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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /2009 12:32

Urgence climatique, justice sociale - Copenhague décembre 2009

http://climatjustice.org/

 

Nous sommes à la croisée des chemins. Issu de l’activité humaine, dans le cadre d’un modèle de production agricole et industriel que les sociétés industrialisées ont mis en place et qui se répand sur l’ensemble de la planète, le réchauffement climatique met en danger les moyens d’existence et les vies de milliards d’êtres humains, et menace d’extinction des millions d'espèces. D'ores et déjà, des populations entières sont affectées, en particulier les femmes, les peuples indigènes, les paysan-ne-s et, de façon générale, les plus défavorisés.

 

Face à cette crise écologique et sociale, mouvements sociaux, organisations écologistes, politiques et scientifiques du monde entier appellent à une action urgente et radicale.

 

Du 7 au 12 décembre prochains, la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique se tiendra à Copenhague. Elle doit déterminer les objectifs et les solutions à mettre en œuvre à l’échelle internationale pour prolonger le protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012.  

 

Selon les climatologues, il faudrait que les pays industrialisés, premiers responsables de l’émission des gaz à effet de serre (GES), réduisent leurs émissions de 25 à 40 % d’ici à 2020 et de 80 à 95 % d’ici à 2050 (par rapport à 1990). Faire diminuer les émissions dans ces proportions est impératif pour limiter à 2°C la hausse des températures par rapport au niveau de l’ère préindustrielle. Au-delà, l’emballement climatique se produirait. Il ne serait plus possible de maintenir une température vivable sur terre.

 

Les politiques actuelles sont dans l’impasse

 

Jusqu’ici, les mesures mises en œuvre et prévues par les différents États sont tout à fait insuffisantes. Les mesures que préconise notamment l’Union Européenne, qui n’envisage de réduire ses émissions que de 20 % en 2020, sont très en deçà des enjeux. Et alors que leurs émissions de GES par habitant sont les premières au monde, la proposition des Etats-Unis (réduction de 5 % des émissions sur la même période) est, quant à elle, une véritable provocation vis-à-vis des autres Nations.

 

Les solutions proposées actuellement ne sont pas crédibles. Car elles reposent essentiellement sur les mécanismes de marché alors que la crise économique et financière a, une fois encore, montré leur incapacité à se substituer à l’action publique et collective. La politique du « marché pilote » international de droits à polluer est clairement défaillante et les projets de l’Union européenne et des Etats-Unis en la matière relèvent du mirage idéologique.

 

Les fausses solutions sont également technologiques.

 

° Le nucléaire, outre qu'il s'agit d'une technologie porteuse de risques majeurs, ne peut être en aucun cas la solution.: même un développement ambitieux du parc nucléaire ne réduirait les émissions de gaz à effet de serre que de façon très marginale.


° Les agrocarburants industriels quant à eux posent de nombreux problèmes environnementaux et aggravent la crise alimentaire sans contribuer à la baisse des émissions.

 

Des mesures véritablement alternatives sont nécessaires

 

Les objectifs de réduction des émissions de GES à atteindre ne peuvent l’être que par l’adoption, par les collectivités, les pays et les ensembles régionaux, de mesures radicales et alternatives :


° Démocratisation de l’économie, qui doit être orientée vers la satisfaction des besoins sociaux et le respect des contraintes écologiques, et non par le profit à tout prix, par les diktats de la société de consommation et du productivisme ; cela implique le soutien aux circuits courts, à l’économie sociale et solidaire, au secteur coopératif ;

° Réorientation des investissements (notamment de recherche) vers les énergies renouvelables, la cogénération, l’efficacité énergétique et les projets écologiquement soutenables ; valorisation de la sobriété énergétique ;

° Reconnaissance et protection des biens publics mondiaux tels que l’énergie, le climat, les forêts, la terre et l’eau ; arrêt de la déforestation, protection des forêts primaires et des océans, et, de façon générale, défense de la biodiversité sauvage et cultivée ;

° Relocalisation des activités économiques, rapprochement des lieux de vie et de travail, maîtrise de l’urbanisation, développement des transports collectifs, limitation du transport aérien ; taxation juste et progressive, au niveau national et international, de l’énergie et des transports les plus polluants ;

° Retour à la régulation du commerce international, garantissant notamment la souveraineté alimentaire et le développement massif de l’agriculture paysanne, au Nord comme au Sud ;

° Promotion d’un modèle alimentaire alternatif au modèle des pays industrialisés (majoritairement à base de protéines animales) afin de pouvoir diminuer les surfaces cultivées pour l’alimentation animale, donc réduire les émissions de GES du secteur agricole ;

° Rénovation massive des bâtiments et promotion de la construction écologique.

 

La Justice climatique et sociale doit être au centre des politiques mises en œuvre

 

Les responsabilités historiques des pays du Nord et du mode de développement productiviste dans cette crise globale doivent être reconnues. La justice et l’équité exigent que soit réparée la dette écologique du Nord, a minima par l’annulation des dettes du Tiers-Monde. Les transferts technologiques respectueux de l’environnement et des sociétés au Sud doivent être financés et l’aide publique au développement augmentée, sans que cela exonère le Nord de ses propres objectifs de réduction des émissions. Les réfugiés climatiques doivent être reconnus et accueillis.

 

Au sein de chaque pays, des mesures d’accompagnement et de justice sociale sont indispensables afin que chacun puisse faire face aux changements à opérer, en ayant la certitude que les efforts seront partagés par tou-te-s. Il faut garantir un accès juste et équitable aux biens et services essentiels tels que l’énergie, qui ne doivent pas être laissés au marché mais faire l’objet d’une réappropriation par la société. 

 

Une autre répartition des richesses doit permettre une transition solidaire vers des économies écologiques, au Nord comme au Sud. Le droit au travail pour tous est au cœur de cette répartition. C’est pourquoi un emploi décent permettant un revenu digne doit être garanti à chacun-e. Les revenus financiers et du patrimoine doivent être lourdement taxés afin de dégager les moyens nécessaires à la transformation des économies.

 

La gestion des financements doit être démocratique et garantir la participation des populations locales.

 

Les sommes colossales investies dans le sauvetage du système bancaire montrent que les moyens financiers existent. Les mesures à prendre doivent être débattues démocratiquement et faire l’objet de politiques publiques audacieuses, passant outre les intérêts des grands lobbies – notamment des hydrocarbures, et définissant une production industrielle axée sur les besoins et non sur le profit ainsi qu'une répartition plus juste des richesses naturelles et produites.

 

En France, nous appelons les associations de défense de l’environnement, syndicats, associations de solidarité internationale, organisations politiques, collectivités locales, et plus généralement tous les citoyen-ne-s à rejoindre la mobilisation internationale et à organiser des initiatives communes pour peser sur les décisions du sommet de Copenhague de décembre 2009.

 

Mobilisons-nous maintenant pour le climat          et la justice sociale

 

 

Premiers Signataires :

Acme France (Association pour le Contrat Mondial de l'Eau), Action Consommation, A.C.! Agir ensemble contre le chômage, AE2D (Agir pour un Environnement et un Développement Durables), Aitec – IPAM (Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs – Initiatives Pour un Autre Monde), Amis de la Terre, Attac France, Avenir Climat, Bizi !, CADTM France (Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde), Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid) Confédération Paysanne, Ecorev', Europe solidaire sans frontières (ESSF), Fac Verte, Fondation Copernic, Fondation Sciences Citoyennes, France Amérique Latine, FSU (Fédération Syndicale unitaire), IDD (Immigration Développement Démocratie), LDH (Ligue des Droits de l’Homme), Mouvement de la Paix, MRJC (Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne), Réseau Féministe « Ruptures », Réseau Sortir du Nucléaire, Union Syndicale Solidaires, Vélorution Paris Île-de-France, Zone d'Ecologie Populaire (ZEP)

 

Soutenu par :

Alter Ekolo, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Jeunes Verts, Les Alternatifs, Les Verts, Parti de Gauche, NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), Utopia


http://climatjustice.org/

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Voir aussi l'appel "Urgence écologique" sur ce blog

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Par henri Moulinier - Publié dans : Préserver notre planète - Communauté : Les blogs citoyens
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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /2009 09:01

Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi dans l'Ain la mise en place, à partir de 2010, d'une "taxe carbone", compensée "intégralement" par des baisses d'impôts et destinée à encourager les Français à consommer plus propre, pour lutter contre le réchauffement climatique. 

 

Cette taxe, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2010, sera "progressive" et sera fixée "au départ" sur la base de 17 euros la tonne de CO2, aussi bien pour les ménages que pour les entreprises ( prix actuel du marché des droits à polluer européen). Elle ne concernera pas l'électricité, mais uniquement les énergies fossiles (pétrole, fioul, gaz).

 

Sur cette base, "la taxe carbone représentera déjà un effort significatif (...) près de 4,5 centimes par litre de fioul et de gasoil, 4 centimes par litre d'essence et environ 0,4 centime par KWh de gaz", a dit M. Sarkozy.


Il a également justifié le caractère progressif de cette taxe en estimant "normal" que'elle soit "plus élevée dans quelques années lorsque les comportements auront eu le temps de s'adapter".

 

Le prix de référence de la tonne de CO2 est  fixé à 17 euros, mais il sera "progressif" 


Le chef de l'Etat n'a pas voulu retenir la proposition de la conférence d'experts présidée par Michel Rocard, qui recommandait un prix de référence de 32 euros par tonne. Cela "aurait été un montant trop élevé en période de crise", a dit le président.. Nicolas Sarkozy ne retient que le prix du marché: 17 euros la tonne de CO2.


Mais ce n'est qu'un début pour nous mettre le pieds à l'étrier et l'augmenter après,  comme pour la CSG ou le forfait hospitalier.


Le rapport Rocard proposait un montant de 32 euros par tonne de CO2 émise, la taxe devant rapporter 8,3 milliards d’euros à l’État. Dont 4,3 milliards à la charge des ménages. Avec les usagers du chauffage au fuel, ceux possédant une automobile auraient été les plus frappés. Pour certains ménages, la facture aurait atteindre, selon le rapport Rocard, 300 euros par an. Michel Rocard estimait là qu’il s’agissait du niveau minimal en dessous duquel il ne faut pas descendre pour que le « signal-prix » fonctionne et incite les ménages à se tourner vers des modes de transport ou des types de chauffage plus économes en matière d’émissions de gaz à effet de serre.

 Michel Rocard faisait cependant mine d’ignorer que la très grande majorité des ménages qui utilisent la voiture pour effectuer en particulier leur trajet domicile-travail seront condamnés à s’acquitter de la taxe faute de disposer de modes alternatifs de transport. Dans ce contexte, l’impact de la taxe carbone sur l’évolution des rejets de CO2 risquait d’être très limité.

 

Un nouvel impôt indolore?


"La création de la taxe carbone se fera sans dommage pour le pouvoir d'achat des français et sans pénaliser la compétitivité de nos entreprises", a promis M. Sarkozy.

Alors que les deux-tiers des Français sont  opposés à cette taxe, selon un sondage,  l'Elysée a certifié que cette taxe serait "intégralement compensée par la baisse d'autres prélèvements" (réduction d'impôts sur le revenu ou chèques verts pour ceux qui n'en paient pas).


La question du "chèque vert" est une affaire à suivre pour les plus démunis, et sachant que plus de la moitié des ménages français ne paient pas d'impôt sur le revenu. L'analyse ci-dessous du Rédacteur en Chef d'Alternatives Economiques mérite réflexion sur le principe qu'il juge positif

  N Sarkozy a chargé le gouvernement d'étudier les moyens pour éviter que cette taxe ne pénalise excessivement la compétitivité des entreprises particulièrement dépendantes des carburants, comme la pêche, l'agriculture ou les transports.


M. Sarkozy a annoncé en outre la création d'une commission indépendante chargée de garantir "une transparence totale sur les compensations".

 

Cette compensation ne représenterait que la moitié des sommes perçues par l'Etat avec cette taxe carbone.

 

A voir ...


La taxe carbone: un alibi pour imposer une réforme fiscale injuste ?


A ses yeux, cette taxe représente "la première étape d'une révolution fiscale appelée à se déployer sur plusieurs décennies".
Certes, a dit Nicolas Sarkozy, la taxe sera payée par les ménages et les entreprises, pas par les seuls ménages, comme le proposait la Commission Rocard. C'est une prise en compte des critiques formulées.

Mais cela mérite plus de précisions

 Car la lutte contre le réchauffement climatique ne doit  pas être un alibi pour imposer une réforme fiscale socialement injuste. Selon le Rapport Rocard, la taxe carbone  devait  servir à « amorcer une réorganisation des prélèvements obligatoires » afin de donner « la priorité » à la « compétitivité des entreprises » comme l'avait  révélé le quotidien économique les Échos qui s’était procuré le rapport provisoire rédigé par la commission d’experts que préside le socialiste Michel Rocard .


                                         Texte complet du rapport Rocard, rendu public par les Echos:

                                        
http://www.lesechos.fr/medias/2009/0728//300366268.pdf

Les entreprises seront les grandes gagnantes de cette taxe carbone!

  Les producteurs d’électricité  y échappent en raison de la prédominance du nucléaire et de l’hydraulique et de leur soumission au dispositif européen des quotas carbone. Les industries dites électro-intensives (cimenteries, sidérurgie, verre et papier) en seront -elles aussi  exemptées?

Quant aux autres entreprises, elles seront aussi gagnantes avec cette taxe. "Certes, écrit l'Humanité du 11/9/09, elle y seront assujetties, mais auront tout loisir de la reporter sur le consommateur. Mieux, pour elles "la taxe carbone va s'accompagner de la baisse, voire de la disparition, simultanée et équivalente, d'autres impôts "

 

La suppression de la taxe professionnelle toujours à l'ordre du jour pour N Sarkozy


  Ne veut-il t-il pas, avec sa "révolution fiscale", ouvrir la voie à une suppression de la taxe professionnelle payée par les entreprises, à un  transfert d’une part des prélèvements obligatoires auxquels sont soumises les entreprises vers les consommateurs? 

 

Ce jeudi 10 septembre, il a proné   cette  "révolution fiscale" en précisant que  l'instauration de la taxe carbone n'était  que la première étape ! Certes, Nicolas Sarkozy s'est bien gardé d'en dire plus lors de sa conférence de presse. Mais il a déjà affirmé publiquement, auparavant, sa volonté de réduire encore les impôts et cotisations sur les entreprises: suppression ou  réduction de la taxe professionnelle ou  nouvelles exonérations de "charges" ( cotisations) sociales patronales?


                             Quelles seront donc les autres étapes de cette "révolution fiscale ?
 

En définitive, cette taxe est bien limitée aujourd'hui pour contribuer à la solution de l'urgence écologique

C'est ce que dit Greenpeace (http://www.greenpeace.org/france/). C'est ce qu'exprimait le Rapport Rocard déjà cité et qui préconisait 32 euros la tonne de CO2, comme "niveau minimal". A titre d'information et de comparaison, elle est de 300 euros en Suède!


L'urgence climatique est une question qui mérite beaucoup plus qu'un nouvel impôt


L'urgence climatiqueest une question qui mérite beaucoup plus qu'un nouvel impôt: une profonderévolution" ", pour employer le mot utilisé par Nicolas Sarkozy, car elle menace l'espèce humaine elle-même

 

Cette "révolution", ce doit être celle ..


- de nos façons de produire, de l'utilisation des énergies, ...

- de la nature des productions ( leur utilité)

- et de notre mode de consommation ( avec sa floraison de gaspillages).


 


Mais cela exige de remettre en cause les politiques néolibérales, celles qui renforcent le capitalisme, fut-il un peu "vert", et cela à l'échelle de ce monde.

C'est tout l'enjeu du Sommet des Chefs d'Etat à Copenhague en décembre 2009. Et cela semble mal parti. Mais notre Président n'en a rien dit.                                                                            H.M.

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Le point de vue du Parti de Gauche

 

Ce projet de taxe carbone a été tellement mal amené, pour être ensuite tellement mal ficelé, finalement, aujourd'hui même par N Sarkozy, qu'on finirait presque par croire que le gouvernement souhaitait torpiller son propre projet depuis le début !

Car enfin, comment imaginer une seule seconde rendre populaire une taxe sur les ménages, quand dans le même temps les gros pollueurs se voient distribuer des quotas de CO2 gratuits ?


Comment penser influer sur les comportements individuels quand on pénalise les dépenses contraintes - chauffage, transports - sur lesquelles les particuliers n'ont bien souvent pas le choix de faire autrement ?


Comment faire passer pour écologique une mesure qui laisse de côté le nucléaire et exonère le transport routier ?!

Comment justifier le transfert de taxes des entreprises vers les particuliers, déjà éreintés par la récession et   le chômage ?

Avec ce type de mesures, on va faire croire aux citoyens qu'écologie rime avec passage à la caisse et baisse de la qualité de vie !


C'est pourtant tout le contraire !

 

EDF, GDF et TOTAL engrangent chaque année des profits faramineux sur le dos des consommateurs sans qu'aucune contrepartie ne leur soit demandée pour respecter les engagements climatiques de la France ! Il est grand temps de les faire revenir dans le giron public, et d'affecter leurs profits à la réhabilitation du parc de logement et au développement des énergies renouvelables.

Il est grand temps de supprimer les exonérations de TIPP dans le transport routier et l'aérien, pour les affecter au développement du rail. De redonner des objectifs de service public à la SNCF pour qu'elle arrête de pratiquer des tarifs prohibitifs pour les particuliers et qu'elle permette à tous de prendre le train.

 

Grand temps, enfin, de mettre en place une tarification progressive de l'énergie qui permette à tous d'accéder au minimum fondamental et d'inciter à la sobriété en renchérissant le mésusage.

Non. Écologie ne rime pas avec plus de taxe pour les pauvres.

Écologie rime avec intérêt général, service public et solidarité.

Elodie Vaxelaire, SN à la planification écologique

Corinne Morel Darleux, SN au combat écologique

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Le point de vue d'Attac            

    

       La taxe carbone ou la fiscalité écologique au rabais

Le président Sarkozy a tranché : la France aura une taxe carbone et inaugurera une fiscalité écologique au rabais. Pire, le dispositif gouvernemental contribuera à délégitimer l’idée même d’une fiscalité écologique, pourtant indispensable pour participer à la lutte contre le réchauffement climatique.

Qu’on en juge.

° Tous les experts préconisaient un prix de départ de la tonne de CO2 d’au moins 32 euros pour avoir un minimum d’efficacité, c’est-à-dire pour amorcer la division par quatre en 2050 de nos émissions de gaz à effet de serre. Le prix ne sera que de 17 euros. Il s’aligne ainsi sur le cours très bas en vigueur sur le marché des permis d’émission. C’est donc ce dernier qui, malgré son instabilité et les risques spéculatifs qu’il recèle, devient le guide de la régulation.

              Ce choix est d’autant plus néfaste que les quotas d’émission sont et seront distribués gratuitement aux entreprises jusqu’en 2012, et même jusqu’en 2020 pour beaucoup d’entre elles, et que ce système ne couvre que 40% des émissions de gaz à effet de serre européennes.

° L’assiette de la taxe ne comprendra que les consommations de combustibles fossiles et laissera de côté l’électricité, ce qui revient à exonérer l’industrie nucléaire de toute contribution et qui amènera beaucoup de consommateurs à davantage faire appel au chauffage électrique, particulièrement peu économe pour les ménages et peu écologique puisque les périodes de pointe sont couvertes par des centrales thermiques.

° Le remboursement aux ménages de l’intégralité du produit de la taxe carbone signifie que pas un centime ne pourra être utilisé pour initier des politiques publiques en faveur des énergies alternatives au nucléaire et aux fossiles, des transports publics et de la rénovation des logements.

      La restitution de la taxe sous forme de réduction d’impôt sur le revenu aux ménages imposables et d’impôt négatif aux non imposables représente un simulacre de justice sociale car elle évite de remettre à plat le système fiscal français, totalement injuste du fait de sa très faible progressivité.

° Au final, la taxe carbone sarkozienne est dans la suite logique du Grenelle de l’environnement : battage médiatique, détournement des véritables enjeux et réalisations concrètes médiocres. La France, l’Europe et le monde ont besoin d’une véritable fiscalité écologique, insérée dans des programmes d’investissements publics susceptibles à la fois de préparer l’avenir et de réduire les inégalités.

Justice sociale et écologique vont de pair. La taxe carbone qui est prévue n’atteindra aucun de ces objectifs.

Attac France,
Montreuil, le 11 septembre 2009
http://www.france.attac.org/spip.php?article10287

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   http://www.alternatives-economiques.fr/taxe-carbone---la-verite-des-chiffres_fr_art_633_44001.html


            Taxe carbone : la vérité des chiffres

La taxe carbone, si elle est combinée avec le « chèque vert » proposé par le rapport Rocard, est favorable aux plus pauvres. C'est ce qui ressort des chiffres publiés par l'Ademe, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.

Par Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives Economiques


Le débat autour de la « taxe carbone » s'est enflammé brutalement depuis la fin du mois d'août. Il est d'autant plus virulent qu'on discute dans le vide, sans éléments précis sur l'impact réel des différentes hypothèses envisagées.

A y regarder de plus près, on se rend compte qu'une taxe carbone, accompagnée d'un « chèque vert » comme le recommande le rapport Rocard, loin d'être antisociale comme certains le clament un peu vite, aboutirait au contraire à accroître légèrement le revenu des plus pauvres. Même lorsqu'ils habitent à la campagne.


Explications.


L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) estime qu'une taxe carbone, limitée aux carburants fossiles et fixée à 14 euros par tonne de CO2 émise, coûterait en moyenne 70 euros par ménage. Le rapport Rocard recommande qu'on reverse intégralement le produit de cette taxe aux Français, ce qui reviendrait donc à remettre à chaque foyer un chèque de 70 euros.


Quel serait au final l'impact sur les revenus d'une taxe carbone accompagnée d'un chèque vert de 70 euros ? L'Insee a analysé la structure de la consommation des Français en fonction de leurs lieux d'habitation – rural ou urbain – et de leurs niveaux de revenu. Si les pauvres dépensent en valeur relative une part plus importante de leurs revenus que les riches pour les carburants et le chauffage, ce sont quand même les riches qui, en valeur absolue, dépensent le plus sur ces postes. Ce sont eux, en effet, et pas les pauvres, qui possèdent les 4X4, les châteaux, les résidences secondaires, les yachts...  Ce sont donc eux qui sont aussi, très logiquement, les plus affectés par une taxe carbone (voir le tableau ci-après).

 

Taxe carbone, une taxe favorable aux plus pauvres :

 

Effet d'une taxe carbone à 14 € la tonne de CO2 combinée à un chèque vert de 70 € par ménage par décile de revenu, en euro par an.

Source : Ademe


Le résultat est éclairant, en effet :

 

- même les ruraux les plus pauvres ne perdent pas à la taxe carbone. Et les ruraux qui gagnent le revenu médian, 27 630 euros en 2007, voient leurs revenus affectés de 15 euros par an, soit une amputation de... 0,05 %. Tandis que les plus riches des habitants des campagnes, qui sont aussi les plus lourdement pénalisés des Français, verraient leurs revenus diminuer de 73 euros par an, soit un moins de 0,1 %...

- A la ville, où l'impact est encore moindre, les plus pauvres y gagnent 46 euros par an, soit une hausse de 0,4 % de leurs revenus. Tandis qu'il faut attendre de gagner plus que la moyenne pour commencer à être un peu affecté négativement.

Même si le gouvernement décidait finalement de ne pas reverser le produit intégral de la taxe aux Français et de réserver le « chèque vert » de 70 euros aux 50 % de Français les plus pauvres, l'impact maximal sur les revenus des 10 % les plus riches les plus touchés, ceux qui habitent à la campagne, serait de 143 euros par an, moins de 0,3 % de leurs revenus... Compte tenu des montagnes de cadeaux fiscaux dont ils ont bénéficié toutes ces dernières années, ils peuvent bien contribuer à ce niveau à la lutte contre l'effet de serre...

 

Taxe carbone, une taxe favorable aux plus pauvres : effet d'une taxe carbone à 14 € la tonne de CO2, combinée à un chèque vert de 70 € par ménage par décile de revenu, en euro par an.


   

1er décile

2

3

4

5

6

7

8

9

10e décile

 

Chauffage

-41

-43

-47

-47

-49

-42

-51

-38

-64

-82

 

 

Carburant

-21

-24

-29

-36

-36

-45

-40

-45

-45

-61

 

 

Total

-62

-67

-76

-83

-85

-87

-91

-83

-109

-143

 

 

Chèque vert

70

70

70

70

70

70

70

70

70

70

 

Rural

Résultat net de taxe carbone

8

3

-6

-13

-15

-17

-21

-13

-39

-73

 

 

Chauffage

-9

-41

-31

-44

-35

-62

-78

-52

-50

-81

 

 

Carburant

-15

-18

-24

-24

-29

-32

-37

-34

-40

-39

 

 

Total

-24

-59

-55

-68

-64

-94

-115

-86

-90

-120

 

 

Chèque vert

70

70

70

70

70

70

70

70

70

70

 

Urbain

Résultat net de taxe carbone

46

11

15

2

6

-24

-45

-16

-20

-50

 

                                               

Source : Ademe


Guillaume Duval
07 Septembre 2009

 

 


Par henri Moulinier - Publié dans : Préserver notre planète - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 11 juillet 2009 6 11 /07 /2009 23:50

Voici un article rédigé par Claude-Marie VADROT, sur son "Blog environnement, nature et société...", dont je partage l'analyse:
                                                    
http://horreurecologique.blogspot.com

Cette mise en service de super-camions ressemble à la construction de véritables petits trains de camions, ou plus clairement à un moyen "technique" de concurrencer le rail ( et le ferroutage), en exploitant des chauffeurs, de plus en plus sous statut (et conditions sociales) de pays européens à bas salaires et au code du travail inexistant ou presque.

Une démonstration, par l'exemple, de la fuite en avant libérale de notre Gouvernement et de l'Union européenne, où libre- circulation des camions rime avec libre-circulation des capitaux, des marchandises, des services et des hommes, pour mettre tout le monde en concurrence, dégrader la condition salariale, déréglementer, concurrencer, pour remettre en cause,  privatiser, les services publics telle la SNCF.

C'est bien d'une autre Europe dont nos pays ont besoin !!! Débarassée de ce "libéralisme économique" qui rime avec concurrence sauvage et exploitation.  Et une Europe qui porte un projet et une démarche vraiment écologique, qui fasse avancer de pair le progrès social, économique et écologique, qui travaille à des relocalisations d'activités productives, comme le dirait le chantre de la "décroissance", l'économiste Serge Latouche. Souvenez-vous, par exemple des 25 000 camions qui chaque année transportent des fraises d'Andalousie espagnole vers nos pays                                     HM

    Pour prendre connaissance et signer la pétition contre l'expérimentation de ces énormes camions, voir

      http://www.fne.asso.fr/fr/actualites/non-aux-mega-camions.html

         °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Dés l’année prochaine, des camions de 25 mètres (25, 25 exactement) de long pourront emprunter les routes et les autoroutes françaises.

Il s’agit de l’une des concessions faite aux Suédois lors du récent voyage à Stockholm du président Nicolas Sarkozy. L’initiative est également appuyée par les Finlandais qui, comme les Suédois, admettent déjà la présence de ces super-transporteurs routiers et aussi par les Danois. Avec la bénédiction de l’Allemagne qui construit déjà ces monstres routiers et veut l’imposer aux autres pays.


Ces camions qui seront donc 30 % plus longs que les engins déjà autorisés, pourront transporter jusqu’à 50 tonnes de fret.

Ceci malgré l’opposition, très molle à vrai dire, du Commissaire européen aux Transports, Antonio Tajani nommé récemment à cette fonction par José-Manuel Barroso à la demande de Silvio Berlusconi.

De discrets essais sont en cours dans la Région Auvergne et ces monstres bénéficient déjà de dérogations dans les zones portuaires où des sont autorisés à porter des charges de 45 tonnes pour transférer des containers.

Officiellement, il s’agit de « diminuer le nombre des camions » mais le lobby du transport routier à l’oeuvre sur ce sujet depuis plusieurs années, vise à mettre le rail hors-jeu, la Commission encourageant, sous couvert de concurrence ouverte, la fermeture des lignes de chemin de fer dans toute l’Union Européenne ; à commencer par celles des anciens pays de l’Est. Là où les chauffeurs coûtent beaucoup moins cher comme l’ont découvert depuis longtemps, les entreprises de transports française, anglaise, italienne et allemande.

Le résultat de cette nouvelle déréglementation pourrait, c’est l’objectif recherché, entraîner au cours des premières années, une diminution de 20 % du trafic-rail au profit de la route :

... la France des routes et des autoroutes sera encore plus sillonnée de camions, au risque évident de contribuer à la pollution et au réchauffement climatique, ces egins ne roulant pas à l’eau claire et les premières études montrant qu’à la tonne, il consomme encore plus de gazole.

Le ferroutage, qui reste une promesse sans cesse renouvelée parce que non tenue, ne pourra pas prendre ces monstres en charge. Une conséquence parfaitement contraire aux objectifs du Grenelle de l’environnement comme le font remarquer les responsables de France-Nature-Environnement qui ajoutent que les parcours de ces camions seront allongés en attendant que de nombreux aménagements routiers, comme les ronds-points, devront être modifiés. Ce qui entraînera des coûts supplémentaires pour les collectivités territoriales. Sans compter, évidemment, un dégagement plus important de gaz à effet de serre. Et les accidents.

Il suffit enfin de lire chaque jour les dépêches de l’Agence France Presse ou d’écouter les informations de circulation pour s’apercevoir que les camions sont déjà de plus en plus impliqués dans les accidents quotidiens de la route. Mais ce n’est pas grave puisque l’on sait que les accidents de la route contribuent à faire croître le PIB.

 

Par henri Moulinier - Publié dans : Préserver notre planète - Communauté : Les blogs citoyens
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