catastrophes naturelles, chômage, non-satisfaction des besoins sociaux vitaux, etc.

Actualité oblige, la plupart des orateurs ont eu l'occasion de dire tout le mal qu'ils pensaient de la crise financière actuelle due à la financiarisation de l'économie capitaliste. Rappelons que cette financiarisation - et son corollaire les multiples crises financières qui ont secoué cette économie ces trente dernières années - est engendrée fondamentalement par la dégradation continue du pouvoir d'achat de la majorité des peuples, à cause du chômage chronique et massif, du sous-emploi, de la stagnation relatif des salaires réels... Le capitaliste, poussé par la concurrence, tente de produire toujours plus et à moindre coût. Produire à moindre coût, veut dire réduire les frais de production, avant tout ceux de la main-d'œuvre, qui en est l'élément le plus cher, pour la remplacer entre autres par la machine. Moins d'emplois signifie moins de revenus, et donc moins de pouvoir d'achats et de débouchés (solvable), pour ce qui est des entreprises. Confronté à une telle impasse, le système capitaliste essaie alors de contourner le problème par deux moyens principaux (mais pas les seuls)  : l'endettement des ménages par l'octroi de crédit à la consommation (dont les subprimes) et la spéculations boursière, qui ne produit que du vent, mais avec des taux de profits de 12 à 15 % au lieu de 4 à 5 % de profits tirés des investissement, dans l'économie réelle.

 

Le capitalisme est-il réformable?


Orateurs et participants se sont ensuite interrogés, si le capitalisme est réformable. Leur réponse est sans appel : non. Car le marché capitaliste ne peut pas s'autoréguler.

Prétendre par conséquent le moraliser, c'est méconnaître les lois intrinsèques et inéluctables du fonctionnement de ce système.

C'est pourquoi des luttes intenses se sont engagées autour de la nature des solutions à apporter à la crise financière actuelle : l'une libérale, vise à préserver les intérêts du grand patronat ; et l'autre, progressiste, vise à remettre radicalement en cause le modèle néolibéral de croissance, modèle fondé uniquement sur la recherche de la maximisation des profits.

La seconde solution consiste concrètement, selon plusieurs intervenants, dans l'amélioration des droits sociaux, dont les salaires ; l'instauration d'une sécurité sociale professionnelle des travailleurs  (et l'intervention de ceux-ci dans l'élaboration des choix stratégiques de leurs entreprises)  ; la réhabilitation des services publics ; la création d'un pôle public bancaire privilégiant le financement des projets créateurs d'emplois et satisfaisant les besoins sociaux ; la fin de l'indépendance des Banques centrales ; le contrôle et la taxation de la circulation des capitaux ; la création de monnaies régionales, comme jalon vers la création à plus long terme d'une monnaie mondiale, en vue de mettre fin à l'hégémonie du dollars, etc.

Les chercheurs chinois ont axé leurs exposés respectifs sur la mise en place dans leur pays de ce qu'ils appellent les mécanismes de l'économie socialiste de marché.

L'autre expérience, qui a recueilli l'intérêt des participants, est l'Alliance bolivarienne pour les peuples des Amériques (regroupant Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua, la Dominique et le Honduras). Elle avait été créée en 2004 à La Havane, en réaction contre la zone de libre-échange, dont l'unique but est de pressurer davantage les économies des pays de ce continent au profit des entreprises transnationales états-uniennes. D'autres pays latino-américains ne sont pas moins engagés dans des luttes peut-être plus sectorielles, en tout cas moins radicales et moins globales que celle de l'ALBA en vue de se préserver des actions prédatrices contre leurs économies de la part du gouvernement des Etats-Unis d'Amérique.

Hakim Arabdiou

par henri Moulinier publié dans : Economie - libéralisme communauté : Les blogs citoyens
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Mercredi 3 décembre 2008

Avant le congrès, Marie-George Buffet verrouille les instances
LE MONDE | 03.12.08 | 14h32


Le congrès du PCF ne débute que dans neuf jours mais Marie-George Buffet a
l'intention de tout verrouiller avant. Y compris les instances de direction
qui devraient être élues par les délégués.


Dans une instance ad hoc appelée "commission de transparence", la secrétaire
nationale a expliqué, le 1er décembre, qu'elle souhaitait rester avec "une
direction qui dirige" "avec une envie de travailler ensemble", tout en  impulsant
un "rajeunissement" des instances nationales.
C'est sur ces critères que la
numéro un du PCF a présenté sa version de la composition des futures
directions. Et justifié l'éviction de plusieurs dirigeants qui ont marqué leur souhait
d'ouvrir le PCF et/ou de le voir participer à la constitution d'une nouvelle
force politique.


Sont ainsi exclus les refondateurs comme Roger Martelli, Pierre Zarka,
Patrick Braouezec et leurs amis. Sont aussi évincés les proches de Jean-Claude
Gayssot comme Dominique Grador, responsable aux élections, ou Pierre Mathieu,
représentant communiste à l'Association des régions de France.


RAIDISSEMENT


D'autres dirigeants ou secrétaires fédéraux, moins marqués mais ayant commis
la faute de faire connaître leur désaccord avec la ligne de réaffirmation de
l'identité communiste choisie par la direction, ont été "sortis" : Christian
Martin dans la Sarthe, François Dumont dans le Cher, Gérald Briant à Paris
ou encore Bruno Piriou dans l'Essonne
. "Même Marchais ne faisait pas ça",
remarque un membre de la direction.

Les opposants sont, eux, atterrés. Ils avaient perçu un raidissement dans
les congrès locaux. La composition de la future direction, avec le renforcement
des "orthodoxes", les inquiète.

"On jette ceux qui ont milité pour des listes
ouvertes aux régionales et aux européennes de 2004 et qui ont été à
l'initiative de l'appel contre la Constitution européenne", rappelle M. Zarka. "Pas
question de participer à une opération d'éradication en étant la caution d'un
soi-disant renouvellement", s'emporte Marie-Pierre Vieu, membre de l'exécutif.


Les plus "orthodoxes" estiment que Mme Buffet n'est pas allée assez loin :
"Si on veut rajeunir, il faut changer de secrétaire nationale", martèle Nicolas
Marchand. Mme Buffet, elle, assure que "les décisions sur les noms ne sont
pas arrêtées".              

                                    Affaire à suivre. Nous verrons au Congrès national, ce qu'il en sera......

 Lire aussi le point de vue de Robert Hue sur un PCF "irréformable"

et celui de François Asensi

par henri Moulinier publié dans : Pcf: quel avenir? communauté : Les antilibéraux
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Mercredi 3 décembre 2008

02 Décembre 2008 - 21:33

Exclusif Paris Match-Ifop : Premier sondage élections européennes.

Le PS et l'UMP à 22%


Politique. On disait le PS fini. Mais les Français sondés n'enterrent pas le Parti socialiste


Bonne nouvelle pour Martine Aubry : notre sondage montre que le PS peut rebondir, malgré les dissensions entre socialistes au congrès de Reims.


Le parti de Martine Aubry recueille 22% d'intentions de vote, à égalité parfaite avec le parti du président de la République. En parallèle, la gauche de la gauche progresse. La somme des quatre listes (Verts, Besancenot, Lutte ouvrière, Parti communiste) totalise 27% des voix. Soit une gauche totale à 49%... Autre constat, François Bayrou résiste lui aussi. Le patron du MoDem, à peu près seul sur l'échiquier politique, totalise 12% d'intentions de vote. «Il renoue avec le résultat obtenu par l'UDF en 2004», analyse Frédéric Dabi, directeur du département Opinion publique à l'Ifop, «et s'impose comme un recours face au PS et à l'UMP». C'est dire si pour la majorité présidentielle, rien n'est ­acquis.


 Deux partis majoritaires à égalité. C'est le premier constat de notre sondage. Le PS et l'UMP sont à égalité et totalisent à eux deux 44% d'intentions de vote. «Avec 22%, le parti présidentiel enregistre un score très inférieur à celui obtenu par Nicolas Sarkozy au premier tour de l'élection présidentielle (31,2%) mais se situe déjà à un étiage d'intentions de vote supérieur au résultat électoral désastreux de l'UMP lors des dernières élections européennes (16,6%), lesquelles avaient été le théâtre d'un vote sanction contre le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin», analyse Frédéric Dabi. Le PS, même en deçà de son score aux dernières européennes (28,9%), s'accroche. «On peut y voir un léger effet suite à la désignation de ­Martine Aubry», poursuit Dabi. D'autant que seulement 60% des électeurs de ­Ségolène Royal, encore sous le coup de la défaite de leur candidate, se ­déterminent aujourd'hui en faveur du PS. Ce qui peut laisser augurer d'un réservoir de voix pour les socialistes.


 Une «gauche de la gauche» en pleine forme.


«Tout se passe comme si la crise économique actuelle exacerbant l'angoisse sociale de l'opinion profitait aux forces de la gauche radicale ­qui stigmatisent de longue date le système libéral», analyse Frédéric Dabi.

A lui seul, Olivier Besancenot, pour le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), tire son épingle du jeu en doublant quasiment son score du premier tour de l'élection présidentielle avec 8% d'intentions de vote. Besancenot capte 12% du vote des jeunes, 20% des artisans et commerçants.

Le PC plafonne à 4%. Autant que Lutte ouvrière.

Les Verts emmenés par Daniel Cohn-Bendit, José Bové et Eva Joly sont crédités de 11% d'intentions de vote. Eux aussi ratissent chez les jeunes (16% chez les moins de 35 ans).


La ­lecture de notre sondage démontre au passage que la crise actuelle profite plus à la gauche de la gauche qu'à la droite de la droite.

Le FN de Jean-Marie Le Pen, en pleine déconfiture financière et plongé dans une guerre de succession, recule à 7%.

C'est dire si l'année politique s'annonce, pour tous les partis, à haut risque.

 

                          Voir le dossier sur la préparation de ces élections européennes sur ce blog

 

Question posée dans le sondage:

EUROPEENNES : LE CHOIX DES FRANÇAIS

Si les élections européennes avaient lieu dimanche prochain, parmi les listes suivantes, pour laquelle y aurait-il le plus de chance que vous votiez ? Une liste...


par henri Moulinier publié dans : Elections européennes de 2009 communauté : Unissons nous à gauche...
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