Préserver notre planète

Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /2009 10:14
Avec cette déclaration et l'article ci-après d'Usine Nouvelle, les éléments du débat pour ou contre la construction d'un 2e ERP sont, je crois, bien posés. Ma conviction raisonnée me conduit à considérer cette construction comme inutile : pour les besoins de notre pays, pour une autre politique énergétique.

Cet EPR me semble surtout utile "pour les industriels", comme le dit l'article d'Usine Nouvelle, utile pour exporter, toujours exporter, et nous importerons des éolinnes ou d'autre moyens de production d'énergie renouvelable: solaire, ...).

C'est d'ailleurs ce que confirme le communiqué de presse officiel d'EDF du 30/1/2009 ( article 2)

Nous somme toujours dans le cadre d'une politique libérale qui tourne le dos au Grenelle de l'environnement, pour ne pas dire qu'elle le tue !!!

Et vous, qu'en-pensez-vous ?                                    H Moulinier

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Article 1:
2ème EPR: L'énergie contre les citoyens


Changements climatiques, raréfaction des ressources, crise pétrolière, libéralisation des marchés de l'électricité et du gaz, la question des services énergétiques est au coeur de nos sociétés. Elle constitue également un des enjeux majeurs du 21ème siècle.

Et si le sujet est aujourd'hui au coeur de l'actualité et de l'agenda politique, il reste certains tabous qui échappent au débat public et démocratique. C'est notamment le cas du nucléaire et plus particulièrement du programme EPR, que le gouvernement est en train d'avaliser en présentant au Parlement la programmation pluriannuelle des investissements (PPI). Prise en dépit du bon sens et au mépris de la démocratie, cette programmation n'est pas la réponse aux enjeux graves auxquels nous devons faire face.

L'annonce de la construction d'un 2ème EPR à Penly, faite par Nicolas Sarkozy le 30 janvier dernier, est un véritable déni de démocratie.

Aucun débat public, pas de consultation, censure dans le cadre du grenelle de l'environnement, le parlement et le ministre de l'Energie court-circuités. Le président de la République persiste à décider seul, alors que l'énergie doit être une affaire de citoyens.


L'EPR ne répond pas aux besoins énergétiques de la France.

Notre pays est déjà en surproduction électrique et n'a pas besoin de nouvelles centrales. Les nouveaux réacteurs EPR vont en fait augmenter les exportations d'électricité, déjà très importantes. Le risque et les déchets resteront quant à eux en France. En outre, l'EPR n'est qu'une vitrine commerciale pour vendre des réacteurs à l'étranger.


Faire le choix d'un programme EPR, c'est tourner le dos aux exigences actuelles de sobriété et d'efficacité énergétique et se mettre en totale contradiction avec les engagements, pourtant bien insuffisants, du Grenelle de l'environnement.


Celui-ci prévoyait une baisse des consommations énergétiques et le développement des énergies
renouvelables, tout en laissant de côté la question épineuse du nucléaire. On voit aujourd'hui quelle voie le gouvernement a choisi... Augmenter la production d'électricité nous enferme dans la logique qui
a prévalu jusqu'à présent : pas de maîtrise de l'énergie, les renouvelables reléguées au second plan.


L'EPR n'est pas une solution pour lutter contre les changements

climatiques.

Au niveau mondial, le nucléaire ne représente que 2 à 3% de la consommation finale d'énergie. Selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), même en triplant le nombre de réacteurs d'ici 2050, c'est-à-dire en construisant 30 réacteurs par an, on ne réduirait que de 6% les émissions de gaz à effet de serre.

 

L'EPR ne répond pas à la crise économique.

 Il s'agit d'un projet coûteux (4 à 5 milliards d'euros) qui dépasse largement les prévisions initiales et qui ne tient pas compte du coût de la gestion des déchets et du démantèlement. Les énergies renouvelables et la maîtrise de l'énergie sont bien plus créatrices d'emplois et porteuses d'avenir.

Des études confiées à des cabinets indépendants ont montré qu'à investissement équivalent, un programme éolien produirait deux fois plus d'électricité et créerait près de 5 fois plus d'emplois stables.


Enfin, l'EPR ne répond pas aux problèmes du nucléaire: risque, déchets, prolifération. Pire, il les aggrave
!

En effet, les déchets qui seront produits par l'EPR seront beaucoup plus dangereux que ceux produits actuellement.
Pour toutes ces raisons, nous, associations, partis politiques et syndicats nous prononçons, collectivement, contre le programme EPR et demandons son arrêt immédiat, ainsi que l'organisation d'un réel débat
démocratique sur l'avenir de la filière nucléaire française.


Paris, le 12 juin 2009

 

Signataires: Agir pour l'environnement, ATTAC, CAP 21, Greenpeace, Les Alternatifs, Les Amis de la Terre, Les Verts, NPA, Parti de Gauche, Réseau Sortir du nucléaire, Solidaires.


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Article 2
EDF : communiqué de presse
  - 30/01/2009  

Réalisation d’un deuxième EPR en France


L'annonce de la confirmation par le Président de la République de la construction d'un second EPR conduit par EDF est une excellente nouvelle pour l'entreprise.
Pour Pierre Gadonneix, Président Directeur Général d’EDF, « Ce soutien conforte la stratégie industrielle engagée par le Groupe sur le long terme dans le développement de moyens de production sans CO2, notamment nucléaires. C'est également une excellente nouvelle pour l'ensemble de la filière nucléaire et pour l'emploi en France.
La réalisation d'un second EPR pilotée par EDF confortera la sécurité d'approvisionnement du pays et de l'Europedans un contexte de hausse de la demande. »
Le site de Penly en Seine-Maritime présente toutes les caractéristiques techniques pour accueillir un nouveau réacteur de technologie EPR.
EDF saisira du projet ses instances de gouvernance et s'attachera, bien sûr, à s'inscrire scrupuleusement dans le respect de toutes les procédures de concertation, avant le lancement de la construction en 2012.
EDF associera, en outre, à la réalisation de ce second EPR français des industriels, notamment GDF-Suez, dans le cadre de partenariats équilibrés, comme dans le passé Electrabel dans les centrales de Chooz et de Tricastin et plus récemment Enel dans le futur réacteur nucléaire EPR à Flamanville.
dans les années à venir,

Le Groupe EDF, un des leaders sur le marché de l’énergie en Europe, est un énergéticien intégré, présent sur l’ensemble des métiers : la production, le transport, la distribution, le négoce et la vente d’énergies. Premier producteur d’électricité en Europe, le Groupe dispose en France de moyens de production essentiellement nucléaires et hydrauliques fournissant à 95 % une électricité sans émission de CO2. Ses filiales de transport et de distribution d'électricité exploitent 1 246 000 km de lignes électriques aériennes et souterraines de moyenne et basse tension et de l’ordre de 100 000 km de réseaux à haute et très haute tension. Le Groupe participe à la fourniture d’énergies et de services à plus de 38 millions de clients dans le monde, dont plus de 28 millions en France. Le Groupe a réalisé en 2007 un chiffre d’affaires consolidé de 59,6 milliards d’euros dont 44 % en Europe hors France. EDF, cotée à la Bourse de Paris, est membre de l’indice CAC 40.

http://presse.edf.com/FRONT/EDF_PRESSE/img/spacer.gif

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Article 3

La France a-t-elle besoin d'un 2e EPR ?

Usine nouvelle 06/02/2009

Une semaine après avoir donné son feu vert à la construction d'un deuxième EPR à Penly, le chef de l'Etat a défendu son choix, en visite sur le chantier de Flamanville. A-t-il eu raison ?

A Flamanville ce 6 février, chantier du premier EPR français, Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur la stratégie de la France pour l'énergie. Le président de la République a justifié la construction d'un deuxième EPR dès 2012 à Penly en Normandie, confiée comme annoncé le 30 janvier à EDF associé à GDF-Suez, voire à troisième partenaire principal.

Si les industriels y ont un intérêt certain, qu'en est-il de la France dans son ensemble ? Besoins énergétiques, déchets, marché du travail... L'Usine Nouvelle.com a fait l'examen des arguments justifiant (ou pas) ce nouveau chantier. 

1) Du point de vue des besoins de la France en électricité, il n'y avait pas urgence.

En 2008,la France a exporté 10% de la production soit environ la puissance de 5 des 58 réacteurs en fonction dans l'Hexagone. Ce surplus se réduit d'année en année mais dans ses prévisions, EDF tablait jusque là sur 2020 pour le lancement d'un deuxième EPR... En effet, les 58 réacteurs français, d'une moyenne d'âge de 22 ans, n'ont pas besoin d'être remplacés à court terme, EDF envisageant de prolonger leur durée de vie de 40 à 60 ans.

Nicolas Sarkozy s'est exprimé à ce sujet : « à partir de 2019, chaque année, plusieurs centrales existantes atteindront leur quarantième anniversaire. Sur le fondement des recommandations que l'autorité de sûreté nucléaire formulera, à ce moment-là, en toute indépendance, il faudra décider de leur arrêt ou de leur prolongation et des investissements associés » a-t-il indiqué le 6 février.

En lançant dès 2012 le chantier de Penly avec un objectif de raccordement au réseau pour 2017, l'Elysée semble avoir mis un coup d'accélérateur de 3 ans au projet.

Pas tout à fait, répond Colette Lewiner, directrice internationale du secteur Energie chez Capgemini. « On table sur une mise en service en 2017-2018, mais c'est un peu optimiste, disons autours de 2020 », tempère-t-elle. Et les besoins en France sont ,selon elle,  réels, malgré la crise. « La consommation domestique résidentielle a augmenté de 3% en 2008 et pourrait continuer sur ce rythme, avec un fléchissement de la demande durant les années de crise, soit un ou 2 ans. Durant cette crise, la consommation industrielle devrait diminuer et pourrait ne pas revenir, une fois le coup dur passé, à son niveau de 2007/2008. En effet les types de produits consommés, leur mode et lieu de production pourraient être profondément affectée par la crise.  Mais le tertiaire et les particuliers vont voir leurs besoins croître» prévoit-elle. Soit la grande majorité des consommateurs d'énergie en France. Et l'EPR permet de faire face à cette demande massive.

La voiture électrique en vue. Autre intérêt des EPR fréquemment évoqué, du point de vue des infrastructures en France: il s'agira d'une source d'électricité supplémentaire, en cas de développement de la voiture électrique. Car il faudra bien recharger tous ces nouveaux véhicules. «Les économies d'énergie dans le transport, par exemple, peuvent se traduire par une substitution de l'électricité, vecteur plus propre, souple et moderne, aux carburants issus du pétrole» indique à ce sujet Colette Lewiner.

De l'électricité pour exporter. Dernier intérêt de l'EPR : exporter vers nos voisins européens. En 2008, les exportations françaises d'électricité sont tombées au plus bas depuis 1990. « Avant on exportait 70 TWh d'électricité chaque année. En 2008, on est tombé à 47 TWh. Et plus la consommation intérieure augmente, moins on va exporter », pointe Colette Lewiner. Or, « exporter vers nos voisins européens fait sens, quand on voit l'Allemagne désireuse de stopper ses centrales nucléaires pour rouvrir de nouvelles centrales électriques au charbon  très polluantes en termes d'émissions de C02» argumente-t-elle.

Un point dont Nicolas Sarkozy s'est fait le chantre le 6 février : « Un EPR c'est environ 12 milliards de kilowattheures produits par an, au prix du marché européen, c'est 600 millions d'euros d'exportations, j'attends de voir celui qui me dira que nous n'en avons pas besoin » indique-t-il.


2) La décision était précipitée, et tue le Grenelle


Si l'EPR répond indéniablement à la demande d'énergie en France, il génère néanmoins plus d'une externalité négative.

* Son coût assèche les ressources disponibles pour les autres nouvelles sources d'énergie. « Reste à se demander si le projet est rentable et surtout si les cinq milliards (minimum, si l'on songe aux dérapages financiers actuels, en France et en Finlande) que devrait coûter ce projet, ne seraient pas mieux utilisés pour développer les économies d'énergies, des installations éoliennes, des panneaux solaires ou des centrales locales ou régionales utilisant la biomasse » commente ainsi le journaliste Claude Marie Vadrot sur son blog. C'est aussi l'opinion de Corinne Lepage, qui s'est exprimée dans les colonnes de la Tribune le 28 janvier. « La réalisation de trois EPR rend totalement virtuel l'objectif de 23% d'énergies renouvelables en 2020 et de 20% d'efficacité énergétique à cette date », pointe-t-elle.

* Trop d'offre tue l'efficacité énergétique. C'est connu : en Russie par exemple, l'abondance du gaz n'a pas poussé aux efforts d'isolation des maisons ni aux autres mesures d'économie d'énergieConstruire trois réacteurs EPR aboutit à augmenter considérablement l'offre d'électricité et à répéter le scénario précédent : pas de politique de maîtrise de l'énergie, des coûts astronomiques pour les logements chauffés à l'électricité, pas d'industrie du renouvelable. » expose Corinne Lepage. Claude Marie Vadrot interroge lui aussi : « est-il  vraiment nécessaire de chauffer de plus en plus de gens (comme les fameuses « maisons Boutin à 15 euros) à l'électricité au risque de leur imposer de dépenser des fortunes dans des logements mal isolés ? » 

Démonstration par Corinne Lepage : « pour vendre son courant (électrique), qui ne se stocke pas, et amortir le coût faramineux de réalisation des EPR (...), les exploitants, aidés bien entendu par des pouvoirs publics devenus schizophrènes, vont devoir favoriser la consommation électrique, c'est-à-dire continuer à promouvoir le chauffage électrique et lutter contre l'efficacité énergétique» dénonce-t-elle.
« Ils ont d'ailleurs commencé très activement à le faire avec l'amendement Ollier, pour éviter que les objectifs d'efficacité énergétique dans les bâtiments soient applicables aux bâtiments chauffés à l'énergie électrique d'origine nucléaire. (...) C'est le secteur du BTP, celui des matériaux intelligents qui est menacé. » conclut-elle.

* L'éolien et le solaire tués dans l'œuf. L'ancienne ministre de l'Environnement y voit d'ailleurs l'origine du lobby anti-éolien : « pour que l'énergie nucléaire soit vendue, il faut évidemment qu'elle n'ait pas de concurrents. (...) D'où la bronca orchestrée contre l'énergie éolienne et la baisse de tarif de rachat de l'électricité solaire dans le tertiaire pour tuer la rentabilité des projets qui étaient en cours. » analyse-t-elle.

« L'étape suivante sera la contestation du prix du rachat de l'électricité verte par EDF qui invoquera l'inutilité de cette électricité compte tenu de l'abondance d'électricité nucléaire. Ainsi, les projets seront de moins en moins rentables, aléatoires et les investisseurs les réaliseront partout, sauf en France. »

D'ores et déjà, l'Hexagone est en retard sur ces industries, les champions du photovoltaïque étant plutôt allemands, américains et japonais, les éoliennes étant fabriquées en Allemagne, au Danemark et plus récemment en Espagne. Une réalité que Nicolas Sarkozy a soulignée le 6 février. « Nous partons de très loin. Les industriels de l'éolien sont danois, les industriels du photovoltaïque allemands et californiens ».

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Par henri Moulinier - Publié dans : Préserver notre planète - Communauté : Les blogs citoyens
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Lundi 8 juin 2009 1 08 /06 /2009 14:30
Les questions écologiques sont au coeur du débat pour l'avenir de notre société humaine et de notre planète. Pour autant, elles ne peuvent être séparées des autres dimensions essentielles du débat politique et citoyen: les enjeux économiques et sociaux

En ce sens, je ne pense pas que lers questions soient écologiques en elles-mêmes, sans se préoccuper du cadre politique et des oruientations économiques et sociales

Ce sont bien des systèmes productivistes qui ont provoqué la crise écologique: à l'Est, mais aussi à l'Ouest. Et aujourd'hui, c'est le capitalisme financiarisé et mondialisé qui domine le monde et provoque l'essentiel de la production de Gaz à effet de serre ( même en Chine avec son ouverture à "'économie de marché" capitaliste pour partie.

Le débat sur la compatibilté entre libéralisme économique et sauvegarde écologique n'est donc pas secondaire.

Et l'Union Européenne,cadre approprié aux actions dans ce domaine écologique, n'est pas neutre: elle est pleinement porteuse d'une politique favorable aux capitaux, à leur libre-circulation, à leur rentabilité maximale. Peut-elle contribuer, avec cette orientation à court terme favorables aux "marchés" à une action à long terme et planifiée des Etats et de l'Union sur le plan écologique? Je ne le crois pas

Mais le débat est ouvert, avant et après les élections européennes. Vous trouverez ci-dessous la contribution critique d'Alain LIPIETZ en réponse à l'appel de 36 économistes ( voir lien en fin d'article et la réponse de certains d'entre eux)

C'est une question majeure, à mon avis

Henri MOULINIER
http://lipietz.net/spip.php?article2453
 
Critique de l’écologie politique du Front de Gauche
Libération /
jeudi, 4 juin 2009 / Alain Lipietz
À l’heure où UMP, PS et Modem s’acharnent à faire de l’élection européenne un troisième tour de 2007 ou un tour de chauffe de 2012, c’est un vrai plaisir de lire, sous la plume de 36 économistes, un plaidoyer pour le programme du Front de Gauche (Libération, 19 mai).


Enfin un peu de contenu !

Dans ce qui nous est présenté, une bonne partie satisfera en fait un arc assez large d’économistes et de militants faisant référence aussi bien au Front de Gauche qu’au PS ou à Europe Écologie. Ainsi : la régulation financière, une nouvelle politique pour la BCE, le développement des services publics, un emploi décent pour tous, la convergence par le haut etc. Encore faut-il remarquer que certaines propositions des 36, tel un « écart maximal de revenus », figurent dans le programme d’Europe Écologie (« revenu minimum ET revenu maximum européens ») plutôt que dans celui du Front de Gauche !

Toutefois, leur « Rebond » pose deux problèmes rédhibitoires. Le statut de l’Europe, d’abord. Les auteurs (qui sont de bons économistes !) reconnaissent que « les États nations ont des marges de manœuvre. Par sa puissance, l’Europe est néanmoins un cadre idéal pour une autre politique ». Mais l’Europe actuelle, celle de Maastricht-Nice, dans laquelle nous coince depuis maintenant 4 ans les Non successifs à toute réforme, si minime soit-elle, en a-t-elle les moyens ? Alors qu’Europe Écologie détaille ce qui est possible dans les traités actuels, ce qui nécessitera au moins le traité de Lisbonne, ce qui nécessitera un « premier amendement » constitutionnel, sur initiative parlementaire, au traité de Lisbonne (autorisé par ce même traité et promis par le Parlement sortant, sur proposition d’un eurodéputé Vert autrichien), nos auteurs soutiennent un Front de Gauche qui rejette même la ratification des indispensables amendements institutionnels du traité de Lisbonne !

Comment réaliser fût-ce le dixième de ces belles propositions, en votant pour des candidats qui refusent l’extension des pouvoirs du Parlement de 45 à 100% du budget dépense européen, y compris la Politique agricole commune ? C’est pourtant bien cette politique agricole (décidée actuellement par le seul Conseil des gouvernements nationaux, sous la pression des lobbies de l’agro-industrie) qui, non seulement élimine les paysans ici et là-bas, propage la disette mondiale, mais, en privilégiant l’agriculture industrielle, contribue de façon non négligeable à l’extension des « maladies industrielles », comme la crise de la vache folle ou celle de la grippe A.


Bien entendu c’est dans le domaine de l’écologie, auquel les auteurs accordent trois lignes, que l’on mesure l’étonnante distance qui les sépare des urgences de l’heure et du siècle. Citons intégralement : « Il ne s’agit plus de produire toujours plus, mais mieux. Et cet impératif écologique, qui met en jeu le long terme, mérite une véritable planification plutôt que des marchés de droits à polluer ». Point.

Lunaire. Les auteurs, « nonistes », sont tellement loin des enjeux européens qu’ils n’ont pas remarqué que, depuis la conférence de Kyoto, l’Union européenne « planifie », et même en quantités physiques, et même jusqu’à 2020, la décroissance de ses émissions de gaz à effet de serre, la progression de l’efficacité énergétique de ses moteurs, et la croissance de la part de ses énergies renouvelables ! Cette planification est même décomposée en sous-objectifs pour chacun des 27 pays. Faut-il aller plus loin ? Planifier rigidement, pour chacune des 5000 grandes entreprises qui se voient actuellement attribuer des quotas annuels décroissants ? Les écologistes se refusent à pousser jusque là un délire quasi-soviétique. D’où l’idée que, si une cimenterie et une aciérie se voient attribuer chacune tel quota en début d’année (ou mieux, l’acquièrent de l’Etat ou de l’UE, en payant), la première, si elle a su éviter plus d’émissions que prévu, pourra revendre à l’autre, sur un « marché des quotas », le « rab » dont elle a besoin. À l’intérieur de la planification physique, le marché des quotas ne fait donc qu’introduire un bonus-malus.


Les écologistes ont énormément de critiques à faire à la planification écologique européenne adoptée par la majorité PPE – PSE – ALDE (en français UMP – PS – Modem), mais pas celle de ne pas en faire. La critique écologiste, c’est que la majorité Barroso planifie des objectifs criminels de croissance des agro-carburants qui affament le tiers monde. C’est qu’après des années où l’Union s’est gargarisée de sa volonté de contenir à +2° le réchauffement climatique pour ce siècle, ce qui exigeait, d’après les scientifiques du GIEC (Prix Nobel 2008), une réduction de -25 à -40% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 (on parlait il y a un an de –30% pour l’UE !), cette majorité, en décembre dernier, a sans honte décidé d’abaisser à -20% les objectifs de réduction. Ce qui, toujours selon le rapport du GIEC, promet un réchauffement de 3 à 4 degrés. Là, on sort de tous les scénarios imaginables, c’est le monde de Mad Max qui est planifié !


Certes, les eurodéputés sortants du Front de gauche ont voté avec les Verts contre cette honteuse capitulation devant l’industrie automobile. Le problème, c’est que ces sortants ou nouveaux candidats ont affirmé et réaffirment tranquillement que le nucléaire est justement une issue. La catastrophe de Tchernobyl, comme la prolifération du nucléaire civil vers le militaire en Corée du Nord comme en Iran, ne leur a pas servi de leçon.

Oui, l’Union européenne peut nous sortir de la crise. Oui, elle peut planifier et financer une conversion écologiste. Mais seulement une Europe plus fédérale, pas celle de Maastricht-Nice. Mais seulement une Europe avec une majorité écologiste, pas avec une majorité productiviste et nucléophile.

Alain Lipietz, économiste, ancien eurodéputé (Verts). Dernier ouvrage paru : Face à la crise : l’Urgence écologiste, éd. Textuel.

        ° Voir l"Appel des 36 économistes qui ont soutenu le Front de gauche et la réponse de 4 d'entre eux à ce texte d'Alain Lipietz" 

       
Par henri Moulinier - Publié dans : Préserver notre planète - Communauté : Les blogs citoyens
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Dimanche 7 juin 2009 7 07 /06 /2009 11:42

ultimatum climatique


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 Note personnelle:

je partage complétement ce appel. Les prévisions des scientifiques ( ceux du GIEC) sont alarmantes: nous sommes dans le pire scénario du réchauffement climatique. Le niveau des mer pourrait augmenter de 1 à 2 mètres d'ici à l'an 2100 ( et non 30 à 60 cm précedemment prèvus)

Le protocole de Kyoto s'achève en 2012. Il est temps de prévoir une suite, plus forte, plus large, qui réduise radicalement les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons besoin de solutions urgentes, pour agir dans les 10 ans qui viennent. Après il sera trop tard et nous n'aurons pas les moyens de faire face aux conséquences catastrophiques majeures. C'est maintenant ou jamais, affirme Jean SIREYJOL, Président de TACA, dans Sud-Ouest du 15 Juin, ... maintenant ou jamais!!!

     Association TACA, site Web: http://taca.asso-web.com

     Bilan carbone personnel: http://www.bilancarbonepersonnel.org

     L'analyse du M'PEP concernant "Europe Ecologie":

                                  http://www.m-pep.org/spip.php?page=imprimer&id_article=1470

Voir aussi, en fin de colonne,  l'analyse d'attac en date du 29 Juin vis -à-vis de la position de l'OMC: édifiant et scandaleux! Le libéralisme économique contre des mesures efficaces sur la plan climatique !

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Monsieur le Président,


Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon,

«
nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».

Acteurs reconnus de la protection de l’environnement, des droits humains et de l’action humanitaire, conscients des responsabilités qui sont les nôtres, nous avons décidé pour la première fois de parler d’une seule voix pour vous exprimer publiquement notre préoccupation et vous appeler à agir avec ambition et détermination lors de la Conférence de Copenhague.

 Au regard du l’ultimatum climatique auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, Monsieur le Président, vous aurez rendez-vous avec l’Histoire en décembre 2009.

Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. L’activité humaine en est la cause. Ses impacts se font déjà ressentir en différents points du globe, notamment par la multiplication des catastrophes climatiques. Si nous n’agissons pas maintenant, ils seront sans aucun doute encore plus dévastateurs. C’est le constat sans appel de 2 500 scientifiques du monde entier qui ont reçu collectivement le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour leurs travaux sur le phénomène des changements climatiques. Depuis, de nouveaux éléments scientifiques montrent, chaque jour, que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes, avec des conséquences bien plus précoces que prévues et d’ores et déjà visibles.

S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain. Ecosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans : les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique subsaharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les « réfugiés climatiques ». Dans un monde de crises, nous craignons que la guerre, l’autoritarisme, les inégalités, la misère  et la souffrance humaine prennent encore un peu plus le pas sur la paix, la dignité humaine et la démocratie.

L’urgence climatique nous commande donc d’agir à la hauteur des périls qui sont devant nous.

Nous maîtrisons déjà la plupart des technologies nécessaires pour relever le défi d’un mode de développement qui intègrerait à sa juste mesure l’impératif climatique. De plus, cette rupture avec un modèle de développement hérité d’un passé révolu recèle des opportunités d’économies, d’emplois et d’innovations considérables. Encore faut-il que nous prenions la décision politique de le faire.

° Tout d’abord, il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroitre. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en-dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée. Pour ce faire, Les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990.

° Mais cela ne sera pas suffisant
. Les pays en développement doivent, eux aussi, mettre en place les politiques industrielles, énergétiques et agricoles qui limiteront la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social. L’accord de Copenhague devra permettre à ces pays d’évoluer vers des modèles sobres en carbone. Il devra aussi leur permettre de s’adapter aux conséquences inévitables du changement climatique.

Pour nombre d’entre eux, en particulier les plus vulnérables, ces actions ne pourront se faire sans le soutien financier et technique des pays industrialisés. Les besoins d’ici à 2020 sont évalués à plus de 100 milliards d’euros par an. C’est moins de 10% des dépenses militaires mondiales.

Responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère, munis de capacités d’action plus fortes, les pays industrialisés portent la responsabilité morale, légale et économique de mener le combat contre le dérèglement du climat. Monsieur le Président, vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans aucun doute l’enjeu de ce siècle. Notre avenir commun dépendra dans deux cents jours des choix politiques qui seront faits.


Serge Orru, WWF-France
Pascal Husting, Greenpeace France
François Danel, Action contre la Faim
Olivier Braunsteffer, Care France
Antoine Bernard, FIDH                                                           
Nicolas Hulot, Fondation Nicolas Hulot
Anne Bringault, Les amis de la terre
Michel Bruguière, Médecins du Monde
Luc Lamprière, Oxfam France Agir Ici
Sandrine Mathy, Réseau Action Climat
Michel Roy, Secours Catholique

       Site Copenhague-2009 : http://www.Copenhague-2009.com


 Voir aussi l'article "Appel de 36 économistes pour le Front de Gauche
Et la réponse de 4 d'entre eux à Alain Lipietz




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EMBALLEMENT CLIMATIQUE
QUAND L’OMC PRETEND RÉGULER LE CLIMAT…


http://www.france.attac.org/spip.php?article10143

À quelques mois de la conférence sur le changement climatique, qui se tiendra à Copenhague sous l’égide de l’ONU, l’OMC rappelle à la communauté internationale qu’aucun accord ne saurait être conclu qui ne soit compatible avec les règles du libre-échange.

Pour que les choses soient claires, l’OMC prévoit de réunir une conférence ministérielle pendant la semaine précédant la conférence de Copenhague, et elle publie aujourd’hui, en collaboration avec le PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement), un rapport : « Commerce et changement climatique ». Celui-ci envisage une éventuelle « autorisation » pour la mise en place d’une taxe carbone aux frontières des pays qui auraient pris des mesures contraignantes pour la diminution des émissions de gaz à effet de serre et qui pourraient être désavantagés dans la concurrence internationale.

Face aux échecs manifestes des politiques radicales de libéralisation des échanges qui ont eu cours depuis trente ans et à leur impact avéré sur l’accélération de la crise climatique, les discours sont brouillés et la fuite en avant dans les mêmes politiques se pare des vertus du changement.

En bonne gardienne de l’ordre, l’OMC réaffirme sa vigilance à l’encontre de tout protectionnisme, et donc à l’encontre de normes et de réglementations qui altéreraient la concurrence internationale : il s’agit bien de promouvoir « l’élimination des obstacles tarifaires et non tarifaires visant les biens et services environnementaux ». Or, en matière environnementale, les normes contraignantes et réglementations strictes, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre à la source, devraient s’appliquer aux firmes transnationales qui ont fait de l’exploitation des ressources naturelles leur nouvel eldorado et du marché du carbone un nouveau compartiment de la finance mondiale.

Au contraire, l’OMC privilégie la mise en place de marchés du carbone pour réguler la crise climatique et fixer un prix du carbone. Les « exceptions » annoncées en matière de taxes aux frontières, présentées comme changements importants, ne sont en fait que des mesures d’accompagnement pour permettre la mise en place de tels marchés, sans nuire à la compétitivité des firmes.

 Rien de bien nouveau sous le ciel du néolibéralisme, si ce n’est le rappel que les marchés ne sont pas des institutions naturelles !

Le rapport s’échine à montrer que l’objectif de croissance qui nécessite le libre-échange et l’intensification des échanges internationaux ne nuit pas finalement au climat, notamment parce que les transports se réalisent par voie maritime (sic) et à condition de permettre des innovations techniques et des transferts de technologie « propres ». D’où l’utilité réaffirmée du renforcement des droits de propriété intellectuelle sur les nouvelles techniques, qui sera à l’ordre du jour de la prochaine réunion de l’OMC et que dénoncent les pays du Sud, privés d’accès à ces technologies brevetées par les grandes firmes.

Attac-France préconise fermement l’établissement, au niveau international, de taxes globales qui doivent compter parmi les instruments de régulation publique et permettre les transferts de richesse nécessaires au financement de l’adaptation au changement climatique et à la transition vers des économies pauvres en carbone. L’ONU est le cadre d’un nouvel accord international sur le changement climatique, qui doit être conforme à la Déclaration universelle des droits de l’homme, à la Charte des Nations unies et à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, et non au dogme libre-échangiste de l’OMC.

Tout se tient donc : au moment où le système se lézarde de tous côtés, les grandes puissances se sont efforcées de museler l’ONU, lors de la dernière conférence de son Assemblée générale, dans sa tentative de proposer une nouvelle régulation mondiale, tandis que l’OMC tente de verrouiller à l’avance les possibilités d’action contre le changement climatique par une nouvelle fuite en avant libérale.

Attac France,
Montreuil, le 29 juin 2009

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Elise Buckle, coordinatrice du programme énergie climat de WWF


"La fonte des glaces pourrait menacer

                         un quart de la population mondiale"

LEMONDE.FR | 03.09.09 |

 

Alors que se tient, jusqu'au 4 septembre, à Genève, la Conférence mondiale sur le climat, le WWF a publié, mercredi 2 septembre, une étude sur les conséquences du réchauffement de l'Arctique.

L'étude conduite par le WWF s'est penchée sur le rôle de l'Arctique en matière de changement climatique. En quoi l'Arctique est-il déterminant pour le climat ?


L'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la terre. C'est quelque chose qui est observé aujourd'hui et à propos duquel on n'a pas forcément tous les éléments d'explication. On sait nénamoins que du fait de l'inclinaison de la terre, c'est une zone particulièrement exposée au soleil, surtout pendant la période d'été. Elle se réchauffe plus vite parce que, jusqu'à présent, les glaces avaient un rôle de miroir et réfléchissaient les rayons solaires. Or maintenant que la glace se réduit comme peau de chagrin au profit de l'océan Arctique, ce dernier, de par sa couleur plus sombre, n'a plus ce rôle de réflexion des rayons solaires. De plus, la raréfaction des glaces, du permafrost et des glaces sous-marines provoque un rejet accéléré du méthane et du gaz carbonique qu'ils contiennent. Cela joue aussi comme un accélérateur du changement climatique. Enfin, l'océan Arctique a lui aussi un rôle de régulateur climatique, qui est remis en cause dès lors que la fonte des glaces modifie sa salinisation, parce qu'il contient de plus en plus d'eau douce. Cela perturbe complètement le fonctionnement des écosystèmes et les grands courants marins, comme le Gulf Stream, qui permet notamment d'adoucir le climat en Europe. Si le Gulf Stream ralentit de 25 à 30 %, comme cela se profile, les hivers pourraient devenir beaucoup plus froids en Europe.

 

Les données scientifiques que le WWF a collectées indiquent qu'une hausse des océans de plus d'un mètre est à craindre. Quelles en seraient les conséquences ?


Sous une hypothèse de hausse des températures de quatre degrés d'ici la fin du siècle, les océans pourraient monter de plus d'un mètre et menacer jusqu'à un quart de la population mondiale. Une hausse des températures de quatre degrés est le pire des scénarios envisagé par le Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat (Giec) en 2007. Tout montre que c'est ce scénario qui se profile si rien n'est fait. L'augmentation du niveau de la mer ne sera pas la même partout à la surface du globe mais variera d'un continent à l'autre, d'une ville cotière à l'autre. Seront particulièrement menacées les populations des grandes mégalopoles des zones cotières, sur le sous-continent indien – le Bangladesh étant l'exemple le plus connu –, en Asie du Sud-Est, en Chine, en Indonésie, mais aussi en Amérique latine, où une grande partie de la population vit sur les côtes, en Amérique centrale. Or ces grandes mégalopoles ne sont pas forcément préparées comme en Europe, où, par exemple aux Pays-Bas, on a les moyens et la technologie nécessaires pour construire des digues pour protéger la population. De plus, dans les grandes mégalopoles des pays pauvres, beaucoup de gens vivent dans les bidonvilles. Ces populations seront les plus vulnérables aux innondations.

 

Un autre phénomène à prendre en compte est qu'il y a des terres qui ont tendance à s'enfoncer, ce qui accentue les risques d'innondations dans les zones cotières. C'est notamment le cas dans les îles du Pacifique comme Tuvalu ou Vanuatu où les populations locales vont devoir quitter leur pays d'origine pour s'installer ailleurs. L'eau salée commence déjà à s'infiltrer à l'intérieur des terres, les rendant de plus en plus difficiles
à cultiver.

 

Comment empêcher cette "spirale du réchauffement" ?


Le WWF a revu ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre. Nous demandons aujourd'hui des objectifs beaucoup plus ambitieux pour le sommet de Copenhague [qui, en décembre, doit parvenir à un accord sur la suite à donner au protocole de Kyoto qui prend fin en 2012], à savoir une baisse de 80 % des émissions d'ici 2050, au niveau mondial, pour tous les pays.

 

Les pays industrialisés ayant une responsabilité historique, il faut qu'ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici 2020 et qu'ils stoppent la croissance de ces émissions dès 2015. Le réchauffement climatique de toute façon a déjà lieu. Il y a une forte concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère et le CO2 qui y est stocké va y rester pendant plusieurs années.

 

L'objectif, désormais, est de limiter l'ampleur du réchauffement climatique à deux degrés sur l'ensemble du siècle. Car au-delà, il risque d'y avoir des impacts irréversibles. La France s'est engagée à une réduction de ses émissions d'au moins 30 % d'ici 2020. Nous estimons donc que ce n'est pas assez. D'autant que cet objectif, comme celui que s'est fixé l'Union européenne, est conditionnel. Il est lié à l'obtention d'un accord jugé satisfaisant lors du prochain sommet de Copenhague. Un des critères étant que la Chine s'engage elle aussi à une baisse de ses émissions chiffrée et ambitieuse. Sans quoi l'objectif de réduction des gaz à effet de serre d'ici 2020 ne sera plus que de 20 %.

 

Propos recueillis par Hugo Lattard

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Par henri Moulinier - Publié dans : Préserver notre planète - Communauté : Nouvelle force à gauche ?
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