Dimanche 30 novembre 2008

Hue claque la porte du PC - 29.11.08 - Le Parisien

Dans une lettre très rude adressée à Marie-George Buffet, son prédécesseur à la tête du parti lui indique qu'il choisit de quitter le conseil national du PCF. Et qu'il ne croit plus à l'avenir du parti tel qu'il est, et tel qu'il fonctionne.


DEUX FOIS candidat à l'élection présidentielle (il a obtenu près de 9% des suffrages en 1995 et seulement 3,37% en 2002), Robert Hue a été secrétaire national du PCF de 1994 à 2001 et en a été le président de 2001 à 2003. Il est aujourd'hui sénateur du Val-d'Oise et président de la Fondation Gabriel-Péri. Il reste, en 2008, une de figures d'un parti en crise. Sa décision - qu'il annonce dans une lettre en date du 26 novembre, adressée à Marie-George Buffet-de quitter le conseil national du parti ressemble, du coup, à une petite bombe politique. D'autant qu'elle intervient juste avant l'ouverture du 34e congrès du parti et qu'elle est accompagnée d'attendus très sévères. Pour Hue, le parti reste trop marqué par la « dogmatique stalinienne » et la «matrice bolchévique de 1920 », et il est incapable de « s'autotransformer ». Hue assure qu'il n'est pas devenu socialiste, mais il se dit décidé à vivre son communisme « autrement ».

A quel moment précis avez-vous décidé de quitter le conseil national du Parti communiste et, au-delà, de « prendre vos distances » avec le parti pour, probablement plus tard, rompre avec lui ?


Robert Hue.
Ma décision a été mûrement réfléchie. J'ai bien pesé ce qu'elle signifiait pour moi, pour les communistes, pour les femmes et les hommes de progrès. Dans l'exercice de mes responsabilités au PCF, j'ai conduit - ou tenté de conduire - une mutation dont j'espérais qu'elle permette à notre parti de retrouver une réelle influence à gauche et dans la vie politique française. Cette mutation a échoué, mais elle a eu cependant des résultats importants. Je n'en citerai que deux : d'une part, la réhabilitation pleine et entière de toutes celles et de tous ceux que le parti avait exclus ou poussés à partir ; d'autre part, la reconnaissance des « sensibilités », des courants si vous préférez. Jusqu'en 1994, quiconque affichait une position divergente de celle de la majorité était écarté ou devait s'écarter. Grâce à nos efforts, il est aujourd'hui plus difficile de faire taire les différences au sein du parti. Je constate cependant, et je le déplore, de sérieuses régressions par rapport à l'époque où j'étais secrétaire national.

Vous quittez donc l'instance dirigeante du parti dont vous avez été longtemps le patron...


Si je la quitte, c'est aussi parce que je ne me retrouve pas dans les orientations stratégiques de ces dernières années. Je me suis, pendant une longue période, interdit de les commenter publiquement. Aujourd'hui, à quelques jours du congrès, je fais part de ces désaccords à Marie-George Buffet et aux communistes. Mais je n'abandonne ni mes convictions ni les valeurs qui fondent mon engagement : celles des centaines de milliers de mes camarades depuis 1920. Je serai désormais communiste autrement.

Vous dites qu'il n'est possible ni de « réformer le PCF » ni de parier sur son aptitude à « s'auto-réformer » et qu'il faut en finir avec le « fétichisme » du mot communisme. Mesurez-vous que votre prise de conscience sera jugée historiquement tardive ?


En disant cela, je prends mes responsabilités, et je le fais avec gravité. J'ai beaucoup réfléchi et ma réflexion a été, naturellement, très en appui sur mon expérience de près de dix ans à la tête du Parti communiste. Je ne me dispense d'aucune critique : la mutation fut sans doute trop marquée de volontarisme et trop « tirée d'en haut ». Mais je vois aussi que d'autres obstacles ont rendu la tâche extrêmement difficile, qui sont le produit d'une tradition, d'une culture que je redoute figées. Je ne sais pas si je suis, historiquement, en retard. Je sais simplement, j'insiste, que j'avais besoin de réfléchir à tout cela, et je m'en suis donné le temps. Ce que j'ai entrepris au milieu des années 1990, je l'ai fait parce que j'y croyais, même si - compte tenu de l'ampleur des transformations à accomplir et des obstacles auxquels j'étais confronté - le doute m'habitait parfois. Je ne regrette rien. « Je ne crois pas que le parti soit réformable »

Le temps est donc venu aujourd'hui, pour vous, de tirer les conclusions de ce que vous avez vécu ?


Au terme d'une longue période de réflexion, je me sens confirmé dans les doutes que j'avais en débutant la tâche immense que je m'étais imposée : je ne crois pas, désormais, en dépit de la richesse humaine et du dévouement de milliers de militantes et militants communistes, que le parti soit réformable.

Est-il temps, à vos yeux, de reconsidérer le bilan de la « gauche plurielle » ? Vous suggérez que c'est une commodité pour les communistes d'attribuer la responsabilité du déclin du parti à cette alliance...


Le déclin du PCF a commencé bien avant 1997 et le gouvernement de la gauche plurielle. Bien avant l'implosion de l'Est. Il s'est produit par érosions successives, avec des décrochages plus marqués et de plus en plus répétés depuis 1981. Il tient à la crise du communisme, elle-même entamée à la charnière des années 1920-1930 avec l'ascension de Staline et la liquidation, partout, de toute opposition interne. Je ne nie pas que l'échec de la gauche plurielle ait joué dans ce déclin, mais il reste, selon moi, très marginal.

Vous revendiquez donc le bilan - pourtant contesté par les communistes - de cette « gauche plurielle » ?

Le gouvernement de la gauche plurielle entre 1997 et 2002 est désormais un objet de l'histoire. Or, l'histoire ne relève pas du principe de la balance : sur un plateau le « bon », sur l'autre le « mauvais ». Il est faux de prétendre que le PCF n'a pas agi pour combattre certaines mesures prises par une équipe dans laquelle le PS dominait. Rappelez-vous : j'ai alerté Lionel Jospin et nos alliés sur les risques d'échec. « La gauche va dans le mur », ai-je moi-même déclaré en 2001. Par ailleurs, il faut se poser deux questions. Primo : pourquoi la droite, une fois revenue au pouvoir, s'est-elle empressée de revenir sur nombre de réformes introduites par la gauche, comme les 35 heures ou la loi sur le contrôle des fonds publics que j'avais fait voter, et qui serait bien utile aujourd'hui ? Secundo : la France de 2002 ressemblait-elle à la France de 1997 ? La parité, le Pacs, les 35 heures et les RTT, la CMU... Est-ce que la société, durant ces cinq années-là, a changé ou non ? En la circonstance, je ne pense pas qu'il soit judicieux de faire table rase du passé. J'ajoute, face à la violence de l'offensive antisociale de Nicolas Sarkozy, que, pour moi, oui décidément, la gauche et la droite, ce n'est pas la même chose.

Ne seriez-vous pas, pour autant, devenu social-démocrate ?

Sans aucune ambiguïté, non ! Ma conviction, c'est qu'il existe à gauche un espace entre un communisme plus ou moins dogmatisé ou une extrême gauche strictement protestataire et une social-démocratie s'accommodant pour l'essentiel du capitalisme. Et je travaille à faire des propositions constructives, susceptibles de sortir la gauche de cet enfermement (http://roberthue.wordpress.com) . D'ici quelques jours, je m'exprimerai à ce sujet publiquement. Je ne vois pas plus Obama que Sarkozy réformer le capitalisme dans un autre but que le consolider.


Le Parisien

 

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par henri Moulinier publié dans : Quelle alternative à gauche? communauté : Unissons nous à gauche...
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Dimanche 30 novembre 2008

Je vous propose de lire ces réflexions transmises par Daniel CHUILLET, rochelais, par ailleurs VP d'ATTAC 17

Ce blog est ouvert et je publie bien volontiers son texte  HM


Au cours des 150 dernières années et depuis la révolution industrielle, nos sociétés ont traversées des périodes difficiles  qui ont marqué notre histoire.

Après le capitalisme répressif de la révolution industrielle exploitant le monde ouvrier et l'entassant autour des usines et débouchant sur les luttes sociales, nous avons subi le capitalisme « paternaliste » où pour limiter les luttes on a amélioré le sort des ouvriers en leur assurant un statut et une sécurité moyennant de s'identifier à l'entreprise et de ne pas remettre en cause le système.

Nous avons été, après les révolutions sociales, soumis au principe de la « dictature du prolétariat ».


De la "dictaure du prolétariat" à "une société d'exclusion"


Avec la mondialisation libérale, « la dictature du marché » a façonné nos sociétés en détruisant nos liens sociaux et nous imposant le chômage de masse.

Chemin faisant, pour résoudre nos problèmes, il a été mise en place « une société d'assistanat » chargée d'atténuer les dégâts du libéralisme. Avec notre président actuel, nous entrons dans « une société d'exclusion » à l'américaine.

Si la société d'assistanat a permis sur un plan matériel d'apporter des réponses, elle a posé problème sur un plan social ou sociétal. Elle a posé la question du rapport de l'assisté et de l'assistant, opposant ainsi une partie de la population à une autre, elle s'est révélée insatisfaisante sur le plan humain en tant que respect de la dignité (sentiment de dépendance), en tant que perspectives d'avenir et d'ascenseur social, ainsi que d'appartenance et d'utilité réelle à la collectivité.

cette société d'assistanat, bien qu'apportant des réponses, s'est traduite par des coûts énormes sur le plan des finances publiques et donc de la dette publique.

La société d'exclusion qui se met en place aujourd'hui avec le corollaire de la pénalisation des conflits et des contestations est encore  évidemment bien plus dangereuse et ne pourra pas résoudre notre « vivre ensemble ».

Avec les crises qui sont là aujourd'hui et sans doute encore demain, la société est confrontée à de nouveaux défis. La crise écologique majeure doit être au cœur de nos priorités mais la réponse a apporter peut être sujet à interrogation car il serait dangereux de ne pas tenir compte de l'histoire et aboutir ainsi à une nouvelle dictature : celle de « la dictature de l'écologie ».


Retrouver un équilibre entre nature et humanité ...


     ... est chose difficile car l'équilibre est toujours ce qui est le plus difficile à trouver. Cela passe par la présence effective de diverses forces (loi physique universelle).

Dans une société, cela passe par le dialogue, l'ouverture d'esprit, le compromis et donc, par une démocratie plus ouverte et plus participative. Et dans ce domaine,  l'éducation et le savoir ne sont ils pas les critères les plus pertinents ?... ce que remet en cause la politique actuelle de M Sarkozy.

On peut faire de «  l'écologie répressive »par une société d'interdiction. Une société d'adhésion permet le juste équilibre entre l'intérêt collectif et le respect d'une liberté individuelle  maîtrisée. La construction d'une société pouvant naitre de l'après crise nous pose des interrogations fortes sur notre comportement individuel et collectif.

Tolérance, sagesse, humilité, ouverture devront dicter notre conduite si nous ne voulons pas entrer dans une voie sans issue où aucune marche arrière ne sera possible.


Il nous faut construire une « société d'appartenance » où chacun aura sa place.

                      Car il nous faut ansi changer pendant qu'il en est encore temps.


On ne peut indéfiniment opposer les groupes sociaux. On ne peut laisser sur la route de l'humanité dans une grande « débandade » un partie de soi-même, car à l'arrivée,s'il ya une, nous ne pourrons plus au plus profond de nous-mêmes se regarder comme des humains .

 

                                                                                     Daniel Chuillet



par henri Moulinier publié dans : Quelle alternative à gauche? communauté : Les blogs citoyens
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Dimanche 30 novembre 2008


Jean-Luc Mélenchon a lancé samedi son Parti de Gauche lors d'un meeting à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), où il a invité à "affronter le capitalisme" tout en dénonçant "l'impuissance" du social-libéralisme.

 Le sénateur et le député Marc Dolez ont quitté le Parti socialiste au début du mois, mus par le désir de créer une "force nouvelle" clairement à gauche en vue des élections européennes du printemps 2009.

"La France des rébellions et des révolutions a de nouveau une volonté, un drapeau et un parti", a lancé Jean-Luc Mélenchon devant plusieurs centaines de personnes.

"Il y a une immense disponibilité à gauche pour affronter le capitalisme, pour sortir des sentiers battus et rebattus de l'impuissance incarnée par le social-libéralisme", a-t-il dit.

"Nous ne savons pas si c'est possible d'y parvenir avec le Parti de Gauche, mais ce dont nous sommes certains, c'est que c'est nécessaire de l'entreprendre, de le commencer tout de suite parce qu'il y a urgence".

Avant lui à la tribune, l'ancien ministre social-démocrate allemand Oskar Lafontaine, lui-même cofondateur d'un "Parti de gauche" en Allemagne, avait appelé à "rompre avec ce dilemme fatal de compromis pourris". "Si la gauche perd sa crédibilité, elle perd sa raison d'être", a-t-il souligné.

Opposant au traité européen de Lisbonne, Jean-Luc Mélenchon s'est rapproché du Parti communiste et de la Ligue communiste révolutionnaire après son départ du PS. Le porte-parole de la LCR, Olivier Besancenot, a jugé possible de "mener des campagnes" avec lui tout en excluant toute idée de parti commun.

 

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Personnellement,


      - j'ai envie de faire un bout de chemin avec le Parti de Gauche, formation en gestation, que je souhaite démocratique, pluraliste, ouverte, non pyramidale. (site du Parti de Gauche www.lepartidegauche.fr)

     -  je partage la démarche de Front pour les élections européennes de Juin 2009. Il y a urgence et gravité. Je souhaite vivement que la LCR-NPA y participe pour donner de la force à ce rassemblement qui peut faire un tabac!

     - je suis avec beaucoup d'attention une autre démarche de création d'une Fédération qui implique des courants politiques signataires de l'Appel de

Politis

    - Je vais vous livrer le fond de ma pensée: pourquoi créer Et un Parti de Gauche Et une Fédération, sur un champ politique proche? Certes, un travail peut se faire en commun dans le cadres de fronts d'organisations et de citoyens? Mais est-il utopique de penser à des rapprochements plus organisationnels?


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Lancement réussi !

       Communique du PG du 30/11/08

Le meeting de lancement du Parti de Gauche s'est tenu samedi 29 novembre à l'Ile St Denis devant plus de 3000 personnes. C'est un énorme succès, surtout si l'on sait que cette initiative a été préparée en deux semaines. Ceci montre qu'il existe une attente profonde dans notre peuple pour un parti de gauche digne de ce nom.


Les interventions très applaudies des fondateurs du Parti de Gauche ont permis de présenter l'ambition du PG, ses objectifs et ses principales orientations.

La présence de plusieurs ambassadeurs et de représentants des partis de gauche latino-américains (Venezuela, Cuba, Chili, Bolivie) a rappelé la dimension internationale de notre combat. Nous avons eu la fierté et l'émotion d'entendre un message d'Evo Morales saluant la création du Parti de Gauche. Ou encore d'écouter les paroles du cinéaste Robert Guédiguian.

De même, des dirigeants venus de toute la gauche étaient présents, démontrant qu'ils considèrent la naissance du PG comme une chance et non comme une concurrence. Les textes des interventions seront disponibles sur le site à partir de lundi et les vidéos à parti de mercredi. Vous pouvez y trouver déjà les premières photos du meeting.

 

      Site du Parti de Gauche:

                              www.lepartidegauche.fr

 


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par henri Moulinier publié dans : Parti de Gauche communauté : Les antilibéraux
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